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Nouvel aperçu récapitulatif sur la poursuite de mes recherches sur les cousinages cibouro-luziens de Maurice Ravel (avec l’ajout du 6 septembre 2020 au 11 octobre 2020)

14oct

En prolongement de mon déjà exhaustif  du 2 septembre dernier,

voici, ce jour, mercredi 14 octobre 2020,

un bref nouvel ajout récapitulatif de mes recherches ravéliennes cibouro-luziennes,

comportant 5 nouveaux articles,

à partir du 6 septembre, et jusqu’au 11 octobre compris :

_ le 6 septembre :  ;

 _ le 4 octobre :  ;

_ le 5 octobre :  ;

_ le 6 octobre :  ;

_ le 11 octobre :  .

Rechercher des faits à découvrir, établir et valider,

implique

en plus d’une certaine culture, déjà _ mais cela se forge peu à peu, avec la constance d’un peu de patience _, du domaine à investiguer,

et d’une relativement solide mémoire _ potentiellement infinie en ses capacités de se repérer à (voire retrouver) des éléments faisant maintenant fonction d’indices… _ grâce à laquelle se trouver en mesure de puiser et se connecter avec efficacité et si possible justesse

une capacité, fondamentale _ très au-delà de la paresse des simples compilations de travaux antérieurs ! _, de forger _ par audace (voire génie : en toute humilité !) d’imageance (cf ici les travaux de mon amie Marie-José Mondzain)… _ des hypothèses _ si peu que ce soit vraisemblables en leur très essentielle visée de justesse… _ de recherche

accompagnées, bien sûr, aussi, de processus pragmatiques afin de, le plus (et le mieux) possible, valider-confirmer ces hypothèses _ Montaigne, lui, parlait d’« essais«  ; un mot que lui a repris, avec la fortune que l’on sait, Francis Bacon, en son Novum organum, en 1620… _,

c’est-à-dire prouver _ avec rigueur _ leur validité de vérité !

_ cf ici le Popper bien connu de La Logique de la découverte scientifique ;

et aussi les si fins travaux, pour ce qui concerne plus spécifiquement les démarches des historiens, de Carlo Ginzburg :

Le Fil et les traces, Mythes, emblèmes, traces, Rapports de force : histoire, rhétorique, preuve, A distance, Le juge et l’historien, etc.

Un minimum de culture épistémologique ne fait jamais de mal en pareilles entreprises

pour mieux asseoir qualitativement l’effort de découvrir de l’insu (ou même du caché)…

Ce mercredi 14 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’impression forte sur le spectateur du DVD de « Lessons in Love and Violence » de George Benjamin

15mai

Le site de Res Musica

nous propose une très bonne recension _ par Thomas Vergracht _ du DVD

de l’opera de George Benjamin

Lessons in Love and Violence,

un opera inspiré de l’excellente tragédie Edward II de Christopher Marlowe…

La voici :

LESSONS IN LOVE AND VIOLENCE, NOUVEAU COUP DE MAÎTRE


George Benjamin (né en 1960) : Lessons in Love and Violence.

Livret : Martin Crimp.

Mise en scène : Katie Mitchell.

Décors et costumes : Vickie Mortimer.

Lumières : James Farncombe.

Avec : Stéphane Degout, Le Roi ; Barbara Hannigan, La Reine Isabel ; Gyula Orendt, Gaveston/L’Etranger ; Peter Hoare, Mortimer ; Samuel Boden, Le Garçon/Le Jeune Roi.

Orchestra of the Royal Opera House, direction : George Benjamin.

1 DVD Opus Arte.

Enregistré les 24 et 26 Mai 2018 au Royal Opera House, Covent Garden de Londres.

Durée : 90 min.

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……

Après Into the Little Hill à l’Opéra Bastille (2006), et Written on Skin au Festival d’Aix (2012), c’est le Royal Opera House qui offrait un écrin à la création du troisième ouvrage lyrique du duo George Benjamin et Martin Crimp. Au vu de la beauté des premiers opus, on ne pouvait que s’y attendre, ces nouvelles Lessons in Love and Violence touchent au meilleur _ dont acte.


