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En m’efforçant de suivre les étapes du passionnant parcours de recherche-penser en philosophe exigeant de comprendre au plus près la complexité enchevêtrée du réel, de Pascal Chabot…

26mai

En m’efforçant de mieux connaître, étape après étape, le passionnant et très éclairant parcours de recherche-penser vraiment en philosophe, de Pascal Chabot,

soucieux de comprendre au plus près, et avec le plus lucide recul possible, le réel, en le plus délicat et détaillé déchiffrement de la complexité de ses détails enchevêtrés,

et à la suite de mon article d’hier 25 mai « « ,

à propos de ce décisivement éclairant essai « Avoir le temps _ essai de chronosophie« , paru le 3 février 2021 ;

j’ai à la fois repris ses essais précédents, tous parus aux PUF _ et qui figuraient en ma bibliothèque personnelle _ :

« Global burn-out« , paru le 9 janvier 2013 ;

« L’Âge des transitions« , paru le 4 mars 2015 ;

« Exister, résister. Ce qui dépend de nous« , paru le 6 septembre 2017 ;

et me suis, aussi, immédiatement procuré son « Traité des libres qualités« , paru le 4 septembre 2019 _ cette parution ayant malencontreusement, et j’ignore pour quelles raisons, échappé alors à mon attention ! _ : un essai très riche et très fouillé ;

ainsi que son « Six jours dans la vie d’Aldous Huxley« , qui, lui, vient tout juste de paraître, toujours aux PUF, ce 4 mai 2022 :

éclairant lui aussi, et d’un autre biais, l’histoire de ce qui a pu concourir, à sa façon _ ici l’audace d’un penseur singulier très audacieux tel que Aldous Huxley (1894 – 1963)_ , à enrichir sa propre imageance, à lui, Pascal Chabot, de philosophe exigeant… :

Et ce très bref essai de 51 pages est un très bel et émouvant hommage à quelqu’un, Aldous Huxley, qui a bien essayé _ à la Montaigne, dirai-je _, de, en la vie, au jour le jour, année après année, de sa propre personne, « bien faire l’homme« …

Les derniers mots de cet essai, à la page 51,

rendent hommage aux « bulles d’air dont nous avons besoin pour ne pas étouffer sous la masse d’informations et de contraintes qui enserrent nos vies. Et c’est bien ce qu’est la culture : un vaste réservoir d’oxygène. Il est ainsi des passés qui vivifient le présent » et l’aident, non seulement à se connaître, mais aussi à s’inventer et un peu mieux se construire,

plus dignement et librement…

C’est ainsi que j’ai pu identifier quelques uns des outils de déchiffrement, donc,

que Pascal Chabot, essai par essai successifs, s’est peu à peu à la fois par sa propre imageance, ainsi que par hybridation à diverses lectures majeures qui l’ont nourri _forgés et donnés :

ainsi et surtout : « transition« , « libres qualités », et « schèmes« , tels que ceux de « Destin« , « Progrès« , « Hypertemps« , « Délai » et « Occasion » _ ou Kairos _etc.

À suivre…

Ce jeudi 26 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

Plossu voyage (en Italie, et à Rome) avec Granet : une présentation-regard de l’aixois Alain Paire de l’Expo aixoise, au Musée Granet, « Italia discreta »…

02mai

Un charmant texte-regard de l’aixois Alain Paire sur l’Exposition aixoise, au Musée Granet, intitulée « Italia discreta« ,

et rassemblant des œuvres de François-Marius Granet et de Bernard Plossu,

deux arpenteurs tranquilles et passionnés _ et pudiques _ des mêmes discrètes beautés romaines…

Plossu voyage avec Granet

Petits formats, affnités et cousinages : sous les combles du musée d’Aix, un photographe intuitif croise un lointain précurseur de l’impressionnisme.

