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Le passionnant Hors-Série « Plossu expérimental ? ! » de la revue Mettray : une poiesis du photographier à la fois singulier en même temps que très normal (voire universel) de Bernard Plossu ; ou son art d’accueillir ce qui se présente dans l’acte même du photographier, d’abord ; mais aussi dans l’opération de reprise et sélection des images, face aux planches-contact, chez lui, à La Ciotat…

21oct

Ce mois de septembre 2002,

en plus de son numéro annuel pour l’année 2022,

la très riche et originale revue Mettray de Didier Morin

publie un passionnant Hors-Série de 55 pages, intitulé « Plossu expérimental ? !« ,

de 40 photos de Bernard Plossu,

avec un judicieux texte de présentation, éclairant, de 5 pages, de Patrick de Haas,

avec les chapitres aux titres déjà un peu parlants suivants :

« Expérimentation, Expérience« , « Observer, Expérimenter« , « Photo ratée-réussie« , « Hasard », « Enfance« , « Sandwich« , « Supports, outils » et « Expérimentation, Expérience (bis)« ,

qui éclairent donc un peu une proposition de parcours, parmi d’autres, à mener par nous les regardeurs de ce riche, dense, et jouissivement toujours un peu surprenant _ pour qui, du moins, n’est pas encore familier de l’œuvre multiforme et tellement formidablement ouverte de Bernard Plossu _ fascicule…

Un opus de papier souple indispensable _ rien moins ! _ à qui s’intéresse si peu que ce soit à ce qui sous-tend et innerve consubstantiellement la pratique assez singulière en même temps que très normale et même quasi universelle du photographier si impactant de Bernard Plossu

_ cf par exemple aussi, en cette veine, « L’Abstraction invisible » le podcast de (50′) de notre entretien sur et à partir de ce livre le 31 janvier 2014, dans les salons Albert Mollat de la Librairie Mollat ; ainsi que mon article du 16 février 2014 « « … _ ;

avec la largesse infinie de son art d’accueillir, y compris a posteriori aussi de son geste de photographier, tout ce qui vient se présenter à lui,

y compris donc au moment _ « expérimental » si l’on veut ; toujours second, et jamais forcé... _ à la fois encore inquiet mais surtout rasséréné et jouissif, chez lui, de passer en revue et contempler à la volée, maintenant, avec son regard incisif, rapidissime mais auquel rien n’échappe, les planches-contact des photos qu’il a su saisir, auparavant, en ses « campagnes » photographiques plus ou moins organisées, et parfois pas du tout _ Bernard Plossu ayant en permanence avec lui, à portée de sa main, au moins un appareil photographique, en une sorte de « campagne » ouverte de photographier permanente, face à ce qui va survenir… _  dans l’instantanéité toujours surprenante de son geste intensément ouvert et hyper-accueillant de photographier…

Oui, tout un art d’accueillir :

 

d’abord, bien sûr, sur le champ même de l’acte ultra-rapide et surprenant de photographier ce qui advient et se présente à son regard et à son objectif ;

mais, aussi, en un second, voire un troisième temps, aux moments un plus sereins, cette fois, chez lui, à La Ciotat, du passage en revue des séries réunies de planches-contacts en vue

ou bien d’un recueil en livre (et de son ultra- décisive mise en pages !),

ou bien d’un montage (tout aussi ultra-décisif !) à commencer à concevoir pour réaliser, une fois sur place, nécessairement, la composition la plus intelligente et plastique possible des panneaux sur cimaises d’une exposition à monter de ces images advenues et puis choisies à garder et montrer, partager… 

Toute une poiesis, donc, du « trouvé-créé« ,

selon la superbe expression d’Alain Bergala, pour Mettray, en 2020, à propos des photos de Françoise Nuñez, citée par Patrick de Haas, à la page 4.

Un grand merci !

