Archives de la catégorie “Histoire”

Chanter Rameau : Mathias Vidal, après Jelyotte…

17sept

Jean-Philippe Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764) a eu bien sûr ses chanteurs,

tels le béarnais Pierre Jelyotte (Lasseube, 13 avril 1713 – Estos, 12 octobre 1797),

ou la bordelaise Marie Fel (Bordeaux, 24 octobre 1713 – Paris, 2 février 1794) _ cf mon article du 24 mai 2019 :

Bien sûr, les airs de Rameau s’insèrent complètement dans leur contexte d’opéras, et autres œuvres lyriques…

Mais voisi que vient de paraître un CD _ un album du label Château de Versailles Spectacles CVS039 _ intitulé « Rameau triomphant« , constitué d’airs pour ténor,

qu’interprète Mathias Vidal…

C’est ce que nous apprend ce jour l’article de Jean-Charles Hoffelé intitulé « Ténor Rameau« …

Que voici :

TÉNOR RAMEAU

Rameau soigna ses hautes-contre, leur réservant des rôles exigeants pour la vocalité comme pour l’incarnation, Mathias Vidal les resserre quasi tous – sinon Platée, préférant au rôle-titre où brilla Jélyotte, l’appel à Momus et à Bacchus de Thepsis – et surtout les profils les plus héroïques, de Pollux à Dardanus en passant par Zoroastre.

Si son ténor franc ne craint pas l’éclat et sait emporter la passion ou la rage, comment ne pas entendre qu’il est peut-être plus chez lui dans le demi-caractère (Thepsis justement, et Platée lui irait assurément !), ou dans la pure virtuosité (« Lance, Amour, lance tes traits vainqueurs » de l’Atis des Paladins) _ écouter aussi l’air des Boréades « Jouissons, jouissons de nos beaux ans…« 

Le voyage est plus réjouissant qu’émouvant, avec l’accompagnement modeste de l’Ensemble Marguerite Louise, mais l’équilibre entre le brio des airs et la poésie des pièces d’orchestre assure à l’album une écoute toujours heureuse, confirmant qu’il est bien aujourd’hui sans guère de rivaux dans le répertoire lyrique du XVIIIe siècle français, qu’en dehors de Rameau-même, il aura d’abondance documenté au long d’intégrales lyriques souvent chroniquées au sein du présent blog.

LE DISQUE DU JOUR

Rameau triomphant

Jean-Philippe Rameau(1683-1764)
Airs et Pièces d’orchestre,
extraits de Dardanus,
Zoroastre, Les Paladins,
Les Indes galantes, Platée, Naïs, Le Temple de la Gloire, Les Fêtes de Polymnie,
Pigmalion, Castor et Pollux et Les Boréades

Mathias Vidal, ténor/haute-contre
Ensemble Marguerite Louise
Gaétan Jarry, direction

Un album du label Château de Versailles Spectacles CVS039

Photo à la une : le ténor Mathias Vidal – Photo : © Bruno Perroud

Ce vendredi 17 septembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Encore et toujours : l’inépuisable bienfaisante joie Vivaldi…

16sept

Antonio Vivaldi (1678 – 1741) fait partie de ces compositeurs _ italiens pour la plupart… _ dont le souffle vital suscite une vivante _ et vitale _ joie formidablement communicative _ avec Domenico Scarlatti (1685 – 1757) et Gioacchino Rossini (1792 – 1868), par exemple : un natif de Venise, un natif de Naples, et un natif de Pesaro… _,

même si, forcément, l’allegro n’est pas permanent, en leurs œuvres

_ de natures, par ailleurs, bien diverses…

Inépuisable Vivaldi,

à l’inspiration porteuse toujours incroyablement renouvelée ;

et infiniment propice à une très intense allégresse d’interprétation

_ y compris en ses si sublimes adagios…

Ce jour,

la chronique de Jean-Charles Hoffelé _ très justement intitulée « Flamboyance«  _ sur son site Discophilia,

est consacrée à un nouveau numéro _ le numéro 67 de l’Édition Vivaldi ! _ de la gigantesque _ et indispensable ! _ publication de l’œuvre entier du prêtre roux :

le CD Naïve OP 7258,

par le violoniste Boris Begelman et l’ensemble Concerto Italiano, dirigé par Rinaldo Alessandrini.

