Archives de la catégorie “Histoire”

Chanter Berlioz : pénétrer les secrets de la complexité d’incarnation par les chanteurs de cette sublime musique

13déc

En recherchant sur le web

de quoi entrer dans les secrets

de l’interprétation

de La Damnation de Faust d’Hector Berlioz,

je viens de tomber presque par hasard sur une émission de France-Musique,

Le Club des critiques : chanter Berlioz _ cliquer pour l’écouter !

émission (de France-Musique),

et qui plus est enregistrée le 8 mars (2019),

le jour même du 150 ème anniversaire de la mort de Berlioz

(La Côte-Saint-André, 11 décembre 1803 – Paris, 8 mars 1869),

dans laquelle,

auprès de Lionel Esparza,

trois excellents connaisseurs de l’histoire de l’interprétation du chant berliozien,

Pierre Flinois, Richard Martet et Christian Merlin,

s’attachent à nous aider à mieux pénétrer les difficultés

et quelques réussites (au moins discographiques)

de la grande complexité d’interprétation et incarnation de ce chant berliozien,

ainsi que le labyrinthe de ses diverses raisons…

Les analyses sont menées

à partir de quelques exemples, bien sûr, excellemment choisis

(dans Benvenuto Cellini, La Damnation de Faust et Les Troyens

_ ainsi que Absence, des Nuits d’été _),

avec Nicolaï Gedda, Rita Gorr, Edith Mathis, Placido Domingo et Yvonne Minton, Kenneth Riegel et Federica von Stade, Georges Thill,  Jon Vickers, Eleanor Steber et Régine Crespin.

Les qualités nécessaires d’interprétation

et incarnation

de ce chant berliozien

_ si longtemps très rarement chanté ; et n’ayant donc pas donné lieu à quelque tradition berliozienne un peu suivie ! _

sont magnifiquement dévoilées,

une excellente et passionnante heure durant,

par nos critiques très bons connaisseurs…

Bref,

une émission passionnante,

et qui nous apprend beaucoup…

Ce vendredi 13 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

A la recherche de précisions sur les Bibal, père et fils, peintres luziens

09déc

Afin d’essayer d’obtenir d’éventuelles précisions sur les peintres luziens Pascal Bibal Dupous, le père, et François-Ignace Bibal Iburuzqueta _ j’écris leurs noms à l’espagnole _,

sur l’œuvre de chacun, ainsi que leurs vies respectives,

je m’adresse à l’auteur de La peinture basque : œuvres choisies des collections publiques et privées

publié aux Éditions Pimientos en 2009,

sur la recommandation de mon cousin bayonnais,

qui le connaît bien.

Voici le courriel que je viens de lui adresser,

et qui s’efforce d’aller à l’essentiel 

de ce que recherche

et de ce que j’ai déjà découvert.

Monsieur,
François Bioy, mon cousin bayonnais, a eu la gentillesse de me faire connaître votre compétence à l’égard des peintres basques,
et notamment luziens et cibouriens.
Pour aller d’emblée à l’essentiel,
ce sont les signatures sur leurs tableaux respectifs de Pascal Bibal, le père, et de François-Ignace Bibal, le fils,
qui me paraissent constituer un élément intéressant pour la recherche concernant leurs œuvres respectifs,
dont je désire approfondir la connaissance.
Ainsi aimerais-je établir une amorce de catalogue des œuvres de Pascal Bibal,
certaines demeurant en possession de membres de sa famille :
Madame Maylen Lenoir-Gaudin, arrière petite-nièce de Pascal Bibal, m’en a parlé,
mais je dois lui demander des précisions ; je dois la revoir à Saint-Jean-de-Luz…
Les commissaires priseurs de Côte basque Enchères, M. Arnaud Lelièvre et son épouse Florence Lelièvre-Cabarrouy, 
ont vendu cet été, un Apprenti-boucher, signé Bibal et datant d’août 1895, réalisé à Saint-Jean-de-Luz,
qu’ils ont attribué à Pascal Bibal, et non à son fils François-Ignace,
essentiellement en fonction de la date présente sur le tableau : 1895,
m’a indiqué Arnaud Lelièvre…
 

