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La co-présence à la Estacion Erize, au cours des deux premières décennies du XXe siècle des frères Antoine, Paul et Xavier Bioy, et leurs cousins Erize…

24oct

Ma confrontation hier dimanche 23 octobre _ cf mon article « «  _ des livrets militaires, créés en 1892, 1898 et 1901, des 3 frères Bioy : Antoine (Oloron, 9 juin 1872 – Buenos Aires, 31 août 1950), Paul (Oloron, 25 avril 1878 – 6 décembre 1954) et Xavier (Oloron, 20 août 1881 – Hérrère, 10 septembre 1950),

avec les mentions de diverses domiciliations _ en France et en Argentine _ des intéressés,

m’a permis de constater leur co-présence, en certaines des années d’entre 1900 et 1914, de ces 3 frères Bioy, en ce même lieu (de la province de Buenos Aires) où certains de leurs cousins Erize s’étaient précédemment créé de vastes propriétés, et avaient même fondé la désormais dénommée « Estacion Erize« ..

 

Ce lundi 24 octobre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Et les raisons pour lesquelles le fils de Marie Suart (et puis sa descendance jusqu’au présent roi Charles III) a hérité du trône d’Angleterre, à la mort de la reine Elisabeth Iere d’Angleterre, le 24 mars 1603 : les ascendants royaux (autres qu’écossais) de Marie Stuart, en Angleterre, mais aussi en France et en Espagne (Castille)…

16sept

Afin de compléter mes articles «  » du 11 septembre,

et «  » du 12 septembre,

qui étaient consacrés aux liens de descendance de la défunte reine Elisabeth II (1926 – 2022) et le présent roi Charles III (né le 14 novembre 1948) avec la reine d’Écosse Marie Stuart (1542 – 1587),

je désire ici expliciter comment le fils de Marie Stuart, le roi d’Écosse Jacques VI Stuart (1566 – 1625), a pu devenir, le 24 mars 1603, le successeur de la meurtrière de sa mère, je veux dire la reine Elisabeth Ire d’Angleterre (1533 – 1603), Tudor, en devenant aussi, à cette date, le roi Jacques Ier d’Angleterre, Stuart, 

avec toute la descendance qui s’en est suivie de lui _ et son épouse Anne de Danemark (1574 – 1619) _ jusqu’à aujourd’hui.

Et surtout montrer de combien de rois, outre bien sûr ceux d’Écosse, la reine d’Écosse Marie Ire d’EcosseMarie Stuart, se trouve, de fait, être la descendante, d’abord, bien sûr, de rois d’Angleterre, ce qui permet de justifier le passge de la couronne d’Angleterre à son fils, le roi Jacques VI d’Écosse Stuart,

mais aussi, et par des princesses _ filles de rois _ traversant la Manche pour venir épouser des rois ou des princes Anglais ou Écossais,

qui donc étaient les filles de quelques rois de France, ainsi que de Castille _ les royaumes d’Europe n’étant en ces époques pas si nombreux que cela…

Commençons donc par les ascendances anglaises de ces Stuart écossais :

d’abord,

c’est au mariage, le 8 mai 1503 au palais de Holyrood, à Edimbourg, entre son grand-père paternel le roi Jacques IV d’Écosse Stuart (Stirling, 17 mars 1473 – Floddenfield, 9 septembre 1513) et sa grand-mère paternelle Marguerite Tudor (Westminster, 28 novembre 1489 – Mathven, 18 octobre 1541),

qu’advient le lien entre la lignée des rois Stuart d’Écosse et la lignée des rois d’Angleterre, en l’occurrence ici les Tudor,

cette reine Marguerite (1489 – 1541) étant la fille aînée du roi Henri VII Tudor d’Angleterre (Pembroke, 28 janvier 1457 – Richmond, 21 avril 1509) et son épouse Elisabeth d’York (Westminster, 11 février 1466 – Richmond, 11 février 1503)

_ une union, notons-le, qui scella la fin de la Guerre des Deux Roses entre les Lancastre, issus du duc de Lancastre Jean de Gand (Gand, 6 mars 1340 – Leicester, 3 février 1399), le 3e des fils du roi Edouard III d’Angleterre (Windsor, 13 novembre 1312 – Richmond, 21 juin 1377), et les York, issus du duc d’York Edmond de Langley (Kings Langley, 5 juin 1341 – Kings Langley, 1er août 1402), le 4e des fils du roi Edouard III… ;

le roi Henri VII Tudor (1457 – 1509) étant en effet issu d’une branche latérale des Lancastre, du fait du remariage de Catherine de Valois (Paris, 27 octobre 1401 – Londres, 3 janvier 1437), fille du roi de France Charles VI (Paris, 3 décembre 1368 – Paris, 21 octobre 1422) et son épouse la reine Isabeau de Bavière (Munich, 1370 – Paris, 24 septembre 1435), qui, une fois veuve, le 31 août 1422, de son premier époux le roi d’Angleterre Henri V (Monmouth, 16 septembre 1386 – Vincennes, 31 août 1422), s’était remariée avec Owen Tudor (Anglesey, 1400 – Hereford, 1461), grand-père paternel de ce roi Henry VII (1457 – 1509)), qui fonda la dynastie des Tudor, à la mort du dernier roi York, Richard III (Fotheringhay, 2 octobre 1452 – Bosworth, 22 août 1485), à la bataille de Bosthworth le 22 août 1485… _,

