Posts Tagged ‘Frédéric Muñoz

Ferrare pour mémoire, avec Frescobaldi : une bienvenue contribution de Frédéric Muñoz…

06oct

Avec ce très remarquable article de l’excellent Frédéric Muñoz :

« Girolamo Frescobaldi, le prince de Ferrare, fête ses 440 ans« …

Girolamo Frescobaldi, le prince de Ferrare, fête ses 440 ans

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en 1583, à l’époque charnière de la fin de la Renaissance, apparait comme l’un des plus grands maitres du clavier en Europe à l’orée du baroque, marqué intensément par le premier tiers du XVII siècle. Sa renommée dépassera la péninsule italienne, et il deviendra le maitre de nombreux claviéristes tels Froberger, Tunder, Kerll, un savoir qui s’entendra jusqu’à Johann Sebastian Bach.

Sa naissance à Ferrare en 1583 et ses premières années de musicien

vient au monde le 13 septembre. Très tôt il découvre la musique auprès de Luzzasco Luzzaschi, célèbre compositeur représentant la fin de la Renaissance à qui l’on doit notamment des Madrigaux pour 1, 2 et 3 voix féminines connus sous le nom de Concerto delle dame di Ferrara. Vers l’âge de vingt ans, Frescobaldi se rend à Rome une première fois, puis à Bruxelles pour présenter et éditer sa première œuvre constituant un Livre de Madrigaux à 5 voix. Ce voyage jusque dans les Flandres lui a sans doute permis de rencontrer Jan Pieterzoon Sweelinck, surnommé « l’Orphée d’Amsterdam », autre immense musicien et disait-on faiseur d’organistes.

Sa vie à Rome au service du pape

Revenu à Rome après son voyage dans les Flandres, Girolamo Frescobaldi prend, à 25 ans, ses fonctions à la Basilique Saint-Pierre en octobre 1608 auprès du pape Urbain XVIII. Il joue également dans la cathédrale Saint-Jean de Latran, résidence de l’évêque de Rome (le pape) qui possède un orgue monumental de 24 pieds en montre construit par le facteur Luca Biagi en 1599. Cela ne l’empêche pas d’effectuer quelques séjours importants, chez les Gonzague à Mantoue et auprès du duc de Toscane, Ferdinando II ainsi que les Medicis à Florence. Vers 1610 il rencontre Claudio Monteverdi à Mantoue et envisage un temps de s’y installer, mais garde son poste d’organiste du pape à Rome. À nouveau il est attiré ailleurs et notamment à Florence en 1621 auprès de Ferdinand II de Médicis pour lequel il dédie un livre de Canzone. Finalement il revient une nouvelle fois à Rome où sa renommée est devenue internationale. C’est l’époque où il publie ses plus grands recueils, les Fiori musicali et les Livres de Toccate pour clavier. Frescobaldi demeure désormais définitivement à Rome, organiste officiel du Pape jusqu’à sa mort. On sait peu de choses sur ses dernières années, il meurt emporté par une fièvre en 1643, il est enterré dans la Basilique des Saints-Apôtres

….

L’œuvre d’un génie du clavier

L’œuvre musicale de Frescobaldi se distingue par un style très personnel, reconnaissable par ses capacités exceptionnelles de mélodiste évoquant souvent l’improvisation. Son discours se caractérise par le chromatisme et la dissonance, la modulation et les ruptures rythmiques. Il excelle dans le contrepoint et reste l’un des pères de la fugue classique. Essentiellement célèbre pour ses œuvres pour clavier, Frescobaldi laisse également divers recueils destiné au chant (Arie musicali, Madrigali, Motets et Messes).

Les recueils de compositions destinés au clavier se répartissent en sept Livres écrits entre 1608 et 1645, le dernier étant posthume. On y trouve les principales formes musicales de ce temps destinées au clavier soit pour une utilisation de type profane : Toccate, Canzoni, Balletti, Ciaconne, Passacagli, Ricercari, Capricci… ainsi que des Danses et Fantaisies, ou de type sacrée : Hymnes, Magnificat, Messes. Le clavecin est l’instrument idéal pour traduire ces textes notamment pour les œuvres à caractère profane. Parfois l’orgue est préférable pour des pièces où l’évocation liturgique est évidente : Toccate per l’Elevazione, Messes et Magnificat. De plus on remarque dans sa production l’existence de deux autres Livres de Canzoni pour ensemble d’instruments.

