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Les merveilleuses surprises des soldes : un sublimissime CD « Mozart-Arien – Peter Schreier », avec Otmar Suitner dirigeant la Staatkapelle de Dresde à Berlin en 1967 ! Une pure merveille de chant mozartien…

13juil

Les merveilleuses surprises des soldes (suite) :

et ce jour un sublimissime « Mozart-Arien – Peter Schreier« , avec Otmar Suitner (Innsbruck, 16 mai 1922 – Berlin, 8 janvier 2010) dirigeant à Berlin la Staatskapelle de Dresde en 1967 !, réédité en 2016 par le label Berlin Classics : 0300754BC.

Peter Schreier (Gauernitz, 29 juillet 1935 – Dresde, 25 décembre 2019) chantant des airs de Belmonte de L’Enlèvement au Sérail ; de Tamino, de La Flûte enchantée ; de Ferrando de Cosi fan tutte ; de Don Ottavio de Don Giovanni ; et de Titus, de La Clémence de Titus

Une pure merveille : écoutez ici

En forme d’hommage musical à nos très proches chères amies Marie-Claude et Sylvie, décédées le jeudi 4 juillet et ce samedi 13 juillet 2024…

Ce samedi 13 juillet 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

A propos du CD « La Tragédie de Salomé – Chant élégiaque » de Florent Schmitt par Alain Altinoglu dirigeant l’Orchestre symphonique de la radio de Francfort : une réalisation discographique somptueuse…

08juil

En complément à mon article du 14 juin dernier «  « ,

deux très intéressants commentaires sur le superbe CD Alpha 941 « Florent Schmitt – La Tragédie de Salomé – Chant élégiaque« , dont je partage l’avis de l’un, mais pas du tout de l’autre,

le 3 juillet sous la plume de Jean-Charles Hoffelé intitulé « L’Autre tragédie« ,

et hier 7 juillet sous la plume de Pierre Degott intitulé « À découvrir absolument : La Tragédie de Salomé de Florent Schmitt dans sa version originale » :

L’AUTRE TRAGÉDIE

Etrange partition : pour Loie Füller et le Théâtre des Arts de Robert d’Humières, Florent Schmitt dût réduire son orchestre à une vingtaine d’instruments, lui qui venait de faire éclater un effectif pléthorique, orgue compris, pour son Psaume. La pantomime imaginée par la danseuse aux voiles demandait de toute façon une sorte de musique muette propre à envelopper l’évanescence de ses danses. Schmitt écrivit donc un long commentaire sans beaucoup de relief _ tiens donc... _ : il faut attendre la Danse de la terreur pour que soudain son génie éclate. Ce geste ultime sera augmenté dans la Suite de ballet de 1910 pour grand orchestre, autrement fascinante.

Alain Altinoglu fait tout ce qu’il peut pour créer des images sonores capable d’évoquer le mimodrame, direction élégante, suggestive _ et bien davantage que cela !!! _ , à l’égal de celle de Julien Masmondet et de ses Apaches ; elle ne saurait donner le relief qui manque à ce long exercice _ ce jugement est très sévère ! Je ne le partage pas du tout !

Magnifique _ oui ! _ le Chant élégiaque où le plus sombre de l’orchestre de Schmitt entoure le beau violoncelle de Philipp Staemmler, mais refermant cet album utile _ scrogneugneu… _, je songe à ce que Alain Altinoglu et ses Francfortois feraient d’Oriane et le prince d’amour, du Palais hanté, de la somptueuse Légende avec saxophone obligé…

LE DISQUE DU JOUR

Florent Schmitt(1870-1958)


La Tragédie de Salomé, Op. 50 (version originale 1907)
Chant élégiaque, Op. 24

Ambur Braid, soprano
Philipp Staemmler, violoncelle
Orchestre Symphonique de Francfort
Alain Altinoglu, direction

Un album du label Alpha Classics 941

Photo à la une : le chef d’orchestre Alain Altinoglu –
Photo : © Marco Borggreve…

À découvrir absolument, La Tragédie de Salomé de Florent Schmitt dans sa version originale

Superbe enregistrement de la part d’ et de son . Couleurs chatoyantes, rythmes lascifs et harmonies subtiles _ oui ! Une partition à se réapproprier, et sans doute des mises en scène à prévoir.