avec cette conséquence majeure qu’au décès de la reine Elizabeth Ire Tudor (Greenwich, 7 septembre 1533 – Richmond, 24 mars 1603), fille d’Henri VIII Tudor (Greenwich, 28 juin 1491 – Whitehall, 28 janvier 1547), et petite-fille d’Henri VII Tudor (1457 – 1509), le 24 mars 1603,

la couronne d’Angleterre passa  au roi Jacques VI d’Écossequi devint alors aussi le roi Jacques Ier d’Angleterre, en tant qu’arrière-petit-fils de Marguerite Tudor (Westminster, 28 novembre 1489 – Methven, 18 1541), fille aînée du roi d’Angleterre Henri VII Tudor (1457 – 1509), sœur aînée du roi Henri VIII Tudor (1491 – 1547), et tante paternelle de la défunte, ce 24 mars 1603, reine Elisabeth Ire Tudor (1533 – 1603) _ et c’est en octobre 1604 que le roi Jacques Ier, devenu roi d’Angleterre au décès, le 24 mars 1603 de la reine Elisabeth, réunit sous sa couronne les royaumes d’Écosse et d’Angleterre (il est aussi roi d’Irlande) sous le nom de Grande-Bretagne…

Ensuite,

voici la filiation unissant le roi Jacques VI d’Écosse et Jacques Ier d’Angleterre (1566 – 1625) et sa mère la reine d’Écosse Marie Stuart (1542 – 1587)

au roi Guillaume le conquérant (Falaise, 1028 – Rouen, 9 septembre 1087), le vainqueur le 14 octobre 1066 de la bataille d’Hastings :

Guillaume le conquérant (1028 – 1087)

Henri Ier d’Angleterre (1068 – 1135 ) _ quatrième fils de Guillaume le conquérant

Mathilde l’emperesse (1102 – 1167) _ épouse, d’abord, à Worms le 7 janvier 1114 de l’empereur Henri V du Saint-Empire (1086 – 1125), puis, au Mans le 11 juin 1128, de Geoffroy V d’Anjou Plantagenêt (1113 – 1151)

Henri II Plantagenêt d’Angleterre (1133 – 1189)

Jean Ier sans Terre d’Angleterre (1166 -1216)

Henri III d’Angleterre (1207 – 1272)

Edouard Ier d’Angleterre (1239 – 1307)

Edouard II d’Angleterre (1284 – 1327)

Edouard III d’Angleterre (1312 – 1377)

Edmond de Langley (1341 – 1402), duc d’York en 1355

Richard de Conisburgh (1385 – 1415)

Richard Plantagenêt, duc d’York (1411 – 1460)

Edouard IV d’Angleterre (1442 – 1483)

Elisabeth d’York (1466 – 1503) _ reine consort de Henry VII d’Angleterre Tudor (1457 – 1509)

Marguerite Tudor (1489 – 1541) _ reine consort de Jacques IV Stuart d’Écosse (1473 – 1512)

Jacques V Stuart d’Écosse (1512 – 1542) _ époux de Marie de Guise (1515 – 1560)

Marie Ire d’Écosse Stuart (1542 – 1587)

Jacques VI d’Écosse et Jacques Ier d’Angleterre (1566 – 1425)

Et maintenant il me faut adjoindre à ces ascendances anglaises des rois et reines Stuart d’Écosse, des ascendances un peu plus lointaines, via des princesses faisant la traversée de la Mer du Nord ou celle de l’Atlantique pour gagner l’Écosse septentrionale, d’une part quelques ascendances françaises, et d’autre part quelques ascendances castillanes _ passant sous silence ici les ascendances danoises. On n’hésitait pas à voyager très loin, et forcément par bateau (la Grande-Bretagne est une île !), en ces temps reculés de nous (et sans avions..) _,

des ascendances qui participent aussi de la généalogie de la reine Marie Stuart (1542 – 1587) et son fils Jacques (1566 – 1625), le roi d’Écosse Jacques VI qui deviendra aussi, en 1603, le roi d’Angleterre Jacques Ier ;

et cela en remontant dans le temps, jusqu’à Guillaume le conquérant, vainqueur en 1066 à la bataille d’Hasting, dont la célèbre tapisserie de la reine Mathilde _ conservée à Bayeux _ fait le récit en images…

Et d’abord, donc, les ascendances françaises par quelques princesses ayant fait ce septentrional voyage d’Ècosse :

en remontant dans cette généalogie des Stuart,

la seconde princesse française  _ après la princesse lorraine Marie de Guise (Bar-le Duc, 22 novembre 1515 – Edimbourg, 11 juin 1560), l’épouse, à Saint-Andrews le 12 juin 1538, du roi d’Écosse Jacques V (Edimbourg, 10 avril 1512 – 14 décembre 1560), et mère de la reine Marie Stuart (Linlithgow, 8 décembre 1542 – Fotheringhay, 8 février 1587) _est Catherine de France (Paris, 23 octobre 1401 – Londres, 3 janvier 1437), fille du roi de France Charles VI (Paris, 3 décembre 1368 – Paris, 21 octobre 1422) et de son épouse Isabeau de Bavière (Munich, 1370 – Paris, 24 septembre 1435) ;

la princesse Catherine de France, épouse en premières noces du roi d’Angleterre Henry V Lancastre (Monmouth, 16 septembre 1386 – Vincennes, 31 août 1422), et veuve de lui en date du 31 août 1422 ; mais, surtout pour notre généaologie, remariée en secondes noces avec le noble gallois Owen Tudor (Anglesey, 1400 – Hereford, 1461), qui seront les parents du Comte de Richmond Edmond Tudor (Much Hadhen, 11 juin 1430 – Caernavon, 3 novembre 1456) ;

lequel est le père de celui qui deviendra, le 30 octobre 1485, _ à la suite de la bataille de Bosworth, où le roi Richard III York (Fotheringhay, 2 octobre 1452 – Bosworth, 22 août 1485) est tué... _ le roi d’Angleterre Henry VII Tudor (Pembroke, 28 janvier 1457 – Richmond, 21 avril 1509),