Son ouvrage le plus célèbre reste les Fiori Musicali (Fleurs musicales) datant de 1635 et comprenant trois Messes et pièces diverses. Cette œuvre majeure se situe dans ces années fastes du premier tiers du XVIIᵉ siècle qui a vu naitre les plus grands livres d’orgue en Europe. En effet cette époque charnière engendre un nouveau langage. En Allemagne Samuel Scheidt publie sa Tabulatura nova, Jehan Titelouze en France compose ses Hymnes et Magnificat, Francisco Correa de Arauxo édite à Alcalà de Henares sa Facultad organica. Autant de musiques savantes d’esprits supérieurs qui scellent une apogée dans l’écriture pour le clavier au début de la période dite baroque.

L’apport de la musique de Frescobaldi pour toutes les générations suivantes

De son vivant Frescobaldi instruit de nombreux élèves dont plusieurs allemands : Franz Tunder, Johann Caspar Kerll et le plus célèbre d’entre eux,  _ le magnifique _ Johann Jakob Froberger (1616-1667). Il se rend à Rome auprès de Frescobaldi en 1637 pour travailler durant plus de trois années. A l’instar de son maitre il compose dans les mêmes formes musicales qui en font le plus prestigieux successeur de Frescobaldi et l’un des plus grands maitres du clavier en Allemagne avant Johann Sebastian Bach. Ce dernier se procure un exemplaire en 1713, et s’en inspirera pour plusieurs de ses propres œuvres : Fugue, Canzone… D’autres compositeurs ont bénéficié de son influence dont Dietrich Buxtehude et toute l’école de l’Allemagne du Nord, d’où leur surnom de « Méridionaux du nord » portés par le fameux _ à très juste titre _ Stylus phantasticus. Le rayonnement de l’organiste papal ne faiblit pas au cours du temps et se verra ravivé avec le retour au baroque, initié dès les années 1950. Aujourd’hui, Frescobaldi occupe une place de tout premier rang pour les claviéristes _ oui, davantage que pour les mélomanes jusqu’ici _, tant au niveau de l’étude du clavier que pour sa place au concert et dans une discographie des plus abondante.

Crédit photographiques : Orgue de Saint-Jean de Latran © Frédéric Muñoz

 

Ce vendredi 6 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

 

Sur l’admirable CD des « Sacrae Cantiones Livre I » de Carlo Gesualdo, dirigé par le magnifique Giuseppe Maletto (le CD Aparté AP 312), la confirmation d’un nouvel article…

04juin

Comme confirmation de mon article « « , du 30 mars dernier _ Carlo Gesualdo (Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1613) est une cime de la musique occidentale, pour moi : je le vénère… _, à propos du sublime CD Aparté AP 312 des « Sacrae Cantiones Livre I » de Carlo Gesualdo par le Il Pomo d’Oro Choir dirigé par Giuseppe Maletto _ écoutez ici cet extrait-ci de 3′ 40…_ ;

Frédéric Muñoz signe ce dimanche 4 juin 2023 sur le site de ResMusica, un nouvel article intitulé, lui, « Carlo Gesualdo au plus profond du dépouillement avec l’ensemble il pomo d’oro« …

Chargé d’une réputation _ romanticisante ; et assez peu musicale… _ pour le moins sulfureuse, occupe une place importante dans l’histoire musicale de la Renaissance en particulier _ mais beaucoup plus largement : au sein de toute la musique occidentale ! _ pour ses audaces harmoniques très particulières, remarquées et qui lui ont permis _ mais pas seulement elles… _ de ne pas sombrer dans l’oubli. , à la tête de son ensemble vocal _ est-ce tout à fait le sien ?.. Probablement pas ; même si c’est lui qui ici le dirige (et merveilleusement !) _ Il pomo d’oro, restitue avec une intense intériorité _ et c’est encore trop peu dire _ les dix-neuf motets du Premier livre des Sacrae Cantiones. Un parcours aride _ pas vraiment : de braise bien plutôt… _ et initiatique.