Initialement composé pour un effectif d’une vingtaine de musiciens, le ballet La tragédie de Salomé de  avait été destiné à accompagner le mimodrame de la danseuse Loïe Fuller, laquelle créa l’œuvre au Théâtre des Arts en 1907. Celle-ci fut ensuite arrangée en suite orchestrale, raccourcie et entièrement réécrite pour grand orchestre symphonique, et c’est cette dernière version que Stravinsky, dédicataire, entendit et apprécia quelques années plus tard. Il eut lui-même l’occasion de l’écrire dans une lettre adressée au compositeur. L’enregistrement figurant sur ce CD marque un retour à la version originale de 1907 _ voilà ! _, rarement entendue et enregistrée, une version composée de 22 numéros pour la plupart dansés par Salomé devant Hérode. Il s’agit donc d’une musique éminemment descriptive et programmatique _  oui _, dont la lascivité et la sensualité _ voilà _, le clinquant orientalisant en moins, n’ont rien à envier à la Danse des sept voiles de la _ célébrissime _  Salomé de Strauss, laquelle venait d’être créée à Paris _ voilà _ lorsque Schmitt y donna son propre ballet. À noter que dans ce dernier, la protagoniste ne réclame pas comme récompense pour sa danse la tête de Jean-Baptiste, elle la découvre à son grand effarement dans le numéro final, intitulé « Danse de l’Effroi ».

On reste pantois _ mais oui ! _ devant les couleurs, l’énergie et la volupté qui émanent de ces pages _ ainsi que de cette interprétation-ci sous la baguette d’Alain Altinoglu _, dans lesquelles on pourra sans doute sentir les influences orientales subies par Schmitt lors de ses voyages au Maroc et à Constantinople. À ce titre le « Chant d’Aïça », air oriental chanté par une voix de soprano vers la fin du mimodrame, marque résolument l’influence des derviches tourneurs découverts par Schmitt lors de ses voyages _ oui, oui. Certes, on pourra arguer également que diverses influences se font sentir, de Wagner à Rimski-Korsakov pour les sources étrangères, de Dukas à Debussy pour les influences françaises ; le tableau « Les enchantements de la mer » n’est sans doute pas sans quelques liens avec La Mer de Debussy, et l’on pourra ici et là entendre des échos du Prélude à l’après-midi d’un faune. Il n’en reste pas moins que nous avons affaire à une partition littéralement envoûtante _ vraiment ! _, autant par la luxuriance de son instrumentation que la richesse de ses harmonies ou l’audace de ses rythmes. Parmi les moments de choix, on pourra citer « La Danse du paon » et « La Danse des serpents », qu’on rêverait évidemment de voir comme elles avaient été représentées lors de la création.

À la tête de l’ _ excellentissime, dont il est le directeur musical depuis 2021, fait des merveilles _ tout simplement. De toute évidence, ce n’est pas avec vingt musiciens qu’il a réalisé cet enregistrement, et les pupitres de cordes ont visiblement été renforcés. Les instruments solistes – magnifiques solos de hautbois et de cor anglais, notamment, interventions jouissives de la harpe – jouent avec toute la transparence d’une formation de chambre, et le compromis ici atteint entre les couleurs de la version originale et un effectif légèrement étoffé donne entière satisfaction _ oui. Le superbe Chant élégiaque, dans la version pour violoncelle et grand orchestre réalisée en 1911, complète fort habilement ce programme, grâce notamment au jeu du violoncelliste . La soprano prête elle aussi son concours à La Tragédie de Salomé, pour laquelle elle trouve des accents eux aussi capiteux et ensorcelants. Une œuvre indispensable _ en effet _, qu’on s’étonne de ne pas entendre plus fréquemment.