Ce vendredi 21 octobre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Christian Gerhaher, Franz Schubert et Othmar Schoeck, à Zermatt avec Gerold Huber : Christian Gerhaher, un artiste intelligent !

15sept

Dans la continuation de mon article «  » du 2 septembre dernier,

voici 2 articles que ResMusica, sous la plume de Vincent Guillemin, et en date d’hier 14 septembre, consacre à ce remarquable et très intelligent baryton qu’est Christian Gerhaher :

« Elegie et Winterreise dans la pureté des Alpes par Gerold Huber et Christian Gerhaher » à l’occasion de 2 concerts à Zematt, face au Cervin,

et « Christian Gerhaher ou l’art absolu de la déclamation« , un très riche entretien avec le merveilleux chanteur…

À 2222 mètres d’altitude, dans la petite Kapelle Riffelalp des Alpes suisses, Christian Gerhaher met en regard Elegie, op.36 d’Otmar Schoeck avec le Winterreise, D.911 de Franz Schubert, tous deux magnifiés par la qualité de déclamation du baryton, sous le piano toujours accordé de Gerold Huber.


Considéré comme le Winterreise d’Otmar Schoeck, Elegie est remis à l’honneur par Christian Gerhaher, qui a enregistré le cycle en 2020 dans sa version pour orchestre de chambre, avec le Kammerorchester Basel et Heinz Holliger _ cf mon article du 2 septembre dernier : « «  Il le reprend dans le cadre du Festival de Musique de Zermatt dans sa version piano-voix. Écrit pour le baryton-basse Felix Löffel, le cycle très sombre, à l’image de la majeure partie des pièces du compositeur suisse, débute par Wehmut (Nostalgie), texte de Joseph von Eichendorf, poète dont cinq autres poèmes seront utilisés pour ce cycle de vingt-quatre lieder, tous les autres étant de Nikolaus Lenau.

Encore plus que dans l’enregistrement pour Sony Classical, Gerhaher développe dans l’œuvre créée il y a bientôt un siècle toute sa qualité de déclamation. La précision du texte marque ainsi chaque instant et plonge au fur et à mesure du voyage dans les mots obscurs de Lenau, Stille Sicherheit (Sécurité silencieuse) ou Herbstklage (Plainte d’Automne), pour finir par les mélancoliques Dichterlos (Sans poète) et Der Einsame (Le Solitaire) d’Eichendorf. Porté par le piano de Gerold Huber et par l’acoustique idéale de la petite chapelle, en matinée à moitié remplie tandis qu’elle le sera totalement le soir pour Winterreise, le baryton décuple sa partie par des grandes variations de dynamique, toujours en accord avec la puissance des mots.

La pureté de la ligne et les fines modulations de couleurs dans le grave touchent pour le monochrome Frage Nicht (n°4), tandis que la nervosité du Waldlied (n°7) profite ici d’une voix puissante qui emplit toute l’église alpine placée face au sublime Mont-Cervin. Déjà développé par le piano dans la version pour orchestre, ce lied comme d’autres gagne à être joué dans cette version seulement pour piano et voix. Gerold Huber y traite la partition à sa pure justesse, sans jamais trop l’appuyer, pour toujours laisser son développement et les amplitudes émotives à celui qu’il accompagne depuis plus de trente ans.


Six heures plus tard, le temps de voyager par les chemins escarpés de cette magnifique partie des Alpes, les deux mêmes artistes reprennent leurs places sur la scène de la Kapelle Riffelalp, cette fois pour un cycle beaucoup plus célèbre _ et attireur de foules. Déjà enregistré par les deux chez RCA et Arte Nova, Winterreise de Schubert retrouve les qualités de conteur de Christian Gerhaher, ainsi que sa façon d’aborder l’œuvre sans la dénaturer, mais au plus proche de la lettre, comme il nous l’expliquera en interview juste après. De façon assez surprenante, il se défend d’un court discours, avant d’aborder le Voyage d’Hiver, pour se justifier de quelques changements de place de lieder, parce que ceux-ci, toujours joués dans le même ordre, ont en réalité été écrit avec plus de liberté par Schubert.

