Archives de la catégorie “Villes et paysages”

A Arcachon : écouter Severin von Eckardstein interpréter « La Maison dans les dunes » de Gabriel Dupont (1907-1909)

09nov

Le compositeur Gabriel Dupont (Caen, 1-3-1878 – Le Vésinet, 1-8-1914),

souffrant de tuberculose chronique,

aima fréquenter l’air marin salubre

des pinèdes d’Arcachon

pour améliorer sa santé.

Après son œuvre pour piano Les Heures dolentes (1903-1905),

il composa un second cycle de pièces,

qu’il baptisa La Maison dans les dunes.


Après Marie-Catherine Girod

qui donne une très belle version de cette œuvre en 1997,

et ré-éditée cette année

_ le CD Mirare MIR 418 _,

le jeune pianiste Severin von Eckardstein

nous en propose à son tour

une très éloquente interprétation

_ le CD Artalinna ATL-A020.

Pour le plaisir,

j’énumère les titres des 10 pièces de ce recueil

où se ressent le doux plaisir

de la survenue,

parmi les pins,

de la brise

et des embruns

océaniques :

Dans les dunes, par un clair matin ;

Voiles sur l’eau ;

La maison du souvenir ;

Mon frère le vent et ma sœur la pluie ;

Mélancolie du bonheur ;

Le soleil se joue dans les vagues ;

Le soir dans les pins ;

Le bruissement de la mer, la nuit ;

Clair d’étoiles ;

Houles.

Et alors que Marie Catherine Girod

appariait cette Maison dans les dunes de Dupont

au Chant de la mer (de 1919) de Gustave Samazeuilh

_ un compositeur bordelais (1877 – 1967) que je me souviens d’avoir cotoyé aux conférences de notre Société de Philosophie de Bordeaux, vers 1966

(et j’en suis un des deux actuels vice-présidents) _,

Severin von Eckardstein, choisit, lui, de l’apparier

aux Images, livres I (1904-05) et II (1907),

de Claude Debussy (1862-1918)…

Une œuvre de très grande sensibilité,

superbement interprétée...

Ce vendredi 9 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Charles Trenet et les inondations de Carcassonne

16oct

Comment ne pas souvenir de la superbe chanson de Carcassonne

de Charles Trenet, le Narbonnais ?..

« Je t’attendrai à la porte du garage…

Et nous verrons les tours de Carcassonne

se profiler à l’horizon de Barbaira » ?..

Avec les merveilleuses images des frondaisons charnues des platanes

bordant le chemin de halage du Canal du Midi ?

Entre Barbaira et Carcassonne,

Trèbes :

deux fois tragiquement ensanglantée ces derniers temps…

Ce mardi 16 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Ce soir, à la Cité du Vin, vernissage de l’exposition « Douro : l’air de la terre au bord des eaux »

04oct

Ce jeudi 4 octobre 2018,

à la Cité du Vin, à Bordeaux,

inauguration officielle de l’exposition Douro : l’air de la terre au bord des eaux.

Une expo très attendue,

comme toutes celles, magnifiques, réalisées à la Cité du Vin.

Cf mes précédents articles,

du 17 juin 2016 : 

du 28 juin 2017 :   

du 27 avril 2017 :  

du 23 mars 2018 :   

Ce jeudi 4 octobre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Hommage à Olivier Droin : une pensée pour (et une image de) la sublime Villa Téthys, au Pyla

16août

Ce jeudi 16 août 2018, à 15 heures,

ont eu lieu à l’église Sainte-Eulalie à Bordeaux, les obsèques d’Olivier Droin (Talence, 17-5-1941 – Bordeaux, 11-8-2018) ;

fils aîné de Roger Droin et Jeanne Beaumartin ;

et petit-fils de Georges Droin et Marie Lourreyt,

les constructeurs de la plus belle Villa du Pyla _ et du Moulleau _, la Villa Téthys,

livrée par l’architecte Roger-Henri Expert en 1927.

C’est en m’intéressant à la vie _ et aux racines girondines _ de l’admirable viticulteur et viniculteur _ de bio-dynamie _ Nicolas Joly,
avec lequel je m’étais entretenu _ l’amphithéatre Thomas Jefferson était comble ! _ à la Cité du Vin le 17 janvier 2017,
homme insigne éminemment sympathique, et producteur de la merveilleuse-fabuleuse Coulée de Serrant _ cf mon article du 24 avril 2017  qui comporte une vidéo de notre entretien…  _,
qui est le fils de Denise Droin, la sœur de Roger Droin ; et donc cousin germain d’Olivier Droin,
que j’ai découvert l’existence au Pyla de cette villa sublime.
Et que je me suis amusé à établir la généalogie _ riche et complexe ; et surtout passionnante pour l’histoire économique de la Gironde au XXe siècle _ des Droin.
C’est en effet Georges Droin _ j’ignore ses dates de naissance et décès _,
le grand-père d’Olivier Droin
ainsi que de Nicolas Joly et son frère Eric _ qui a pas mal écrit sur le Bassin, la pêche er la chasse _,
qui est celui qui a fait construire au Pyla, en 1927, la superbe villa Téthys : un chef d’œuvre merveilleux d’architecture…
Dont s’est beaucoup occupé tout particulièrement Olivier Droin _ et quelques autres membres de sa famille… _,
ainsi que n’ont pas manqué d’en témoigner dans leurs très émouvants discours d’hommage au disparu
une de ses petites-filles,
et son cousin Eric Joly.

