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Pour pause, lecture ce jour du terrible « Le jour où je n’étais pas là » (paru en 2000)…

28déc

Afin de conquérir davantage de repères biographiques (et de domiciliation _ à la page 174, j’ai relevé la significative phrase : « Seules les dates et les adresses résistaient à la multiplication de nos récits«  entrecroisés et parfois, voire souvent, contradictoires : ce qui amuse pas mal l’ironie très joueuse de la narratrice… _) des Cixous, Klein, Jonas, etc., qui me manquent toujours,

je viens de lire, puisé dans mon ample bibliothèque cixoussienne, « Le jour où je n’étais pas là« , paru aux Éditions Galilée en 2000, que je n’avais pas encore lu…

J’y ai trouvé une bien intéressante concomitance _ affirmée et clairement reconnue _ entre la grossesse du premier garçon né _ leur fille Anne-Emmanuelle, elle, est née, à Sainte-Foy-la-Grande, le 27 juillet 1958 _ d’Hélène Cixous et son mari Guy Berger, le petit Stéphane, nommé Georges, dans le récit _ le petit Stéphane Berger est né le 1er mai 1959, et lui aussi à Sainte-Foy-la Grande (en Gironde) ; et il décèdera à Alger, le 1er septembre 1961, où sa grand-mère maternelle la sage-femme Ève Cixous, née Klein, l’avait pris en charge, et s’occupait, en sa Clinique d’Alger, très soigneusement de lui, en sa fragilité d’enfant malade… _, et la construction de la Villa Èva, à Arcachon, au quartier des Abatilles…

Et Hélène Cixous, jeune agrégée d’Anglais, va en effet occuper un poste de Professeur d’Anglais au Lycée-Collège Grand Air d’Arcachon, à compter de la rentrée scolaire de septembre 1959 _ Chantal Thomas, alors arcachonnaise, l’a eu comme professeur d’Anglais, de septembre 1959 à juin 1962 ; cf mon article du 18 août 2018 : Un passionnant et très riche entretien avec la merveilleuse Chantal Thomas à Sciences-Po Bordeaux, le 8 mars 2018… ;

et Hélène Cixous eut à la fois pour collègue au lycée et pour voisin immédiat, au quartier des Abatilles, Jean Laurent, qui fut mon collègue de Lettres au Lycée Grand-Air quand j’y enseignais la philosophie, les années scolaires 1976-77 et 1977-78… _ ;

et cela jusqu’au mois de juin 1962, où elle obtint un poste d’Assistante d’Anglais à l’Université de Bordeaux…

Et quinze jours après le décès, à Alger _ auprès de sa grand-mère Ève et son oncle maternels Pierre Cixous _, de Stéphane-Georges, l’enfant mongolien d’Hèlène et son mari Guy Berger,

naît _ le 22 septembre, et peut-être, ou peut-être pas encore, à Arcachon, ce n’est pas indiqué… _ son frère le petit Pierre-François…  

Pages 70-71 de « Le jour où je n’étais pas là« , on lit cette tardive lettre-ci,

destinée au fils décédé il y a près de quarante ans, le 1er septembre 1961 :

« Lettre à mon fils auquel je n’ai jamais écrit de lettre

Mon amour, à qui je n’ai jamais dit mon amour,

 

J’écris dans la maison _ aux Abatilles _ que j’ai fait construire à cause de toi, en hâte de toi et contre toi tandis qu’Ève notre mère te gardait _ à Alger, et pas à Arcachon… _, je construisais je n’écrivais plus, au lieu de poèmes, je bâtissais je répondais en pierres à ton arrivée _ ce fut le 1er mai 1959, à Sainte-Foy-la-Grande _ pour les temps des temps, je t’accueillais, je te prévenais, j’élevais en vitesse une maison où nous garder et nous séparer, je faisais la maison où tu n’es jamais venu _ voilà. Maison achevée le premier septembre196-1 jour de ton propre achèvement _ à Alger.

Je ne pense jamais à l’origine de cette maison née de ta naissance. Dès que j’ai su ton nom du jour au lendemain j’ai _ alors, soudainement _ cessé d’écrire. 

J’écris dans cette maison que j’ai bâtie afin de ne plus jamais écrire. 

J’ai hérité de cette maison où je t’écris de ton interminable passage.

Je te dis tu, je te fais venir, je te tire hors du nid inconnu.« 

« Brève trêve de ce il, je prends dans mes bras le fantôme de l’agneau écorché« .

Et ces phrases aussi, que j’extrais de la page 111 :

« Aucun pressentiment _ qui aurait permis d’un peu se préparer. Et c’est alors. Arrive quelque chose, ce n’est pas rien, c’est un décret. La lettre dit : demi-tour. Et véritablement ici commence une vie. Tout d’un coup tout ce que je n’aurais jamais fait, je l’ai fait. Jusqu’à présent j’avais décidé de parcourir les différents continents. J’arrêtai mon périple au seuil de l’expédition, je cessai d’être nomade et je dressai _ Allée Fustel de Coulanges _ la maison du mongolien. Nous aussi nous vivrons dorénavant en compagnie des animaux affectueux. »

Et encore ceci, page 112 :

« Ce qui faisait maison c’était l’obéissance à Désignation l’envoyée des distributeurs de destins que je n’appelai pas Dieu cette saison-là. Je décidai _ aussi _ d’accroître nos corps sans perdre un instant, soucieuse du nombre et de l’harmonie du troupeau, je diluerai l’agneau sans nez à la laine râpeuse dans un bain d’agneaux bruns bien bêlants et musclés. Plus il y aura d’enfants tourbillonnants moins il sera l’attirant le fascinant. Je prévoyais l’irradiation. Contre l’éclat irrésistible du mongolien nous allions aligner toute une infanterie. Dans les mois qui suivirent _ ce 1er mai 1959 _ je lançai une grossesse en contre-attaque, sans m’affaiblir à y penser. Je parai. Je dressai. Nous élevons la maison _ voilà _ pour nous y enfermer autour de lui. Nous adoptons sa description. C’est une langue. Nous nous mettons à ses saccades, elle se jappe, elle se claudique, elle a ses froissements, ses frottements ses freins. Nous aussi nous aimerons la musique. J’entrai dans une adoptation méthodique. La peau du mongolien, grenue gauche gênée, je l’enfile je passe sur mon âme tout le costume.« 

Ainsi que, aux pages 113-114 :

« D’un jour à l’autre je fis conversion, et j’adoptai la fameuse ligne du mongolien celle que je n’avais pas remarquée tout de suite, le signe de reconnaissance caché dans la paume de la main. À l’âge de vingt-deux ans _ Hélène est née le 5 juin 1937 _ je venais de découvrir _ ce 1er mai 1959, à la maternité de Sainte-Foy-la-Grande _ l’autre monde du monde, et d’un seul coup. Personne ne nous avait avertis. Ma mère non plus la sage-femme allemande à Alger personne ne lui avait parlé des autres êtres humains quand même jusqu’alors nous, la famille _ des Jonas ainsi que des Cixous _, nous avions su que les autres êtres humains quand même c’étaient les Juifs c’est-à-dire nous, c’était nous notre famille _ des Jonas d’Osnabrück… _ qui d’une part se repliait et se multipliait pour résister à sa propre étrangeté, c’était notre propre maison _ de Nicolaiort 2, à Osnabrück _ assiégée qui finissait par craquer et céder et du jour au lendemain, ma mère _ en 1929 _ abandonnait la direction _ d’abord envisagée _ de Berlin et tournant le dos au nord allait en sens inverse, suivant l’indication de l’infinie impuissance qui contient lorsqu’on la retourne en sens contraire une infinie puissance. C’est ainsi qu’elle arrivait au Sud _ en passant par Paris, à Oran _ et aussi loin du centre et de l’origine qu’elle avait pu l’effectuer, tandis que par ailleurs les autres membres de la famille autre s’en allaient aussi au plus loin de la Ville la plus Ville _ Osnabrück, la ville de la paix… _ jusqu’aux portes les plus périphériques de la planète _ Johannesburg, le Paraguay, le Chili, l’Australie, etc.
Or à notre grande surprise voilà que nous étions débordés sur notre flanc par un peuple dont nous avions tout ignoré, et peut-être qui sait un peuple encore plus ancien et plus anciennement banni et nié que le nôtre mais qui n’avait pas alors d’historien. J’étais troublée, je sentis ma faiblesse philosophique, j’entrai dans des incertitudes concernant surtout les définitions les limites les frontières les barrières les espèces les genres les classifications, d’un côté n’étais-je pas née mongolienne ayant donné naissance à un mongolien, et donc née de sa naissance, mais d’un autre côté pensai-je la nature n’étant pas finie et définie mais non fermée, percée de trous par hasard tout ne pourrait-il pas nous arriver et nous être, dieu, un animal, ou l’immortalité, en passant par un de ces trous inconnus ?« 

Un opus magnifique, assurément.

