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Une « Flûte enchantée » pré-wagnérienne à Salzbourg

12déc

En un après-midi de grisaille pluvieuse,

je décide de fêter mon anniversaire en regardant un DVD,

et je choisis un Mozart :

La Flûte enchantée,

en une version salzbourgeoise, et toute récente,

avec Matthias Goerne (Sarastro), Mauro Peter (Tamino), Albina Shagimuratova (la Reine de la Nuit), Christiane Karg (Pamina), Adam Plachetka (Papageno), Maria Nazarova (Papagena), Michael Porter(Monostatos), Tareq Nazmi (l’Orateur), Klaus Maria Brandauer (le Grand-Père), les Wiener Philharmoniker, direction Constantinos Carydis, et mise en scène : Lydia Steier (à Salzbourg, en 2018)

_ le DVD Unitel Unitel/C Major 749708.

Une version-vision du Singspiel que je qualifierai de pré-wagnérienne,

bien éloignée de l’esprit mozartien des Lumières…

Je suis tombé sur un article de Chantal Cazaux du 1er juillet 2019, dans l’Avant-Scène Opéra,

qui correspond tout à fait

à mon impression plus que mitigée _ et convenant assez peu à une fête d’anniversaire…

Le voici :


La Flûte enchantée

Mozart

le 01/07/2019

par Chantal Cazaux

Matthias Goerne (Sarastro), Mauro Peter (Tamino), Albina Shagimuratova (la Reine de la Nuit), Christiane Karg (Pamina), Adam Plachetka (Papageno), Maria Nazarova (Papagena), Michael Porter(Monostatos), Tareq Nazmi (l’Orateur), Klaus Maria Brandauer (le Grand-Père), Wiener Philharmoniker, dir. Constantinos Carydis, mise en scène : Lydia Steier (Salzbourg 2018).
Unitel/C Major 749708.

Notice et synopsis trilingue dont français.

Distr. DistrArt.

… 

La Flûte enchantée, conte pour enfants… et cauchemar pour adultes ? _ voilà mon opinion aussi ! C’est un peu le double pari de la production présentée dans le Grosses Festspielhaus du Festival de Salzbourg 2018 et mise en scène par l’Américaine Lydia Steier.

Le premier volet du dispositif est non seulement charmant, mais pertinent et lisible : en narrateur grand-père gâteau racontant la Flûte à ses petits-enfants turbulents (les trois Garçons) – et suppléant ainsi en partie aux dialogues originels – , Klaus Maria Brandauer est parfait _ oui. L’action se développe comme issue de l’imaginaire des gamins, et colorée de leurs jouets quotidiens (Tamino a, par exemple, le costume de leur soldat de bois), dans un décor de maison en coupe (Katharina Schlipf) dont toutes les pièces (étage noble, sous-sol des communs, escaliers) sont judicieusement exploitées. C’est ingénieux. Mais, peut-être parce qu’il faut forcément prendre un chef-d’œuvre de Mozart au plus grand sérieux, ça ne suffit pas _ en effet. Les costumes (Ursula Kudrna) nous orientent vite vers une temporalité précise et tragique : la Première Guerre mondiale. Les trois Dames, qu’on avait vues pendant l’ouverture en servantes affairées, font leur véritable entrée en veste et calot militaires. Les épreuves à subir _ carrément sadiques _ seront celles des bombes et des tranchées. Or ce n’est pas fini : tout ceci ne serait-il que l’univers parallèle d’un cirque imaginaire _ d’un Fellini mortifère _ ? Sarastro apparaît en bateleur d’un petit monde de freaks _ oui, hélas _ où Pamina _ à l’envers absolu d’une princesse de conte de fées : Christiane Karg est costumée et grimée en sorcière quasi lubrique… _ est la cible du lanceur de couteaux… C’est infiniment travaillé, stimulant, mais trop foisonnant. Simplifier ne nuirait pas, même si ce mélange d’enfance et de gravité est à la juste croisée des chemins de la Flûte.