époux, le 14 janvier 1486 _ en forme de clôture de la Guerre des Deux Roses (22 mai 1455 – 22 août 1485) _ d’Elisabeth d’York (Westminster, 1er février 1466 – Richmond, 11 février 1503), fille aînée du roi Edouard IV York (Rouen, 28 avril 1442 – Westminster, 9 avril 1483) ;

lesquels Henry VII Tudor et Elisabeth d’York seront les parents de Marguerite Tudor (Westminster, 28 novembre 1489 – Mathven, 18 octobre 1541) _ qui est aussi la sœur aînée du roi d’Angleterre Henry VIII Tudor (Greenwich, 28 juin 1491 – Whitehall, 28 janvier 1547) _, l’épouse du roi d’Écosse Jacques IV (Stirling, 17 mars 1473 – Floddenfield, 9 septembre 1513) ;

qui seront les parents du roi d’Écosse Jacques V (Edimbourg, 10 avril 1512 – Theobalds House, 14 décembre 1542),

et les grands-parents paternels de la reine d’Écosse Marie Ire Stuart (Linlithgow, 8 décembre 1542 – Fotheringhay, 8 février 1587).    

Puis, les rois d’Angleterre Edouard III (Windsor, 13 novembre 1312 – Richmond, 21 juin, 1377) et son père Edouard II (Caernavon, 25 avril 1284 – Berkeley, 21 septembre 1327) ont tous deux eus des épouses

ou bien française, pour le roi Edouard II :

Isabelle de France (Paris, vers 1292 – Hertford, 22 août 1358), fille du roi de France Philippe IV le Bel (Fontainebleau, avril 1268 – Fontainebleau, 29 novembre 1334) et son épouse Jeanne Ire de Navarre (Bar-sur-Seine, 14 janvier 1273 – Vincennes, 2 avril 1305) ;

ou bien d’ascendance française pour leur fils le roi Edouard III :

l’épouse de celui-ci, Philippa de Hainaut (Valenciennes, 1314 – Windsor, 15 août 1369) est en effet fille du Comte Guillaume Ier de Hainaut (vers 1286 – Valenciennes, 13 juin 1337) et son épouse Jeanne de Valois (Longpont, 1294 – Fontenelle, 7 mars 1352) ; laquelle était fille de Charles de Valois (Vincennes, 12 mars 1270 – Le Perray, 16 décembre 1325), le quatrième fils du roi de France Philippe le Hardi (Poissy, 1er mai 1245 – Perpignan, 16 octobre 1285) et de son épouse d’Isabelle d’Aragon (1247 – Cosenza, 28 janvier 1271) Charles de Valois, père du roi Philippe VI de Valois (1293 – Nogent-le-Roi, 22 août 1350), étant aussi celui qui donna naissance à la lignée des rois Valois, se succédant sur le trône de France depuis le 1er avril 1328 jusqu’au 2 août 1589, c’est-à-dire de l’accession au trône du roi Philippe VI, à la disparition, sans héritier direct, du roi Henri III (Fontainebleau, 19 septembre 1551 – Saint-Cloud, 2 août 1589) ; la maison des Valois cédant alors le trône de France à la lignée des Bourbon, à l’avènement, ce 2 août 1589, du roi Henri IV (Pau, 13 décembre 1553 – Paris, 14 mai 1610) ;

le premier roi Bourbon Henri IV (1553 – 1610) descendant en lignée masculine du roi Saint Louis (Poissy, 25 avril 1214 – Carthage, 25 août 1270) à la dixième génération, via la maison capétienne des Bourbon, issue du petit-fils de Louis IX- Saint Louis, et qui est aussi le sixième et dernier fils de celui-ci, Robert de Clermont (vers 1256 – 7 février 1317) et de son épouse Béatrice de Bourgogne (1257 – Murat, 1er octobre 1310), Louis Ier de Bourbon (Clermont, 1279 – Paris, 22 janvier 1341),

ayant, lui, le roi Henri IV, pour père Antoine de Bourbon, duc de Vendôme (La Fère, 22 avril 1518 – Les Andelys, 17 novembre 1562)…

Fin de l’incise.


Encore un cran plus en amont dans cette généalogie des rois d’Angleterre ancêtres de rois Stuart d’Écosse,

le roi Edouard Ier (Westminster, 18 juin 1239 – Burgh by Sands, 7 juillet 1307) _ père du roi Edouard II (Caernavon, 25 avril 1284 – Berkeley, 21 septembre 1327) _, est l’époux d’Eléonore de Castille (en Castille, vers 1241 – Harby, 28 novembre 1290), fille du roi de Castille Ferdinand III (Peleas de Arriba, 1199 – Séville, 31 mai 1314) et de son épouse la princesse française Jeanne de Dammartin (1220 – Abbeville, 16 mars 1279).