On retient en général de la personnalité de Gesualdo le fait qu’il assassina son épouse et son amant pris en flagrant délit d’adultère _ certes : un crime d’honneur à cette époque.  Au-delà de cet évènement tragique, sa musique a traversé les siècles _ cf l’oeuvre de Stravinsky _, car elle se distingue assez sensiblement _ par la puissance de son idiosyncrasie _ de celle des autres compositeurs de son temps _ en effet ! _ par des qualités d’écriture novatrices.

nous propose une lecture très _ justement _ épurée des Motets du premier livre de chants sacrés. Quatorze chanteurs sont au service d’une polyphonie à cinq voix _ nues, voilà, a cappella : sans accompagnement instrumental aucun _ qui s’appuie essentiellement sur un climat de douleur _ éminemment tragique, donc _, évoquant au travers des textes de motets, le péché, la repentance et le pardon _ voilà. C’est un signe également de la forte croyance _ oui _ en ce début du XVIIᵉ siècle italien de Don , le prince de Venosa. L’écriture de ces Motets à cinq voix est limpide et austère _ radicale _, reposant sur des paroles de pénitence. La personne de Marie y est très présente, comme protectrice et consolatrice _ voilà _ du pauvre pécheur. Ils parlent aussi _ mais oui _ de cette lumière salvatrice venue du ciel.

L’ensemble Il pomo d’oro conduit par son chef _ au moins pour cette occasion-ci _ et ténor Giuseppe Maletto offrent une vision idéale _ oui ! _ pour ces pièces savantes encore écrites dans l’antique langage du XVIᵉ siècle, avant que Gesualdo n’entreprenne ses audaces harmoniques inédites et déroutantes en ce début du XVII° siècle _ oui. Giuseppe Maletto a travaillé ce CD jusqu’au bout d’une démarche où il a pris en charge la direction artistique, mais aussi la prise de son, le montage et toutes les étapes techniques pour sa réalisation. Dans une acoustique équilibrée où l’on ressent le grain de la pierre de l’église de Cumiana, le chant céleste de Gesualdo se développe, comme familier à cet environnement, et ainsi harmonieux et complice à nos oreilles modernes _ voilà.

Carlo Gesualdo (1566-1613) :

Sacrarum Cantionum Quinque Vocibus (Liber Primus 1603).

Chœur Il pomo d’oro, direction : Giuseppe Maletto.

1 CD Aparté.

Enregistré du 19 au 23 mai 2021 à la Confraternita dei santi Rocco e Sebastiano, Cumiana, Italia.

Notice de présentation en italien anglais et français.

Durée : 65:00

Article à comparer au mien en date du 30 mars 2023 :

«  » ;

ainsi qu’avec, toujours sur mon blog « En cherchant bien« , celui du 3 avril suivant, qui venait en quelque sorte compléter celui du 30 mars :

« « …

Un CD indispensable que ce CD Aparté AP 312,

pour ce compositeur génialissime qu’est le décidément unique Carlos Gesualdo !

Ce dimanche 4 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

Epatantissime « Frescobaldi’s Manuscripts » d’Adrien Pièce, en un superbe double album Claves… Un Frescobaldi vivant et incarné à la perfection, touché tant au clavecin qu’à l’orgue par ce jeune brillant et très juste claviériste vaudois !