Et en regardant de plus près l’inscription-signature située en bas et à droite de ce tableau, 
je me suis penché sur les particularités de cette signature de Pascal Bibal, à Saint-Jean-de-Luz, en 1895.
Et à partir de là je me suis intéressé aux signatures présentes sur les tableaux du père et du fils Bibal,
en remarquant bien le L majuscule clôturant le nom BibaL sur les signatures des tableaux de Pascal Bibal, le père.
Par exemple celle figurant au dos de son Portrait de dame Basque.

 PASCAL BIBAL : PORTRAIT D'UNE DAME BASQUE
Cf mon article du 15 novembre dernier :
De Pascal Bibal,
outre L’Apprenti boucher (de 1895)
et ce Portrait de dame basque,
je connais une troisième toile de lui :
le Portrait de son ami peintre de Zarautz Sabino Sabino Iceta Amezti :

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Il me semble, cher Monsieur, que vous êtes une personne idoine pour m’aider à avancer dans cette recherche concernant Pascal Bibal, en son œuvre,
et en sa vie.
En sa vie aussi, puisque j’ignore encore le lieu (pas à Saint-Jean-de-Luz ; probablement à Bilbao)
et la date (dans la dernière décennie du XIXème siècle, et peut-être après la signature, à Saint-Jean-de-Luz, au mois d’août 1895, de L’Apprenti boucher,
si cette toile est bien de lui, et pas de son fils… ; et avant 1898).
Un document militaire concernant François-Ignace Bibal, au moment de son conseil de révision, en 1898,
nous apprend en effet que son père Pascal Bibal, qui résidait avec son épouse Dorotea Iburuzqueta, à Bilbao _ sans plus de précision hélas _,
était déjà décédé alors ;
Voilà
C’est dans le cadre de recherches sur la généalogie maternelle de Maurice Ravel, et de ses cousinages cibouro-luziens
_ une recherche pas vraiment entreprise jusqu’ici, par quiconque, sinon par les travaux demeurés partiels de Jean-Noël Darrobers,
à la suite des travaux assez superficiels du chanoine Narbaitz (dont M. Darrobers a voulu rectifier les erreurs et imprécisions) ;
travaux qui s’intéressaient essentiellement aux ancêtres Delouart des XVIIème et XVIIIème siècles, à Ciboure,
en amont de Gratien Delouart (Ciboure, 1er mai 1748 – Ciboure, 21 août 1798),  le premier ancêtre masculin connu des ascendants cibouriens de Marie Delouart (Ciboure, 24 mars 1840 – Paris, 5 janvier 1917), la mère de Maurice Ravel (Ciboure, 7 mars 1875 – Paris, 28 décembre 1937) ;
et pas aux cousins de Ravel (et de sa mère née Marie Delouart, en 1840) des XIXème et XXème siècles ! _,
que je m’intéresse aux peintres luziens Pascal et François-Ignace Bibal
_ dont j’ai eu le vif plaisir, je dois dire, de faire la connaissance des œuvres…