Ce roi Edouard Ier (1239 – 1307) dont le père est le roi Henri III Plantagenêt (Winchester, 1er octobrebre 1207 – Wesrminster, 16 novembre 1272) et la mère est la princesse provençale Eléonore de Provence (Aix-en-Provence, vers 1223 – Amesbury, 26 juin 1291) ;

 et dont les grands-parents paternels sont le roi Jean Ier sans Terre (Oxford, 24 décembre 1166 – Newark, 19 octobre 1216) et sa seconde épouse, la princesse aquitaine Isabelle d’Angoulême (vers 1890 – Fontevraud, 4 juin 1246).

Le roi Jean Ier sans Terre (1166 – 1216) étant lui-même fils du fameux roi Henri II Plantagenêt (Le Mans, 5 mars 1133 – Chiron, 6 juillet 1189) et son épouse la célébrissime Aliénor d’Aquitaine (Belin, 1122 – Poitiers, 1er avril 1204). 

Et en remontant encore un peu plus haut,

le roi Henri II Plantagenêt (1133 – 1189) est fils du comte Geoffroy V d’Anjou Plantagenêt (24 août 1113 – Château-du Loir, 7 septembre 1151) et de son épouse Mathilde l’emperesse (Sutton Courtenay, 7 février 1002 – Rouen, 10 septembre 1167), qui est fille du roi d’Angleterre Henri Ier d’Angleterre (Selby, 1068 – Lyons-la-Forêt, 1er décembre 1135) et de sa seconde épouse la princesse Mathilde d’Écosse (Dumfermline, 1080 – Westminster, 1er mai 1118) ; 

Henri Ier d’Angleterre (1068 – 1135) étant lui-même le 4éme fils du grand Guillaume le conquérant (Falaise, 1028 – Rouen, 9 septembre 1087) et de son épouse la fameuse Mathilde de Flandre (1131 – Caen, 2 novembre 1083) ;

et Mathilde d’Écosse (1080 – 1188) étant la fille cadette du roi Malcom III Grosse tête d’Écosse (1031 – Ainwick, 13 novembre 1093) _ le vainqueur de Macbeth ! _ et son épouse Marguerite de Wessex (vers 1046 – Edimbourg, 16 novembre 1093).

On voit donc ici le croisement assez fréquent de ces dynasties royales écossaises et anglaises

et où donc situer géographiquement la lignée des Plantagenêt ?.. _,

mais aussi françaises, ainsi que castillanes…

Ce vendredi 16 septembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le vif goût de l’Ecosse et le tropisme « Stuart » d’Elizabeth II (descendante, par son père le roi d’Angleterre George VI, de la reine d’Ecosse Marie Stuart), et aussi de sa mère écossaise, Elizabeth Bowes-Lyon : le choix de prénoms « écossais » et de prénoms « Stuart » ; et la décision du roi Charles III d’assumer ce prénom comme roi…

11sept

Le décès à Balmoral de la reine Elizabeth II (Londres, 20 avril 1926 – Balmoral, 8 septembre 2022) ainsi que les diverses cérémonies liées à ses prochaines obsèques, le 19 septembre prochain, et à l’avènement de son fils le roi Charles III (né à Londres, le 14 novembre 1948),

me font me ressouvenir

d’une part de l’ascendance généalogique paternelle _ George VI, Londres, 14 novembre 1895 – Londres, 6 mars 1952 _ d’Elizabeth II _ Elisabeth descend ainsi de la Reine d’Écosse Marie Stuart (Linlithgow, 14 décembre 1542 – Fotheringhay, 8 février 1587) à la 13e génération… _,

et d’autre part du très solide ancrage écossais de la famille de sa mère, née Elizabeth Bowes-Lyon (Londres, 4 août 1900 – Londres, 20 mars 2002) _ même si le château de Balmoral, lui-même, a été une acquisition de la reine Victoria (Londres, 24 mai 1819 – Île de Wight, 22 janvier 1901), en 1848…

Si l’on remonte dans l’ascendance paternelle d’Elizabeth II jusqu’à la treizième génération en amont de celle-ci (Elizabeth II : 20 avril 1926 – 8 septembre 2022),

voici ce que cela donne :

_ 1) George VI (14 décembre 1895 – 6 février 1952) – Elizabeth Bowes-Lyon (4 août 1900 – 30 mars 2002)

_ 2) George V (3 juin 1865 – 20 janvier 1936) -Mary de Teck (26 mai 1867 – 24 mars 1963)

_ 3) Edouard VII (9 novembre 1841 – 6 mai 1910) – Alexandra de Danemark (1er décembre 1844 – 20 novembre 1925)

_ 4) Victoria I (24 mai 1819 – 22 janvier 1901) – Albert de Saxe-Cobourg (24 août 1819 – 14 décembre 1861)

_ 5) Edouard Auguste Kent et Strathearn (2 novembre 1767 -23 novembre 1820) – Victoria de Saxe-Cobourg (17 août 1786 – 16 mars 1861)

_ 6) George III (4 juin 1738 – 29 janvier 1820) – Sophie de Mecklembourg-Strelitz (19 mai 1744 – 11 novembre 1818)

_ 7) Frédéric-Louis de Hanovre (20 janvier 1707 – 20 mars 1751) – Augusta de Saxe-Gotha-Altenbourg (30 novembre 1719 – 8 février 1772)