© DR

Voilà !

Olivier Droin a été un homme de goût, grand amateur d’Art.

Et peut-être aussi bibliophile, comme l’a été Georges Droin ;

ainsi que quelques uns de ses enfants.

Transmettre est important !

Ce jeudi 16 août 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

Lecture de « Hôtel d’émigrants », le 9éme et dernier récit de « La Fiancée d’Odessa », d’Eduardo Cozarinsky

15août

Poursuivant ma découverte des récits d’Egardo Cozarinsky,

après Loin d’où

et Dark

_ cf mes précédents articles , du 9 août ; et , du  août dernier _,

voici ce jour quelques impressions de lecture de l’ultime _ et magnifique ! _ récit de La Fiancée d’Odessa,

intitulé Hôtel d’émigrants

Pour commencer,

je dirai que cet admirable court récit de 20 pages (écrit en 2001)

me semble parfaitement représentatif des deux autres œuvres développées (de 192 et 142 pages) que je viens de lire d’Edgardo Cozarinsky (écrites plus tard, en 2009, pour Loin d’où, et 2016, pour Dark).

Le présent du récit (du narrateur, âgé de trente ans) se situe au printemps (avril-mai) 2ooo, à Lisbonne, Cascais, Estoril et Sintra, au Portugal,

et concerne une enquête _ personnelle et même familiale _

à propos d’un mystère _ qui le poursuit et le travaille vivement à propos des filiations se trouvant à la genèse de sa propre identité de personne ; l’expression « un point de mystère«  se trouve à la page 125 _ concernant ses grands-parents maternels, lui allemand et peut-être juif, elle américaine, qui se trouvérent ensemble à Lisbonne la dernière semaine de septembre 1940, avant de s’embarquer pour New-York.

Le narrateur confie aussi, page 135 : « Je reconnais une fois de plus mon attrait pour les personnages obscurs » ;

ce qui, écrit-il encore, « m’aide à préférer _ comme objet de récit (et d’enquête rigoureusement documentée aussi) _ mes grands-parents (…) à tant de gens célèbres qui se trouvèrent en même temps qu’eux à Lisbonne » _ tels Hannah Arendt et son mari, Golo et Heinrich Mann, Alma Malher et Franz Werfel, son troisième mari, etc., tous à la recherche d’un travailnsport vers l’Amérique…

Il s’agit ici, cette fois encore _ comme dans les récits de Loin d’où et dans celui de Dark _, d’un questionnement d’un narrateur _ celui-ci est né en 1970 _ sur ses racines identitaires masquées _ que ce soit par lui ou que ce soit par d’autres que lui-même _, de la part de migrants : ici, et à l’automne 1940, à Lisbonne, deux Allemands, l’un Juif, et l’autre pas, Theo Felder, et Franz Mühle, qui fuyaient, et d’abord ensemble, un danger : celui qu’encourraient tout Juif européen ainsi que tout anti-nazi de la part des Nazis en une Europe sous la botte hitlérienne ; et celui qu’allait encourir bientôt, tout Allemand (même hostile aux Nazis), de la part des Alliés dès que ces derniers seraient les vainqueurs… Bien des réactions de travestissement s’avéraient nécessaires pour espérer s’en sortir, ou même simplement survivre.

J’y suis doublement sensible

et par le parcours de mon propre père sous l’Occupation, tentant de ne pas se laisser prendre dans la nasse des Nazis ;

et par ceux de personnes telles que Hannah Arendt _ dont j’ai identifié les lieux de logement à Montauban, huit mois durant en 1940-41, au sortir du camp de Gurs ; et aussi à Marseille… _ ; ou que Lisa Fittko (dans on lira l’indispensable Le Chemin des Pyrénées ) ; Lisa Fittko, celle qui ouvrit la voie dite Fittko, en accompagnant Walter Benjamin franchir la frontière au dessus de Banyuls ; et qu’empruntèrent ensuite ceux qui furent secourus par Varian Fry ou Helen Hessel _ l’inspiratrice de la Kathe de Jules et Jim d’Henri-Pierre Roché _, depuis Marseille...