Je suis aussi en relation amicale avec Madame Maylen Lenoir-Gaudin,
fille d’Edmond Gaudin et Angela Rossi
et petite fille de Charles Gaudin et Magdeleine Hiriart,
qui m’a reçu à plusieurs reprises chez elle à Saint-Jean-de-Luz ; et je dois retourner la rencontrer à nouveau à Saint-Jean,
et consulter d’un peu près ses archives familiales…
Alors que par sa grand-mère paternelle Magdeleine Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 11 mars 1875 – Saint-Jean-de-Luz, 19 juin 1968),
Maylen Lenoir-Gaudin descend de celle que je nomme Marie-Delouart n°2 (Ciboure, 17 juin 1784 – Saint-Jean-de-Luz, 3 janvier 1842)
et qui était la sœur cadette de celle que je nomme Marie Delouart n°1 (Ciboure, 29 juin 1782 – Ciboure, 28 août 1855), qui est l’arrière-grand-mère de Maurice Ravel :
c’est ainsi que Maylen Lenoir se trouve être une cousine effective de Maurice Ravel, alors qu’elle l’avait ignoré jusqu’alors !!! 
(cf mes articles du 26 et du 28 mai dernier :
du fait que Magdeleine Hiriart,
fille de Dominique Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 28 janvier 1849 – Saint-Jean-de-Luz, 20 décembre 1926),
et petite-fille de Marie Etcheverry (Saint-Jean-de-Luz, 21 juin 1817 – Saint-Jean-de-Luz, 27 décembre 1850),
était l’arrière-petite-fille de cette Marie Delouart n°2 (Ciboure, 17 juin 1784 – Saint-Jean-de-Luz, 3 janvier 1842) ;
et donc l’arrière-petite-nièce de la Marie Delouart n°1 (Ciboure, 29 juin 1782 – Ciboure, 28 août 1855), l’arrière-grand-mère
_ via Sabine Delouart, la grand-mère (Ciboure, 11 mars 1809 – Ciboure, 22 décembre 1874), et Marie Delouart, la mère (Ciboure, 24 mars 1840 – Paris, 5 janvier 1917) _,
de Maurice Ravel.
Par son grand-père paternel Charles Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 19 novembre 1875 – Bimbo, Congo français, 13 septembre 1910),   
Maylen Lenoir-Gaudin est l’arrière-petite-fille d’Annette Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 28 avril 1846 – Saint-Jean-de-Luz, 21 novembre 1936),
épouse d’Edmond Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 17 novembre 1844 – Saint-Jean-de-Luz, 28 décembre 1920)
et sœur aînée du peintre Pascal Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 12 juin 1847 – ?),
dont je n’ai pas découvert jusqu’ici le lieu et la date du décès, probablement dans les années 90 du XIXe siècle ; et ailleurs qu’à Saint-Jean-de-Luz : probablement à Bilbao…
Pascal Bibal avait épousé, à Zarautz, Dorotea Iburuzqueta le 23 janvier 1877 ;
et lui et son épouse ont été domiciliés à certains moments à Bilbao…
Maylen Lenoir est ainsi l’arrière-petite-nièce du peintre Pascal Bibal.