_ 8) George II (30 octobre 1683 – 25 octobre 1760) – Caroline de Brandenbourg-Ansbach (1er mars 1683 – 20 novembre 1737)

_ 9) George I (28 mai 1660 – 11 juin 1727) – Sophie-Dorothée de Brunswick-Lunebourg (10 septembre 1666 – 13 novembre 1726)

_ 10) Sophie de Hanovre (13 octobre 1630 – 8 juin 1714) – Ernest-Auguste de Hanovre (1629 – 1698)

_ 11) Elisabeth d’Angleterre (19 août 1596 – 13 février 1662) – Frédéric V du Palatinat (26 août 1596 – 29 novembre 1632)

_ 12) Jacques VI d’Ecosse et Jacques I d’Angleterre (19 juin 1566 – 27 mars 1625) – Anne de Danemark (14 octobre 1574 – 4 mars 1619)

_ 13) Marie Stuart d’Ecosse (14 décembre 1542 – 8 février 1587) – Henry Darnley Stuart (7 décembre 1545 – 10 février 1567)

Quant à la mère d’Elizabeth II, Elizabeth Bowes-Lyon (Londres, 4 août 1900 – Windsor, 20 mars 2002),

elle est la descendante, à la 11e génération, et en ligne directe paternelle uniquement _ en remontant les générations à partir de son père Claude-George Bowes-Lyon (1855 – 1944) _

de John Lyon, 8e Lord Glamis (décédé en 1578), et puis son fils Patrick Lyon, 1er Earl of Kingshorne (1575 – 1615) :

_ 1) Claude-George Bowes-Lyon, Earl of Strathmore and Kinghorn (Londres, Belgravia, 14 mars 1855 – Glamis, Angus, 7 novembre 1944)

_ 2) Claude Bowes-Lyon, Earl of Strathmore and Kinghorn (Redbourn, Hertfordshire, 21 juillet 1824 – Bordighera, 16 février 1904)

_ 3) Thomas-George Lyon-Bowes, Lord of Glamis (6 février 1801 – 27 janvier 1834)

_ 4) Thomas Lyon-Bowes, 11e Earl of Strathmore and Kinghorn (3 mai 1773 – 27 août 1846)

_ 5) John Bowes, 9e Earl of Strathmore and Kinghorn (17 juillet 1737 – 7 mars 1776)

_ 6) Thomas Lyon, 8e Earl of Strathmore and Kinghorn (6 juillet 1704 – 18 janvier 1753)

_ 7) John Lyon 4e Earl of Strathmore and Kinghorn (8 mai 1663 – 24 avril 1712)

_ 8) Patrick Lyon 3e Earl of Strathmore and Kinghorn (Castle Lyon, Ecosse, 29 mai 1643 – 15 mai 1695)

_ 9) John Lyon, 2d Earl of Strathmore and Kinghorn

_ 10) Patrick Lyon, 1er Earl of Kingshorn (1575 – 1615)

_ 11) John Lyon, 8e Lord Glamis (décédé en 1578)

Ces préambules nécessaires posés,

j’en viens à la question qui m’interroge et fait l’objet de la recherche à mener en cet article-ci :

le choix de la princesse, puis reine Elisabeth, des prénoms « Stuart » ainsi qu' »écossais« , dirai-je, de ses enfants Charles _ Charles, Philippe, Arthur, Georges, né le 4 novembre 1948 _, Anne _ Anne, Elizabeth, Alice, Louise, née le 15 août 1950 _ et Andrew _ Andrew, Albert, Christian, Edouard, né le 19 février 1960 : Andrew est un prénom tout à fait écossais ! _ ; le quatrième et dernier enfant, Edouard _ Edouard, Anthony, Richard, Louis, né le 10 mars 1964 _, ne portant pas, lui, de prénom « Stuart« , ni « écossais« … ;

ainsi que le choix du prince de Galles Charles _ baptisé Charles Philippe Arthur George le 15 décembre 1948 au Palais de Buckingham _, devenant roi, d’assumer, devenu roi, son premier prénom, puis prénom usuel _ Charles _ en accédant au trône sous le nom de « Charles III« , en dépit d’une malédiction qui pourrait avoir accompagné les rois Stuart Charles Ier (1600 – 1649), le roi décapité par Cromwell, et Charles II, (1630 – 1685), demeuré sans descendance légitime, ayant porté ce prénom de Charles…

 Il semble que le goût de ce prénom Charles dans la dynastie des Stuart

provienne du choix initial de Marie Stuart (1542 – 1587), en 1666, de donner pour parrain, lors du baptême le 17 décembre 1566 de son fils Jacques _ Charles étant son second prénom… _ VI d’Écosse (1566 – 1625) _ et futur Jacques Ier  d’Angleterre : né à Edimbourg  le 19 juin 1566, celui-ci était fils de la reine d’Écosse Marie Stuart (Linlithgow, 8 décembre 1542 – Fotheringhay, 8 février 1587) et son second époux Henry Darnley Stuart (7 décembre 1545 – 10 février 1567) _, le roi de France Charles IX (Saint-Germain-en-Laye, 27 juin 1550 – Vincennes, 30 mai 1574).