Voici donc cet article :

FLAMBOYANCE

Le violon du Prêtre Roux se serait-il trouvé un nouveau héros ? Boris Begelman emporte dans une virtuosité insensée _ vivaldienne ? _ les pyrotechnies d’archet dont ces six grands concertos d’apparat sont littéralement cousus.

Les danses ivres, les ariosos d’opéra, les rêveries suspendues à un fil au-dessus des paysages lagunaires, l’incroyable palette de couleurs de son Minozzi d’après Giuseppe Guarneri, del Gesù, le pur plaisir athlétique des longues phrases débordées d’ornements, de trilles, de spiccatos, où l’archet semble voler et distribuer des soufflets au passage, voilà bien la grammaire si novatrice de Vivaldi transfigurée par un virtuose qui n’oublie jamais le théâtre lyrique _ voilà ! _ auquel se nourrissait ces concertos éblouissants qu’on pourrait croire pensés pour des castrats.

Magnifique disque _ voilà ! _, où, si l’on se régale du violon, on s’enivre aussi _ oui _ des gestes chorégraphiques irrésistibles du Concerto Italiano mené avec ivresse par un Rinaldo Alessandrini audiblement conquis par l’art flamboyant _ voilà ! _ de Boris Begelman.

LE DISQUE DU JOUR

Antonio Vivaldi (1678-1741)
Concerti per violino IX, « Le nuove vie »

Concerto en fa majeur, RV 283
Concerto en si bémol majeur, RV 365
Concerto en ut majeur,
RV 194

Concerto en ré majeur, RV 211
Concerto en la majeur, RV 346
Concerto en mi mineur, RV 281

Boris Begelman, violon
Concerto Italiano
Rinaldo Alessandrini, direction

Un album du label naïve classique OP7258 (Vivaldi Edition, Vol. 67 )

Photo à la une : le violoniste Boris Begelman – Photo : © DR

On ne se lasse certes pas de Vivaldi interprété ainsi, comme il se doit…

Ce jeudi 16 septembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un nouveau CD au catalogue discographique de Théotime Langlois de Swarte : le proustien « Concert retrouvé » (1er juin 1907, au Ritz)…

15sept

Sur son très riche site Discophilia,

Jean-Charles Hoffelé consacre un nouvel article, Reconstitution, à une nouvelle récente parution discographique de l’excellent violoniste qu’est Théotime Langlois de Swarte

_ cf le récapitulatif de mes articles précédents, du mardi 21 juin 2021  ;

ainsi que cet autre article, du 16 août dernier : _,

un CD Harmonia Mundi _ HMM 902508 _ intitulé « Proust. Le Concert retrouvé« .

Voici donc cet article :

RECONSTITUTION

Grand Salon du Ritz, 1er juillet 1907, Marcel Proust quitte son appartement du Boulevard Haussmann pour se rendre au dîner suivi d’un concert qu’il organise _ voilà ! _ en l’honneur de Gaston Calmette, le directeur du Figaro. Gabriel Fauré lui a _ hélas _ fait faux bon, alors que le programme présente plusieurs de ses œuvres, mais il a dépêché Marguerite Hasselmans qui accompagnera Maurice Hayot dans la schumanienne Première Sonate de son maître, Edouard Risler se chargeant du reste et en modifiant les œuvres pour jouer ce qu’il a dans les doigts.

Soirée typique documentée dans une lettre que Proust adresse à Reynaldo Hahn deux jours ensuite _ le 3 juillet 1907 _, mêlant musique française et allemande comme on le faisait chez Saint-Marceaux ou chez Greffulhe, que Théotime Langlois de Swarte et Tanguy de Williencourt ont reconstituée en prenant soin d’y associer deux instruments tirés du Musée de la Musique : on entend enfin sous l’archet du jeune homme le Davidoff tiré d’un long sommeil par les soins de Balthazar Soulier. Quelle émotion lorsque son timbre de voix humaine _ voilà _  s’empare du _ sublimissimeÀ Chloris _ cf, par exemple, mon article du 22 mai 2020 : … _ de l’ami Reynaldo Hahn.