Alors les cinq premiers ne bougent pas, trop habituellement retenus dans cet ordre par l’auditeur. En revanche Die Post s’insère en sixième position plutôt qu’en treizième. Finalement, et mis à part le fait d’enlever à Die Nebensonnen l’avant-dernière position pour la laisser à Mut ! (habituellement vingt-deuxième et sans doute trop contrasté pour s’accoler à Die Leiermann, forcément ultime), l’idée fonctionne et crée une écoute moins confortable, qui force à plus d’attention pour se concentrer sur le texte. À l’opposé de beaucoup de chanteurs aujourd’hui, Gerhaher développe les vingt-quatre poèmes de Wilhelm Müller avec là encore de grands écarts de dynamique, qui profite toujours de l’acoustique de la petite chapelle, ainsi que d’un public très attentif et très silencieux, sauf pour tourner et retourner les pages du programme de salle imprimé dans l’ordre habituel.

Sous le piano fin de Gerold Huber, particulièrement naturel pour Rast (placé ici en n°19 plutôt qu’en 10) puis seulement touché par la fatigue du doigté à Die Nebensonnen (n°20 ici) et légèrement pour la fin du cycle, Christian Gerhaher porte avec un niveau d’exception un cycle qu’il ne caricature jamais dans l’émotion facile. Il est peut-être tout juste moins profond par cette approche pour l’écriture de Schubert qu’il n’était parvenu à l’être dans sa prestation d’exception le matin pour l’Elegie de Schoeck. Malheureusement, ces splendides concerts ne seront gravés que dans l’esprit des auditeurs du Festival de Zermatt présents, car aucun micro ne se trouvait dans la salle.

……

Crédits Photographiques : © ResMusica

Zermatt. Kapelle Riffelalp.

11-IX-2022.

11h : Otmar Schoeck (1886-1957) : Elegie, op. 36.

18h : Franz Schubert (1797-1828) : Winterreise, D.911.

Gerold Huber, piano ; Christian Gerhaher, baryton

Christian Gerhaher ou l’art absolu de la déclamation

Invité du Festival de Zermatt pour le concert d’ouverture et deux récitals, Christian Gerhaher développe pour nous son intérêt pour la musique du compositeur suisse Otmar Schoeck, en plus de revenir sur son répertoire et sur l’importance de la musique classique dans le monde actuel.


ResMusica :
Vous chantiez en matinée au Festival de Zermatt Elegie après l’avoir enregistré récemment, comment avez-vous découvert la musique d’Otmar Schoeck ?

Christian Gerhaher : J’ai découvert le compositeur lors d’un festival de musique moderne il y a vingt ans, lorsqu’on m’a proposé de chanter le cycle avec quatuor à cordes Notturno, pour lequel mon sentiment a été le même que pour Elegie : ces pièces fascinantes m’ont rendu addict. Je ne pouvais plus arrêter de les écouter et d’y penser pendant que je les travaillais, car le style de déclamation y est très spécial. Après les deux marqueurs vocaux du répertoire germanique au XIXᵉ siècle que sont pour moi Schumann d’abord et Wagner ensuite, je pense qu’une troisième voie _ voilà _ est apparue au XXᵉ avec Otmar Schoeck, avec une technique musicale particulièrement portée par les mots, plus principalement ceux de Nikolaus Lenau, poète qu’il adorait. De plus, Schoeck choisissait avant tout les poèmes dans lesquels l’artiste se montrait dévasté par la mort.