D’où mes recherches sur cette famille Bibal ;
dont certains des membres, émigrés à Cuba dans la première décennie du XXe siècle, firent fortune là-bas :
ainsi Grégoire Bibal, architecte, a-t-il construit l’opéra de La Havane en 1928,
et son frère Joseph a été un banquier et entrepreneur très en vue dans l’oligarchie cubaine jusqu’à la révolution castriste…
Mais je n’ai pas encore découvert les lieux _ à Cuba probablement _ et dates de décès de Grégoire et Joseph Bibal, ces deux frères cadets de François-Ignace Bibal.
Alors que j’ai découvert que François-Ignace Bibal était décédé,
non pas à Ainhoa comme il est mentionné dans les notices le concernant (et sans date précise : seulement en 1944), 
mais « à son domicile », à Saint-Jean-de-Luz, le 26 mai 1944, 5 Place du Maréchal Foch…
Là même où était décédée l’année précédente, ai-je découvert _ et « à son domicile« , elle aussi : elle semble ainsi lui avoir légué son appartement luzien… _, sa tante Bernardine Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 22 août 1855 – 28 février 1943) :
celle que Ravel, en ses lettres à son amie luzienne Marie Gaudin, nomme au moins à trois reprises (le 20 octobre 1921, le 15 août 1930 et le 3 janvier 1933 ) « Tante Bibi » ;
expression que l’auteur de Ravel, portraits basques, sans vérifier de dates (!), a cru s’appliquer à la grand-tante Gachucha Billac de Maurice Ravel (qui était décédée le 17 décembre 1902 !) ;
erreur qu’aura à rectifier, m’a-t-il confié, Manuel Cornejo quand sera rééditée sa magnifique édition de la Correspondance (connue à ce jour) de Maurice Ravel…
Bernardine Bibal, soit la dernière survivante de la fratrie des Bibal _ dont Annette et Pascal _, 
les 9 enfants de Pierre Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 5 septembre 1806 – Saint-Jean-de-Luz, 12 septembre 1855)
et son épouse Victoire Dupous (Saint-Jean-de-Luz, 9 juin 1822 – Saint-Jean-de-Luz, 16 juin 1903).
Gachucha Billac : Ciboure, 15 mai 1824 – Saint-Jean-de-Luz, 17 décembre 1902 ;
Bernardine Bibal : Saint-Jean-de-Luz, 22 août 1855 – Saint-Jean-de-Luz, 28 février 1943.
Comment a-t-on pu confondre ainsi la grand-tante Billac de Maurice Ravel et la tante Bibal de Marie Gaudin ?..
En 1921, 1930 et 1933, années de ces trois courriers de Maurice Ravel à Marie Gaudin,
il y avait donc bien longtemps _ en 1902 ! _ qu’était décédée la grand-tante Gachuch de Maurice Ravel…
Entreprendre de vérifier avec soin les dates constitue un élément basique du travail de tout chercheur historien un peu sérieux. 
Voilà.
Vous pouvez accéder à mon plus récent récapitulatif (commode) de mes articles ravéliens, en date du 1er octobre 2019 :
je les ai poursuivis ensuite fin octobre et début novembre.
C’est une enquête passionnante, et qui est loin d’être achevée. Il me faudra passer pas mal de temps aux archives municipales de Ciboure pour mieux pénétrer vraiment les cousinages cibouriens des Delouart (et de Maurice Ravel, par là même aussi) aux XIXème et XXème siècles aussi…
Les articles concernant les Bibal _ et plus spécifiquement les peintres Pascal et François-Ignace Bibal _ sont, à ce jour, les six suivants de la liste ci-dessous :
Quant aux deux articles miens qui prècèdent ce récapitulatif du 1er octobre, ils permettent simplement de bien opérer le rattachement entre les Bibal et ce que je nomme « les cousinages cibouro-luziens » de Maurice Ravel.
En mettant en ordre chronologique cette liste partielle,
cela donne ceci :
J’espère ne pas trop vous effrayer, ni surtout trop abuser de votre temps, 
en vous adressant cette jungle d’articles…
Mais j’essaie d’être le plus précis possible,
afin de pouvoir être utile à qui s’intéressera à ces recherches
qui ouvrent des chemins…
….
Francis Lippa
Ce lundi 9 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Aujourd’hui 8 décembre 2019, 100 ème anniversaire de la naissance à Varsovie du compositeur Mieczeslaw Weinberg