Sommet du disque, la Première Sonate de Fauré, jouée appassionato, et ne cherchant pas à masquer ses références à Schumann. Comme j’aimerai les entendre dans la Seconde également ! Mais non, fidèle au concert, les deux amis en restent _ oui _ à ce qui fut joué alors, capturant avec poésie l’air de ce temps perdu pour mieux le retrouver _ voilà.

Tanguy de Williencourt joue un splendide Erard aux cordes parallèles, le modèle modeste que l’on trouvait couramment dans les salons du tout Paris d’alors. Stupeur devant son 6e Nocturne _ de Gabriel Fauré _ éloquent par les phrasés comme par les couleurs : et si sur ce piano il avait l’idée d’enregistrer les 13 Nocturnes au complet ?

LE DISQUE DU JOUR

Proust, le concert retrouvé
Un concert au Ritz, à la Belle Époque

Reynaldo Hahn (1874-1947)
À Chloris (arrangement pour violon et piano)
L’Heure exquise (arrangement pour violon et piano)


Robert Schumann (1810-1856)
Des Abends (No. 1, extrait des “Fantasiestücke, Op. 12 »)


Frédéric Chopin (1810-1849)
Prélude en ré bémol majeur, Op. 28 No. 15


Gabriel Fauré (1845-1924)
Sonate pour violon et piano No. 1 en la majeur, Op. 13
Berceuse pour violon et piano, Op. 16
Après un rêve, Op. 7 No. 1 (arrangement pour violon et piano)
Nocturne No. 6 en ré bémol majeur, Op. 63


François Couperin (1668-1733)
Les Barricades mystérieuses (No. 5, de l’Ordre VI, extrait du « Second Livre de pièces de clavecin)


Franz Liszt (1811-1886)
Isoldens Liebestod – Schluss-Szene aus Richard Wagner’s “Tristan und Isolde”, für das Pianoforte bearbeitet, S. 447

Théotime Langlois de Swarte, violon
Tanguy de Williencourt, piano

Un album du label harmonia mundi/Stradivari HMM902508

Photo à la une : © DR

 

Un très joli programme, déjà…

Et bravo !!!

Ce mercredi 15 septembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le beau chemin parcouru de Véronique Gens dans l’opéra baroque français : de Lully à Charpentier, en passant par Collasse et Desmarets…

09sept

Véronique Gens poursuit vaillamment sa passionnante exploration des beaux airs de l’opéra baroque français des XVIIéme et XVIIIéme siècles

_ ici le XVIIéme siècle, pour des airs créés de 1665 (pour le Ballet de la naissance de Vénus, de Lully) à 1694 (pour la Circé de Desmarets) _,

avec un nouveau CD Alpha,

le CD « Passion » Alpha Classics 747 ;

comme nous en informe l’article intitulé Dire de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia.

DIRE

L’Opéra du Grand Siècle est _ oui ! _ l’un des objets favoris de l’art de Véronique Gens, déjà illustré _ en effet _ par deux albums _ intitulés « Tragédiennes » en 2006 et 2009 ; et même un troisième, en 2011 _ pour Virgin. Elle change de cavalier, le geste vif et le son coupant de l’Ensemble les Surprises succédant aux magnificences des Talens Lyriques.

Sujet principal, le grand style _ oui ! _ des emplois à baguette (Magiciennes, Reines) comme Lully (1632 – 1687) les aura une fois pour toute imposées _ oui ! _ au genre _ magnifique _ de la tragédie lyrique. Il avait ses héroïnes _ interprètes _, Melle Saint-Christophe, Marie Le Rochois, qui auront posé les canons de la déclamation noble _ voilà ! _  alliée à une puissance dramatique _ en effet ! _ où le mot de Quinault (1635 _ 1688) disait autant _ en effet ! et on ne le soulignera jamais assez ! _ que les notes de Lully.