Bien sûr, en tant qu’auteure-autrice (et aussi, et peut-être et surtout d’abord, réceptrice !) de ses livres, Hélène Cixous focalise le récit que son Livre _ car c’est à la fin des fins lui, le Livre, qui, chaque fois, vient ultimement décider _ lui dicte, en les échanges qu’elle, l’autrice, veut bien avoir avec lui, le Livre, en les méditations suivies de ces séances d’écriture auxquelles elle choisit de se livrer, sur les éléments qu’elle accepte et choisit d’intégrer au récit de ce Livre, et en en excluant bien d’autres possibles  jugés simplement ici et cette fois étrangers à la thématique majeure, et toujours questionnante pour elle, de ce Livre-ci une prochaine fois, peut-être…

Ses récits de vérité ne constituant jamais, non jamais, une autobiographie autorisée : ce qui va advenir en le Livre dépassant, et de loin _ et bienheureusement ! _, les aventures et mésaventures advenues et survenues à sa seule petite personne et son ego historique…

Ainsi, pour ce qui concerne les raisons de la construction de cette maison (qui deviendra bientôt, mais un peu plus tard, sa maison d’écriture…) d’Arcachon, qui m’intéresse ici,

l’autrice ne dit ici _ je dis bien ici : en ce Livre-ci… Ailleurs, un autre livre, ou aussi une simple amicale conversation, pourrait s’y attacher, et cela sans la moindre censure sienne… C’est le Livre qui décide… _ pas un mot de son mari (depuis 1955 et jusque fin 1964, où ils divorceront) et père de l’enfant Stéphane, qu’elle choisit de prénommer ici, comme son propre père, Georges : Guy Berger, titulaire d’un CAPES de philosophie depuis juillet 1956, et nommé alors à Bordeaux, où Hélène va poursuivre ses études d’Anglais, jusqu’à l’Agrégation, qu’elle obtient en 1959 ;

non plus que de la succession des postes d’enseignante qu’elle, Hélène, a occupés ces années 1957 à 1962 : d’abord à Sainte-Foy-la-Grande _ où sont nés successivement sa (ou plutôt leur) fille Anne-Emmanuelle (dite ici Nana), le 27 juillet 1958 ; puis son (ou plutôt leur) fils Stéphane (dit ici Georges), le 1er mai 1959 _, jusqu’en juin 1959 ; puis à Arcachon _ et  à ce jour, j’ignore le lieu (serait-ce à Arcachon ? peut-être pas encore…) où est né Pierre-François (dit ici Pif) Berger, le 22 septembre 1961 ; cependant, la date évoquée dans le récit rédigé demeure étrangement flottante, dans le récit qu’en fait l’autrice, page 69 : « D’ailleurs, lorque l’enfant Georges _ Stéphane _ était déjà décédé et enterré dans le Cimetière juif de Saint-Eugène, mon fils continuait à m’être vivant tout le temps que la nouvelle de l’événement ne m’était pas encore parvenue, ce qui se produisit juste avant la naissance de son frère _ le petit Pierre-François _, mon fils vivant _ à cette date du 1er mai 1999, quand Pierre-François vient chez sa mère rechercher (probablement pour les papiers nécessaires à son prochain mariage) leur vieux livret de famille, en partie démembré, « déchiqueté » même, dit-elle… « Il y a quinze jours », dit ma mère, en arrivant _ d’Alger, ce mois de septembre 1961 _ juste à temps _ Ève n’est-elle pas sage-femme ? _ pour le suivant _ la naissance de Pierre-François, dans le courant du mois de septembre 1961 : le 22, si l’on veut être précis. Il y a une quinzaine de jours, dix ou quatorze, qu’importe, on est à la croisée, déjà mort toujours vivant toujours un peu moins mort que mort, mais sur le livret de famille terme conseillé : décédé. Tout de suite après la nouvelle _ du décès, à Alger, de Stéphane _, mon fils le suivant _ Pierre-François _ entre _ en inscription réglementaire officielle de naissance _ dans le petit livre déchiqueté _ le livret de famille. Mais même alors. Jusqu’à ce matin je n’ai jamais lu le livre. Je n’avais jamais lu le livre. Je n’avais jamais lu la nouvelle. Il n’y avait pas de date«  _, jusqu’en juin 1962 ; et enfin à la Faculté des Lettres et Sciences humaines de Bordeaux, où elle vient d’obtenir un poste de Maître-Assistant…

_ la plupart de ces données biographiques-ci sont issues du volume intitulé « Hélène Cixous, Photos de Racines« , paru aux Éditions des Femmes au mois de juin 1994, sous les signatures conjointes de Mireille Calle-Gruber et Hélène Cixous ; et plus précisément, issues des pages 209 et 210 de la partie finale de l’ouvrage, intitulée « Lexique« , et rédigée par Mireille Calle-Gruber.

En ouverture, page 179, à l’intéressante partie précédente (des pages 177 à 207), intitulée, elle, « Albums et Légendes« , comportant 36 très précieuses photographies, et légendées, de la famille d’Hélène Cixous,

peut cependant se lire cette sévère phrase d’avertissement : « Toutes les biographies comme toutes les autobiographies comme tous les récits racontent une histoire à la place d’une autre histoire« .

À bon entendeur, salut !

Car ce sont les secrets de vérité les mieux enfouis et plus récalcitrants à elle-même

qui constituent le fond essentiel visé à retrouver _ en son actif et réceptif « rêvoir«  _ de la recherche enchantée éperdue, opus après opus, livre après livre, de l’inlassable infini _ « tant qu’il y aura de l’encre et du papier« , disait notre cher Montaigne _ chantier poétique à poursuivre et prolonger, toujours reprendre-préciser-approfondir, du très fécond Rêvoir _ de ce qu’offrent à re-visiter, toujours un peu plus à fond, de vivantes et mortelles vies chéries interrompues seulement physiquement ; mais les conversations avec de tels vivants bien que partis peuvent toujours se poursuivre et enrichir, grâce aux actualisations-révisions de l’infiniment précieux rêvoir… _ d’Hélène Cixous

Et cela, sur un fond général de drame historique à dimension foncière toujours d’universel. À complet contresens, donc, du moindre misérable ridiculissime narcissisme autocentré…

Les références-modèles d’Hélène en les conversations avec les éminents fantômes choisis de ses Livres, étant rien moins que ce que nous ont laissé en précieux héritage les chers et chéris Livres de conversations avec fantômes plus que vivants et essentiels d’Homère, Platon, Virgile, Dante, Montaigne, Shakespeare, Poe, Freud, Proust ou Kafka _ et désormais Derrida aussi _ : il me faudra, forcément y revenir.

À la lumineuse manière, tout spécialement, bien sûr, des conversations enchantées en sa tour (cf le minutieux passage, magnifique, de la page 116 de « Ruines bien rangées« ) du cher Montaigne, à son écritoire, en sa librairie avec poutres infiniment conversantes _ une fois l’ami La Boétie disparu _ de sa magique tour, entre terre et ciel, de Montaigne _ sur une butte entre Dordogne et Lidoire _, avec sa large vue enthousiasmante sur le plus profond et léger à la fois intense bleu du ciel, par dessus le sanglant tragique déchaîné des intestines guerres de religions contemporaines _ l’Histoire subissant aussi ses très sinistres répétitions, avait averti le bien lucide Thucydide…

Ce mardi 28 décembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un étrange film, pré-lynchien, de Nicolas Roeg, en 1973 : « Don’t look now » (« Ne vous retournez pas »), en une Venise fantomatique…

19août

Et aujourd’hui,

je suis tombé presque par hasard, sur un autre film inconnu de moi jusqu’ici :

« Don’t look now«  _ « Ne vous retournez pas«  _ de Nicolas Roeg, en 1973,

avec Donald Sutherland _ Saint-Jean (Nouveau-Brunswick, 17 juillet 1935)  _ et Julie Christie _ Chabua (Assam), 14 avril 1940 _,

deux acteurs très en vue en ces _ déshinibées et déjantées _ années 70,

tourné notamment en une bien fantomatique Venise 

_ le Mort à Venise de Visconti est sorti sur les écrans, lui, en 1971 .

Un film assez étrange

_ Nicolas Roeg (Londres, 15 août 1928 – Londres, 23 novembre 2018)

semble anticiper ici l’idiosyncrasie d’un David Lynch (Missoula, 20 janvier 1946) :

Eraserhead date de 1977, et Lost Highway de 1997…

et même plus dérangeant encore que déroutant…

Intéressant !

Ce mercredi 19 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

Musiques de joie : la merveille absolue et irrésistible des Sonatas de Manuel Blasco de Nebra, par Josep Colom

10avr

Passer de Carl Philipp Emanuel Bach

(Weimar, 8 mars 1714 – Hambourg, 14 décembre 1788)

à Manuel Blasco de Nebra

(Séville, 2 mai 1730, ou 50 ? – Séville, 12 septembre 1784)

n’a rien, musicalement, d’incongru

_ cf cet article de Pablo J. Vayon dans le Diario de Sevilla du 24 Avril 2010, en commentaire du CD Manuel Blasco de Nebra de Javier Perianes : « Más cercana a la música galante de un Carl Philipp Emanuel Bach que a la de un Scarlatti, del que sin duda toma también buena nota, las Sonatas de Blasco se dividen en dos tiempos (lento-rápido) y juegan ya con principios formales y armónicos (la tensión tónica-dominante) característicos del Clasicismo, mientras que las Pastorelas añaden un minueto como tercer movimiento. Josep Colom grabó ya una supuesta integral del compositor (Etnos) y recientemente, después de trabajos con instrumentos antiguos de Tony Millán (Almaviva) y Carole Cerasi (Metronome), Pedro Casals (Naxos) y el sevillano Pedro Piquero (Columna Música) han iniciado otras integrales« … _ ;

non plus que d’associer la musique de ses Sonatas (en 2 mouvements)

à celles des 555 Sonatas (en 2 mouvements, elles aussi) de son contemporain, aussi, mais en Espagne, lui,

Domenico Scarlatti

(Naples, 26 octobre 1685 – Madrid, 23 juillet 1757).