On se souvient en effet que par sa mère Marie de Guise (Bar-le-Duc, 22 novembre 1515 – Edimbourg, 11 juin 1560), veuve cinq jours seulement après la naissance de Marie, de son époux le roi d’Écosse Jacques V (Linlithgow, 10 avril 1512 – Falkland Palace, 14 décembre 1542), et dès lors reine consort d’Écosse,

Marie Stuart était liée à la Lorraine et à la France,

mais aussi et surtout elle y était sentimentalement attachée du fait de son long séjour de treize années en France, d’août 1548 à août 1561, d’abord en tant que promise au Dauphin François (1544 – 1560) _ fils de Henri II et son épouse Catherine de Médicis _, qu’elle épousera le 24 avril 1558, puis qu’elle fut reine de France au décès, le 10 juillet 1559 de son beau-père le roi Henri II (1519 – 1559), jusqu’au décès de son époux François _ devenu le 10 Juillet 1559 le roi François II _ le 5 décembre 1560.

Marie Stuart, veuve et retournant en Écosse, dira adieu à la France le 14 août 1561 en s’embarquant à Calais.

Mais la pensée de la France n’a pas quitté le cœur de Marie Stuart.

D’où son choix de donner pour parrain, lors du baptème de son fils Jacques _ dont le second prénom va être, et c’est à remarquer, Charles… _, à Stirling, le 17 décembre 1566, son beau-frère le roi de France Charles IX (1550 – 1574) :

voilà la probable principale raison pour laquelle le prénom de Charles va devenir un prénom bien-aimé des successifs rois Stuart : le fils de Marie Stuart Jacques Ier (1566 – 1625), et puis son petits-fils Charles Ier (1600 – 1649) et les fils de celui-ci, les rois Charles II (1630 – 1685) et son frère et héritier Jacques II (1633 – 1701) ;

mais encore, selon l’hypothèse que j’avance ici, également de ces plus lointains descendants de Marie Stuart _ ce fait n’est guère repéré ni a fortiori mentionné des journalistes et pseudo-historiens en permanence présentement sur les chaînes d’information en continu… _ que sont la reine Elisabeth II (1926 – 2022) et son fils Charles III (né le 14 novembre 1948 _ et baptisé Charles Philippe Arthur George _)… 

Ce n’est donc probablement pas pour rien que la reine Elizabeth était si viscéralement attachée à son domaine familial _ depuis l’achat de la propriété en 1848 par son ancêtre, côté paternel, la reine Victoria (1819 – 1901) _ de Balmoral, et plus généralement à l’Écosse _ de fait un merveilleux pays que j’ai pu parcourir en ma jeunesse _, le pays, aussi, de ses ancêtres maternels les Bowes-Lyon ;

ni peut-être, même, qu’elle ait aspiré y rendre, plutôt qu’à Londres ou en Angleterre, son dernier souffle…

À côté du prénom « écossais » d’Andrew,

les prénoms que je me permets de qualifier de « Stuart » _ donnés par les Stuart à leurs enfants au moins à partir de Marie Stuart (1542 – 1587) _, sont les suivants :

Charles _ d’après le roi de France Charles IX, et porté le plus fréquemment dans la famille des Stuart descendants de Marie Stuart_,

Jacques _ prénom « écossais« , porté par 6 précédents rois d’Écosse… _,

Anne,

Marie,

Henry,

Henriette,

Elizabeth,

Catherine… 

Une hypothèse parmi d’autres,

intéressante surtout pour ce qui concerne les enfants actuels d’Élisabeth II

dont son fils aîné le roi Charles III

qui semble, à son tour, après sa mère, laisser lui aussi apparaître un certain tropisme « écossais » _ que, pour avoir parcouru les contrées écossaises, je comprends…

Ce dimanche 11 septembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Une bien intéressante hypothèse sur l’origine du recueil, à Paris, des 12 « Concerti di Parigi » d’Antonio Vivaldi, dans le livret du CD (de l’Orchestre de l’Opéra Royal, dirigé du violon par Stefan Plawniak) du label Château de Versailles

12mai

Le manuscrit, conservé à la Bibliothèque Nationale, à Paris, des 12 « Concerti di Parigi » d’Antonio Vivaldi, continue de poser bien des questions sur son arrivée à Paris, quand on sait qu’Antonio Vivaldi n’a jamais fait lui-même le voyage de France…

Cette question de l’origine et du parcours de ce manuscrit vivaldien, n’apparaissait en tout cas pas, en 1999, dans la notice _ rédigée par le violoniste et chef de Modo Antiquo, Federico-Maria Sardelli _ du livret du CD, déjà très bon, du label Tactus TC 672213 donnant une interprétation de ces 12 « Concerti di Parigi« .

Outre une excellente prise de son,

l’Orchestre de l’Opéra Royal, sous la direction vive et souple du violoniste Stefan Plewniak, nous offre à son tour une excellente interprétation de cette collection de 12 Concerti ripieno _ et non avec un solo de violon _ d’Antonio Vivaldi, dans le CD CVS065 du label Château de Versailles.

Mais se distingue par une très intéressante notice du livret, rédigée par Olivier Fourès, qui se livre à une assez judicieuse hypothèse sur l’origine de ce recueil très divers, et même un peu composite, parvenu à Paris au cours de la décennie des années 30 du XVIIIe siècle.

Or Antonio Vivaldi, né à Venise le 4 mars 1678, et qui décèdera à Vienne le 28 juillet 1741, n’a, semble-t-il, jamais fait lui-même le voyage de France, ni, a fortiori, de Paris.