Dès le sombre air d’Arcabonne tiré d’Amadis (1684), le ton de l’album est donné, Véronique Gens restera une souveraine diseuse _ oui, et c’est bien là une nécessité absolue en ce magnifique répertoire _ pour tout ce qui, dans ce programme constituant un opéra imaginaire, ressort de Lully (la grande scène de Cérès tirée de Proserpine (1680)), mais les pures merveilles seront les découvertes, la Junon de l’Achille et Polyxène (1687) de Collasse merveilleux compositeur (1649 – 1709), bien incompréhensiblement méconnu et joué… _, le grand air de caractère de l’Eolie pris dans la Circé (1694) de Desmarets (maître absolu du genre décidément trop peu documenté _ lui aussi (1661 – 1741)… _ au disque)

_ que l’on écoute les 2 CDs de La Simphonie du Marais, que sont Un Portrait musical de Jean de La Fontaine (paru en 1995), avec l’air sublime du suicide d’Astrée, de L’Astrée (1691) de Pascal Collasse sur un livret de La Fontaine (cf mon article détaillé du 3 juillet 2020 : ) ; ainsi que La Diane de Fontainebleau (paru en 1998), de Henry Desmarets, sous la direction de Hugo Reyne…

La Simphonie du Marais, Hugo Reyne, Christian Asse Jean de La Fontaine - Un portrait musical

La Diane De Fontainebleau - Desmarest, Henry

Deux sommets : sa Cybèle d’Atys (1676) où entendre son grand dessus se saisir d’Espoir si cher et si doux fait songer à Jennifer Smith, et l’air et la scène de fureur de la Médée (1693) de Charpentier (1643 – 1704). Belle présence des Chantres (le sommeil de La Diane de Fontainebleau (1686)), direction sentie de Louis-Noël Bestion de Camboulas (les Canaries du Bourgeois gentilhomme (1670)), est-ce l’amorce d’une nouvelle série d’albums où Véronique Gens continuerait d’herboriser la tragédie lyrique, allant vers des ouvrages plus en aval ? Qui sait.

LE DISQUE DU JOUR

Passion

Airs et pièces d’orchestre de Jean-Baptiste Lully (Amadis, LWV 63 ; Proserpine, LWV 58 ; Ballet du temple de la paix, LWV 69 ; Atys, LWV 53 ; Ballet de la naissance de Vénus, LWV 27 ; Le Bourgeois gentilhomme, LWV 43 ; Armide, LWV 71 ; Persée, LWV 60 ; Le triomphe de l’amour, LWV 59 ; Alceste, LWV 50), Pascal Collasse (Achille et Polyxène, Thétis et Pélée), Henry Desmarets (Circée ; La Diane de Fontainebleau), Marc-Antoine Charpentier (Médée, H. 491)

Véronique Gens, soprano
Les Chantres du Centre de Musique Baroque de Versailles
Ensemble Les Surprises
Louis-Noël Bestion de Camboulas, direction

Un album du label Alpha Classics 747

Photo à la une : la soprano Véronique Gens – Photo : © DR

Ce jeudi 9 septembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

En se souvenant de la soirée du 13 novembre 2015 : hasard des destins croisés…

08sept

L’actualité _ sinistre _ de ce mercredi 8 septembre 2021

m’incite à me souvenir de la soirée du vendredi 13 novembre 2015 :

 

un souvenir forcément bien vivace…

Ce 13 novembre-là,

j’avais assisté en l’église Saint-Vincent d’Hendaye à un très beau concert du Quatuor Arnaga,

qui avait donné le Quatuor de Ravel, et le 3ème Quatuor de Lucien Durosoir : un superbe programme.

Mes amis Luc et Georgie Durosoir

savent organiser toujours parfaitement les choses…

Tout heureux de ces merveilleuses musiques,

et de cette belle nuit hendayaise,

j’avais repris ma voiture garée tout près de l’église,

et pris gaiement la magique route de la corniche afin de rejoindre mon domicile de Saint-Jean-de-Luz,

en continuant à me passer de la musique en conduisant sur cette route

que j’aime tout particulièrement…

Ce n’est que parvenu à l’appartement de Saint-Jean, que j’ai allumé le poste de télévision,

pour y apprendre _ en direct _ ce qui était juste en train de survenir, alors, à Paris.

Aussitôt, je joins mon épouse demeurée à Bordeaux, qui ignorait tout, alors, de cette terrible actualité parisienne…

Bien sûr, elle tâche immédiatement de joindre notre fille parisienne,

qui passait la soirée dans le XIème arrondissement,

et qui était en train de rejoindre, en métro, son domicile…

Destins croisés,

heureuses et malheureuses rencontres…

Ce mercredi 8 septembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

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