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Admirer la puissance de vérité du « Pain perdu » de toute une vie, d’Edith Bruck

07jan

Achevant à l’instant _ à 21 h 17 ce vendredi 7 janvier _ de lire « Le Pain perdu« , récit d’Edith Bruck,

je ne puis qu’exprimer ma très profonde admiration pour cet absolu témoignage de toute une vie, et des pouvoirs si profonds d’une écriture aussi directe _ et si juste.

Déjà, je suis saisi par l’extrême congruence de ce qui s’exprime ici, dans le récit de prose _ de 2021 _ de ce « Pain perdu« , de la mémoire très précise _ Edith Bruck, la petite Ditke Steinschreiber, est née le 3 mai 1931 _ d’une myriade de détails extrêmement pointus et infiniment sensibles de tant de scènes vécues depuis la toute petite enfance, au village natal de Tiszabercel, en Hongrie, jusqu’à cette Rome où Ditke a éprouvé le sentiment de retrouver la lumière aimable, accueillante et protectrice d’un nouveau chez elle _ après passages, en 1944-45, à Auschwitz, Dachau, Kaufering, Landsberg, Christianstadt, Bergen-Belsen _,

avec la puissance de ce qui s’est exprimé aussi dans les brèves _ et puissantes, en leur impact implacable de très douce instantanéité _ vignettes des poèmes de la poésie de son « Pourquoi aurais-je survécu ? » _ les deux, les poèmes et le récit, traduits de l’italien par René de Ceccatty _ :

le profond désir de témoigner _ voilà, et sans se dérober, jusqu’au bout _ de la vérité de ce qui _ vies ainsi qu’assassinats _ a été vécu par elle-même et les siens ;

et dont elle se souvient et parle…

À suivre…

Ce vendredi 7 janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Pierre Bergounioux et le « réel comme obstacle, contrariété, opacité, privation (…) à tenter d’aplanir, d’éclairer, d’obtenir »…

20mai

Ce jeudi soir,

j’en suis à la note du 5 novembre 2019, à la page 741, du Carnet de notes (2016 – 2020) de Pierre Bergounioux.

Je relèverai pour le moment cette cruciale _ très discrète _ révélation,

notée _ au vol de la plume, et sans s’y attarder, et encore moins apesantir… _ le 5 avril 1919, à la page 648 :

« Je couvre trois pages supplémentaires sur les chasses enfantines au jardin de grand-père,

leur peu de résultat,

mes grandes déconvenues,

leur contribution _ et là est bien l’essentiel ! _ à la genèse _ en (et pour) Pierre Bergounioux, en son idiosyncrasie d’identité personnelle singulière en formation _ du réel comme obstacle, contrariété, opacité, privation

que j’emploierai le restant de mon âge _ voilà : au-delà de la mort même, ou la décrépitude : « tant qu’il y aura de l’encre et du papier« , disait le compère périgourdin Montaigne : un voisin du briviste… _ à tenter d’aplanir, d’éclairer, d’obtenir« …

Car c’est cela qui lui donne vraiment tout son allant ! Ainsi que sa constance inépuisable dans l’effort…

Un formidable moteur, en effet, d’activité extrêmement féconde _ ininterrompue _ d’écriture à jamais affrontée à l’étrangèreté foncière du réel,

qui constitue l’idiosyncrasie même _ admirable ! quelle force ! et increvable ténacité, face au néant du vide qui menace en permanence nos vies… _ de Pierre Bergounioux auteur…

Ce jeudi 20 mai 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Impressions de souvenirs à la lecture d’un portrait de sa grand-mère par sa petite-fille

04juil

Ce jour,

sans être, je l’espère, trop intrusif dans les vies de personnes amies,

j’aimerais narrer quelques impressions de souvenirs personnels pas très précis,

suite à ma lecture d’un très beau texte, assez singulier et fort,

d’un portrait d’une grand-mère (1882 – 1988) par sa petite-fille.

C’est un bien beau texte, et singulier, que ce portrait de votre grand-mère alsacienne, A., née S..

Elle avait un sacré tempérament ; que le récit, par C., d’une partie de sa vie semble éclairer au moins partiellement,
par les péripéties un peu dures de son parcours (au moins tel que vécu par elle) de jeunesse.

 
Il me semble me souvenir _ mais peut-être est une reconstruction de mon imagination (?) _ d’avoir croisé votre grand-mère A. en son très grand âge
au 20 avenue G. C., au cours d’une ou deux visites à votre mère,
quand j’ai enseigné au Lycée A. K., tout à côté, dans les années 80…
 
De toutes façons, votre mère se souciait assez de sa vieille mère, tenace, et à la forte personnalité ; et elle en parlait un peu ;
mais jamais pour s’en plaindre ou s’en lamenter, non. Et l’image que je gardais d’elle n’avait rien de négatif, au contraire…
D’où ma légère surprise en lisant ce portrait « vécu » par vous, C..
Il est vrai que S. n’était jamais négative.
Et quand elle faisait preuve d’une douce ironie (jamais appuyée), c’était toujours avec un beau sourire, pacifié.
Et d’ailleurs le terme d’ironie est inapproprié ; c’était de l’humour, avec tendresse. Du moins tel que je l’ai vécu.
 