Pour qui donc Vivaldi aura-t-il procédé à la réunion de ces 12 Concerti ripieni désormais conservés, en manuscrits, à Paris ?

Et comment le manuscrit de cette collection de Concerti, dix, au moins, d’entre ces douze n’étant pas alors inédits, a-t-il pu parvenir, puis être conservé depuis, à Paris ?..

C’est là que les hypothèses d’Olivier Fourès se montrent, et ingénieuses, et tout à fait plausibles…

En effet, « une récente découverte du musicologue Jóhannes Ágústsson (une lettre de Vivaldi dans les archives de Vienne _ à préciser… _) ouvre un tout nouvel horizon. En 1728 _ au mois de septembre plus précisément _, l’Empereur d’Autriche Charles VI se rend à Trieste, ville où il souhaite développer le port, au grand dam _ en effet _ de Venise. Aussi, La Sérénissime envoie-t-elle une délégation à Trieste en l’occurrence les ambassadeurs Pietro Capello et Andrea Corner, qui sont reçus par l’empereur le 11 septembre _, et sachant Charles VI grand mélomane, elle y infiltre Vivaldi. Le prêtre roux joue pendant les repas impériaux, et offre à Charles VI un recueil manuscrit de concertos pour violon (La Cetra), se gagnant les faveurs de ce dernier : « L’Empereur a donné beaucoup d’argent à Vivaldi avec une chaîne et une médaille d’or et il l’a fait chevalier. […] Il a entretenu longtemps Vivaldi sur la musique, on dit qu’il lui a plus parlé à lui seul en 15 jours qu’il ne parle à ses ministres en deux ans. » Un triomphe. (Qui ne servit à rien à Venise.)

Dans la suite de Charles VI, se trouvait le jeune François-Étienne (19 ans), héritier des duchés de Lorraine et de Bar, alors en relation _ complexes _ avec le Saint-Empire Germanique et la France _ cf la très riche généalogie de François-Etienne, le futur empereur (en 1745) François Ier de Habsbourg-Lorraine. Charles VI avait pris François- Étienne sous sa tutelle dès 1723 _ François-Etienne a alors 14 ans ; et dès ce moment, l’empereur Charles VI élève François-Etienne comme son propre fils et prévoit de le marier à l’archiduchesse Marie-Thérèse, sa fille aînée et héritière. _ à Vienne _ en une histoire géopolitique complexe et passionnante des liens matrimoniaux et dynastiques très enchevétrés entre les familles princières de Lorraine, de France et d’Autriche ! François-Etienne est à la fois cousin, par  sa mère, Elisabeth-Charlotte d’Orléans (fille de Monsieur, le frère de Louis XIV), avec le roi de France Louis XV (leur ancêtre commun étant le roi Louis XIII), et, par sa grand-mère paternelle Eléonore-Marie-Josèphe de Habsbourg (épouse de son grand-père paternel Charles V de Lorraine) avec l’Empereur Charles VI (leur ancêtre commun est l’empereur Ferdinand III de Habsbourg). Ce dernier jouait du clavecin. On sait _ et ce seraient là de fort utiles précisions à donner ! _ qu’après avoir vu Vivaldi jouer à Trieste _ en septembre 1728, donc _, François-Étienne commence à prendre d’intenses classes de violon à Vienne. Le 27 Mars 1729, son père Léopold I meurt, il devient François-Étienne III (avant de devenir Duc de Toscane en 1736, puis Empereur du Saint-Empire germanique en 1745) _ et c’est le 12 février 1736 que François-Etienne épouse Marie-Thérèse d’Autriche. Le 28 Mai _ 1729 ; François-Etienne est âgé de 20 ans _, Vivaldi lui écrit : «Je rougis de me présenter devant vous avec ces très humbles cahiers de ma faible plume. La parfaite connaissance que V.A.S. peut s’enorgueillir d’avoir pour la musique, et en particulier pour les compositions instrumentales, m’a donné le courage de me mettre aux pieds de V.A.S., et de lui offrir avec ces cahiers ma profonde reconnaissance. Je vous supplie […] que vous me permettiez à l’avenir pouvoir vivre sous l’ombre heureuse de votre très Glorieux Nom.» Vivaldi lui envoie donc de la musique instrumentale en parties séparées (des concertos) espérant pouvoir bénéficier de sa protection (qu’il obtiendra, puisque dès 1731 il se présentera comme « maestro di cappella di S.A.R. il serenissimo Sig. duca di Lorena »).

Le 9 Novembre 1729 François-Étienne III quitte Vienne pour retourner à Lunéville (via Prague), avec, dans sa suite, les musiciens de son ensemble. Il y avait déjà envoyé, en amont, son plus fidèle servant, Karl von Pfütschner, qui lui écrivait : «Je ne puis m’exercer au violon, puisqu’on m’a deffendu pour une année entière tous les jeux d’instruments, mais à mon arrivée, tout le monde m’a parlé du goust que V.A.R. avoit pour la musique. Cela fera que bien des gens l’apprendront dans l’espérance de gagner par là ses bonnes grâces. » François- Étienne III arrive à Nancy le 3 Janvier 1730, et après avoir rendu ses hommages à Louis XV _ qui est lui aussi son cousin ! _ à Paris, s’installe à Lunéville où « toute son occupation est de s’amuser avec ses valets de chambre, ou à jouer du violon et à faire des concerts avec ses musiciens, sans y admettre personne, et seulement quelques princesses ses sœurs ». Toutefois, la menace d’une invasion de la Lorraine par la France l’oblige à quitter la Lorraine en toute hâte _ voilà ! _ (et pour toujours) le 25 Avril 1731 (juste après avoir donné son soutien à la récente Académie de musique de Nancy).