En préambule, on félicitera chaleureusement les conservateurs du musée, Pamela Grimaud et Bruno Ely qui ont inventé les séquences de cette exposition. L’équation n’était pas simple à résoudre, François-Marius Granet est le fls d’un maçon aixois qui découvre Rome en 1802. C’est un novateur discret, son goût pour les ruines et les vedute relève pour partie de l’Ancien Régime. Né en 1945, Bernard Plossu se considère comme un enfant de la Beat Generation et de la Cinémathèque de Paris. Pour ses apprentissages de jeune artiste, il cite Robert Bresson, Vittorio de Sica et Pasolini. Cette union libre n’était pas évidente, de grands écarts d’âge et d’époque séparent les protagonistes. L’insatiable passion qu’ils éprouvent pour les voyages et les séjours en Italie ne suffisait pas pour qu’ils dialoguent.

Avec ses poutres et ses découpes d’espaces inattendus, la structure de l’ultime étage du musée _ le Musée Granet _ de la rue Cardinale est propice. Ce dossier impliquait des rapprochements rigoureux, de l’élégance et de la précision, rien qui soit lourd et démonstratif. La surprise et l’enchantement sont au rendez-vous, les petits et les moyens formats se succèdent : souvent minuscules, une centaine de noirs et blancs accompagnent les teintes assourdies de vingt tirages Fresson _ qui me plaisent personnellement tant… Chez Granet, voici soixante lavis rehaussés de brun, des aquarelles et des dessins fnement encadrés. Dans les photographies, exception faite pour quelques silhouettes furtives – des jeunes femmes, les passagers d’un bus, l’apparition d’une robe de moine – les présences humaines sont _ comme le plus souvent dans l’oeuvre de Plossu _ infimes. La précarité, la ferveur ou bien la légèreté peuvent surgir. On est sur un col de haute-montagne, dans les jardins de la Villa Adriana, en Toscane, ou bien à Vérone. Une fois de plus, voici « ce qu’on ne peut toucher autrement qu’en prenant des photos », l’improbable « courant d’air doux » désigné par Denis Roche quand il commentait Le _ plossuien _ Voyage mexicain : Guillaume Geneste en est témoin, Plossu « dépose tous les jours… un peu plus qu’il ne prend ».

On chemine parmi les chemins de crête, les arrière-cours, les placettes et les ruelles de l’accrochage. On ne capte pas une totalité _ mais toujours des interstices _ : les strates, les réponses et les détails de ces miniatures sont innombrables. Les rênes du sismographe _ du cadrage _ sont fermement tenues, Plossu confesse les éventuelles lacunes de son inventaire : des interlocuteurs qu’il rencontrera plus tard, les Dolomites pris par la neige, Urbino qui l’a toujours fasciné, la ville natale de son arrière-grand-mère.

Pour mieux comprendre l’Italie, des livres et des peintures

L’Italie est captivante. Elle ne se donne pas immédiatement. Appréhender et traduire les particularités d’un territoire procède aussi de la lecture. En vitrine, confectionnée avec des livres modestes que Plossu affectionne, une bibliothèque intime se dévoile : on aperçoit des pages de garde griffonnées, Cesare Pavese, Vincenzo Consolo, ou bien Antonio Tabucchi en édition de poche, des ouvrages dont les titres et les maquettes suscitent immédiatement l’adhésion, Les routes de poussière de Rosetta Moy, Un hiver à Rome d’Elisabetta Rasy _ notre amie romaine _, La mer couleur de vin de Sciascia. Dans une seconde vitrine, des références picturales indiquent que la liberté la plus farouche, les décentrements et les impulsions natives n’empêchent pas une acculturation de tous les instants. Plossu connaît bien _ en effet _ la peinture métaphysique italienne avant Mussolini. Pas seulement Corot, Morandi ou De Chirico.