Votre récit, C., a quelque chose du merveilleux et dur (sinon cruel) des contes (germaniques ?) tels que les a analysés Bruno Bettelheim…
 
Je me souviens aussi que l’étage où votre grand-mère habitait, rue du T. P., donnait aussi rue C.-de-S.,
au-dessus d’une boutique qu’il me semble avoir été une crémerie.
J’ai toujours été très sensible à la disposition des lieux : j’aime me repérer.
Mon oncle (décédé en 1982 et qui a habité rue P. jusqu’en 1979, au décès de ma tante) habitait tout près de là, rue P. ;
et de ses fenêtres on pouvait apercevoir l’immeuble de cette crémerie, qui faisait face à la rue P.…
Tout cela (qui remonte à assez loin) est demeuré tel quel dans ma mémoire.
 
Et longtemps j’ai pensé, aussi, que la longévité de S. (1914 – 2014) approcherait probablement celle de sa mère (1882 – 1988)…
Des femmes tenant bien debout, solides, tenaces.
 
Je me souviens aussi que S. m’avait parlé de N. S.
_ lointainement apparentée _,
que j’avais entendue chanter à Bordeaux ; S. peut-être aussi : elle allait aux concerts…
 
J’ai aussi retrouvé quelque chose du sourire de S. dans le sourire de P.-Y. ; une semblable forme d’humour.
 
Rien n’est passé. Tout demeure.
Même quand la Cerisaie est proche d’être abattue…
Et S. aimait aussi beaucoup le théâtre. Pour sa profonde capacité poétique de vérité.

Ce samedi 4 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : la somptueuse sensualité à vif de Karol Szymanowski, en son Quatuor à cordes n°2, op. 56, de 1927

04juin

La somptueuse étourdissante sensualité

de la musique de Karol Szymanowski (Tymochivka, 6 octobre 1982 – Lausanne, 29 mars 1937)

nous irradie d’une incroyable chaleur,

génératrice d’une joie intense, puissante,

exacerbée à un incroyable point…

Par exemple, en son admirable Quatuor n°2, opus 56, 

composé en 1927 ;

et tel que l’interprète, par exemple, l’excellent Quatuor Joachim,

composé de

Zbigniew Kornowicz et Joanna Rezler, violons,

Marie-Claire Méreaux, alto,

et Laurent Rannou, violoncelle,

en le superbe CD Ravel – Szymanowski String Quartets

le CD Calliope CAL 1747,

paru en 2018 ;

CD qui comporte aussi le Quatuor n° 1, op. 37 , du même Karol Szymanowski,

ainsi qu’une très belle interprétation du si beau Quatuor de Ravel.

Karol Szymanowski est l’auteur, aussi,

du merveilleux opéra (sicilien), Le Roi Roger,

achevé de composer le 9 août 1924.

Bien sûr,

en ces lendemains de Première Guerre Mondiale

_ un temps d’Entre-Deux-Guerres, en Europe,

même si cela ne se savait pas ; ,

la saveur _ au présent du vécu à vif de la vie _ de la joie

ne prend pas les mêmes couleurs

que celles des Suites (de pur bonheur) de Telemann, au XVIIIe siècle…

La joie est ici

celle d’un temps forcément bien plus tragique…

Mais joie incontestable,

et savoureusement hypersensuelle, il y a bien,

en cette si belle et forte musique…

Joie profondément charnelle

de cette tourbillonnante et si enivrante musique

dansée ainsi…

Et quelle merveilleuse justesse d’interprétation

par le Quatuor Joachim !

Ce jeudi 4 mai 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Honneur au génie de Beethoven : une formidable Hammerklavier par Filippo Gorini : le CD Alpha 591

30jan

Je ne cesse de passer

et repasser

sur ma platine

une époustouflante de justesse _ de force, de colère, oui ; mais aussi de chant et d’envol _ Hammerklavier, opus 106, de Beethoven

par le jeune _ vingt-quatre ans _ et combien déjà mûr _ pour incarner à ce point un tel monstre d’œuvre !!! _ Filippo Gorini,

soit le CD Alpha 591.

Et l’œuvre qui poursuit _ sinon achève en audace et mystère sidérant de poésie ! _ le discours musical

est ici la Sonate opus 111,

autre _ et ultime sonate au piano de Beethoven _ inclassable _ et époustouflant _ chef d’œuvre…

Filippo Gorini,

dont nous n’avons certes pas oublié la performance _ déjà _

dans les _ si difficiles à maîtriser, elles aussi… _ Variations Diabelli, il y a deux ans

_ c’était le CD Alpha 239…

Chapeau bien bas, Monsieur !

Bien d’autres interprètes se frotteront

à ces très hautes cimes de la Musique,

en cette année du 250ème anniversaire de la naissance de Beethoven _ à Bonn, en 1770 _,

mais le défi musical discographique

est d’ores et déjà posé très haut !

Et le génie de Beethoven mérite assurément _ vitalement même _ cela…

Car c’est de la vie, de la vraie vie,

que des interprétations de cette exceptionnelle qualité-là

nous donnent à si sensiblement percevoir…

Un CD indispensable !

Voilà…

Ce jeudi 30 janvier 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

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