Dans ces poèmes, Lenau ne peut assumer que cela va arriver et utilise des sujets lyriques qui se posent sur d’autres angles comme la nature, les feuilles mortes ou les oiseaux, pour toujours revenir à cette question sans réponse, fondamentale, quant à la fin de l’existence. Dans Notturno, au centre de la pièce, il établit particulièrement cette idée avec une façon de déclamer à bout de souffle, qui implique que cela ne doit pas véritablement s’arrêter, pas tout-à-fait, pas définitivement… L’écriture est alors toujours non-mélismatique, purement syllabique, une syllabe étant égale à un ton, un peu à la manière de celle de Claude Debussy en France, autre maître de la déclamation dans ce siècle.

RM : Elegie est parfois comparé au Winterreise de Schubert, mis en regard le même jour en Suisse lors d’un second concert ?

CG : C’est la troisième fois que je chante Elegie dans cette version avec piano, et la deuxième que je le combine à Winterreise. Cela est peut-être risqué, mais j’aime l’idée, qui permet de donner un nouvel horizon au cycle de Schubert. Après que Fischer-Dieskau eut arrêté sa carrière en 1992, la façon de chanter le Voyage d’Hiver a changé et a pris beaucoup de liberté, ce qui m’attriste quelque peu, car cette œuvre géniale ne doit pas être trop heurtée, afin qu’elle garde toute son atmosphère sans être dénaturée. J’essaye pour ma part d’y délivrer toute sa sentimentalité en restant au plus près du texte, et même si l’on m’a déjà dit que cela était très bien chanté mais pas toujours très touchant, je cherche à l’inverse à porter cette œuvre sans lui ajouter ce qui pour moi ne sont que des effets superfétatoires.


RM : Vous avez enregistré Elegie pour Sony Classical dans sa version pour orchestre de chambre et voix et la chantiez à Zermatt seulement avec piano, dans une approche clairement différente, sans doute aussi exaltée par l’acoustique de la petite Chapelle de Riffelalp ?

CG : Nous avons enregistré l’œuvre avec Heinz Holliger et le Basel Orchestra en mars 2020 au début du confinement, puisqu’il n’était plus possible de faire une tournée, comme cela était d’abord prévu. Nous l’avions répétée longuement, alors nous avons décidé de la graver, tant nous y trouvions de beauté. L’orchestration y est sublime, mais la pièce écrite comme presque tous les lieder de Schoeck pour Felix Löffel est faite pour un baryton à la voix très basse, ce qui n’est pas problématique pour un baryton placé plus haut dans la tessiture, tel que je le suis, mais oblige à trouver des variations de couleurs dans un registre réduit, souvent porté vers le grave.

Ce chant resserré crée des pressions sur la voix, où il est très intéressant de réussir à développer de nouvelles couleurs, ce pour quoi le piano devient idéal en comparaison de l’orchestre, car c’est alors un instrument monochrome qui vous accompagne et vous laisse la possibilité d’étaler toute l’identité polychromatique de votre voix _ voilà. Avec un orchestre, qui apporte par lui-même une polychromie musicale, vous avez à réduire votre propre approche et à altérer les dynamiques. C’est d’ailleurs pour cela que cette pièce est particulièrement difficile à chanter dans sa version avec orchestre, notamment dans ses parties très douces. À Riffelalp, le piano associé à l’acoustique idéale de la chapelle de montagne m’ont permis d’exprimer toutes ces idées merveilleusement.

RM : On connait donc de vous Notturno et Elegie, vous intéressez-vous à d’autres cycles de Schoeck ?

CG : Je n’ai pas encore pu en apprendre d’autres, mais cela fait maintenant partie de mes priorités pour la fin de ma carrière, avec notamment Lebendig Begraben (Enterré vivant). Comme évoqué précédemment, Schoeck composait presque toujours ses lieder pour son ami Felix Löffel, qui possédait une véritable technique, mais pas une très belle voix _ hélas. Alors, lorsqu’il a entendu Dietrich Fischer-Dieskau dans l’œuvre, il a découvert à quel point on pouvait chanter superbement sa partition, avec une fantastique qualité de déclamation. Je souhaite donc m’atteler à ce cycle prochainement pour tenter d’y apporter la même pureté _ oui _, en plus de découvrir aussi mieux les opéras, car je connais surtout Penthesilea et malheureusement, il ne s’y a pas vraiment de rôle pour moi.