30mai

Fort longtemps,

je me suis plaint de ne pas entendre le Frescobaldi (Ferrare, 13 septembre 1583 – Rome, 1er mars 1643) si réputé dans l’histoire de la musique _ maître, par exemple, du merveilleux magique Froberger (Stuttgart, 18 mai 1616 – Héricourt, 7 mai 1767), tellement admiré ; que dis-je, vénéré ! _, que j’espérais écouter enfin incarné comme il le fallait, au disque, par ses divers interprètes…

Cf par exemple mon article du 14 septembre 2021 « La délicatesse de l’interprétation du clavier de Girolamo Frescobaldi : quel interprète choisir ?« 

_ avec son renvoi à deux précédents articles témoignant de mes endémiques jusque là insatisfactions discographiques, celui du 28 avril 2019 : « «  ; et celui du 21 décembre 2019 : « « 

Or voici qu’un double album Claves 50 3074/75 « Frescobaldi’s Manuscripts« , à l’orgue et au clavecin, par le jeune claviériste vaudois, né à Bex en 1988, Adrien Pièce, vient ce jour enfin superbement combler mes espérances musicales…

Voici Girolamo Frescobaldi réincarné tout vivant sous ses doigts…

M’a fait connaître la parution toute récente de ce double album Claves,

un remarquable article du 21 mai dernier, sous la plume du toujours perspicace Frédéric Munoz, sur le site de ResMusica,

intitulé « Les manuscrits de Girolamo Frescobaldi sous les doigts inspirés d’Adrien Pièce, à l’orgue et au clavecin » :

, musicien _ très _ réputé _ un immense maître ! _ de la première moitié du XVIIᵉ siècle, a composé de nombreux recueils _ musicaux _ publiés, dont plusieurs _ une très bonne part _ sont consacrés au clavier. D’autres œuvres, non éditées, sont restées à l’état de manuscrits qu’ sort de l’ombre sur deux instruments à claviers.

Largement reconnu de son vivant _ absolument ! et bien au-delà de l’Italie seulement… _, Frescobaldi bénéficia d’un important réseau de mécénat qui permit la publication _ souvent fastueuse _ de nombreux Livres de musique, essentiellement dédiés au clavier. Ces derniers sont très populaires _ en effet _ et largement joués et enregistrés _ oui. Pour autant, on découvre avec cet album d’autres œuvres pour le clavier restées dans l’ombre, car n’ayant pas fait l’objet d’une édition _ voilà ! dispendieuse… _ du vivant de l’auteur. On a ainsi recensé en Italie une centaine de manuscrits de la première moitié du XVIIᵉ siècle, dont certains sont fortement attribuables à Frescobaldi. D’éminents musicologues et spécialistes dont Etienne Darbelay ou Luigi Ferdinando Tagliavini ont établi par de nombreuses recherches de quoi proposer une édition regroupant les manuscrits pour le clavier de Frescobaldi _ voilà…

Les sources de ces manuscrits sont nombreuses, réparties dans diverses bibliothèques en Italie, Allemagne et Angleterre _ oui. Les authenticités sont parfois difficiles à établir, mais le style général de ces œuvres se rapproche complètement de celui du grand maitre du clavier _ avec pas mal d’élèves formés par lui, ou auprès de lui, notamment à Rome… _ que fut Frescobaldi. Les formes musicales retrouvées sont du même ordre que celles déjà connues : Toccatas, Canzone, Chaconnes, Partitas, Danses… D’autres compositeurs, dont Louis Couperin _ (Chaumes-en-Brie, vers 2626 – Paris, 29 août 1661) ; après sa rencontre à Paris avec Johann Jakob Froberger _ ou Johann Jakob Froberger, ont interféré dans ces documents au point que l’on peut avancer le fait que parfois ils puissent être les auteurs de certaines pièces. Mais peu importe finalement _ en effet ! _, l’essentiel étant la musique _ oui ! _ et ce qu’elle apporte pour une connaissance plus large de celui qui fut l’organiste du pape à Rome. On peut d’ailleurs encore entendre l’orgue monumental dont il était le titulaire à la basilique Saint-Jean de Latran.