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Florent Schmitt (1870-1958) : La Tragédie de Salomé op. 50. Chant élégiaque op. 24.

Ambur Braid, soprano ; Philipp Staemmler, violoncelle.

Orchestre symphonique de la radio de Francfort, direction : Alain Altinoglu.

1 CD Alpha.

Enregistré en janvier 2021 et juin 2022 à la Sendesaal de la Hessischer Rundfunk de Francfort.

Notice de présentation en allemand, anglais et français.

Durée : 69:41

 

Une réalisation discographique absolument merveilleuse !

Ce lundi 8 juillet 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

Au hasard des soldes, un merveilleux CD Apex « Stravinsky – Bartok » du plus-que-parfait Dezsö Ranki : son admirable parfaite ligne claire dans Bartok…

04juil

Au hasard des soldes, et grand amateur surtout de Bartok, je suis tombé ce matin sur un CD Apex 0927 40911-2 « Stravinsky – Bartok » _ un CD Apex paru en 2006, mais enregistré bien auparavant ! _ du plus-que-parfait Dezsö Ranki, un pianiste singulier que j’admire et révère tout spécialement ;

un CD qui à l’écoute sur ma platine s’est révélé tout simplement merveilleux…

Qu’on en juge ici même avec cette miraculeuse vidéo (d’une durée de 9′ 13) de la Suite Op. 14, Sz 62 de Bela Bartok _ né le 25 mars 1881 à Nagyszentmiklós en Autriche-Hongrie (aujourd’hui Sânnicolau Mare, en Roumanie) et mort le 26 septembre 1945 à New-York _, composée en 1916 :

et admirez ici donc la perfection de la ligne claire et absolument impeccable _ idoinement bartokienne ! _ de ce pianiste génial qu’est Dezsö Ranki (né à Budapest le 8 septembre 1951)…

On peut trouver aussi, par ce même Dezsö Ranki presque l’intégralité, par lui, des œuvres pour piano seul de Bela Bartok _ soient les CDs 9 à 12 _ dans le splendide coffret Warner Classics 0190296729317 (de 20 CDs) « Bela Bartok – The Hungarian Soul » :

quelle aubaine, là aussi !..

Une merveille !

Ce jeudi 4 juillet 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le charme vraiment prenant de la tendresse Porpora : le merveilleux CD « Salve Regina » des Muffatti, et le contreténor Clint van der Linde, chez Ramée

06juin

Dans la continuité _ et la frustation _ de mon article «  » du 3 juin dernier à propos de ce qui manque maintenant dans la discographie accessible de Nicola Porpora (1686 – 1768),

je suis tombé sur un admirable CD Ramée RAM 2102, paru le 24 mars 2022, par l’excellent contre-ténor sud-africain Clint van der Linde et l’Ensemble Les Muffati, intitulé « Salve Regina – Motets by Hasse and Porpora« ,

comportant, entre autres, un sublime « Salve Regina » de Nicola Porpora _ quelle merveilleuse tendresse ! _ composé en 1630, et dédié par Porpora à la cantatrice Zabetta, Elizabetta Mantovani, mezzo-soprano, pensionnaire à l’Ospedale degli Incurabili, à Venise :

un admirable motet au charme fou d’une tendresse, oui, sublime.

Lire aussi cette récente recensiondécouverte après l’audition du CD, et assez neutre poour une fois… _ de Christophe Steyne, sur le site de Crescendo, en date du 11 mars 2023, intitulée (sic) « Le Salve Regina et l’italianisme à l’heure baroque : deux nouvelles parutions » :

Le Salve Regina et l’italianisme à l’heure baroque, deux nouvelles parutions

LE 11 MARS 2023 par Christophe Steyne

Salve Regina, motets by Hasse & Porpora.