RM : Pour le lied, vous êtes très majoritairement accompagné par Gerold Huber, avec lequel on ressent une cohésion parfaite. Est-ce important pour vous d’avoir ce partenaire si proche et comment travaillez-vous en répétition ?

CG : Nous ne parlons presque pas. Gerold Huber a été l’une des plus belles rencontres de ma vie, et j’ai immédiatement ressenti avec lui la possibilité de ne pas être concentré sur le fait de répéter pour se coordonner, mais plutôt pour aborder tout de suite la forme, le son et les couleurs. Il était malade cette année et je suis très heureux qu’il soit revenu à son meilleur, pour m’accompagner ainsi que d’autres chanteurs, bien que je doive admettre avoir une relation très particulière avec lui, qui dure depuis bientôt trente-cinq ans. Il s’agît ici de beaucoup plus qu’une collaboration artistique, et je ne sais pas comment je ferais pour chanter du lied sans lui, ni si je continuerais à en chanter autant. Lorsqu’il joue, j’aime sa densité et sa tranquillité à maintenir une ligne _ voilà _, qui me permet de développer le chant et la dynamique comme je le souhaite, sans être surexposé par le piano.


RM : Nous avons parlé principalement de Schoeck et sommes donc restés concentrés sur le répertoire germanique, évidemment celui que vous chantez le plus, mais que vous dépassez aussi parfois. Pensez-vous l’ouvrir encore, notamment par des œuvres moins sombres ?

 

CG : J’ai un peu chanté de l’opéra italien, Mozart ou Simon Boccanegra de Verdi, que je reprends prochainement, et j’aime aussi beaucoup la mélodie française. Malheureusement, la langue française est très complexe et m’impose un travail d’apprentissage très long, mais j’adore Debussy, Fauré et Berlioz et veut développer leurs œuvres. Et puis j’ai déjà porté Pelléas, mais il faut maintenant que j’approche véritablement Golaud.

On reste donc dans de l’art sombre, mais comment le définir exactement ? Si l’on prend Kafka par exemple, si célèbre pour la noirceur de ses œuvres ; il était connu qu’avec son ami Max Brod, pendant les lectures publiques, il utilisait un véritable humour et riait souvent _ énormément, même. Le sérieux et la noirceur ne sont donc pas opposé au rire et à la joie, ce qui est aussi le cas avec Cosi fan Tutte ! C’est également grâce à cela qu’on crée de la distance sur les choses, ce qui est primordial _ en effet…

RM : Pour rester dans les idées noires, la musique classique souffre toujours de la pandémie avec un public plus difficile à capter qu’auparavant, quelle est votre vision pour son avenir ?

CG : La pandémie a été très dure pour tous mais plus encore pour les artistes qui vivent de concerts. Les restrictions ont touché la vie musicale pour longtemps et vont peut-être réduire à jamais le nombre de spectacles de musique classique. J’ai eu une discussion publique récemment avec des hommes et femmes politiques allemands, où le ministre de la culture m’a fait remarquer que « nous restions avec notre ancien monde, tandis qu’eux avançaient« . Cela m’a profondément heurté _ oui !!! L’incurie de la plupart des politiques est une catastrophe, dont on ne récolte que trop les effets… _ et j’ai rétorqué que des milliers de concerts devant des centaines de milliers de gens vivants n’étaient pas l’ancien monde, mais bien le présent.