L’album propose deux CDs, tour à tour consacrés à l’orgue et au clavecin. C’est un choix très judicieux quand on sait combien la musique de Frescobaldi est inféodée à ces deux instruments. Le premier CD « orgue » a été enregistré à Lausanne en l’église Saint-François qui possède plusieurs instruments dont un d’esthétique italienne ancienne, construit en 1990 par Barthélémy Formentelli, spécialiste de ce type de facture. C’est un orgue de taille moyenne parfaitement adapté à ce répertoire. Il est à noter que l’orgue a été ré-harmonisé en 2020 par Jean-Marie Tricoteaux qui lui a donné un son quelque peu différent, plus proche d’un esprit italiano-germanique. Bien sûr certaines œuvres sont logiquement destinées à l’orgue, notamment les pièces pour la liturgie : Élévations, Hymnes ou Ricercari. L’interprète place aussi à l’orgue des Canzone et diverses Toccatas  _ par exemple celle-ci, la n°4, conservée à Rome, à la bibloteca vaticana, avec la cote « Chigi Q. IV.25 » : à écouter ici (la plage est d’une durée de 4′ 36″) _, de style assez variés.

Concernant le clavecin du second disque, il s’agit d’une très belle copie d’un instrument italien du XVIIᵉ siècle réalisée en 2014 par le facteur Matthias Griewisch. Ici sont regroupées d’autres œuvres à caractère plus profane. Outre quelques Danses, Balleti ou Passacailles, quelques Suites de variations sur des thèmes à la mode sont de la meilleure veine. On retrouve avec bonheur _ oui ! _ les airs de La Monica, Ruggieri et Romanesca _ notée n°26, conservée à la bibliothèque privée Cosimo Prontera, à Brindisi : à écouter ici (la plage est d’une durée de 2′ 42″). L’exubérance de la musique est totale _ absolument ! _ et servie avec clarté _ oui _ par les sonorités du clavecin.

Il faut louer ici le jeu à la fois brillant et profond _ tout à fait _  d’ qui, tant à l’orgue qu’au clavecin, au-delà d’une maitrise totale des ces deux instruments, apporte un discours nourri et inspiré _ oui ! Grâce à lui, un pan entier de musique nous est révélé _ voilà Et c’est un apport considérable à notre connaissance de l’œuvre de Frescobaldi… _ pour une meilleure connaissance et une compréhension approfondie d’un répertoire qui se hisse largement au niveau des œuvres déjà connues et éditées du vivant de Frescobaldi _ mais oui. La présentation de l’album est très soignée, tant par les textes instructifs que par les prises de son, de _ très _ grande qualité.

Girolamo Frescobaldi (1583-1643) :

Pièces manuscrites non-éditées.

Adrien Pièce à l’orgue italien Barthélémy Formentelli (1990) harmonisation Jean-Marie Tricoteaux (2020) de l’église Saint-François à Lausanne (Suisse), et au clavecin italien Matthias Griewisch (Bammental 2014).

2 CD Claves.

Enregistrés à Lausanne en juillet 2021 et à Haltingen (Allemagne) en août 2021.

Durée totale : 118:21

Un double CD magnifique et très important !

Ce mardi 30 mai 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

En confirmation de mes précédents articles très élogieux de Benjamin Alard en musique française aussi, et tout spécialement les Couperin…

20mai

 

 

Eomme en confirmation de mes deux articles déjà très élogieux de Benjamin Alard aussi dans le répertoire français de l’époque dite baroque _ et pas seulement en sa magistrale Intégrale en cours de Johann-Sebastian Bach à divers claviers ; cf par exemple ici un lien au plus récent de ces articles, celui du 14 mai dernier : « «  _, des 17 et 21 janvier 2023,

« « 

et « « ,

voici, ce dimanche 14 mai dernier, sur le site de ResMusica, un nouvel article très laudatif pour ce CD « The Couperin Family«  _ MarchVivo MV007 _

sous la plume de Frédéric Munoz, et intitulé « La famille Couperin selon Benjamin Alard au clavecin » :

La famille Couperin selon Benjamin Alard au clavecin

 