Johann Adolph Hasse (1699-1783) : Hostes Averni ; Alma redemptoris Mater.

Nicola Porpora(1686-1768) : Salve Regina ; Nisi Dominus.

Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concertos pour cordes en sol mineur et en fa majeur RV 154 et 136.

Clint van der Linde, contreténor.

Les Muffatti.

Livret en anglais, allemand, français (paroles en latin et traduction en anglais).

Mars 2021.

TT 68’54.

Ramée RAM 2102

Salve Regina.

George Frideric Haendel (1685-1759) : Adagio-Allegro [The Lord is my Light HWV 255], Presto [Acis & Galatea HWV 49]. Salve Regina HWV 241. Praise the Lord with cheerful voice [Esther HWV 50]. Gloria HWV deest. Silete Venti HWV 242. Tu del Ciel ministro electo [Il Trionfo del tempo HWV 46a].

Julie Roset, soprano.

Leonardo García Alarcón,

Millenium Orchestra.

Livret en anglais, français, allemand (paroles en anglais, latin et italien, traduction en anglais et français).

Septembre 2021.

TT 73’49.

Ricercar RIC 442

Le Grand Tour du jeune Anversois Corneille-Jean-Marie van den Branden (1690-1761) stimule ce disque qui nous propose des inédits, dont un en lien avec les archives de l’archevêché de Malines, dépositaire de manuscrits légués par ce Seigneur de Reeth. Parmi ces découvertes, le Nisi Dominus écrit dans les années 1710 par Nicola Porpora, dont le CD invite aussi le Salve Regina en fa majeur dédié à Zabetta, célèbre contralto pensionnaire de l’Ospedale degli Incurabili à Venise. L’autre figure de ce récital est un élève et rival du compositeur napolitain, qui comme lui connut une carrière nomade, et qui lui succéda d’ailleurs comme maître de chapelle dans cet Ospedale : Johann Adolph Hasse, émané de la Cour de Brunswick-Lunebourg. Au sein de son important catalogue lyrique, voici Alma redemptoris Mater qui se rattache à la célébration mariale, et Hostes Averni dans sa version conservée au Conservatoire de Bruxelles, une des douze sources identifiées pour ce motet et qui reçoit ici son tout premier enregistrement.

Dans sa notice, Clint van der Linde nous explique avoir choisi de présenter ces quatre œuvres sacrées en commençant par les plus graves pour terminer avec les plus aiguës, les plus dramatiques. La voix mixte est garante de la variété des couleurs sur l’ambitus. La manière italianisante, aux portes du style galant, se voit traitée en respectant la veine tantôt opératique (le Hostes Averni ornementé dans le da capo), tantôt introvertie. En privilégiant « les grands arcs d’expression plutôt que se limiter au détail », le contreténor s’offre une vocalisation ample et un souffle contrôlé, que ce soit dans le trait ciselé ou les phrases étirées. Pour faire bonne mesure, le CD est complété par deux brefs concertos de Vivaldi, que Van den Branden rencontra en toute modestie dans les ruelles de la cité sérénissime : les archets de l’ensemble Muffatti abordent ces intermèdes avec une palette moelleuse, tout à l’image d’une prestation vocale très léchée.

Le Salve Regina, mais pas que. Cette anthologie toute vouée au Care Sassone s’entend comme un tribut à la période italienne de Haendel (1706-1710) mais aussi plus largement comme « une transposition musicale des mille et une facettes de la psychologie humaine » et une valorisation d’un art sans pareil « de la mélodie dédiée à la voix », nous dit la notice signée de Marc Maréchal. Introduite par un concert instrumental emprunté à la Bibliothèque d’Uppsala (un assemblage tiré d’un anthem et d’un Masque), et guidé par l’inspiration au long cours du Millenium Orchestra qui semblerait prêt à avaler un opéra, le récital aligne l’antienne mariale, un extrait de l’oratorio Il Trionfo del tempo, et ce Gloria de paternité douteuse avant son authentification par le professeur Joachim Marx. On y apprécie les vocalises agiles de Julie Roset (Quoniam tu solus sanctus, où Leonardo García Alarcón ronge le frein), tandis que le Salve Regina montre une voix studieuse, blême et sans couleur, au galbe tendu et pour tout dire peu flatteur, rétif à la tendresse du sujet.