Je sais que les lieder intéressent une part très réduite et sans doute de plus en plus réduite de la population, mais il faut continuer à les porter et à les promouvoir, car l’art n’est pas juste un hobby _ certes ! _, comme certains politiciens le croient aujourd’hui : c’est une nécessité _ cruciale ! _ pour le bien-être de l’humanité _ et contre la barbarie qui gagne… Cela n’apporte pas juste des émotions, mais aussi de la réflexion _ oui ! _, alors il faut se battre _ oui _ pour continuer à rendre attractive la musique classique par ses aspects les plus grands, et moins celle-ci cherchera à être seulement un divertissement _ hélas, hélas, hélas _, plus elle survivra _ cf mon propre texte « Oasis versus désert » pour le « Dictionnaire amoureux de la Librairie Mollat », paru notammenr en mon article du 17 juin 2022 : « «  Être sérieux ne veut pas dire ne pas être drôle ou ne pas intégrer toutes les émotions, mais cela veut dire rester à un niveau d’intelligence élevé, très important pour notre société _ ô combien !

Crédits Photographiques : © Credit: David Parry/PA Wire (recital) & © Olivier Maire (récital Zermatt)

Christian Gerhaher, un artiste important et intelligent.

Ce jeudi 15 septembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Ma lecture réjouissante des « Sept stades de la philosophie » (2011), de Pascal Chabot : une très riche et judicieuse, et très sagace méditation excellemment détaillée sur ce qu’est très concrètement, pour lui mais aussi pour nous, philosopher…

07sept

C’est avec un réel plaisir, et même un peu de surprises _ au pluriel _, mais oui _ même ayant pas mal appris de sa personnalité de fond, éminemment positive, en les échanges successifs que j’ai pu avoir lors de nos successives rencontres : il est toujours ouvert, dynamique et inventif _, que, de Pascal Chabot philosophe (né en 1973), j’ai beaucoup appris de cet opus d’il y a onze ans déjà, « Les sept stades de la philosophie« , sur ce que constituait pour lui _ mais aussi pour nous et pour moi _, on ne peut plus concrètement, et en détails tout à faits passionnants, l’acte, ainsi que les diverses « opérations » _ la dynamique est ici tout à fait essentielle ! _, de ce qu’est philosopher, en particulier au XXIe siècle.

Une excellente quatrième de couverture, annonçait déjà, et très justement, ce qui suit :

« Pourquoi la philosophie ? Que chercher _ un peu précisément _ dans cette discipline ? Quel impact _ très concret _ peut-elle avoir _ on ne peut plus effectivement _ sur l’existence _ bien concrète et au fil de toute une vie _ de celles et ceux qui la pratiquent ?

Ce livre enlevé et ciselé _ oui _, original _ mais oui ! _ et éclairant _ on ne saurait mieux dire _, prend le parti d’affirmer que la philosophie a des fonctions précises _ en effet _ qui traversent son histoire _ depuis les Grecs fondateurs et jusqu’à aujourd’ui et demain… _ et nourrissent ses désirs _ et c’est tout à fait décisif : désirs qui demeurent les nôtres, pour peu que nous soyons vraiment humains… Élucider, libérer, se connaître, transmettre, prospecter, transformer et réjouir : telles sont les sept opérations philosophiques majeures _ voilà _, les sept stades de ces étranges jeux où s’affrontent et se révèlent _ vraiment _ la vie et la théorie« .

Le seul point qui peut-être, du moins à mes yeux, me paraît avoir vieilli en cet opus de 2011, concerne ses remarques, à l’approche de la conclusion du livre, même si Pascal Chabot les tempère beaucoup, et même les abandonne in fine très volontiers, à propos de ce qu’il nomme « les visions » de certains grands philosophes _ son tout dernier chapitre (pages 133 à 141) s’intitulant, et sans la moindre ambiguïté, « Au-delà des visions«  _Henry James, Hegel, Bergson, Simondon, Husserl, Sartre, Descartes, Pascal, Schopenhauer, Nietzsche ;

lui-même ne manquant pas de s’exclure _ et  nous exclure, nous aussi, désormais, en ce XXIe siècle _ de cet un peu étrange trait « visionnaire« , issu de son opinion de quelques uns de ceux qu’il nomme « de grands philosophes » :