08déc

Aujourd’hui 8 décembre 2019,

100 ème anniversaire de la naissance à Varsovie de l’immense compositeur Mieczyslaw Weinberg.

Pour commencer à bien le fêter, cet anniversaire, 

voici,

sur le site de Res Musica,

un excellent article de Jean-Christophe Le Toquin,

intitulé

Mieczysław Weinberg, portrait pour un premier centenaire


Mieczysław Weinberg, portrait pour un premier centenaire

 

Ce dimanche 8 décembre 2010, Titus Curiosus – Francis Lippa

Les préparatifs de l’année Beethoven pour le 250e anniversaire de sa naissance

07déc

La manie fétichiste (et assez paresseuse)

de la commémoration des anniversaires

a ceci de bon

qu’elle permet de refaire un point un peu utile

sur certaines de nos données patrimoniales

que nous pourrions, parfois bien à tort, négliger…

Ainsi demain 8 décembre,

commémorerai-je le 100e anniversaire de la naissance à Varsovie de Mieczyslaw Weinberg,

le 8 décembre 1919 ; et qui mourra à Moscou le 26 février 1996…

Un compositeur à vraiment découvrir..



Ce soir,

c’est sur le 250e anniversaire

de la naissance de Ludwig van Beethoven

à Bonn,

le 15 ou le 16 décembre 1770 (et il décèdera à Vienne le 26 mars 1827),

que je désire un peu m’attarder. 


Les publications discographiques _ notamment de coffrets _

n’ont pas manqué de commencer, dès cette fin d’année 2019, à proliférer :

qu’il s’agisse de rééditions d’enregistrements marquants ;

ou de nouvelles interprétations…


Ainsi me suis-je procuré the Complete Piano Concertos,

par le jeune prodige canadien _ d’origine polonaise _ Jan Lisiecki

dirigeant lui-même, de son piano, l’Academy of Saint Martin in the Fields,

et enregistrés en live au Konzerthaus de Berlin

_ un triple album Deutsche Grammophon 483 7637.

Ce samedi 7 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Comment interpréter Gesualdo et son irradiante singularité ?..

05déc

Carlo Gesualdo da Venosa

(Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1613)

est un de mes compositeurs préférés !


Mais combien sont rares les interprétations de ses œuvres

vraiment satisfaisantes

_ et réellement idiosyncrasiques ?..

Longtemps, de ses six livres de Madrigaux,

ne m’a exclusivement agréé

que l’interprétation du Quintetto Vocale italiano, d’Angelo Ephrikian

_ avec les chanteurs Karla Schlean (soprano), Clara Foti (mezzo-soprano), Elena Mazzoni (contralto), Rodolfo Farolfi (ténor), Gastone Sarti (baryton) et Dimitri Nabokov (basse).

Puis,

m’a beaucoup plu _ voire même comblé ! _,

livre à livre,

celle de La Compagnia del Madrigale,

pour les livres 6, 3 et 2

_ de même, d’ailleurs, que la totalité de leurs CDs : chaque fois, une extase…

Les chanteurs en sont Rossana Bertini, Francesca Cassinari (sopranos), Elena Carzaniga (alto), Giuseppe Maletto, Raffaele Giordani (ténors) et Daniele Carnovich (basse). 

Alors que m’horripilaient

toutes les autres interprétations,

tout particulièrement du fait de la non-italianité criante des chanteurs.

Alors quand est paru,

le 28 novembre dernier,

l’article de Jean-Charles Hoffelé sur son blog Discophilia

intitulé D’amour à mort,

ai-je été quasi blessé

de la chronique très négative _ et non argumentée ! _

portée par ce critique que j’apprécie beaucoup en général

à l’égard

et de La Compagnia del Madrigale,

et de leur CD du 2e livre de Madrigaux de Carlo Gesualdo ;

notamment par la comparaison faite par Hoffelé

avec le double album

que les Arts Florissants, dirigés par Paul Agnew

_ avec les chanteurs Miriam Allan et Hannah Morrison (sopranos), Lucile Richardot et Mélodie Rubio (contraltos), Sean Clayton (ténor), Edward Grint (basse) et Paul Agnew lui-même (ténor) _,

ont consacré aux Livres 1 et 2 des Madrigaux de Gesualdo !

D’AMOUR À MORT

La Compagnie del Madrigale s’est lancée voici quelques années dans une intégrale toujours en cours _ manquent encore les livres 1, 4 et 5 _ des Madrigaux de Gesualdo, je croyais l’entreprise salutaire _ certes ! _, après tout on n’avait pas vraiment d’alternative au geste expressionniste _ oui, éblouissant ! _ déployé par Angelo Ephrikian et ses chanteurs qui avaient enregistré dans des conditions difficiles la version princeps de l’ensemble des Livres.