Une merveille, je le redis…

Et en concert…

Ce samedi 20 mai 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

La somptueuse beauté, tendre et discrète, et qui touche, de François Couperin en ses Messes : la « Messe propre pour les couvents » (en 1690), par Olivier Latry sur les Grandes Orgues de la Chapelle Royale de Versailles, et l’Ensemble vocal « Chant sur le Livre alterné », dirigé par Jean-Yves Haymoz…

09mai

C’est un peu pour me nettoyer l’ouïe de la musique trop peu naturelle de Pancrace Royer (Turin, 1703 – Paris, 1755) _ cf mon article d’hier 8 mai « «  _ que je suis venu, très vite, rechercher le réconfort de la sublime discrétion et tendresse d’intimité de François Couperin (Paris, 1668 – Paris, 1733) en ses sublimissimes Messes _ pour orgue _ de 1690.

Ce François Couperin qui affirmait : « J’aime beaucoup mieux mieux ce qui me touche, que ce qui me surprend » ; une parole que Laurent Brunner _ le directeur de la Collection Château de Versailles Spectacles _ commente très justement : « un manifeste de sa musique, et son ancrage dans la tradition française« …

Et cela en partie sous l’encouragement du bel article de ce jour même, de Frédéric Muñoz, « Les Messes pour orguee de Couperin, avec Olivier Latry et Jean-Yves Haymoz, à Versailles« , sur le  site de ResMusica.

Dans la magnifique et généreuse nef de la Chapelle royale de Versailles, les deux Messes pour orgue de François Couperin rehaussées d’un plain-chant lumineux _ emprunté pour l’occasion au grand Henry Dumont (Looz, 1610 – Paris, 1684) _ sonnent en gloire sous les doigts inspirés d’Olivier Latry.

Les Messes pour orgue de François Couperin sont largement représentées au disque. De nombreux organistes intéressés par l’orgue classique français ont proposé leur version, traduisant souvent de fort belles réussites par le choix des instruments _ un élément toujours, bien sûr, capital _ et des diverses propositions de plain-chant alterné. En effet, depuis les années 1950 et la naissance d’une discographie vinyle en plein essor, on a vu fleurir au fil des années une trentaine de versions, mettant en valeur tel ou tel orgue historique. André Marchal fut l’un des premiers, à l’orgue du Prytanée militaire de La Flèche (Sarthe). Cette période fut celle de la redécouverte des répertoires classiques français et surtout d’une manière de jouer qui se voulait déjà historiquement informée, avec en particulier Michel Chapuis en tête _ oui _ qui révéla alors ces œuvres à la fin des années 60 sur le magnifique instrument historique de Saint-Maximin _ oui. D’autres musiciens suivirent cette voie, y compris certains peu habitués à ce répertoire. Pierre Cochereau, initié aux notes inégales (manière particulière de rythmer les croches), enregistra suivant ces enseignements ce livre d’orgue à Notre-Dame de Paris. Par la suite, ces pièces, devenues familières aux mélomanes, tentèrent de nombreux organistes jusqu’à nos jours, offrant un choix discographique abondant _ en effet.

Vers l’âge de vingt ans, François Couperin compose deux Messes pour orgue qui resteront _ en effet… _ ses seules compositions dédiée à cet instrument. La première dite « à l’usage ordinaire des paroisses pour les fêtes solennelles » s’adresse à un orgue d’importance, de 16 pieds, tel que l’on pouvait en trouver dans les cathédrales ou de grandes églises comme Saint-Gervais à Paris où il était titulaire _ oui ! _, comprenant un pédalier de large tessiture. L’écriture réclame des caractéristiques bien précises sur le type d’instrument, l’auteur indiquant les mélanges de jeux à utiliser. La seconde Messe dite « propre pour les couvents de Religieux et Religieuses » est écrite pour un orgue de plus petite taille (8 pieds) que l’on trouvait habituellement dans les abbayes, avec un pédalier plus court, ce dont Couperin tient compte dans son écriture.