Une exposition dédiée à celle qui vient de partir _ Françoise…

Granet vécut en Italie pendant presque 25 ans. En son époque, Rome était une cité meurtrie et déclinante de 130.000 habitants qu’il parcourait à cheval ; les monuments antiques étaient envahis par les herbes et les troupeaux. Des vues de campagne, des tours crénelées, des couvents, des fragments du Colisée envahis par les arbres fgurent parmi ses motifs de prédilection. Avec davantage de liberté et de subjectivité, une attention _ voilà, et ses saisies au vol _ identique se manifeste chez Plossu. Ce qui le distingue de ses prédécesseurs, ce sont les accélérations et les coupes de son tempo, la rapidité-fugacité _ Kairos complice _  de ses intuitions : des jeux d’ombres et de rêve, la lumière et la mémoire transforment le réseau des apparences.

Une personne lui manque _ désormais _ infiniment. Pendant la visite de presse, ou bien au téléphone, Bernard Plossu raconte sobrement son déchirement et son immense chagrin. Sa compagne depuis 1980, Françoise Nunez, la mère de ses deux enfants, l’a quitté le 22 décembre 2021. Un cancer a précipité sa vie, elle avait 64 ans. Une complicité rigoureusement magique leur permettait de travailler ensemble. Plossu repérait parmi ses planches-contact les images qu’il fallait développer, Françoise Nunez dont on évoquera l’œuvre photographique dans un autre article, traduisait magistralement les nuances des tirages de Bernard : « Elle avait l’intelligence du gris » .

Alain Paire.

Jusqu’au 30 août, Italia discreta, musée Granet, Aix-en-Provence, ouvert du mardi au dimanche, de 12 h à 18 h,

Catalogue, éditions Filigranes, 29 euros.

Ce lundi 2 mai 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

En revenant méditer, avec un peu de recul, sur le passionnant, très riche et très fluide, entretien que j’ai eu la chance de mener le 25 mars dernier avec un interlocuteur de la qualité d’intelligence, de sensibilité et de culture tel que Karol Beffa…

10avr

Le visionnage attentif, à diverses reprises, du passionnant très riche et très fluide entretien que j’ai eu, sans public présent le 25 mars dernier, entre 13 et 14h sur la scène éclairée de la très vaste salle de la Station Ausone, obscure et très calme pour l’occasion, avec Karol Beffa, à propos de son déjà lui-même très riche et très clair livre de réflexion-méditation _ et commentaires extrêmement judicieux… _ « L’Autre XXe siècle musical » (aux Éditions Buchet-Chastel),

m’apporte, par divers _ et chaque fois plus nombreux _ infra-détails, qui, peu à peu, et uns à uns, adviennent ainsi, par surprise advenant _ par la grâce de l’incisif, généreux et tranchant, Kairos _ au regardeur-écouteur à chaque attentive nouvelle vision de la vidéo, à une prise de conscience, de nouveaux éléments de paroles _ mais aussi expressions du visage _ de Karol Beffa, qui viennent enrichir chaque fois un peu davantage ma propre réflexion _ in progress _ de regardeur, après avoir été un interlocuteur _ comme ce que vient offrir, aussi, au lecteur attentif la lecture attentionnée et méditative de la succession des lignes et pages d’un livre… _ ;

et c’est bien sûr là un des multiples avantages et ressources  _ et pas les moindres _ d’une telle archive vidéo ou podcastée, à consulter, en sa disponibilité présente, là, et conservée, afin de pouvoir, tout à loisir, y revenir méditer et approfondir, au calme fécond du silence propice à la méditation du chez soi, peu, ou un peu plus longtemps, après le feu d’artifice exaltant de l’échange improvisé sur le champ et à vif des paroles de l’exaltant entretien-conversation que nous avons eu ce 25 mars là en cette Station Ausone bordelaise…

Depuis cet entretien du 25 mars dernier

_ et auparavant, déjà, au fil de mes lectures et relectures successives de ce petit trésor judicieux que constitue ce si riche et très clair « L’Autre XXe siècle musical« ,

le 6 mars, à propos de l’admirable mélodie « Hôtel«  de Francis Poulenc, telle que la commente Karol Beffa, cet article-ci :  ;

puis le 22 mars, à propos de tout l’œuvre de Reynaldo Hahn abordée par le regard affuté, tant analytique que synthétique, de Karol Beffa, cet article-la : _,

j’ai déjà eu l’occasion, à plusieurs reprises déjà, de livrer, sur ce blog quotidien « En cherchant bien » dont en toute liberté je dispose, diverses infra-réflexions, dont voici les liens d’accès :

