Archives de la catégorie “Histoire”

Une nouvelle pépite d’or de La Compagnia del Madrigale : le CD Cipriano de Rore « Vieni, dolce Imeneo » _ ou la perfection de l’interprétation

20jan

Pas un seul des CDs

de La Compagnia del Madrigale

qui ne soit décidément un pur chef d’œuvre !


Et celui qui paraît ce mois de janvier

ne déchoit pas davantage que les précédents

_ je veux dire leurs merveilleux et sublimes CDs Gesualdo, Marenzio, Monteverdi, L’arte del Madrigale, tous parus chez Glossa ;

et leur Orlando furioso, paru chez Arcana _

à cette règle de constat _ admiratif ! _ de fait !

Celui de ce jour

est un CD consacré à l’œuvre de Cipriano de Rore,

et est intitulé Vieni, dolce Imeneo _ Madrigali ;

soit le CD Glossa GCD 922808.

Ici, je me permets un simple rappel de dates

concernant ces compositeurs

auxquels La Compagnia a consacré ces si somptueux enregistrements,

dans l’horizon de leurs rapports de filiations _ artistiques _,

auprès des cours des _ si raffinées _ principautés italiennes

de la Renaissance _ et de la naissance du Baroque _,

au premier chef, celle des Este à Ferrare,

mais aussi, celle des Gonzague à Mantoue, et celle des Farnese à Parme :

Cipriano De Rore (Renaix/Ronse, 1515/16 – Parme, 1565) ;

Luca Marenzio (Coccaglio, près Brescia, 1553 – Rome, 1599) ;

Carlo Gesualdo (Venosa, 1566 – Gesualdo, 1613) ;

Claudio Monteverdi (Crémone, 1567 – Venise, 1643).

A cette liste,

j’ajouterais pour ma part,

à titre de jalons intermédiaires

entre Cipriano de Rore (décédé en 1565) et Luca Marenzio (né en 1553),

les noms de compositeurs décisifs, eux aussi,

dans le raffinement _ inouï _ des cours de ces principautés italiennes,

_ d’abord celle des Este à Ferrare,`

mais aussi celle des Gonzague à Mantoue

et celle des Farnese à Parme, j’insiste là-dessus _ ;

ainsi que dans la composition de madrigaux,

tels que

Giaches de Wert (Bornem, 1535 – Mantoue, 1596)

et Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, c. 1545 – Ferrare, 1607),

tous deux très effectivement élèves de Cipriano de Rore à Ferrare,

où celui séjourna, de 1547 à 1559, auprès du duc

_ modèle d’esthète-mécène d’un extrême raffinement (et en tous les arts) pour toute l’Europe ! _

Hercule II d’Este (1508 – 1559)

_ dont l’épouse était Renée de France (1510 – 1574),

fille du roi de France Louis XII (1462 – 1515),

et sœur de la reine Claude (1499 – 1524), la première épouse de François Ier (1494 – 1547):

peut-être pour de futurs _ voire prochains _ enregistrements

de La Compagnia del Madrigale…

Cf aussi mes récents articles du 24 juin

et du 14 juillet derniers (2018)

à propos de CDs consacrés à l’œuvre de Cipriano de Rore.

Quelle chance de pouvoir physiquement _ sonorement, je veux dire _ jouir de telles musiques

en de telles sublimes interprétations !!!

Ce dimanche 20 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Ecouter Jean Fournet (et François-Xavier Roth) dans le Prélude à l’après-midi d’un faune, de Claude Debussy, à partir de Stéphane Mallarmé

14jan

Pour évaluer avec assez grande justesse

la présente interprétation _ si heureuse ! Quelle splendeur !

et enregistrée par Harmonia Mundi à laPhilharmonie de Paris en janvier 2018_

par Les Siècles et François-Xavier Roth

du Prélude à l’après-midi d’un faune

de Claude Debussy (1862 – 1918)

_ la première de l’œuvre eut lieu le 22 décembre 1894 à la Société nationale de musique _

dans le merveilleux CD/DVD Harmonia Mundi HMM 905291

qui vient tout juste de paraître

_ cf mon article du vendredi 11 janvier dernier :

_,

vient nous fournir un excellent criterium de comparaison

une bien reconnue version de référence :

celle de Jean Fournet

_ élégant, précis et sans esbroufe _,

avec le magnifique Concertgebouworkest d’Amsterdam,

enregistrée par Decca au mois de juin 1959,

et telle que nous la propose le CD Decca Eloquence 482 4959.