Tout concorde _ donc _ ici avec les concertos « de Paris » : la date de composition, la description que Vivaldi fait sur sa lettre, le fait qu’il s’agisse de concertos « ripieni » et non pour soliste (le Duc n’ayant pas encore assez de niveau au violon, Vivaldi préférait éviter une offense), le détail français, le fait que les partitions ne soient pas dédicacées (comme le suggère le musicologue Michael Talbot, Vivaldi ne pouvait alors imposer au Duc un statut de mécène), le fait aussi que François-Étienne prenne sa collection musicale en Lorraine _ où elle lui aurait été adressée _, et qu’il ait certainement dû l’y laisser _ voilà _ en raison de son départ soudain ; collection qui peut être _ assez probablement, en effet ! _ tombée dans des mains françaises, ramenée à Paris, avant d’aller rejoindre la bibliothèque du conservatoire (comme l’indique la cote actuelle sur le manuscrit « de Paris »).

Quoi qu’il en soit, il est curieux de voir combien la musique de Vivaldi se mit alors _ mais oui : les dates concordent… _ à la mode en France. Si ses concertos sont régulièrement joués au Concert Spirituel, le 25 novembre 1730, à Versailles, Louis XV demande à l’improviste qu’on lui interprète Le Printemps. En 1731 _ au retour d’un voyage en Flandres et dans les Provinces-Unies _, La Pouplinière, décrit son arrivée à Calais : « On nous reçut _ chez M. Panthon, comme La Pouplinière le note en son Journal… _ comme des Dieux d’Opéra, avec une symphonie à grand chœur ; c’était du Vivaldi; j’en louai le Ciel ! » et les poètes s’embrasent : «Vivaldi, Marini, par de brillants ouvrages/ De nos sçavans en foule obtiennent les suffrages.» On peut être sûr que la collection « de Paris » ne fut pas étrangère à cette consécration« …

C’est en effet tout à fait plausible.

Et bien intéressant quant au contexte du succès alors des œuvres de Vivaldi à Paris.

Ce jeudi 12 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Toujours à propos du violon de braise et de velours de Théotime Langlois de Swarte

25fév

À nouveau à propos du violon de braise et de velours de Théotime Langlois de Swarte en son CD Vivaldi – Leclair Locatelli _ cf mon article d’avant hier « «  _,

cet article-ci assez justement intitulé « France italienne » de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia :

FRANCE ITALIENNE

Le violon fut _ en effet ! _ une invention _ au XVIIe siècle _ de l’Italie, au début du XVIIIe siècle il avait conquis Paris, démodant _ voilà… _ le temps des violistes. Sur les bords de la Seine, Jean-Marie Leclair était son héros, virtuose irrésistible et plus encore compositeur de première force, dont les Concertos, à l’image de ceux de Locatelli, entendaient bien épuiser leurs interprètes.

Pas Théotime Langlois de Swarte qui ne fait qu’une bouchée des rossignolades éperdues du Finale du Concerto en ré majeur, avant de se lancer dans la grande phrase ascendant du Prélude, RV 60 de Vivaldi, fugace merveille toujours restée en marge des Concertos du Prêtre roux, comme le Prélude en la mineur par lequel le jeune homme ouvre son album.

Les ponts sont-ils évidents entre les gestes limpides de Leclair, son ton déjà classique, quasi mozartien, et le génie aventureux, le violon opératique, une violon de prima donna, de Vivaldi ? Peu importe, il faut entendre comment Théotime Langlois de Swarte s’approprie le grand Concerto « per Anna Maria », le théâtre qu’il y met, l’éloquence, la grâce, le sens de la danse et l’imagination des timbres, tout un univers qu’il ressuscite dans les couleurs fraîches des Ombres, ici si mal nommées !

Pourtant la vraie merveille de l’album _ pour Jean-Charles Hoffelé du moins _ est bien le Concerto en mi mineur de Locatelli, si surprenant, une vraie scène d’opéra _ un peu expérimental _ en trois volets, écoutez seulement comme son violon s’en empare. Et si demain, il continuait à herboriser dans ce vaste corpus encore trop peu couru ?

LE DISQUE DU JOUR

Jean-Marie Leclair
(1697-1764)


Concerto pour violon en la mineur, Op. 7 No. 5
Concerto pour violon en ré majeur, Op. 10 No. 3


Antonio Vivaldi (1678-1741)


Concerto pour violon en si mineur, RV 384
Concerto pour violon en ut majeur, RV 179a « Per Anna Maria »
Prélude en ut majeur, d’après la « Sonate en trio, RV 60 »
Prélude en la mineur, d’après le « Concerto pour violon, RV 355 »


Pietro Locatelli (1695-1764)


Concerto pour violon en mi mineur, Op. 3 No. 8

Théotime Langlois de Swarte, violon
Les Ombres
Margaux Blanchard & Sylvain Sartre, direction

Un album du label harmonia mundi HMM 902649

Photo à la une : le violoniste Théotime Langlois de Swarte – © Jean-Baptiste Millot

 

Ce vendredi 25 février 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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