_ le 26 mars : 

_ le 27 mars : 

_ le 28 mars : 

_ le 30 mars : 

_ le 1er avril : 

_ et le 7 avril, afin de donner le lien à la vidéo de l’Entretien publiée et désormais accessible : 

Il me semble donc que la présente réflexion à mener sur ce que viennent m’apporter, sur le fond, les successifs visionnages de cette riche vidéo de notre Entretien du 25 mars dernier, doivent démarrer sur ce qui me semble constituer le projet de base de ce livre, « L’Autre XXe siècle musical« , de Karol Beffa, soit sa signification même, qui  me paraît être de lever urgemment quelques obstacles fâcheusement inhibiteurs d’une création musicale contemporaine bien plus ouverte et joyeuse, et heureuse ;

ainsi que le public auquel ce livre me semble destiné d’abord en priorité : celui de nouvelles générations de compositeurs jeunes, à encourager, stimuler dans (et à) la joie, et ouvrir à des créations bien plus ouvertes et décomplexées ; le public des mélomanes curieux et ouverts (et hédonistes), lui, venant immédiatement en second…

Il s’agissait donc pour Karol Beffa, et c’est parfaitement explicite, de corriger la partialité, le sectarisme et les terribles injustices de la doxa dominante en matière d’histoire de la musique du XXe siècle _ cf le « La Musique du XXe siècle » publié en 1992, et constamment republié depuis, dont Karol Beffa a eu entre les mains un exemplaire en 1997, à l’âge de 24 ans… _, caractérisée par une conception adornienne de l’Histoire même _ héritée par Adorno de Hegel _et de la discipline qui en rend compte _ ici pour la musique _, l’histoire d’un irréversible et nécessaire uniforme progrès _ ici en l’occurrence musical… _, qui, par ses accents péremptoires _ pire qu’intimidants : carrément castrateurs ! _, rejette impitoyablement aux poubelle de l’Histoire tout ce qui ose s’écarter de la voie magistrale impériale _  et voie unique de l’Avenir _ vers toujours davantage de la radicalité idéale affirmée triomphante par ces idéologues sectateurs, coupant sans pitié les moindres rejets s’écartant du tronc unique, comme constituant de vaines pièces stériles, hors de la voie unique de la glorieuse postérité à venir…

Et c’est donc aussi en tant que lui-même compositeur en voie d’oser créer sa propre musique, œuvre après œuvre, comme improvisation après improvisation, à la recherche de sa propre singularité musicale, qui apprend à oser aussi faire son miel _ par naturelle hybridation joyeuse _, via un formidable appétit de curiosité et ouverture à toutes les musiques disponibles, de très multiples et très divers riches éléments de compositeurs très variés, dans le passé comme dans le présent de la musique, et ici et là, de par le monde, par tranfiguration de tout cela, ludiquement et joyeusement _ à la façon de l’évidence la plus naturelle et bondissante d’un Mozart… _, que s’adresse aussi à lui-même ici Karol Beffa, de tels encouragements à oser créer avec toujours plus d’ouverture et plus de confiance et de joie…

 

Et il me semble que, à cet égard, le chapitre consacré à Nadia Boulanger _ aux pages 93 à 123 _ fonctionne dans le livre comme l’avertissement d’un écueil _ démesurément et à tort intimidant et carrément castrateur, au final, dans le cas malheureux de Nadia Boulanger, qui cessa de composer en 1920, elle n’avait pas 32 ans…  _ à éviter et surmonter pour ne pas se laisser abattre par un Idéal du Moi – Sur-Moi par trop inhibiteur d’œuvre propre et singulière _ vaillance et courage (versus paresse et lâcheté) étant les conditions nécessaires de la sortie, même une fois devenu adulte par l’âge, de l’état de minorité réductrice, ainsi que l’affirmait splendidement Kant en ouverture de son indispensable « Qu’est-ce que les Lumières ?« 

Tout créateur _ y compris de (et en) sa propre existence d’humain, au quotidien des jours _ doit, outre la vaillance au travail et son patient artisanat _ à la Ravel _ apprendre le courage d’oser !