Il faut bien reconnaître que l’œuvre de Debussy

est idéalement servie

dans ces deux interprétations,

toutes deux d’exception !

Jean Fournet

est paisible et tendrement lumineux ;

et François-Xavier Roth

d’une précision de poésie renversante et envoûtante.

Et voici le poème de Stéphane Mallarmé :

LE FAVNE

Ces nymphes, je les veux perpétuer.

Si clair,
Leur incarnat léger, qu’il voltige dans l’air
Assoupi de sommeils touffus.

Aimai-je un rêve ?

Mon doute, amas de nuit ancienne, s’achève
En maint rameau subtil, qui, demeuré les vrais
Bois mêmes, prouve, hélas ! que bien seul je m’offrais
Pour triomphe la faute idéale de roses.

Réfléchissons..

ou si les femmes dont tu gloses
Figurent un souhait de tes sens fabuleux !
Faune, l’illusion s’échappe des yeux bleus
Et froids, comme une source en pleurs, de la plus chaste :
Mais, l’autre tout soupirs, dis-tu qu’elle contraste
Comme brise du jour chaude dans ta toison !
Que non ! par l’immobile et lasse pâmoison
Suffoquant de chaleurs le matin frais s’il lutte,
Ne murmure point d’eau que ne verse ma flûte
Au bosquet arrosé d’accords ; et le seul vent
Hors des deux tuyaux prompt à s’exhaler avant
Qu’il disperse le son dans une pluie aride,
C’est, à l’horizon pas remué d’une ride,
Le visible et serein souffle artificiel
De l’inspiration, qui regagne le ciel.

Ô bords siciliens d’un calme marécage
Qu’à l’envi des soleils ma vanité saccage,

Tacite sous les fleurs d’étincelles, contez
» Que je coupais ici les creux roseaux domptés
» Par le talent ; quand, sur l’or glauque de lointaines
» Verdures dédiant leur vigne à des fontaines,
» Ondoie une blancheur animale au repos :
» Et qu’au prélude lent où naissent les pipeaux,
» Ce vol de cygnes, non ! de naïades se sauve
» Ou plonge.. »

Inerte, tout brûle dans l’heure fauve
Sans marquer par quel art ensemble détala
Trop d’hymen souhaité de qui cherche le la :
Alors m’éveillerai-je à la ferveur première,
Droit et seul, sous un flot antique de lumière,
Lys ! et l’un de vous tous pour l’ingénuité.

Autre que ce doux rien par leur lèvre ébruité,
Le baiser, qui tout bas des perfides assure,
Mon sein, vierge de preuve, atteste une morsure
Mystérieuse, due à quelque auguste dent ;

Mais, bast ! arcane tel élut pour confident
Le jonc vaste et jumeau dont sous l’azur on joue :
Qui, détournant à soi le trouble de la joue
Rêve, dans un solo long, que nous amusions
La beauté d’alentour par des confusions
Fausses entre elle-même et notre chant crédule ;
Et de faire aussi haut que l’amour se module
Évanouir du songe ordinaire de dos
Ou de flanc pur suivis avec mes regards clos,
Une sonore, vaine et monotone ligne.

Tâche donc, instrument des fuites, ô maligne
Syrinx, de refleurir aux lacs où tu m’attends !
Moi, de ma rumeur fier, je vais parler longtemps
Des déesses ; et, par d’idolâtres peintures,
À leur ombre enlever encore des ceintures :
Ainsi, quand des raisins j’ai sucé la clarté,
Pour bannir un regret par ma feinte écarté,

Rieur, j’élève au ciel d’été la grappe vide
Et, soufflant dans ses peaux lumineuses, avide
D’ivresse, jusqu’au soir je regarde au travers.