Le narrateur qui a vocation à devenir écrivain, a mis la main sur un dossier de documents _ peut-être rassemblés en vue d’écrire lui-même une fiction ? _ laissés par son grand-père (allemand) au Leo Baeck Institute, à New-York, et qui concernent ses relations _ au cours de ces années de guerre _ avec un très proche ami allemand _ Theo Felder et son ami Franz Mühle, tous deux berlinois, s’engagèrent ensemble dans les Brigades internationales, puis ensemble, après avoir réussi à s’échapper des camps de Vichy, réussirent à gagner Lisbonne… _, avec lequel il a pu joindre, non sans difficultés diverses, Lisbonne, en vue de gagner, par bateau, les Etats-Unis :

ce sera le cas pour l’un des deux, prenant le bateau le Nea Hellas à Lisbonne le 3 octobre 1940, en compagnie d’Anne Hayden Rice, qu’il venait d’épouser au consulat américain de Lisbonne… ; l’autre demeurant à quai, au Portugal ; et dont ne parviendront (et seront conservées) à New York que deux lettres _ sans nom d’identité (même fictive), ni même quelque adresse (ne serait-ce que poste retante !) au Portugal : par prudence ! _ en date des 15 octobre 1941 et 25 novembre 1942 ; ainsi qu’un programme du cinéma Politeana (à Lisbonne) daté du 17 mai 1945 « correspondant à la première locale de Casablanca » (page 121).

Mais le narrateur ignore toujours :

et, d’une part, lequel des deux amis berlinois, Franz et Theo, a épousé alors, fin septembre 40, à Lisbonne sa grand-mère, Anne Hayden Rice (américaine fortunée et aventureuse) ;

et, d’autre part, lequel des deux a été le géniteur effectif de celle qui serait un jour _ de 1970 _ sa mère, Madeleine Felder, quand celle-ci aura épousé _ peu après Woodstock (15 août – 18 août 1969) où ils s’étaient rencontrés _ « un certain Anibal Cahn, né en Argentine » (page 147).

Ce qui a pour résultat que les racines juives du narrateur,

si elles sont contraintes de faire l’impasse du faux Theo Felder (et vrai Franz Mühle) _ mais lequel des deux avait été le géniteur effectif dans la chambre de l’hôtel Palacio ? Aucune des trois personnes concernées ne l’a su ! _,

sont davantage avérées côté Cahn…

C’est donc à une enquête sur ces jours et nuits-là de Lisbonne à la fin de septembre 1940

_ par les archives historiques municipales de Cascais qui « conservent environ mille fiches d’étrangers, provenant des hôtels d’Estoril et de Cascais (…) j’apprends que Franz Mühle et Theo Felder ont partagé la chambre 213 du Palacio du 10 septembre au 2 octobre 1940 ; Anne Hayden Rice a occupé la 215, du 26 septembre au même 2 octobre » (page 138) _,

de ces trois migrants-là

que se livre le narrateur à Lisbonne au printemps 2000 de ses trente ans

_ et qui concerne sa propre filiation.

Le narrateur apprendra aussi que si « le 2 octobre 1940, Felder et Mühle quittent l’hôtel Palacio »,

« c’est la dernière mention de ces deux noms que nous possédons » aux archives portugaises (page 140).

Celui qui reste à quai ne manifestera plus jamais sa nouvellelle identité aux deux autres.

Et les deux lettres que l’un des deux fit, de Lisbonne, parvenir à l’autre (et à Anne Hayden Rice) à New-York,

sera signée, en 1941 comme en 1942, « le Berlinois anonyme » (pages 138 et 146).

Une dernière remarque, à propos du goût de la fiction

afin de mieux approcher et comprendre le réel (et ses faits les plus bruts),

que le narrateur du récit partage visiblement avec l’auteur lui-même :

« Tout cela, je le sais.

Ce sont des faits attestés par des lettres, par les carnets de notes de mon grand-père, par des histoires que ma mère a entendu raconter et qu’elle m’a transmises des années plus tard.

J’ai simplement imaginé _ en plus _ quelques dispositions affectives, peut-être banales, comme toute clé qui prétend  expliquer la conduite humaine ; elles me servent à m’approcher _ voilà ! _ de ces êtres dont je ne peux comprendre le passé _ voilà _ qu’à travers la littérature _ cf ici le très beau travail de Philippe Sands dans son magnifique Retour à Lemberg ;

et cf mon article du 2-4-2018 sur cet immense livre : .

Un point de mystère subsiste.

Un jour de 1940, Anne et Theo se mariaient au consulat nord-américain, et partaient aussitôt pour New-York.

Franz restait au Portugal.

Mes questions deviennent innombrables, chacune d’elles en suscite bien d’autres« , page 125.

Un travail passionnant et de très grande qualité !

Et dont la sublime sobriété _ apprise à la table du montage cinématographique ? _ accroit l’éclat du mystère persistant…

Du grand art, sans trace d’art.

Ce mercredi 15 août 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

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