De même, inversement, le chapitre consacré aux Minimalistes américains, Terry Riley, Steve Reich, Philip Glass, John Adams _ aux pages 161 à 180 _, ainsi que, plus spécifiquement encore, celui, très détaillé _ aux pages 181 à 200 _, consacré à ce chef d’œuvre qu’est l' »El Dorado » de John Adams (en 1991), présentent des exemples pleinement positifs de créations _ américaines, donc, d’abord _ parfaitement et très heureusement décomplexées, et donc tout à fait encourageants, d’ouverture et d’hédonisme heureusement débridé et joyeux, pour sa propre œuvre à venir oser laisser naître, enfanter et former, et donner à partager, pour Karol Beffa lui-même en tant que compositeur, comme, aussi et surtout, pour les jeunes futurs compositeurs de l’assistance auxquels ses « Leçons » à l’École Normale Supérieure s’adressaient au départ _ et c’est sur la pirouette rieuse de cette note heureuse de joie musicale de création osée réaliser, qu’a été conclue, au montage, la vidéo de notre Entretien…

Et à plusieurs reprises j’ai pu percevoir ainsi, à divers re-visionnages de la vidéo, certains sourires rieurs de Karol Beffa…

À suivre…

Ce dimanche 10 avril 2022, Titus Curiosus, Francis Lippa

Apprendre à aller à la rencontre un peu poussée de l’oeuvre d’un compositeur contemporain, tel que John Adams ; ou le talent pédagogique rare et très éclairant de Karol Beffa en incarnation de Kairos musical…

30mar

La culture artistique, et celle par exemple musicale, est grandement ouverte, presque à l’infini…

Mais il n’est pas forcément facile ni évident de se trouver, déjà, face _ par quelque concours de circonstances que ce soit : y entre aussi bien du hasard… _ à _ ou d’aller vers _ une œuvre d’un compositeur de musique dont on ne connaît alors rien des tenants et des aboutissants : il y faut une certaine dose importante de curiosité ;

ainsi qu’apprendre à faire déjà un peu sien, à l’instant éminemment bref du moment juste, ce que le malicieux Kairos, croisé à son furtif _ et quasi brutal _ passage, passe généreusement nous offrir en fait d’occasion à saisir, sous forme d’une première approche nôtre, pouvant venir se métamorphoser, ou pas, en vraie et profonde _ ou plutôt à approfondir… _ rencontre _ cf là-dessus mon «   » du 26 octobre 2016…

Ainsi, prendrai-je l’exemple de l’œuvre musical de John Adams _ né le 15 février 1947 à Worcester (Massachusetts) _, à laquelle Karol Beffa consacre deux des chapitres de son « L’autre XXe siècle musical » : « L’irruption du minimalisme américain » et « John Adams El Dorado« .

De John Adams, je ne dispose jusqu’ici que d’un unique CD : le CD Warner 5 55051-2 « Harmonielehre« , avec le City of Birmingham Symphony Orchestra, sous la direction de Simon Rattle, en un enregistrement de 1993.