Ô nymphes, regonflons des souvenirs divers.
» Mon œil, trouant les joncs, dardait chaque encolure
» Immortelle, qui noie en l’onde sa brûlure
» Avec un cri de rage au ciel de la forêt ;
» Et le splendide bain de cheveux disparaît
» Dans les clartés et les frissons, ô pierreries !
» J’accours ; quand, à mes pieds, s’entrejoignent (meurtries
» De la langueur goûtée à ce mal d’être deux)
» Des dormeuses parmi leurs seuls bras hasardeux ;
» Je les ravis, sans les désenlacer, et vole
» À ce massif, haï par l’ombrage frivole,
» De roses tarissant tout parfum au soleil,
» Où notre ébat au jour consumé soit pareil.
Je t’adore, courroux des vierges, ô délice
Farouche du sacré fardeau nu qui se glisse

Pour fuir ma lèvre en feu buvant, comme un éclair
Tressaille ! la frayeur secrète de la chair :
Des pieds de l’inhumaine au cœur de la timide
Que délaisse à la fois une innocence, humide
De larmes folles ou de moins tristes vapeurs.
» Mon crime, c’est d’avoir, gai de vaincre ces peurs
» Traîtresses, divisé la touffe échevelée
» De baisers que les dieux gardaient si bien mêlée ;
» Car, à peine j’allais cacher un rire ardent
» Sous les replis heureux d’une seule (gardant
» Par un doigt simple, afin que sa candeur de plume
» Se teignît à l’émoi de sa sœur qui s’allume,
» La petite, naïve et ne rougissant pas :)
» Que de mes bras, défaits par de vagues trépas,
» Cette proie, à jamais ingrate, se délivre
» Sans pitié du sanglot dont j’étais encore ivre.

Tant pis ! vers le bonheur d’autres m’entraîneront

Par leur tresse nouée aux cornes de mon front :
Tu sais, ma passion, que, pourpre et déjà mûre,
Chaque grenade éclate et d’abeilles murmure ;
Et notre sang, épris de qui le va saisir,
Coule pour tout l’essaim éternel du désir.
À l’heure où ce bois d’or et de cendres se teinte
Une fête s’exalte en la feuillée éteinte :
Etna ! c’est parmi toi visité de Vénus
Sur ta lave posant ses talons ingénus,
Quand tonne un somme triste ou s’épuise la flamme.
Je tiens la reine !

Ô sûr châtiment..

Non, mais l’âme

De paroles vacante et ce corps alourdi
Tard succombent au fier silence de midi :
Sans plus il faut dormir en l’oubli du blasphème,

Sur le sable altéré gisant et comme j’aime
Ouvrir ma bouche à l’astre efficace des vins !

Couple, adieu ; je vais voir l’ombre que tu devins.

Ce lundi 14 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

« Terpsichore : Apothéose de la danse baroque » : une nouvelle merveille de Jordi Savall dans le répertoire baroque français

13jan

Ce n’est certes pas la première fois

que Jordi Savall et son Concert des Nations

comblent merveilleusement nos attentes

dans le répertoire du Baroque français

_ qui leur réussit ô combien superbement.

Ils en comprennent les moindres nuances,

et savent nous les donner magistralement, avec générosité :

avec clarté, pudeur et sensibilité.

Ici,

avec ce CD intitulé Terpsichore _ Apothéose de la Danse baroque

_ sous-entendue la Danse baroque française ! ;

et ici celle de la première moitié du XVIIIéme siècle _,

soit le CD Alia Vox AVSA9929,

les compositeurs concernés sont :

Jean-Féry Rebel (1666 – 1747) ;

ainsi que le plus français des compositeurs germaniques

_ qui vint séjourner longuement à Paris _,

Georg-Philipp Telemann (1681 – 1767),

sous l’aspect _ archi-français ! _ de la danse ;

et avec les œuvres suivantes :

_ de Jean-Féry Rebel :

La Terpsichore (de 1720),

Les Caractères de la Danse (de 1715),

Les Plaisirs champêtres (de 1724)

et la Fantaisie (de 1729) ;

_ et de Georg-Philipp Telemann :

l’Ouverture-Suite « La Bizarre« 

et l’Ouverture-Suite extraite de la Tafelmusik, Partie III, n° 1 (de 1733).