Musicalement, la soirée est d’une grande qualité sans pourtant s’avérer renversante, pour des raisons qui semblent parfois en lien avec la définition même des personnages selon cette mise en scène. Les aigus de Shagimuratova-Reine de la Nuit sont là, mais on cherche les intentions _ oui _ ; les graves de Goerne-Sarastro sont moins au rendez-vous, et l’on se console avec l’infinie musicalité de l’artiste ; Karg-Pamina est touchante _ ou horripilante, plutôt _, mais comment lire son visage sous le maquillage forcé _ c’est peu dire… _ qui l’affuble ? Peter-Tamino d’une belle noblesse vocale (mais ramené à un pantin scénique _ oui _), Plachetka-Papageno aussi joueur que son costume le lui autorise, c’est-à-dire peu… On a surtout envie de souligner le rôle décuplé confié aux trois (excellents _ oui ; eux sont rafraîchissants… _) Garçons, qui habitent la scène et l’action en permanence _ c’est l’aspect le plus positif de ce spectacle : eux s’amusent… L’orchestre de Carydis est solide, parfois vif, parfois sage, mais est-ce lui le maître du jeu, ou le plateau surchargé d’effets et de silences appuyés ?

Intéressant, mais pas définitif _ c’est gentil.

Chantal Cazaux

Ce n’était sûrement pas le Mozart que je rêvais de rencontrer ce jour de ma fête…

Ce jeudi 12 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Une très intéressante interview de Stéphane Degout, « baryton lyrique mature » : son parcours, son présent, ses perspectives…

26nov

Ce jour, sur le site de Res Musica,

et sous la plume de Vincent Guillemin,

cette interview du baryton _ excellent ; cf mes articles antérieurs des 15 mai, 5 avril, 9 mars, 22 février et 19 janvier 2019 ; et 3 octobre, 22 août, 27 mars et 3 janvier 2018… _ Stéphane Degout :

Stéphane Degout, baryton lyrique mature.

Stéphane Degout, baryton lyrique mature

 

Ce mardi 26 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le Beethoven rayonnant et solaire de Lorenzo Gatto et Julien Libeer : les CDs Alpha 240, 407 et maintenant 565, des Sonates pour violon et piano de Ludwig van…

23nov

Quelle rayonnante joie solaire

nous procure l’intégrale des 10 Sonates pour violon et piano de Beethoven,

par Lorenzo Gatto et Julien Libeer,

avec les CDs Alpha 240, 407 et maintenant 565…

J’abonde donc dans le sentiment magnifiquement chaleureux de Jean-Charles Hoffelé

qui a accueilli comme il se doit

les trois volumes de cette intégrale,

enregistrés en janvier 2016 (CD Alpha 240),

décembre 2017 (CD Alpha 407)

et avril et mai 2019 (CD Alpha 565) ;

dont voici les trois chroniques successives de ces trois superbes CDs,

respectivement intitulées

L’Évidence, le 21 juin 2016 ;

Instrumentarium, le 17 octobre 2018 ;

et Printemps, ce 20 novembre 2019 :


L’ÉVIDENCE

La Sonate “Kreutzer” est longtemps restée à mon goût la propriété privée de Bronislaw Huberman et d’Ignaz Friedman : un équilibre désarmant, une fantaisie tour à tour tendre ou rageuse, quelque chose d’une complétude idéale entre un archet chanteur et un piano orchestre qui dépassait la chambre pour s’ébattre au plein air.


Voilà que je retrouve enfin cette sensation de liberté, d’aventure, de brio _ formidables, oui _ et de poésie _ bien sûr, aussi, et c’est capital. Cette capacité à changer de sentiment en une demi-mesure, qui rappelle que le génie de Beethoven est inféodé au principe de l’improvisation _ voilà ! _, Lorenzo Gatto la maîtrise avec une diversité de vocabulaire sciante : il donne à entendre toutes les hardiesses de l’écriture, démultipliant les possibilités physiques de son instrument. Mais ce génie qui vous fera frissonner tout au long de cette Kreutzer anthologique ne serait pas absolu si le piano volatile et sonore de Julien Libeer ne le soutenait avec cette énergie et ce style impeccable _ oui ! _ : la touche tombe pile dans l’archet.