Manuel Blaso de Nebra : un Domenico Scarlatti un peu pacifié…

Il se trouve que ma découverte sur mon auto-radio un matin que je me rendais à mon travail, en 1995,

de cette musique absolument fascinante,

étrange

et singulière aussi _ de quel compositeur pouvait-elle bien être le fruit, me demandais-je, en conduisant en l’écoutant se dérouler : Scarlatti ? Boccherini ? CPE Bach ? Haydn ? Mozart ? Mendelssohn ?.. Non, c’était encore tout autre chose !.. _ ;

d’autant que je n’ai pas réussi à bien saisir, non plus, le nom de son auteur,

mentionné rapidement à la fin du morceau par le présentateur de l’émission de France-Musique

_ en tout cas pas un compositeur connu de moi jusqu’alors… ; et probablement un espagnol, m’a-t-il semblé aux sonorités entr’aperçues… _,

m’a conduit,

encore fasciné et très intrigué par cette si étrangement belle musique,

une fois de retour chez moi,

à rechercher quelle avait été la programmation de ce matin-là sur France-Musique ;

et c’est alors que j’ai découvert ce nom de Manuel Blasco de Nebra ;

ainsi que le nom de son merveilleux interprète,

sur ce CD Mandala 4847 (distribué par Harmonia Mundi) :

le pianiste catalan Josep Colom

_ Josep Colom est né à Barcelone le 11 janvier 1847, et il a 73 ans ; Josep Colom est aussi le plus bel interprète, avec Federico Mompou en personne, de l’œuvre si extraordinaire de Mompou (Barcelone, 16 avril 1893 – Barcelone, 30 juin 1987) : cf le coffret Mandala de 4 CDs Monpou L’Œuvre pour piano par Josep Colom… Et écoutez s’il vous plaît sa Musica callada

Et tout un chacun peut en juger sur you tube,

qui met en ligne de quoi écouter l’intégralité de ce magique CD de 6 Sonates (57′ 58) et de 2 Pastorelas (14′ 46)

de Manuel Blasco de Nebra interprétées par Josep Colom

_ et lui seul ! Nul ne l’ayant égalé !!! Et certainement pas le sur-évalué Javier Perianes, ni l’insupportable de maniérismes Arkadi Volodos…

Le rayon disques de la librairie Mollat s’est bien sûr procuré tout aussitôt, en 1995,

ce CD Mandala 4847 Manuel Blasco de Nebra Obras para tecla / Josep Colom, piano.

Et durant les longues années que ce CD a continué d’être disponible et distribué _ par Harmonia Mundi _,

la Librairie Mollat a été le meilleur vendeur en France de ce magique CD :

car dès que ce CD magique passait sur la platine du magasin,

nul auditeur ne pouvait lui résister, et le commandait illico presto !

Une musique de pleine joie !!!

Un pur enchantement  !

Ce vendredi 10 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’entretien d’Hélène Cixous avec Francis Lippa : « podcast de la semaine », après « vidéo de la semaine » précédente

14juin

Double récompense

sur le site de la librairie Mollat

pour l’entretien du jeudi 23 mai dernier, à la Station Ausone,

d’Hélène Cixous avec Francis Lippa,

à propos du magnifique 1938, nuits, aux Éditions Galilée, d’Hèléne Cixous.

Ce vendredi 14 juin, en effet,

au podcast de cet entretien

est décerné le label « podcast de la semaine » de la librairie ;

alors que le vendredi 7 juin à la vidéo de cet entretien

avait été décerné le label de « vidéo de la semaine« 

de cette même librairie Mollat.

Assez étrangement,

l’impression ressentie au visionnage de la vidéo 

diffère de l’impression ressentie à l’audition du podcast.

Voici ce qu’avant hier j’écrivais de mes impressions là-dessus à un ami,

en accompagnement d’un lien à cette vidéo :

La vidéo de mon entretien avec Hélène Cixous chez Mollat est parue ;


et étrangement, à ma grande surprise _ tant je préfère le pouvoir de la voix à celui de l’image _, cette vidéo apporte (et découvre) beaucoup par rapport au podcast :
probablement du fait d’une certaine théatralité _ dénuée de toute ostentation : elle lui échappe plutôt ; et est absolument « naturelle«  ! et splendidement éloquente… _
d’Hélène Cixous
en ce qui vient sourdre d’elle dans l’entretien
à partir de pertinentes questions ;
théâtralité soft et en rien exhibitionniste, chez elle,
que l’on peut ressentir déjà à l’écoute, dans les inflexions et les rythmes naturels _ extraordinaires ! _ de sa voix,
mais qui devient ici absolument visible _ aussi _, patent _ fulgurant même _, à l’image.
J’en suis le premier tout étonné…
Bien sûr le visionnage _ mais c’est déjà le cas de l’audition _ requiert un temps dont on ne dispose pas forcément
dans le monde hyper-bousculé et sur-occupé d’aujourd’hui,
du fait des conditions de travail _ pressurisé _ de la plupart…
Mais qui sait ? L’expérience en est assez significative.
Ce cas d’Hélène Cixous est en tout cas bien intéressant…
De même que son œuvre _ magistrale.
J’espère qu’un jour, après Osnabrück, elle s’intéressera aussi à Dresde,
où sa grand-mère a peut-être _ même si elle en disconvient au micro quand je le lui demande _ passé les années d’Hitler au pouvoir, de 1933 à 1938 ;
même si il est plus commode pour l’auteure du livre qu’elle est peut-être d’abord ici
de mettre en avant le théâtre et l’image de la cité d’Osnabrück _ plutôt que Dresde ;
qui a aussi sa part, passablement chargée, au sein de l’Histoire allemande sous Hitler.
Car c’est bien à Dresde que sa fille Ève était venue pour la dernière fois rendre visite en Allemagne à sa mère Rosie, peut-être en 1934…
Et pas à Osnabrück…
Et il est peu probable que le consul de France à Dresde, en 1938, ait pris la peine d’écrire à Osnabrück, et tout spécialement à Rosie Klein,
pour lui conseiller de fuir au plus vite l’Allemagne après la Kristallnacht, grâce à son passeport français…
Il me semble par conséquent que c’est plutôt à Dresde que ce contact _ et amical conseil _ consulaire a eu lieu…
Les deux villes sont toutes deux très emblématiques _ cf la Dresde au quotidien des jours du nazisme, de Victor Klemperer en son extraordinaire Journal: un témoignage absolument indispensable ! _,
mais pas pour les mêmes raisons.
Mais il faut aussi souligner que l’écriture d’Hélène Cixous, en ce 1938, nuits, est d’abord de l’ordre de la littérature ;
et pas de l’ordre de l’enquête historique…
D’ailleurs, au cours de l’entretien,
l’auteure nous prévient elle-même de ne pas prendre nécessairement pour vérité de fait sa présentation dans 1938, nuits, du document de Siegfried-Fred Katzmann _ qu’elle aurait peut-être, affirme-t-elle non sans humour, inventé… _ ;
alors que ce document de Fred Katzmann est accessible _ et de son initiative _ sur le web…
Même si Hélène Cixous met aussi en relief la nécessité pour son récit _ de littérature d’absolue liberté… _ de disposer d’un fond historique _ de grande dimension en son fond tragique _ de vérité.
Ce vendredi 14 juin 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’affaire « Tante Bibi », suite : l’hypothèse « Mademoiselle Bibal » résiste, et se renforce de l’initiale « B. » de son prénom…

08juin

Ce jour,

voici que je découvre un nouveau document passionnant

pour mon enquête d’identification de qui est qui

en les familles Bibal-Gaudin-Courteault, de Saint-Jean-de-Luz,

du vivant de Maurice Ravel (Ciboure, 7 mars 1875 – Paris, 28 décembre 1937).