A Versailles, les proportions de l’orgue sont intermédiaires, et conviennent pour ces œuvres dans leur ensemble. Olivier Latry offre ici une très belle version _ oui !!! _, par une utilisation très mesurée et véridique de l’orgue, à la fois rayonnante et intime _ et là l’essentiel est magnifiquement dit. Les tempi sont parfaitement adaptés _ et c’est aussi important, bien sûr _ à l’acoustique généreuse de la chapelle, et l’ornementation chatoyante qui agrémente le discours renforce l’émotion _ forte, en sa délicatesse _ de cette musique, notamment dans les pièces méditatives que sont les Tierces ou les Cromornes en taille. L’orgue est utilisé suivant _ bien sûr _ l’une ou l’autre des Messes à l’échelle _ différente _ d’un instrument de cathédrale ou de couvent.

Chaque cathédrale, chaque diocèse, utilisait un plain-chant qui pouvait varier dans sa présentation. Les mélodies, l’ornementation, l’homophonie ou la polyphonie étaient autant de paramètres qui fluctuaient _ oui _ en fonction des lieux et des traditions. Au XVIIᵉ siècle, le compositeur Henry Du Mont écrit plusieurs Messes royales en plain-chant musical. Ces œuvres sont idéales _ voilà _ pour la pratique de « l’Alternatim », c’est à dire un dialogue alterné entre les versets de l’orgue et l’ordinaire de la messe, suivant ici la technique du chant sur le livre _ voilà _ qui rajoute une ou plusieurs voix, dont certaines sont improvisées _ tout cela étant important… Ainsi, tout le texte de la liturgie est _ ainsi _ exposé soit à l’orgue, soit au chœur. C’est la Messe du 6ᵉ ton de Dumont qui a été choisie ici pour s’insérer harmonieusement avec les interventions musicales de Couperin pour sa Messe pour les Couventset la Messe IV « Cunctipotens genitor Deus » choisie par Couperin lui-même pour celle « à l’usage des Paroisses ».

Fidèle à cette pratique du chant sur le livre, Jean-Yves Haymoz dirige le groupe vocal _ éponyme _ en mettant l’accent sur la variété des interventions : plain-chant tantôt à la basse, au ténor, à une ou plusieurs voix, faisant de cette version une découverte _ généreuse et superbement venue _ dans toutes les possibilités que peut offrir une simple ligne de mélodie latine. Les six voix mixtes du petit groupe vocal _ Clémence Carry, Marthe Davost, Jeanne Lefort, Cyril Escoffier, Marc Mauillon, Jean-Marc Vié _ forment ainsi un ensemble équilibré _ oui _ qui joue à parts égales _ oui _ avec l’orgue. Le déroulement musical de la Messe est ainsi complet, y compris le motet incontournable placé à la fin de la cérémonie, juste avant la conclusion de l’ensemble : le fameux Domine salvum fac Regem (Seigneur, sauvez le Roy).

Cet enregistrement devient désormais _ voilà ! _ l’une des références _ discographiques _ de l’œuvre en ce lieu emblématique _ qu’est la Chapelle Royale du Château de Versailles, achevée de construire en 1710 _ où François Couperin fut lui-même organiste titulaire. Sa musique rayonne _ oui, en tendresse et humilité _, portée par des musiciens spécialistes de cet art baroque français. Encore un très bel ensemble dans la collection autour de l’orgue historique du Château de Versailles, enrichi par une prise de son véridique et une iconographie très soignée.

Pour commencer,

j’écoute en boucle le merveilleux CD Château de Versailles CVS082 de la sublimissime discrète « Messe propre pour les couvents«  _ avec, intercalé, le plain-chant tiré de la « Messe du Sixiesme ton«  de Henry Dumont _, par Olivier Latry aux Grandes Orgues de la Chapelle royale du château de Versailles, et l’Ensemble vocal « Chant sur le livre » dirigé par Jean-Yves Haymoz _ un CD enregistré du 5 au 9 janvier, et /ou bien du 4 au 6 avril 2022…

Avec ici en court extrait (de 3′ 39) cette vidéo-ci

Une réalisation musicale et discographique splendide ! _ quelle élévation de tout ! _,

d’Olivier Latry et Jean-Yves Haymoz, donc…

Ce mardi 9 mai 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

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