C’était lors d’une émission de France-Musique (La Tribune des Critiques de Disques, diffusée le 28 février 2016) consacrée à cette œuvre, que j’avais découvert d’un peu près _ ou, du moins, commencé à approcher… _ cette œuvre, à travers la confrontation _ aux oreilles un peu sagaces de Bertrand Dermoncourt, Emmanuelle Giuliani et Jean-Charles Hoffelé _ de diverses interprétations ;

et j’avais éprouvé alors le désir de m’en procurer un exemplaire discographique : celui-là, que j’avais pu dénicher…

Mais cette curiosité-là s’était révélée plutôt seulement intellectuelle, sans le déclenchement d’un véritable enthousiasme, faute d’une profonde séduction éprouvée…

Or, il se trouve que

le chapitre que Karol Beffa consacre à « El Dorado » (de 1991) aux pages 181 à 200 de son « L’autre XXe siècle musical«  _ cf mon article du 27 mars dernier : « «  _ m’a très fortement incité à rechercher dare-dare l’écoute de cette œuvre-ci ;

et surtout, et plus encore,

et à défaut de pouvoir me procurer le CD Nonesuch de l’interprétation de cet « El Dorado » par Kent Nagano, désormais indisponible sur le marché (!!!),

que l’écoute attentive des podcasts disponibles sur le web des deux parties de cette œuvre : celui de la partie I (« The Machine in the Garden« , 12′ 40), et celui de la partie II (« Soledades« , 16′ 09), pour une écoute d’une durée totale de 28′ 49, dans l’interprétation de Kent Nagano dirigeant l’Orchestre Hallé, pour un CD Nonesuch 79359 paru en 1996,

m’a, elle, emporté, et enthousiasmé !

Sur cet « El Dorado » de 1991, j’ai trouvé aussi ce significatif et intéressant commentaire, signé Trimalcion, en date du 22 mai 2005, sur un blog intitulé « Les archives du sombre et de l’expérimental« ,

en phase avec l’analyse détaillée très précise que donne Karol Beffa en son chapitre « John Adams El Dorado« , aux pages 181 à 200 de son passionnant « L’autre XXe siècle musical » :

« Composé dans la foulée de « The death of Klinghoffer » _ l’opéra composé en 1992 _, « El Dorado » est une œuvre pour orchestre qui en reprend les acquis en terme de liberté rythmique et harmonique _ voilà _, à savoir que John Adams n’est à ce moment-là plus _ seulement _ un compositeur « répétitif » ou « minimaliste » ; il mêle ces anciennes amours à un langage d’un raffinement orchestral inédit _ tout à fait séduisant… _, et abandonne aussi définitivement l’hypertonalité qui régnait encore dans la musique de Glass ou de Reich pour user d’harmonies très chromatiques, le tout renvoyant de plus en plus sa musique à celle de Ravel ou de Debussy _ oui ! _, l’esprit post-moderne en plus. « El Dorado » joue sur un violent contraste _ oui… _ entre les deux mouvements qui le composent _ ainsi qu’y insiste bien sûr aussi Karol Beffa. Le premier est une énorme machine bringuebalante _ justement titrée « The Machine in the Garden«  _ qui se met en mouvement progressivement et qui, devenue folle, finit par tout ravager sur son passage, dans un long crescendo de plus de douze minutes, qui voit graduellement la destruction totale du paysage dressé en début de mouvement. La nouvelle verve musicale _ dionysiaque, voilà _ du compositeur américain s’y déploie de manière spectaculaire. Le second mouvement _ titré « Soledades« … _ est au contraire rythmiquement et harmoniquement « pur », apaisé aussi. Il débute par quelques notes au synthétiseur, dont le timbre donne à ce début une tonalité presque new-age ; puis les échelles modales grimpent vers des harmonies plus hautes et plus lumineuses, la vitesse s’accélère cette fois-ci sans irrégularité, et le climax de cette seconde partie n’est que majesté, absence de troubles _ sérénité apollinienne élyséenne. Difficile de dire à quoi renvoie exactement la thématique du mythe d’El Dorado dans l’esprit d’un type comme John Adams, et le pourquoi d’une telle pièce. Pure jouissance symphonique, ou correspondances secrètes avec des fragments de l’histoire des États-Unis ? En tout cas un disque _ Nonesuch 79359 (publié en 1996) bien mieux que _ recommandable » _ de l’Orchestre Hallé sous cette direction fine et acérée de Kent Nagano, en un enregistrement dans les studios de la BBC à Manchester en juillet 1993…