Après la légende du joueur de flûte de Hamelin dans Into the Little Hill, et le « razo » de Guillaume de Cabestany Le Cœur Mangé pour Written on Skin, c’est à l’histoire vraie du Roi Edouard II d’Angleterre (1284-1327) – et lointainement à la _ merveilleuse ! _ pièce éponyme de Christopher Marlowe – que s’attelle Martin Crimp pour le livret de son troisième opéra avec « Sir » George Benjamin : Le Roi entretient une relation avec Gaveston, un noble de sa cour. Mortimer, le conseiller militaire du souverain (qui est au passage l’amant de la Reine Isabel), accuse ce dernier de dilapider la fortune du Royaume pour son amour (c’est l’amour « poison » qui est transgressif ici, et non l’homosexualité). S’ensuit alors un drame serré où intrigues sentimentales et politiques se mêlent étroitement. Abandonnant l’auto-narration (le livret de Written on Skin était par exemple constellé de « says the boy » ou « says the woman »), ici les dialogues _ voilà _ vont vite, fusent, et la forme des scènes élaborée étroitement avec le compositeur, permet une œuvre bien dosée d’une heure vingt environ, où l’ennui n’a pas sa place.

La forme condensée et changeante en permanence est une des clés de la réussite de Lessons in Love and Violence. Et cela se ressent également dans la dentelle sonore tissée par Benjamin. Comme dans Written on Skin, l’orchestre est comme « écrit sur la peau » des chanteurs, accompagnant au mieux leur jeu incarné. Souvent raréfiée, l’orchestration n’en est que plus tranchante dans les climax intenses. Toutefois, c’est dans les moments de grâce aux nuances douces que l’on se fige, et spécifiquement dans les duos entre le Roi et Gaveston, tous transpercés par la douceur d’une musique simple, pure, touchante, et sans aucune concession. L’indépendance et la liberté _ voilà _, c’est ce qui fait la réussite des œuvres de Benjamin : pour un compositeur de la génération « dure » et élève de Messiaen, il ne tombe pas dans l’écueil d’une musique constamment violente, faîte de gestes abruptes. Toutefois, ses pièces ne se refusent rien, et surtout pas dans ce nouvel opéra : tantôt une mélodie fugace, tantôt un mélisme délicat (dans la virtuose mise en abîme de théâtre à la scène 3), mais surtout un usage de la consonance dans un contexte atonal, tout cela dans un art consommé de la teinte orchestrale et des équilibres dosés en alchimiste.

Alchimie d’une écriture vocale taillée sur mesure pour des chanteurs que Benjamin connaît bien _ c’est à noter _, ne serait-ce que le couple royal : la très digne Isabel de Barbara Hannigan, qui malgré son aventure avec Mortimer, reste toujours amoureuse de son mari, le tragique et poignant Stéphane Degout, personnage bouleversant n’arrivant pas à faire face aux soubresauts de son cœur. Le ténor un brin trop claironnant de Peter Hoare en Mortimer est toutefois balancé par le suave baryton du Gaveston de Gyula Orendt, amant du Roi à la personnalité glaçante. Cerise sur un casting sensible, le haute-contre (spécifié ainsi par Benjamin) de Samuel Boden en fils du Roi rajoute une touche d’humanité candide à une trame pleine de sang, de sexe et de luttes de pouvoir.


En situant l’œuvre dans le monde contemporain, Katie Mitchell fait prendre à l’intrigue une tournure terriblement actuelle. Au travers de discrets changements de plateaux, toute l’action se déroule dans un intérieur bourgeois : un grand appartement doté d’un immense aquarium, où plusieurs toiles de Bacon _ oui _ trônent fièrement aux murs (le peintre des carcasses et des charognes _ certes _, ce n’est pas anodin). Malgré quelques facilités visuelles qui émaillent cette création, on ne peut qu’être toujours touché par les trouvailles scéniques de la metteuse en scène. D’ailleurs, après Written on Skin et ces nouvelles Lessons, comment désormais imaginer un opéra de George Benjamin sans ces intérieurs froids où chaque élément est un symbole, ou sans ces personnages évoluant au ralenti de manière cinématographique ?

Car finalement c’est bien la somme de tous ces éléments (texte, musique, mise en scène) qui produit cette impression si forte sur le spectateur de Lessons in Love and Violence. Chaque artiste travaille non pas avec son ego, mais en plaçant la réussite collective de l’œuvre avant tout. Et c’est de cela que naissent les grands spectacles.

Ce mercredi 15 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Souvenirs du cinéma de Bertolucci (suite)

27nov

Ce matin,

dans El Pais _ et donc en espagnol _,

un joli article de souvenirs d’un amoureux _ parmi bien d’autres _ du cinéma de Bertolucci :

¡Qué estética, cuánto sentimiento!

¡Qué estética, cuánto sentimiento!

Bertolucci representa una época definitivamente extinguida, en la que el cine de autor suponía un acontecimiento cultural y vital

CARLOS BOYERO
26 NOV 2018 – 23:16 CET

Bernardo Bertolucci, durante el rodaje de 'El cielo protector'.