Il s’agit cette fois du faire-part de décès de Monsieur Edmond Gaudin,

décédé chez lui à Saint-Jean-de-Luz _ 41 rue Gambetta, la Grand’ Rue _ le 28 décembre 1920, en sa 77éme année

_ Edmond Gaudin était né à Saint-Jean-de-Luz le 17 novembre 1844, fils cadet de Martin Gaudin, tonnelier (Ciboure, le 9 octobre 1788 – Saint-Jean-de-Luz, le 22 avril 1864, Grand’ Rue, N° 4) et Catherine Goyetche, marchande (Saint-Jean-de Luz, le 13 août 1799 – Saint-Jean-de-Luz, le 24 juin 1875, Rue Neuve, N° 8), qui s’étaient mariés à Saint-Jean-de-Luz le 26 janvier 1831,

et époux, à Saint-Jean-de Luz, le 27 janvier 1875, d’Annette Bibal (Saint-Jean-de-Luz, née le 28 avril 1845, et fille de Pierre Bibal, maître au cabotage (Saint-Jean-de-Luz, 5 septembre 1806 – Saint-Jean-de-Luz, 12 septembre 1855) et Victoire Dupous (Saint-Jean-de-Luz, 9 juin 1822 – Saint-Jean-de-Luz, 16 décembre 1903), qui s’étaient mariés à Saint-Jean-de-Luz le 26 avril 1843 ; Annette Bibal-Gaudin décèdera à Saint-Jean-de-Luz, quelques jours avant le 23 novembre 1936 : le 21 novembre 1843) ;

vraisemblablement miné par le décès, tués ensemble, le jour même de leur arrivée sur le front,

à  Oulches-Hurtebise

_ sur le chemin des Dames, près de Craonne, dans l’Aisne _

le 12 novembre 1914,

de ses deux derniers fils

_ Charles, l’aîné de la fratrie des sept enfants Gaudin-Bibal, né à Saint-Jean-de-Luz le 19 novembre 1875, est décédé, disparu, à Bimbo, dans le fleuve Congo, le 12 septembre 1910, à l’âge de 34 ans ; et Louis, le benjamin de la fratrie, né à Saint-Jean-de-Luz le 23 février 1886, est décédé de maladie le 2 novembre 1899, à l’âge de 13 ans _

Pierre (né à Saint-Jean-de-Luz le 7 février 1878) et Pascal Gaudin (né à Saint-Jean-de-Luz le 31 mars 1883),

âgés de 36 et 31 ans.

Voici ce faire-part

_ passionnant pour notre questionnement

à propos de l’identité précise des divers membres de la famille Bibal-Gaudin _ :

Madame Edmond GAUDIN ;

Mademoiselle Marie GAUDIN, Monsieur Henri COURTEAULT, Conservateur adjoint aux Archives Nationales, et Madame Henri COURTEAULT, Madame Charles GAUDIN ;

Monsieur Edmond GAUDIN, Monsieur Pierre COURTEAULT, Mademoiselle Anne-Marie COURTEAULT ;

Madame Charles GAUDIN, Mademoiselle B. BIBAL, Madame Pascal BIBAL ;

Monsieur et Madame Paul GAUDIN, Mademoiselle Marie GAUDIN, Monsieur Eugène GAUDIN, Monsieur l’Abbé Jean GAUDIN, Monsieur et Madame Marcel GAUDIN et leurs enfants, Mademoiselle Thérèse GAUDIN, Monsieur Henri GAUDIN, Monsieur et Madame François BIBAL, Mesdemoiselles Marie et Elise BIBAL, Monsieur et Madame Grégoire BIBAL, Monsieur Joseph BIBAL ;

Les familles LABORDE, DUPOUY, BORDES, AGUEREGARAY, DOUGIER et MANES ;

Ont l’honneur de vous faire-part de la perte douloureuse qu’ils viennent d’éprouver en la personne de

Monsieur Edmond GAUDIN,

leur époux, père, beau-père, grand-père, beau-frère, oncle, grand-oncle, cousin et petit-cousin décédé le 20 décembre 1920, en son domicile, à Saint-Jean-de-Luz, rue Gambetta N° 41, dans sa 77e année, muni des Sacrements de l’Eglise.

PRIEZ POUR LUI !

Saint-Jean-de-Luz, 41 rue Gambetta,

Paris, 7 rue Denis-Poisson 

Qui donc est qui ?

Attelons-nous à la tâche de l’explicitation,

qui va nous réserver quelques surprises et découvertes !


Madame Edmond GAUDIN

est _ comme il est explicité au déroulé du bas du faire-part _ l’épouse du défunt, et donc sa veuve :

Annette Bibal, née à Saint-Jean-de-Luz le 28 avril 1845, fille de Pierre Bibal, maître au cabotage (né à Saint-Jean-de Luz le 5 septembre 1806 et qui y est décédé le 12 septembre 1855, Grand’ Rue N° 20) et de Victoire Dupous, àgée de 52 ans à la date du mariage de sa fille Annette avec Saint-Martin Edmond Gaudin, le 30 septembre 1874, à Saint-Jean-de-Luz ; Victoire Dupous est née à Saint-Jean-de-Luz le 9 juin 1822 _ décédée à Saint-Jean-de-Luz le 16 décembre 1903. Annette Bibal-Gaudin décèdera à Saint-Jean-de-Luz au mois de novembre 1936 _ à ce jour, je dispose seulement de l’avis de Remerciements de sa famille, daté du lundi 23 novembre 1936, consécutif à ses obsèques ; cf mon article du 1er juin : … ;

Les trois suivants sur le faire-part du décès d’Edmond GAUDIN, sont ses deux filles et sa belle-fille : sa fille désormais aînée, Marie-Bernardine, dite Marie ; sa fille cadette Marie-Dorothée-Jeanne, dite Jane, précédée sur le faire-part, comme il convient, de son époux, Henri Courteault ;  ainsi que sa belle-fille, Magdeleine Hiriart-Gaudin, veuve de son fils aîné Martin-Marie-Charles, dit Charles, disparu, lui, dans le fleuve Congo le 13 septembre 1910 :

Mademoiselle Marie GAUDIN,

la fille désormais aînée du défunt, est née à Saint-Jean-de-Luz le 3 mars 1879 ; et, demeurée célibataire, elle y décèdera le 8 décembre 1976, à l’âge de 97 ans ;

Marie Bernardine Gaudin est la grande amie _ de toute leur vie _ de Ravel à Saint-Jean-de-Luz, et celle qui participe à la réception et au logement chez les Gaudin au 41 rue Gambetta, dès leur enfance-jeunesse _ nous possédons fort peu de renseignements documentés sur les possibles voire probables venues de Maurice Ravel enfant (et de sa famille) à Saint-Jean-de-Luz (et Ciboure ?) avant 1900, année des 25 ans de  Maurice Ravel : telles quelques anecdotes rapportées par divers membres de la famille Gaudin, dont celle à propos de son « jeu de chat« , encore enfant, sur le piano, moqué par sa chère vieille grand-tante Gachucha Billac, la gouvernante impérieuse et adorée des enfants Gaudin ; et cela jusqu’au petit-fils (fils de Charles et et neveu des autres enfants Gaudin) Edmond Gaudin, né le 30 juin 1903, sur les économies duquel Gachucha veillait affectueusement _ et jusqu’à la mi-1924 ; puis à la Villa Mirentchu, ensuite, quand celles qui restaient de la maisonnée Gaudin (Annette Bibal-Gaudin, sa fille Marie Gaudin, sa petite-fille Anne-Marie, dite Annie, Courteault _ qui a vécu là, à Saint-Jean-de-Luz, avec sa grand-mère Annette et sa tante Marie : elle suivait sa scolarité au Cours Sainte-Odile _, ainsi que la « tante Bibi » _ ne l’oublions pas ! _), changèrent de domicile _ entre le 21 juin et le 5 août 1924 : au cours du mois de juillet probablement…

En l’absence de correspondance à ce jour connue du jeune Maurice Ravel avec les membres de la famille Gaudin _ la jeune Jane et la jeune Marie : ce sont elles ses correspondantes luziennes _ antérieure au mois d’août 1901, nous demeurons dépourvus de documents tangibles concernant de possibles _ voire probables _ séjours de Maurice Ravel, avec ou sans d’autres membres _ sa mère, son frère _ de sa famille, au Pays basque, à Saint-Jean-de-Luz _ et Ciboure ? _, en son enfance et sa prime jeunesse _ en 1901, Maurice Ravel a déjà eu 26 ans le 7 mars ; il n’est certes plus un enfant au piano… _ :

est-ce par sa « chère » marraine et grand-tante Gachucha Billac _ sœur de sa grand-mère Sabine Delouart, décédée, elle, à Ciboure le 22 décembre 1874, peu de temps avant sa propre naissance à Ciboure le 7 mars 1875 _, qui était gouvernante dans la maison Gaudin du 41 rue Gambetta à Saint-Jean-de-Luz, que Maurice Ravel fut accueilli et reçu, là, par la famille Gaudin ? _ lui qui ne disposait d’aucun lieu appartenant à sa famille directe où pouvoir aller résider commodément à Ciboure… La commodité d’hébergement à Saint-Jean-de-Luz, ce sera la maison des Gaudin ; leur hospitalité…

On sait _ par lettres conservées et accessibles (in l’indispensable monumentale Intégrale de la Correspondance de Maurice Ravel publiée par Manuel Cornejo), mais aussi par photos ! Et Étienne Rousseau-Plotto nous offre plusieurs de bien intéressantes photos à examiner de près en son précieux Maurice Ravel _ Portraits basques _ que Maurice Ravel séjourna chez les Gaudin, au 41 de la rue Gambetta, à diverses reprises avant la Grande Guerre : en 1901, 1902 et en 1914, par exemple. Mais possiblement _ ou vraisemblablement _ aussi auparavant… Et là les documents d’appui _ pour le moment _ font défaut ; manquent !