« Ce n’est pas d’unification dont nous avons _ maintenant, en ce début de XXIe siècle _ besoin. C’est de relations, de ponts, de connexions » _ quasi deleuziennes, dirais-je… _, lisons-nous ainsi à la page 140…

Pascal Chabot privilégiant alors, quant à son propre modus operandi du philosopher, le « non finito » ; ce que confirmera du reste la suite si judicieuse et éminemment concrète de son œuvre, dès son magistral « Global burn-out« , en 2013, et jusqu’à son passionnant et ultra-nécessaire « Avoir le temps _ essai de chronosophie« , en 2021…

Nul doute que notre entretien _ ouvert et amical _ à venir le mardi 22 novembre prochain à la Station Ausone, à Bordeaux, pour la session 2022-2023 de notre Société de Philosophie de Bordeaux, à propos d’un regard panoramique porté sur l’entier parcours, opus après opus, de son propre et singulier philosopher _ c’est le choix que j’ai désiré voir accompli pour un tel entretien impromptu et ouvert _sera tout à fait enrichissant…

Ce mercredi 7 septembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Et maintenant, entame de la lecture extrêmement jouissive du « Les sept stades de la philosophie », paru en 2011, de l’ami Pascal Chabot : une confirmation de la très grande cohérence et constance de son puissant projet de philosopher heureux dans le concret…

05sept

Ce lundi 5 septembre 2022,

je viens d’entamer avec une extrême joie la lecture des « Sept stades de la philosophie » _ parus aux PUF en octobre 2011 _, de l’ami Pascal Chabot,

qui me confirme merveilleusement en mon choix initial de proposer _ à notre Société de Philosophie de Bordeaux, à la Librairie Mollat qui nous accueillera le mardi 22 novembre, à 18 heures, en sa station Ausone ; ainsi qu’à Pascal Chabot lui-même, bien sûr : et tous l’ont agréé ! _, de donner comme objectif (et titre) à cet entretien

l’exploration de ce fil rouge que constitue à mes yeux, opus après opus, pour le travail de Pascal Chabot,

son entreprise suivie _ très cohérente en sa remarquable constancede constituer un très actif philosopher éminemment concret du comment vivre bien et heureux en ce temps-ci,

qui nous est imparti aujourd’hui…

Ce lundi 5 septembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Continuation-poursuite-reprise de ma lecture suivie de tout l’oeuvre philosophique, opus après opus, de Pascal Chabot : lire maintenant « Après le progrès » et « Les sept stades de la philosophie » afin d’explorer la cohérence profonde de son projet de penser le réel…

03sept

Dans le cadre de mon projet de lecture et relecture, opus après opus, de tout l’œuvre philosophique publié de Pascal Chabot,

depuis son « La Philosophie de Simondon« , paru chez Vrin en juin 2003,

et cela dans la perspective de notre entretien à venir le mardi 22 novembre prochain, à la Station Ausone de la Librairie Mollat, à Bordeaux _ et dans le cadre de la saison 2022-2023 de notre Société de Philosophie de Bordeaux _ ;

entretien dans lequel je tâcherai, par mon questionnement _ et notre dialogue _, de comprendre de sa parole hic et nunc les tenants et les aboutissants de son entier parcours de penser philosophique,

je suis à même, ce jour, samedi 3 septembre 2022,

ayant reçu les deux ouvrages de lui que je ne m’étais pas encore procurés, et donc n’avais pas encore lus, et avais commandés il y a tout juste une semaine,

je veux dire « Après le progrès« , paru aux PUF en octobre 2008,

et « Les sept stades de la philosophie« , paru aux PUF en février 2011,

de reprendre cette lecture minutieuse de son travail, livre après livre ;

et cela à partir de mon intuition première d’une profonde cohérence et d’un approfondissement constant de son propre projet initial,

qu’il s’agit pour moi d’entendre le préciser et commenter alors…

Ce samedi 3 septembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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