Bernardo Bertolucci, durante el rodaje de ‘El cielo protector’. IBEROAMERICANA FILMS

Tengo una sensación perturbadora _ en effet _ al enterarme de que Bertolucci se ha despedido de la vida. O de lo que significara para él la existencia enclaustrado en una silla de ruedas. Me afecta _ oui _ su desaparición, su cine (independientemente de que me enamoraran algunas de sus películas y abominara de otras) representa una época definitivamente extinguida, en la que el cine de autor suponía un acontecimiento cultural y vital _ voilà ! _, alimentaba múltiples y obsesivas conversaciones, exigía identificación o rechazo ; en Hollywood los maestros sacaban proyectos que hoy serían despreciados y rechazados, los cinéfilos de cualquier parte (incluidos los esnobs y los afiliados a las modas) se interesaban por el cine europeo que poseía voz propia. Y había impostores, pero también artistas de verdad _ expression fondamentale et cruciale. Nadie podrá discutirle _ en effet _ esa esencia a Bernardo Bertolucci.

Habla, memoria _ certes. En mi caso, el impacto que me produjo algo que parió este hombre me durará hasta el último día. Yo tenía 19 años _ en 1973 ; j’avais 25 ans. Era invierno. Disponiendo de escaso dinero, me fui haciendo autostop al sur de Francia. Para ver una película que estaba prohibida (como tantas) en aquella España viscosa. Su título era tan lírico como inquietante El último tango en París. Había interminables caravanas de españoles para verla, sospecho que por causas relacionadas solo con el morbo y no con el arte. Contaban que Brando sodomizaba en ella a la protagonista con la pragmática ayuda de mantequilla. Hacía mucho frío. Nevaba en Perpiñán. Iba a vivir dos horas en estado de hipnosis, también a sentir dolor y miedo, notar que se me removían todas esas fibras conectadas con el alma. Las pinturas de seres en descomposición del para mí desconocido Francis Bacon _ oui _ llenaban los títulos de crédito y aún era muy tenue el saxo de Gato Barbieri _ oui _, que después aullaría, lanzaría gemidos, se tornaría sensual, crearía el sonido más romántico y desesperado que he escuchado desde una pantalla. La primera imagen, en medio de una luz mágica y triste, era la de un hombre solo maldiciendo a Dios _ ce deuil (de veuvage) est une clé du film, en effet.

Y después, una historia en la que todo es volcánico: el deseo, el amor, la huida, la desolación, la pérdida, el recuerdo, el misterio, el vómito del alma, la necesidad de ahuyentar a ese monstruo llamado soledad. Comprendía demasiado pronto, siendo tan joven, esa historia salvaje, crepuscular y trágica, su hermosura, su imposible final feliz. Y cada vez que veo y escucho el monólogo sadomasoquista de Brando ante el cadáver de su suicida esposa, el llanto estalla.

Bertolucci es mucho más que mi enfermiza fijación con su inolvidable tango _ oui. Y de acuerdo en que sobra la aparición de ese payaso histérico llamado Jean-Pierre Léaud. También estoy seguro de que hoy Bertolucci hubiera sido enviado a la hoguera. La inopia le hubiera castigado por machista y por nihilista.

No quiero revisar por precaución algunas de sus películas. No me fascinó su cine, admitiendo que su personalidad y su sensibilidad eran poderosas, hasta la desasosegante y más que turbia _ à propos de l’entrée d’un individu dans le fascismeEl conformista. Pero recuerdo con amor la primera parte de Novecento, la amistad entre el hijo del campesino y el del terrateniente En la segunda acabo aburrido del flamear de banderas. Y es bella, enigmática, poética y sicoanalítica la relación _ magnifique _ entre la madre y el hijo en La luna.

Y Bertolucci también adaptó su intimista universo a la espectacularidad de Hollywood contándonos en la grandiosa El último emperador el progresivo desvalimiento y la manipulación a la que es sometido (le separan de todo lo que ama) el que nació para ser dueño de un imperio. Su testamento también es conmovedor : Tú y yo. Desconozco el futuro de esos dos problemáticos hermanos que se reencuentran unos días en el sótano de la casa familiar, Bowie les arrulla con la versión de Space Oddity en italiano Ragazzo solo, ragazza sola. Cuánto sabía Bertolucci de la soledad, de la pasión, de la complejidad de los sentimientos. Qué hermosa fue su estética al expresarlo _ voilà, c’est dit.

 

Une émotion _ rétrospective _ significative,

à la fois personnelle, sinon singulière ;  et partagée.

Car les vraies œuvres,

les œuvres vraies,

tout en demeurant, forcément, inscrites dans le temps même de leur création

accèdent aussi _ assez étrangement pour notre vécu ordinaire… _

à un registre an-historique ;

… 

car telle est leur dimension si merveilleuse,

et ultra-évidente dans sa bouleversante simplicité,

d’éternité.



Ce mardi 27 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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