Le très grand talent pédagogique, calme _ quasi à voix basse et sans pathos _, de Karol Beffa, en ses livres, comme en ses Leçons, Conférences, Entretiens divers disponibles, a ainsi constitué cet indispensable maillon déclencheur de la chaîne seule vraiment féconde des curiosités et enthousiasmes qui font une véritable culture, musicale ici _ pour ce qui est de cet « El Dorado«  de John Adams _,

éclairée, passionnée et profonde…

Et nous ne manquons que trop de tels puissants passeurs de culture authentique vraie… 

Ce mercredi 30 mars 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

En répertoriant les entretiens enchanteurs accessibles d’Hélène Cixous, admirer la gamme chantée des infinies inflexions signifiantes de sa voix

01jan

Pour débuter en beauté l’année 2022,

choisir d’écouter la voix _ tant parlée que transposée en écriture dansante _ enchanteresse, avec son incroyable gamme d’inflexions signifiantes modulées-chaloupées, d’Hélène Cixous parlant d’expérience puissamment incarnée de son enthousiasmant formidablement minutieux travail d’écriture in progress,

voici ce très varié, en fonction de la grande diversité des interlocuteurs de ses entretiens, échantillon-ci :

_ en 2013 : Hors-Champs, avec Laure Adler (44′ 27)

_ le 15 novembre 2013 : Les Matins de France-Culture, avec Marc Voinchet (48’52)

_ le 9 décembre 2015 : Écrire la nuit (13′ 39)

_ le 28 septembre 2017 : L’entretien complet à Télérama, avec Fabienne Pascaud (52 01°

_ le 26 janvier 2019 : la Masterclass d’Hélène Cixous à la BnF, avec Caroline Broué (84′ 21)

_ un entretien vraiment magnifique ! Très précis et très détaillé, grâce à un superbe travail préparatoire ultra compétent et sérieux de Caroline Broué, lectrice souple et minutieuse … Un modèle-exemple d’entretien !

_ le 23 mai 2019 : Sur « 1938, nuits« , avec Francis Lippa (62′ 23), à la librairie Mollat

_ une entretien attentif très sereinement centré, sans hâte, sur les détails très précis et patiemment assimilés de ce livre ;

avec le relevé, au pasage, par Francis Lippa, de la difficulté persistante pour lui d’admettre la réalité de la coexistence, réaffirmée pourtant d’un mot par Hélène Cixous, du départ d’Osnabrück (et non pas de Dresde !) de sa grand-mère Omi, au lendemain de la Kristallnacht, du 10 novembre 1938, avec l’affirmation que ce départ précipité d’Allemagne ait pu se produire sur les conseils très avisés et salvateurs ! du Consul de France à Dresde (« Madame, vous devriez partir« , lisons-nous à la page 104 de « 1938, nuits« ) ;

Dresde, où Rosie Jonas (Osnabrück, 23 avril 1882 – Paris, 2 août 1977), veuve Klein (depuis le 29 juillet 1916), avait rejoint sa sœur Hete (Hedwig) Jonas (née le 20 octobre 1875), épouse du banquier (à la Dresdner Bank) Max Meyer Stern, après le départ de la maison Jonas d’Osnabrück, de sa fille Eve Klein (Strasbourg, 14 octobre 1910 – Paris, 1er juillet 2013), en 1929…

Cette maison Jonas de Nicolaiort, 2, d’Osnabrück, dont le propriétaire, après le décès, à Osnabrück, le 21 octobre 1925, de Hélène Meyer, veuve d’Abraham Jonas (Borken, 18 août 1833 – Osnabrück, 7 mai 1915), était désormais l’oncle André, Andreas Jonas (Borken, 5 février 1869 – Theresienstadt, 6 ou 9 juin 1942), l’époux d’Else Cohn (Rostock, 9 juillet 1880 – Theresienstadt, 25 janvier 1944).