Ce timbre monochrome s’assouplit et s’enrichit néanmoins dans le chant de louange Praise the Lord with cheerful voice agrémenté de l’éloquente harpe de Marie Bournisien. Quand Esther fut représenté au King’s Theatre en 1732, le compositeur était déjà retourné en Italie : c’est certainement là, parti recruter des solistes pour la scène londonienne, qu’il rédigea son Silete Venti, pièce principale de ce CD (une petite demi-heure). Après la Symphonia enfiévrée par l’orchestre, on peut apprécier la saine ventilation et le registre lumineux de la soprano, qui exploite sa voix comme un ductile instrument, presque indifférent au texte. Au-delà du brio, l’italianisme ne s’accommoderait-il d’une expression moins droite, qui ne semble là que pour poser des notes, si maitrisées soient-elles jusque dans les cimes (la conclusion du Dulcis amor Jesu) ? Dommage que l’ensemble de ce motet ne soit à l’image du « Surgent venti », où Julie Roset semble enfin prête à fendre l’armure pour ces vents qui se lèvent.

Ramée = Son : 8,5 – Livret : 8,5 – Répertoire : 9 – Interprétation : 9

Ricercar = Son : 8,5 – Livret : 8,5 – Répertoire : 9 – Interprétation : 7

Christophe Steyne

 

Une merveille de CD…

 Ce mardi 6 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

En commençant à picorer dans le trésor des 18 h 36′ du coffret Supraphon « Karel Ančerl Live Recordings » : une merveille de naturel…

02août

Sur les conseils de l’article « Karel Ančerl en perspective » de Pierre-Jean Tribot dans le numéro  de Crescendo du 2 février dernier

(cf mon article d’hier « « ),

 

ainsi que le très détaillé article « Le Survivant » de Christophe Huss dans le numéro 712 du Diapason du mois de juin dernier,

voici qu’à la rescousse est venu aussi l’article « Le Moderne » de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia le 29 juillet dernier…

Il n’en fallait guère plus pour me faire me procurer illico presto l’admirable coffret Supraphon de 15 CDs « Karel Ančerl Live Recordings Czech Philharmonic Orchestra«  _ SU 4308-2.

Et pour commencer à y picorer, avec gourmandise,

vue l’affection musicale que je porte à ce chef si juste, clair, net, élégant ;

tel qu’il est si magnifiquement saisi ici en concert à la direction de la Philharmonie de Prague, où il a été en poste de 1945 à 1968… 

En cette salle du Rudolfinum,

dont j’ai pu apprécier l’acoustique splendide en concert, le 12 février 1994… 

Quelle extraordinaire naturelle présence,

en cette merveilleuse direction, si souple, si claire, si nette, si lumineuse,

de Karel Ančerl !

LE MODERNE

Revenu des camps de la mort, Karel Ančerl vécut sa résurrection en retrouvant l’Opéra de Prague et l’Orchestre de la Radio quasi dès sa libération en 1945. En 1950, dix huit années prodigieuses allaient s’ouvrir pour recueillir l’acmé de son art. Il réforme l’Orchestre Philharmonique Tchèque sous l’œil bienveillant de Václav Talich.

À l’art vif et coupant, absolument objectif de Karel Ančerl, Talich allait ajouter une densité expressive qui s’entendra dans Asrael, le chef-d’œuvre de Josef Suk. Le flambeau était passé.