Monsieur Henri COURTEAULT, Conservateur adjoint aux Archives Nationales,

est, lui, l’époux, le 22 avril 1908, à, Saint-Jean de-Luz, de la sœur cadette de Marie Gaudin, Jane ; et donc le gendre _ unique _ du défunt Edmond Gaudin ;

Henri Courteault a fait tout sa carrière aux Archives Nationales à Paris ; né à Pau le 26 août 1869, il décèdera Directeur des Archives Nationales le 2 novembre 1937, après une courte maladie, à l’âge de 68 ans, à Saint-Jean-de-Luz ;

et Madame Henri COURTEAULT,

est Marie-Dorothée-Jeanne Gaudin-Courteault, dite Jane, la fille cadette du défunt : née à Saint-Jean-de-Luz le 16 octobre 1880, mariée à Henri Courteault le 22 avril 1908 à Saint-Jean-de-Luz, c’est à Saint-Jean-de-Luz aussi qu’elle décèdera, veuve depuis le 2 novembre 1937, le 28 mars 1979, à l’âge de 98 ans ;

Madame Charles GAUDIN

est Magdeleine Hiriart-Gaudin (née à Saint-Jean-de-Luz, le 11 mars 1875, elle y décède le 15 juin 1968, à l’âge de 93 ans) _ elle est une des deux filles (l’autre, Marie, demeurera célibataire) de Dominique Hiriart et de son épouse Marie-Anne Imatz ; cf mon article du 26 mai dernier : _,

la belle-fille du défunt en tant qu’épouse, et veuve, de son fils aîné Charles Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 19 novembre 1875 – fleuve Congo, 13 septembre 1910) ;

et c’est par elle, en tant que fille de Dominique Hiriart, petite-fille de Marie Etcheverry-Hiriart et arrière-petite-fille de Marie-Baptiste Delouart-Etcheverry _ cf mes articles précédents, et en particulier, j’y insiste, celui du 26 mai dernier : _, que la branche de la famille Gaudin issue d’elle, via le fils unique de Magdeleine et de Charles, Edmond Gaudin (né à Saint-Jean-de-Luz le 30 mai 1903, il y décède le 28 décembre 1988), est parente, cousine, avec Maurice Ravel-Delouart…

Magdeleine Hiriart-Gaudin est en effet le maillon crucial de ce cousinage des Gaudin et Lenoir d’aujourd’hui, à Saint-Jean-de-Luz, avec le cibourien Maurice Ravel-Delouart ! _ cf aussi mon article du 12 avril dernier :

Monsieur Edmond GAUDIN, Monsieur Pierre COURTEAULT, Mademoiselle Anne-Marie COURTEAULT,

les trois suivants sur le faire-part du décés, le 28 décembre 1920, de Monsieur Edmond Gaudin,

sont les trois petits-enfants, Gaudin et Courteault, du défunt :

Edmond GAUDIN

né à Saint-Jean-de-Luz le 30 mai 1903 (il y décèdera le 28 décembre 1988, à l’âge de 85 ans)

est le premier petit-fils de l’Edmond Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 17 novembre 1844 – Saint-Jean-de-Luz, 28 décembre 1920) qui vient tout juste de décéder, en sa 77 éme année ;

Cet Edmond Gaudin-ci _ qui a alors 17 ans _ est le fils _ unique _ du fils aîné du défunt, Martin-Marie-Charles Gaudin, dit Charles (Saint-Jean-de-Luz, 19 novembre 1875 – fleuve Congo, 13 septembre 1910), et de la bru du défunt, Magdeleine Hiriart-Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 11 mars 1875 – Saint-Jean-de-Luz, 15 juin 1968), la cousine au troisième degré de Maurice Ravel ;

sur ce cousinage des Hiriart-Gaudin avec les Ravel-Delouart, cf les deux seules lettres, ou cartes postales _ et ce fait interroge ! _ connues et publiées à ce jour _ que sont devenues les autres ? _ qui aient été échangées par ces deux cousins, Magdeleine et Maurice (datées des 8 octobre 1910 et 24 novembre 1914, aux pages 246 et 403 de la très précieuse Intégrale de la Correspondance de Maurice Ravel éditée par Manuel Cornejo) ;

le mystère demeurant _ cf mon article du 28 mai dernier : _ sur la rupture tant mémorielle que documentaire _ apparemment du moins : pour ce qui est publié et à ce jour accessible de la correspondance, si elle n’a pas été détruite… _ sur ce cousinage ravelien des présents descendants Gaudin et Lenoir des Hiriart-Gaudin, via les personnes de Magdeleine Hiriart-Gaudin _ leur grand-mère et arrière-grand-mère _ et de son fils Edmond Gaudin _ leur père et grand-père _ ;

qui se sont

ou bien tus _ quel étrange silence ! à quel(s) événement(s) pourrait-ce donc être dû ? _ comme dans la cas de Magdeleine, pourtant une conteuse volubile et ouverte et charmante auprès de ses petits-enfants, Charles-Paul Gaudin (1938 – 2006) et Maylen Gaudin-Lenoir ;

ou bien ont minimisé (au point d’en carrément nier _ même si ce fut en douceur… _ l’effectivité) un tel cousinage de Maurice Ravel avec eux,

ramenant les expressions de « Ma chère cousine« , de Maurice à Magdeleine, le 8 octobre 1910, et de « Mon cher Maurice » et « Votre cousine« , de Magdeleine à Maurice, le 24 novembre 1914, à de simples marques d’affection dépourvues de réalité effective…

Pareille rupture-coupure tant mémorielle que documentaire fait donc question : on peut légitimement s’interroger sur ce que furent les rapports entre Magdeleine Hiriart-Gaudin et son cousin au troisième degré Maurice Ravel, lors des venues et séjours de celui-ci à Saint-Jean-de-Luz, étant donné que le 34 rue Gambetta du domicile des Hiriart _ Maurice Ravel ne manquant pas de prier « sa cousine«  Magdeleine d’adresser aussi à ses parents, Dominique et Marie-Anne Hiriart, ainsi qu’à sa sœur, Marie Hiriart, ses « sentiments bien affectueux« , en sa lettre de condoléances du 8 octobre 1910, pour la cruelle perte de son époux (et leur gendre, et beau-frère) Charles Gaudin : « Nous sommes tous (sic) bien avec vous, de tout cœur, en cet affreux moment. Nous sommes vraiment affectés de la perte de ce bon Charles, qui nous était si sympathique « … ; et je remarque ici, au passage, tout ce qu’implique cette affirmation des liens effectifs de connnaissance des Ravel-Delouart et des Hiriart, antérieurement à la venue attestée à Ciboure trois longs mois de l’été 1911, un an plus tard, de Maurice Ravel accompagné de sa mère Madame Ravel-Delouart et son frère Edouard Ravel… _ (et de Magdeleine Hiriart-Gaudin _ une maison dont héritera Magdeleine aux décès de ses parents Dominique Hiriart (survenu entre 1926 et 1929) et Marianne Imatz-Hiriart (décédée le 9 juillet 1932) ; là se trouvait, en effet, ce qui avait été d’abord l’atelier de menuiserie, puis le magasin de meubles, de Dominique Hiriart ; je me demande ainsi quel fut le domicile de Magdeleine Hiriart à partir de son mariage (vers 1901-1902) avec Charles Gaudin, puis à partir de son veuvage, à l’automne 1910 ? A-t-elle été domiciliée un moment, ou pas, au 41 rue Gambetta, au domicile des Bibal-Gaudin ? Voire, à partir de juillet 1924 à la Villa Mirentchu. Nous l’ignorons à ce jour ; mais probablement pas… _) est tout proche _ presque en face _ du 41 rue Gambetta ; comme, aussi, de la Villa Mirentchu, rue du Midi, les domiciles successifs _ avant et après le mois de juillet 1924 _ des Gaudin…

De même qu’il est légitime de s’interroger sur ce que furent les liens d’amitié _ bien réels, madame Gaudin-Lenoir le confirme _ entre Maurice Ravel (né en 1875) et son petit-cousin Edmond Gaudin (né en 1903), en sachant que cet Edmond Gaudin-ci posséda très tôt une automobile, avec laquelle il emmena se promener son cousin Maurice par tout le Pays basque _ Labourd, Guipuzcoa, Navarre _ au cours des séjours luziens de celui-ci _ Maurice loge alors rue Tourasse (chez Madame Galichet), où il dispose d’un piano qui lui permet de composer sereinement ; et il vient déjeuner à la Villa Mirentchu, toute proche _ à partir de l’été 1927 _ Madame Maylen Gaudin-Lenoir me le détaille très aimablement ; cf aussi la remarque rapide et précieuse d’Étienne Rousseau-Plotto à la page 205 de son Maurice Ravel _ Portraits basques ;  _ et au début des années 30. On sait aussi _ la fille d’Edmond Gaudin, Madame Lenoir, met l’accent là-dessus _ qu’Edmond Gaudin fut un des tous premiers, sinon le premier même, à s’apercevoir des prémices des troubles neurologiques de Maurice Ravel, l’été 1932, lors de baignades sur la plage de Saint-Jean-de-Luz – Donibane, ou de corridas à Bayonne et à Saint-Sébastien – Donostia : ne plus savoir nager ; ne plus pouvoir prononcer certains mots ; ne plus pouvoir correctement orthographier ou même écrire, à certains moments, même si encore passagers alors…

Pierre COURTEAULT

né à Paris le 21 avril 1910 (il décèdera à Ascain le 15 décembre 2006, à l’âge de 96 ans)

est, après son cousin Edmond Gaudin, le second _ un premier fils était né à ses parents, Henri Courteault et Jane Gaudin-Courteault, en 1909, à Saint-Jean-de-Luz, mais il est décédé à l’âge de trois jours… _ des trois petits-enfants d’Edmond Gaudin qui vient de décéder ; il est le fils de l’archiviste Henri Courteault et son épouse Jane Gaudin-Courteault. Il a 10 ans ce 28 décembre 1910.