Hélas, les nouveaux venus faisaient bien pâle figure _ ah ! non !!! _ et ce dès le premier disque, étrange que Glossa n’ait pas préféré confier une entreprise si périlleuse à La Venexiana _ tellement décevante, elle, depuis le départ de ses membres qui allaient fonder La Compagnia del Madrigale… Quel ensemble pourrait concilier le style musicologiquement juste avec l’expression si intense _ oui _ devinée _ oui _ par la petite troupe dépareillée d’Ephrikian ?

Une divine surprise m’attendait à la poste dans une enveloppe d’harmonia mundi, un joli double album qui semble le premier volume d’une intégrale des six Livres selon Les Arts florissants emmenés par Paul Agnew.


Leur parcours Monteverdi m’avait bluffé _ pas moi ! _ ; dès Baci, soavi, e cari qui ouvre le Libro primo, les mots éclatent, assaillant les notes _ c’est vrai _ ; les affects brillent ; tout le feu du baroque italien exalte _ oui _ les couleurs et les accents de ces six voix, faisant résonner cette alliance coupante comme une pointe de diamant entre le mot et la note qui donne à la musique de Gesualdo ses vertigineuses _ en effet ! _ propriétés expressives. Car ici les mots dansent, dans la clarté aveuglante qu’impose Paul Agnew conduisant de son ténor ces efflorescences de sons.

Admirable, jusque dans la sensualité trouble de bien des pages qui ne sont pas sollicitées _ artificiellement _ mais simplement exposées dans leurs singulières harmonies _ oui. Lorsque l’on sait qu’à mesure que les Livres s’accumulent, cette langue si libre se radicalise encore _ oui _, je peine à me dire qu’il faudra attendre les prochains volumes, je les voudrais tous pour m’immerger enfin dans ce corpus de chefs-d’œuvre _ assurément ; et sans postérité.


LE DISQUE DU JOUR

Carlo Gesualdo (1566-1613)
Madrigaux à 5 voix, extraits des “Libro primo” et “Libro secondo

Les Arts florissants
Paul Agnew, direction

Un album de 2 CD du label harmonia mundi/Les Arts florissants HAF8905307.08

Photo à la une : le ténor et directeur des Arts florissants – Photo : © DR

J’avais renâclé à me procurer ce double album des Arts Flo (et Paul Agnew), redoutant un certain défaut d’italianité de leur part…

J’ai bien voulu cependant tenter l’expérience…

Et n’ai pas été déçu, bien au contraire,

d’avoir écouté le conseil de Jean-Charles Hoffelé.

Même si je ne change _ pas du tout ! _ d’avis sur La Compagnia del Madrigale !

Je dirai simplement que

du Livre second des Madrigaux de Gesualdo,

nous disposons là

de deux interprétations qui diffèrent

quant à leur regard sur le parcours même de création du compositeur :

entre la tonalité des œuvres de la période de Ferrare (1594 – 1596),

pour les quatre premiers Livres,

et celle de la période de Gesualdo (1611 – 1613),

pour les deux derniers _ sublimissimes…

La Compagnia del Madrigale se refusant, elle, à interpréter les premiers Livres de Madrigaux de Gesualdo

de la manière qui conviendra aux deux derniers…

Quant à l’appréciation de Jean-Charles Hoffelé

sur la valeur des précédents CDs de La Compagnia del Madrigale

_ leurs merveilleux et magiques Monteverdi (les Vespro), Marenzio (les livres 1 et 5 de Madrigaux), De Rore (Vieni, dolce Imeneo)

et l’album Orlando furioso : madrigaux composés sur des poèmes de l’Arioste… _,

je ne la partage _ ni ne comprends _ pas du tout !!!

À quoi peut donc tenir cette exécration musicale ?

Je me le demande bien…

Ce jeudi 5 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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