Le disque microsillon naissant illustra d’abondance cette collaboration exigeante entre Karel Ančerl et la Philharmonie Tchèque, Supraphon réglant une prise de son admirable de réalisme et éditant un grand nombre de disques devenus depuis des références intangibles, de la 9e de Mahler à Alexandre Nevsky de Prokofiev en passant par Le Sacre du printemps de Stravinski.

Parallèlement la Radio de Prague engrangea les concerts, et les conserva pieusement, les archivistes ayant conscience de l’importance historique d’un tel trésor, recopiant régulièrement les bandes afin qu’elles ne subissent pas les outrages du temps. C’est dans cette malle aux trésors que Supraphon est allé puiser _ voilà _ pour éditer ce généreux coffret tombé littéralement du ciel _ mais oui !

Deux buts, y révéler des œuvres que Supraphon n’avait pas gravées avec Karel Ančerl – par exemple une prodigieuse Symphonie « Italienne » d’une exactitude, d’une finesse rythmique inouïes _ oui ! C’est là du plus pur et parfait Mendelssohn… _, Supraphon l’avait confiée à Pedrotti (toute belle version d’ailleurs) – et donner un autre visage à des œuvres déjà gravées auxquelles le concert apporte une dimension supplémentaire : écoutez seulement _ voilà !Ma patrie.

Une part congrue de cette manne a pu circuler sous certaines étiquettes (Praga Digitals, Multisonic, Panton), mais jamais dans des reports d’une telle qualité _ en effet !

Quelques perles : un Don Juan prodigieux d’élan, une Shéhérazade ravélienne qui envole Suzanne Danco, plus sublime encore qu’avec Ernest Ansermet, une 8e de Beethoven acérée et volcanique, des Chants et Danses de la mort avec Leonard Mróz dans l’orchestration expressionniste d’Otakar Jeremiáš, Asraël et Maturation de Josef Suk, une Suite scythe de Prokofiev, de stupéfiants Nocturnes de Debussy (Sirènes !!!!).

Découvertes majeures, deux œuvres rares de Vitezslav Novák, la bachique Symphonie automnale et le mystérieux Pan. Un regret : que Supraphon n’ait pas repris le Deuxième Concerto de Chopin avec Wilhelm Kempff ; d’ailleurs les archives conservent largement de quoi composer un second volume tout aussi opulent et essentiel _ voilà !

LE DISQUE DU JOUR

Karel Ančerl
Live Recordings

Œuvres de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847), Modeste Moussorgski (1839-1881), Bedřich Smetana (1824-1884), Antonín Dvořák (1841-1904), Josef Bohuslav Förster (1859-1951), Vitezslav Novák (1870-1949), Josef Suk (1874-1935), Claude Debussy (1862-1918), Maurice Ravel (1875-1937), Richard Strauss (1864-1949), Sir Edward Elgar (1857-1934), Ralph Vaughan Williams (1872-1958), Walter Piston (1894-1976), Igor Stravinski (1882-1971), Sergei Prokofiev (1891-1953), Paul Hindemith (1895-1963), Witold Lutoslawski (1913-1994), Bohuslav Martinů (1890-1959), Erwin Schulhoff (1894-1942), Miloslav Kabeláč (1908-1979), Iša Krejčí (1904-1968), Jaroslav Ježek (1906-1942), Jan Novák (1921-1984), Jiří Pauer (1919-2007), Jindřich Feld (1925-2007), Jan Klusák (né en 1934)

Orchestre Philharmonique Tchèque
Orchestre Symphonique de la Radio de Prague
Karel Ančerl, direction

Un coffret de 15 CD du label Supraphon SU4308-2

Photo à la une : le chef d’orchestre Karel Ančerl – Photo : © Reg Innell/Toronto Star

 


Un coffret tout simplement indispensable, donc !

Ce mardi 2 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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