Anne-Marie, dite Annie, COURTEAULT

née à Paris le 26 septembre 1913, est la troisième et dernière des trois-petit-enfants d’Edmond Gaudin ;

elle est la fille de Henri Courteault et son épouse Jane Gaudin ;

dite Annie dans la famille, et alors que ses parents vivent à Paris, la petite Annie, peut-être à la suite du décès de son grand-père Edmond Gaudin et du sentiment de solitude dépressive affectant sa grand-mère Annette Bibal-Gaudin _ qui souffrait aussi d’asthme _, va demeurer à Saint-Jean-de-Luz auprès de sa grand-mère Annette et de sa tante Marie Gaudin (ainsi que de la « Tante Bibi« ) ; elle y poursuivra sa scolarité au Cours Sainte-Odile _ je note qu’Annie Courteault participe aux fêtes de fin d’année scolaire de cette institution données à la Pergola en 1929 et en 1930 ; Annie aura alors 15 et 16 ans. Ce 28 décembre 1920, elle a 7 ans.

Maurice Ravel aura beaucoup d’affection pour la petite Annie, et ne manquera pas de lui adresser des cadeaux à l’occasion de chaque Noël et nouvelle année ; ainsi que de lui adresser à l’occasion des cartes postales lors de ses voyages à l’étranger _ notamment aux États-Unis, en 1928. Annie épousera Edouard Vidal à Neuilly-sur-Seine le 2 mai 1947 ; et décèdera à Saint-Jean-de-Luz le 21 août 1994, à l’âge de 80 ans _ je remarque aussi, au passage, que reposent réunies dans le même caveau du cimetière d’Aïce Errota, à Saint-Jean-de-Luz, Marie Gaudin, sa sœur Jane, sa nièce Annie, et le mari ce celle-ci, Edouard Vidal (décédé, lui, le 19 juin 1999). 

Madame Charles GAUDIN, Mademoiselle B. BIBAL, Madame Pascal BIBAL ;

les trois suivants sur le faire-part du décés, le 28 décembre 1920, de Monsieur Edmond Gaudin,

sont les trois belles-sœurs du défunt :

Madame Charles GAUDIN

est Jeanne-Marie-Françoise-Louise (dite Louisa) Schlaegel, née à Hasparren le 28 janvier 1850 _ où ses obsèques auront lieu le 19 août 1929 ; elle avait 79 ans _elle est l’épouse, et veuve _ depuis pas mal de temps déjà : Charles Gaudin serait décédé vers 1902 : le 9 novembre 1897 (ai-je appris le 2 avril 2021) _, de Charles Gaudin, né à Saint-Jean-de-Luz le  septembre 1843, le frère aîné du défunt, et donc une des belles-sœurs, côté Gaudin, du défunt. Et réputée bonne pianiste _ confirmation familiale de ce 2 avril 2021.

Mademoiselle B. BIBAL,

est elle aussi _ surtout ainsi placée sur le faire-part _ une belle-sœur du défunt, Edmond Gaudin, mais cette fois côté Bibal. Elle est _ forcément, et en tant que belle-sœur, et en tant que que Bibal _ une sœur demeurée célibataire (« Mademoiselle« ) d’Annette Bibal _ j’ai déjà eu l’occasion (en mon article du 1er juin : ) de constater les très nombreux décès soit en bas âge, soit assez jeunes, des enfants du couple formé par Pierre Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 5 septembre 1806 – Saint-Jean-de-Luz, 12 septembre 1855) et son épouse Victoire Dupous (Saint-Jean-de-Luz, 9 juin 1822 – Saint-Jean-de-Luz, 16 décembre 1903) dont le mariage a eu lieu à Saint-Jean-de-Luz le 26 avril 1843. Entre ce mariage du 26 avril 1843 et le décès de Pierre Bibal, le 12 septembre 1855, sur au moins 8 enfants (dont j’ai pu relever les noms sur des actes de décès, délivrés à Saint-Jean-de-Luz) qui naquirent à Pierre Bibal et Victoire Dupous : Jean-Baptiste, l’aîné (en 1844), Annette, la seconde (en 1845), Pascal, le troisième (en 1847), Marie (en 1847 ou 48), Léon (en 1849), Justine (en 1850), Marie (en 1852) et Marie-Martine (en 1853), seule demeure encore vivante ce 28 décembre 1920 parmi cette fratrie des 8 dont j’ai pu jusqu’ici constater l’existence, Annette Bibal (née le 28 avril 1845), l’épouse et veuve du défunt Edmond Gaudin. Les 7 autres enfants Bibal dont j’ai pu relever les noms sont en effet tous déjà décédés à cette date du 28 décembre 1920 : Jean-Baptiste, matelot (décédé à Rochefort, le 18 février 1871), Pascal, artiste peintre éminent (son épouse Dorotea de Iburuzqueta-Gaudin étant ici déclarée veuve : à quelle date ? et où ? nous l’ignorons. Ce qui est assez intriguant pour un artiste important !), Marie (décédée le 13 mars 1849), Léon, peintre décorateur (décédé le 28 avril 1884), Justine (décédée le 31 mars 1854), Marie (décédée le 13 mars 1855) et Marie-Martine (décédée, célibataire, le 15 octobre 1870). Reste donc cette demoiselle B. Bibal, dont est difficile de situer l’année de naissance (restant aussi l’éventualité d’une naissance gémellaire !) Les créneaux de grossesse possible pour sa mère (et de naissance pour cette B. Bibal) se restreignent aux années 1846, 48, 51, 54 et 1855… Mes recherches sont demeurées vaines jusqu’ici ; mais je vais bientôt en avoir la solution. J’ignore, surtout, pour quelles raisons c’est seulement avec l’initiale B., et pas avec son prénom complet (!), que cette demoiselle B. Bibal figure ainsi en ce faire-part : qu’avait-elle donc d’un peu singulier ?..

En tout cas, cette « Mademoiselle B. Bibal » représente la toute première option pour identifier la fameuse « Tante Bibi » des lettres (du 20 octobre 1921, 15 août 1930 et  3 janvier 1933) de Maurice Ravel à son amie Marie Gaudin cf là-dessus mon article du 1er juin :  Mais je me souviens aussi que que dans sa lettre du 20 octobre 1921 à Marie Gaudin, Maurice Ravel se demandait si « Tante Bibi » « se prêterait » d’assez bonne grâce, ou pas, à se laisser embrasser : qu’est-ce qui pouvait donc en elle faire difficulté ? De même, elle semble avoir l’habitude de s’habiller en noir…

Mais voici qu’avec ce faire-part de décès de décembre 1920 viennent peut-être d’apparaître quelques concurrentes « Demoiselles Bibal » pour mon identification de « Tante Bibi » ! La plausibilité de justesse de mon hypothèse du 1er juin n’équivalant pas tout à fait à la certitude absolue et définitive de sa vérité… Il va nous falloir examiner _ un peu plus bas, et de près _ cette nouvelle situation.

Madame Pascal BIBAL,

la troisième des belle-sœurs du défunt Edmond Gaudin, et à nouveau côté Bibal, est l’épouse, et veuve, de Pascal Bibal, le frère d’Annette Bibal-Gaudin, peintre important, né en 1846 ou 47 _ sans plus de précision ! et dont on apprend ici, au moins (c’est déjà ça !), qu’il est déjà décédé au mois de décembre 1920 ; mais sans davantage de précision non plus : pourquoi ce qui pourrait bien s’apparenter à mes yeux à une sorte de black-out ? Il y a là comme une étrangeté qui soulève la curiosité… Mais il est déjà décédé en 1910., nous allons bientôt l’apprendre… Les toiles de Pascal Bibal sont, elles, bien connues ! Et de valeur ! _,

soit Dorotea de Iburuzqueta, née à Zarautz (Guipuzcoa) en 1855, qui a épousé Pascal Bibal religieusement à Zarautz le 23 janvier 1877, puis civilement à Saint-Jean-de-Luz le 13 juillet 1878 ; leur fils (et futur peintre important lui aussi, François-Ignace Bibal, est né à Saint-Jean-de-Luz le 17 septembre 1878 _ une rue du quartier Urdazuri porte son nom. Données intéressantes.