On distingue très bien

et la délicieuse finesse de Jean-Féry Rebel,

mais aussi ce qu’il y a de français

dans les Suites (de danses) de Telemann _ la suite d’orchestre : un genre éminemment français !

Et dont Telemann a multiplié les exemples ! et les réussites !!!

La réussite de ce CD de Jordi Savall est, cette fois encore, parfaite !!!

Ce dimanche 13 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa 

L’amitié Marcel Proust – Reynaldo Hahn commencée à être explorée : un dialogue sur la création en actes passionnant

08jan

Aux Classiques Garnier,

vient d’assez récemment paraître

un judicieux recueil d’esssais à six mains ,

celles de Philippe Blay, Jean-Christophe Branger et Luc Fraisse,

explorant l’amitié entre deux importants créateurs du début du XXéme siècle français :

Marcel Proust

& Reynaldo Hahn,

sous le titre

Marcel Proust et Reynaldo Hahn, une création à quatre mains.


Marcel Proust (Paris, 10 juillet 1871 – Paris, 18 novembre 1922)

et Reynaldo Hahn (Caracas, 9 août 1874 – Paris, 28 janvier 1947)

ont 23 et 20 ans quand ils se rencontrent

et font connaissance, à Paris.

« Les deux artistes, l’écrivain et le musicien,

ne cesseront dès lors de cheminer en connivence. » 

et leur dialogue soutenu,

sur leurs arts,

est, bien sûr,

passionnant.

Ce mardi 8 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Borges citant Bioy dans ses conférences retrouvées de 1965 sur le Tango

06jan

La quatrième de couverture du Tango _ quatre conférences

de Jorge Luis Borges, enregistrées en octobre 1965,

et ici traduite par Silvia Baron Supervielle

cite à diverses reprises le nom de Bioy,

tant le fils Adolfo Bioy Casares _ trois fois _,

que le père, Adolfo Bioy Domecq _ trois fois aussi _,

et une fois Sivina Ocampo, 

sur lesquels je travaille.

Voici la quatrième de couverture de ce très intéressant opuscule de 121 pages :

« Au mois d’octobre 1965, Jorge Luis Borges donne quatre conférences sur l’histoire du tango devant un groupe d’admirateurs et d’amis réunis à Buenos Aires. L’un des invités enregistre secrètement les propos de l’écrivain, mais les bandes sonores s’égarent et ne sont retrouvées que quarante ans plus tard. En 2013, María Kodama, la veuve et ayant droit du grand auteur argentin, certifie l’authenticité des enregistrements et en autorise la transcription et la publication. Voilà en quelques lignes l’histoire rocambolesque de ce petit livre délicieux. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un texte littéraire conçu comme tel par Borges, la transcription des quatre conférences porte en elle toute la vitalité et la force de la prose borgésienne grâce à la richesse des anecdotes, des contes et des digressions s’immisçant tout au long d’une intervention qui semble soigneusement préparée. Chaque conférence nous offre l’occasion unique de redécouvrir un auteur qui, avec humour et poésie, n’hésite pas à réciter ni à chanter des tangos, tout en déployant son incroyable érudition sur la culture de Buenos Aires et sur la formation de l’Argentine moderne au début du XXe siècle. Comme on pourra le constater, le souvenir, le savoir et l’émotion vive se conjuguent souvent dans ses paroles et font de ce livre un ouvrage exceptionnel qui ravira, sans nul doute, les lecteurs de Borges, mais aussi tous les amateurs de tango et de bonne littérature.« 

Un document historique aussi sur lhistoire du machisme et sa violence

en Argentine…

Ce dimanche 6 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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