Cf aussi mon article sur ce très beau « 1938, nuits« , en date du 4 février 2019 :

À quel moment exactement Omi avait-elle quitté son Osnabrück natal, pour gagner cette Dresde où résidait sa sœur Hete et son banquier de beau-frère Max Meyer Stern ?.. Le Livre n’en dit rien. Et toute sa vie Omi demeura si discrète…

_ le 28 septembre 2020 : Hélène Cixous écrivaine et intellectuelle, avec Charlotte Casiraghi et Fanny Arama (23′ 29)

_ le 25 octobre 2020 : Hélène Cixous, la Vie par la littérature, avec Guillaume Erner (50′ 25)

_ le 11 mars 2021 : Si toutes les femmes du monde, avec Elisabeth Quin (10’39)

_ le 7 octobre 2021 : Hélène Cixous en rêve, avec Augustin Trapenard (32′ 54)

Ècouter Hélène Cixous parler en entretien _ avec un interlocuteur qui l’a au moins un peu lue _ de l’incessant passionnant working progress de son magique écrire

est presque aussi merveilleux et enrichissant que lire les Livres absolument extraordinaires qui lui ont échappé !

Bonne année 2022 !

Bonnes écoutes de ces entretiens fastueux

quand rayonne la lumineuse grâce du merveilleux parler si vivant de l’autrice !

Et bien mieux encore :

Bien heureuses lectures de ces profus et foisonnants Livres magiques

d’Hélène Cixous !!!

Et vive Kairos !

Ce samedi 1er janvier 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

P. s. :

En ouverture de mon entretien du 23 mai 2019 à la Station Ausone de la librairie Mollat, à Bordeaux,

pour présenter à l’assistance l’autrice éminemment singulière que j’avais le très grand honneur de recevoir,

j’ai employé les expressions un peu approximatives _ j’étais bien sûr, bien que tout à fait serein, assez ému aussi… _ de :

« un écrivain de première grandeur,

peut-être nobelisable, si les titres valent quelque chose,

en tout cas, c’est un écrivain TRÈS important que nous recevons ce soir« …

Et depuis j’ai appris,

à l’occasion, justement, d’un de ces entretiens dont je donne ci-dessus les liens aux vidéocasts,

que son ami Jacques Derrida qualifiait Hélène Cixous de « plus grand écrivain de langue française » actuellement vivant.

C’est là une appréciation que je partage…

Et depuis,

le 13 octobre 2021, et pour l’ensemble imposant de son œuvre,

Hélène Cixous vient de recevoir le Prix 2021 de la Bibliothèque nationale de France :

le jury de ce prix a désiré ainsi saluer la large palette de « cette autrice engagée, à l’œuvre littéraire inclassable », dans laquelle « se rencontrent la profondeur d’une réflexion, l’écho d’engagements dans la vie intellectuelle, une recherche intime dans les méandres de la mémoire, une écriture d’une rare poésie », a déclaré en commentaire la présidente de la BnF, Laurence Engel…

Et quand les prix savent, à l’occasion (pas si fréquente), saluer une vraie valeur,

pourquoi ne pas se permettre, en parfaite liberté, non servile, sans donc y attacher plus d’importance que cela ne le mérite _ car c’est au fond simplement anecdotique, périférique, quasi parasite _, et avec léger sourire en coin,

de le remarquer et relever-noter au passage ?..

Rien ne valant l’avis que soi-même, d’expérience singulière _ sans se calquer sur des avis pré-formés et des clichés à emprunter-recopier-suivre… _, on apprend à finement peser, au délicat risqué juger de ses propres appréciations, de mieux en mieux éclairées, de lecteur scrupuleusement attentif de tout l’œuvre, en son incroyablement profuse richesse, qui se donne, à portée de lecture.

Et c’est bien alors à nous, lecteurs, d’apprendre à accueillir-recueillir le tout profus, jusqu’au moindre détail, de cet œuvre livré par l’encre sur le papier, du mieux qu’il nous est possible.

Sinon, « Indiligent lecteur, quitte ce livre« ,

prévenait aimablement le cher Montaigne en l’Ouverture lumineusement irradiée d’humour de ses « Essais« …

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