Pascal Bibal et son épouse Dorotea ont eu _ nous l’apprenons précisément ici même par ce faire-part de décès (de décembre 1920) de leur père et beau-père, Edmond Gaudin _ au moins 5 enfants, neveux et nièces du défunt Edmond Gaudin : François-Ignace _ cela est pleinement avéré ; cf aussi son livret militaire _, Marie, Élise _ c’est plus que vraisemblable du fait de leur position en ce faire-part : entre les deux frères François-Ignace et Grégoire Bibal... _Grégoire _ cela est avéré déjà par son livret militaire _, ainsi, aussi, que Joseph Bibal _ ce dernier point vient d’être confirmé par l’attestation de l’association de Joseph Bibal avec son frère Grégoire (et leur ami architecte Eduardo Albarran), à La Havane au début des années 30, en la « Compania Albarran y Bibal SA » (cf aussi Los Propietarios de Cuba 1958, de Guillermo Jimenez Soler, en 2006) ;

à la différence du cas, plus loin, des enfants (dont un fils prénommé Jacques) du neveu du défunt et de son épouse, Monsieur et Madame Marcel Gaudin, auxquels enfants un sort très rapide et global est fait, avec l’expression non détaillée « et leurs enfants« , (mais ces enfants-là ne sont, après tout, que des petit-neveux, et non des neveux du défunt, Edmond Gaudin,

le cas des enfants de Pascal Bibal et son épouse Dorotea, lui, est donc soigneusement détaillé en ce faire-part : François-Ignace, Marie, Élise, Grégoire, et enfin Joseph ;

Joseph Bibal qui est donc bien, lui aussi, un neveu du défunt, et pas un petit-neveu, de la génération suivante…

Ce sont là des exemples de ce que l’on peut apprendre par déductions d’un document tel qu’un tel faire-part de décès…

Il est maintenant avéré que divers membres de la famille de Pascal Bibal, sinon lui-même et son épouse (?) _ celle-ci, native de Zarautz (Guipuzscoa), a aussi vécu un temps à Bilbao (Biscaye) _ ont séjourné au moins un certain temps à Cuba, comme l’attestent les documents militaires mentionnant la présence à La Havane, en 1905, de François-Ignace Bibal ; et celle, à La Havane aussi, de son frère Grégoire Bibal en  1930, 1931 et 1932, pour ce qui concerne au moins ces documents militaires…

Monsieur et Madame Paul GAUDIN, Mademoiselle Marie GAUDIN, Monsieur Eugène GAUDIN, Monsieur l’Abbé Jean GAUDIN, Monsieur et Madame Marcel GAUDIN et leurs enfants, Mademoiselle Thérèse GAUDIN, Monsieur Henri GAUDIN, Monsieur et Madame François BIBAL, Mesdemoiselles Marie et Elise BIBAL, Monsieur et Madame Grégoire BIBAL, Monsieur Joseph BIBAL ;

Il s’agit ici des neveux et petits-neveux, côté Gaudin comme côté Bibal, du défunt Edmond Gaudin _ et à mon avis, les cousins et petits-cousins annoncés en suivant, concernent plutôt des membres des familles citées ensuite ; dont j’ai, d’ailleurs, du mal à découvrir les apparentements…

Côté Gaudin,

il s’agit des enfants et petits enfants du frère aîné d’Edmond Gaudin, Charles Gaudinné à Saint-Jean-de-Luz le 12 septembre 1843, et décédé à Saint-Jean-de-Luz le 9 novembre 1897et de son épouse Louisa Schlægel, née à Hasparren le 28 janvier 1850 _ ils se sont mariés à Hasparren le 30 septembre 1874 ; et Louisa Schlægel-Gaudin, qui décèdera au mois d’août 1929, à l’âge de 79 ans, sera enterrée à Hasparren. Cependant l’avis d’obsèques de Louisa Schlægel-Gaudin, publié dans la gazette locale, en 1929, sera, constatons-le, bien succinct, se bornant à mentionner, sans autres précisions, les « familles Schlægel et Gaudin« … Qu’en déduire ? Un relâchement un peu sévère des liens familiaux des Gaudin postérieur à 1920 ? et au décès des deux frères Gaudin, Charles et Edmond ?.. C’est fort possible. Les obsèques de Louisa Schlaegel, veuve de Charles Gaudin, auront lieu à Hasparren le 19 août 1929.

Soient :

Paul GAUDIN,

Marie-Justin-Paul, dit Paul Gaudin : né à Saint-Jean-de-Luz le 26 juillet 1875, de profession commis, et son épouse, au Mexique (à Hidalgo del Parral, État de Chihuahua), Marie Salomé Inarra _ pas de descendance _ ;

Marie GAUDIN,

Catherine-Louise-Marie, dite Marie Gaudin : née à Saint-Jean-de-Luz le 9 décembre 1877, célibataire (et qui décèdera à Saint-Jean-de-Luz le 6 avril 1945) _ excellente pianiste, elle aussi : Ravel l’a bien connue… _ ;

Eugène GAUDIN,

Jean-Marie-Eugène , dit Eugène Gaudin : né à Hasparren le 5 septembre 1880, employé, et célibataire (et qui décèdera _ tombé (ou poussé hors) d’un train _ à Magnac-sur-Touvre (en Charente), le 1er avril 1921) ;

l’Abbé Jean GAUDIN,

Charles-Marie-Jean, dit Jean Gaudin : né le 8 septembre 1882 (et qui sera curé à Bayonne en 1922) _ je n’en sais pas davantage ; si : il est décédé en 1940 _ ;

Marcel GAUDIN,

Marcel-Marie, dit Marcel Gaudin : né à Hasparren le 4 septembre 1884, de profession employé (et qui décèdera à Orthez le 24 novembre 1959), et son épouse mexicaine Maria de la Concepcion (dite Concha) Legarda ;

ainsi que leurs enfants _ Lilita (qui épousera Josh Howland) ; Charles (dit Carlitos, qui épousera Monica ?) ; et Jacques (qui épousera Simone Lasalle-Cales) _, dont leur fils Jacques Gaudin _ peut-être né à Orthez _ : tous petits-neveux du défunt ;

Thérèse GAUDIN

Marie-Thérèse, dite Thérèse Gaudin _ sur laquelle je n’ai trouvé aucun renseignement : Marie-Thérèse, dite « Thésée« , célibataire, a connu Pancho Villa au Mexique, puis s’est faite carmélite… _ ;

et Henri GAUDIN,

Xavier-Joseph-Henri, dit Henri Gaudin : né le 12 septembre 1889, de profession mécanicien, alors célibataire (et qui décèdera le 6 août 1953) _ Henri Gaudin épousera, le 6 octobre 1923 à Saint-Sébastien (Guipuzcoa) Jeanne Draper (Port-Vendres, 26 juin 1890 – Saint-Jean-de-Luz, 20 juin 1969 ; leur fille Henriette Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 9 juillet 1924 – Saint-Jean-de-Luz, 1er novembre 2009) épousera Henri Aguillon (Laruns – Les Eaux Chaudes, 30 août 1920 – Versailles, 6 août 2015), qui auront 7 enfants Aguillon : Maïté Aguillon (née en 1946 ; qui épousera Michel Richonnier (?, 1943 – Bruxelles, 25 février 2019)) ; Pierre Aguillon (qui épousera Zita Schirru) ; Paul Aguillon ; Françoise Aguillon (née le 5 mai 1952, qui épousera Bertrand de Cherisey) ; Danièle Aguillon ; Jean Aguillon (qui épousera Christine ?) ; et Catherine Aguillon (décédée en 2010) _ ;

Côté Bibal,

il s’agit des enfants _ au moins cinq avérés en ce faire-part de décès de décembre 1920 : François-Ignace, Marie, Élise, Grégoire et Joseph _ du frère cadet d’Annette Bibal-Gaudin, Pascal Bibal, né à Saint-Jean-de-Luz en 1847 _ sans plus de précision _, artiste peintre de très grande qualité _ dont j’ignore la date du décès : avant ce mois de décembre 1920, nous l’apprenons par déduction ici ; je me suis déjà exprimé plus haut sur cette étrangeté d’absence d’informations biographiques détaillées concernant un artiste de sa qualité ! pour en juger sur pièces, cf les images de tableaux de mon article du 27 mars dernier : _ et de son épouse _ ils se sont mariés religieusement à Zarautz le 23 janvier 1877 ; puis civilement à Saint-Jean-de-Luz le 13 juillet 1878 _ Dorotea de Iburuzqueta, née à Zarautz en 1855 :

Soient les neveux suivants du défunt :

François BIBAL,

né à Saint-Jean-de-Luz  le 17 septembre 1878, fils de Pascal Bibal et son épouse Dorotea de Ibuzqueta, et, comme son père Pascal Bibal, peintre tout à fait remarquable (François-Ignace-Victor Bibal, après avoir résidé _ ainsi que le révèle son livret militaire _ notamment à La Havane (en 1905), puis à Saint-Jean-de-Luz (en 1914, au 41 rue Gambetta), puis à Auch (en 1917), décèdera à Ainhoa en 1944 _ sans plus de précision ; et je trouve déjà cela plutôt étrange, à nouveau : le web est en général bien plus bavard… Non : Ignace-François-Victor Bibal est décédé en son domicile 5 Place Maréchal Foch, à Saint-Jean-de-Luz, le 26 mai 1944 _),

et son épouse, Marie-Rose _ dont j’ignore le nom de jeune fille, la date et le lieu de naissance ; je connais son prénom par la mention de celui-ci, Marie-Rose, sur sa tombe ; elle décèdera en 1963 ; car elle repose auprès de son mari François-Ignace Bibal au cimetière d’Aïce Errota à Saint-Jean-de-Luz ; on pourra se rendre compte de la qualité de l’œuvre picturale de ce dernier, en se reportant aussi aux images de tableaux de mon article du 27 mars :  Marie-Augustine Porterie, née à Auch le 22 mars 1874, est décédée en son domicile du 5 Place Maréchal Foch, à Saint-Jean-de-Luz, le 11 décembre 1962 _ ;

les sœurs Marie et Élise BIBAL,

sont _ ainsi situées dans le faire-part de décès d’Edmond Gaudin : leur oncle _ des sœurs cadettes de François-Ignace Bibal _ mais j’ignore présentement tout d’elles ; probablement leur naissance est-elle advenue entre celle de leur frère aîné François-Ignace, le 17 septembre 1878, à Saint-Jean-de-Luz, et celle de leur frère cadet, Grégoire Bibal, le 3 mai 1882, à Saint-Jean-de-Luz, lui aussi ; et peut-être à Saint-Jean-de-Luz, elles encore (et même au 41 de la rue Gambetta : la maison Dupous-Bibal-Gaudin, héritée des Benoît, boulangers plus avant dans le siècle…) ; elles aussi, Marie et Élise Bibal, étant des nièces côté Bibal du défunt, Edmond Gaudin _ ;

Grégoire BIBAL,

né le 3 mai 1882 à Saint-Jean-de-Luz, fils lui aussi de Pascal Bibal et son épouse Dorotea de Ibuzqueta, a été peintre, puis architecte de profession, lit-on sur sa fiche militaire :

considéré comme insoumis le 11 octobre 1915, il a vécu et vivra un moment hors de France, notamment à Bilbao _ et là, un moment, auprès de sa mère déjà devenue veuve (avant décembre 1920) _, et plus tard (notamment en 1930 – 1932 _ mais auparavant déjà : en 1927-28, par exemple _) à La Havane, à Cuba ; s’étant volontairement présenté au bureau de recrutement de Bayonne le 16 août 1929 (!), il sera laissé en liberté provisoire à Saint-Jean-de-Luz (rue du Midi, Villa Mirentchu _ le fait est bien sûr à relever ! auprès de sa tante paternelle Annette Bibal-Gaudin et de sa cousine Marie Gaudin _). Condamné le 18 octobre 1929 par le Tribunal militaire permanent de Bordeaux à 6 mois de prison avec sursis pour insoumission en temps de guerre, il ne subira pas de détention préventive. Et il sera libéré du service militaire le 14 octobre 1931. En 1930-31-32 _ ce livret militaire est un des rares documents concernant Grégoire Bibal auquel j’ai pu jusqu’ici accéder ; on trouve cependant aussi mention de lui à Cuba, en tant qu’architecte et aussi homme d’affaires, en collaboration avec son frère Joseph, dans les années 30 au moins… _, on le retrouve résidant à nouveau à Cuba _ où son frère François-Ignace avait lui aussi déjà résidé, par exemple en 1905 _ en 1930, 31 et 32. 

Mais au-delà de ce que révèle son livret militaire, nous apprenons aussi que, présent et actif à La Havane, d’août 1927 à décembre 1928, et en collaboration avec son confrère architecte Eduardo Albarran Machin, Grégoire Bibal construisit le théâtre Auditorium (nommé aujourd’hui Teatro Amadeo Roldan), le plus important théâtre de La Havane _ situé au coin des Calles San Ignacio et Obispo.

Préciser l’histoire de ces Bibal artistes peintres _ et maintenant architecte _ luziens _ il y a aussi le cas de Léon Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 1849 – Saint-Jean-de–Luz, 24 avril 1884, rue Gambetta N° 41), artiste-peintre lui aussi, décédé à l’âge de 35 ans, et frère cadet de Pascal Bibal _, dont le détail des vies est si mal connu, serait assurément enrichissant !

Joseph BIBAL,

est le benjamin _ et cinquième ; j’ignore sa date de naissance : postérieurement à 1882 _ de la fratrie des enfants de Pascal Bibal et son épouse Dorotea de Iburuzqueta, après ses frères et sœurs François-Ignace, Marie, Élise et Grégoire Bibal...

Au début des années 30, on trouvera Joseph Bibal à La Havane, où, avec son frère architecte Grégoire _ et leur ami architecte Eduardo Albarran Machin _, il fondera la « Compania Albarran y Bibal SA« , dont il sera, lui, Joseph, le président. Bien plus tard, le 17 mai 1954, et toujours à La Havane, sera fondé « El Banco de la Construccion« , dont Joseph Bibal sera ici encore le président. Il sera aussi vice-président de la « Union Petrolifera Aurerra – Jarahueca » _ cf Los Propietarios de Cuba 1958, de Guillermo Jimenez Soler, en 2006…

Ce n’est donc pas tout à fait un hasard si les frères Grégoire et Joseph Bibal sont mentionnés parmi les plus importants propriétaires de l’ère Batista, à Cuba, au moment de la Révolution et l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro, en 1958 _ j’ignore la date du décès, peut-être à Cuba (ou bien en exil ?), de chacun de ces deux frères : Grégoire et Joseph Bibal

_ ce 14 avril 2022, une passionnante conversation téléphonique avec Pascal Courteault (fils de Pierre Courteault et Jane Gaudin), m’apprend, entre autres précieuses informations, que Grégoire et Joseph Courteault se sont en effet exilés de Cuba en 1958, pour venir s’installer en Floride, où ils possédaient déjà une propriété. Et c’est probablement là qu’ils décèderont : une hypothèse qui reste, bien sûr, à confirmer


Pour finir, il me faut revenir réfléchir un peu sur les Demoiselles BIBAL, Marie et Élisequi auraient pu faire concurrence à Mademoiselle B. BIBAL pour le qualificatif-titre de « Tante Bibi » des trois lettres, en 1921, 1930 et 1933, de Maurice Ravel à son amie Marie GAUDIN.

Mais si Mademoiselle B. BIBAL a rang de belle-sœur pour le défunt Edmond GAUDINen tant que très probable sœur (cadette) de sa veuve, née Annette Bibal, et donc très probable tante de leur fille et destinataire de ces trois lettres,

il n’en va pas de même des Demoiselles Marie et Élise BIBALqui prennent place, elles, sur le faire-part de décès de leur oncle Edmond Gaudin dans le rang des neveux et nièces, et petits-neveux et petites-nièces, du défunt ; et qui ont donc seulement rang de cousines pour Marie GAUDIN

On ne saurait donc qualifier ni nommer aucune des deux, ni Marie, ni Élise, »Tante Bibi« ,

d’autant qu’il est peu probable qu’elles aient vécu toutes ces années _ 1921, 1930, 1933 _ au 41 rue Gambetta ou _ à partir du mois de juillet 1924 _ à la Villa Mirentchu _ c’est déjà beaucoup (pour notre recherche) qu’elles figurent sur le faire-part de décès de leur oncle Edmond GAUDIN ; elles devaient avoir toutes deux autour de 40 ans à cette date du 20 décembre 1920. En aucune de ses lettres à Marie GAUDIN, Maurice Ravel ne fait allusion à quelque membre de la maisonnée autre que celles toujours citées : la grand-mère Annette, son amie Marie, la petite-fille Annie, et la « Tante Bibi« … Que sont devenues les demoiselles Marie et Élise BIBAL ? Ont-elles vécu hors de France (en Espagne, à Cuba) auprès de leur mère veuve, Dorotea ?… C’est possible. En tout cas, je n’ai trouvé jusqu’ici aucune autre trace de ces deux « Demoiselles Bibal » en dehors de leur mention sur ce faire-part de décès de leur oncle Edmond GAUDIN, le 20 décembre 1920. Il arrive aussi que les familles se dispersent.

Et l’expression « Tante Bibi » n’a cours qu’au singulier dans les clins d’œil répétés _ en 1921, 1930 et 1933 : « Tante Bibi«  vit à demeure auprès de sa sœur Annette, de sa nièce Marie et de sa petite-nièce Annie, toutes les trois luziennes elles aussi à demeure ; semblant presque faire partie du décor… _ de Maurice à son amie Marie GAUDIN, de 1921 à 1933, du moins parmi la correspondance accessible et publiée.

La « Tante Bibi » _ de Marie GAUDIN _,  pourrrait être née entre 1846 et 1855 ; et les cousines Marie et Élise BIBAL, entre 1879 et 1881.

La « Tante Bibi« , B. BIBAL, née autour de 1850, avait donc, en 1920, autour de 70 ans ; comme elle aura autour de 86 ans au moment du décès de sa sœur aînée Annette (Madame Edmond GAUDIN), qui décèdera, elle, à l’âge de 91 ans, au mois de novembre 1936.

L’hypothèse de mon article du 1er juin, , tient donc toujours. Et se renforce même :

d’une initiale, B., pour un prénom !

Le « Mademoiselle Bibal » de l’avis de Remerciements du 23 novembre 1936, à l’occasion du décés d’Annette BIBAL-GAUDIN, vient, avec cette découverte du Faire-part d’annonce du décès de Monsieur Edmond GAUDIN du 28 décembre 1920, de recevoir l’initiale B. de son prénom !

Nous avançons…

Ce samedi 8 juin 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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