C’est enivrant à force de perfection, irrésistible, assez magnifiquement enregistré (Aline Blondiau), et laisse augurer de ce qui semble être une intégrale _ en effet. Les Quatrième et Deuxième Sonates, subtilement brossées, semblent l’indiquer. Et maintenant, s’il vous plaît, vite le second volume, qui je l’espère, s’ouvrira _ mais oui !  _ avec Le Printemps.


LE DISQUE DU JOUR

cover gatto libeer alphaLudwig van Beethoven(1770-1827)
Sonate pour violon et piano No. 2 en la majeur, Op. 12
No. 2

Sonate pour violon et piano No. 4 en la mineur, Op. 23
Sonate pour violon et piano No. 9 en la majeur, Op. 47 « Kreutzer »

Lorenzo Gatto, violon
Julien Libeer, piano

Un album du label Alpha Classics 240

Photo à la une : © DR…

INSTRUMENTARIUM

Un premier volume m’avait transporté, le second itou. Tant d’intégrales des Sonates pour violon et piano de Beethoven excellent parmi une discographie si abondante, mais Lorenzo Gatto et Julien Libeer sont bien les seuls à m’emmener aussi loin que ne le firent Joseph Szigeti et Claudio Arrau à chaque fois que je reviens à leur enregistrement justement légendaire.


Le nouvel album est dominé par une version solaire _ oui ! _, uniment heureuse _ en effet ! _, de la 10e Sonate. Son sol majeur radieux resplendit dans l’archet miellé de Lorenzo Gatto, qui épanouit le ton de confidence rêvée de l’Adagio, merveille où le piano de Julien Libeer est comme un second personnage. Et leurs échanges de trilles au début de la sonate !


Admirable tout du long, leur Printemps n’a pas la sombre profondeur que voulait y entendre Enesco, mais impose comme dans l’ensemble de l’album un classicisme _ oui _ un rien hautain qui libère Beethoven de ses tempêtes _ annonciatrices du romantisme _, y compris dans la Première Sonate où enfin il s’émancipe _ cette fois _ de Mozart, non par la révolte, mais par l’éclosion soudaine d’un nouveau style.

C’est décidément bien vu pour ce qui est déjà la grande intégrale du cahier _ oui _ en ce nouveau siècle, soucieuse de s’approprier également les apports de l’interprétation historiquement informée et d’en dépasser _ avec une fantaisie pleine de grâce _ les dictats. Le magnifique Stradivarius « Joachim » à lui seul est exemplaire par la plénitude de sa sonorité, le fruité de ses harmonies, mais le piano que joue Julien Libeer l’est tout autant, création du facteur Chris Maene qui l’a réalisé sur un plan de cordes parallèles, mettant dans un piano moderne l’esprit et les couleurs d’un piano de l’époque de Beethoven : écoutez seulement avec quelle plénitude il s’accorde avec le violon de Lorenzo Gatto.


LE DISQUE DU JOUR


Ludwig van Beethoven(1770-1827)
Sonate pour violon et piano No. 1 en ré majeur,
Op. 12 No. 1

Sonate pour violon et piano No. 10 en sol majeur, Op. 96
Sonate pour violon et piano No. 5 en fa majeur, Op. 24
« Le printemps »

Lorenzo Gatto, violon
Julien Libeer, piano

….

Un album du label Alpha 407

Photo à la une : © Alpha Classics

PRINTEMPS

Voilà, le voyage _ des 10 Sonates pour violon et piano _ est déjà fini, et cet ultime volet de l’intégrale la plus juvénile _ oui ! à la Mendelssohn… _ des Sonates pour violon et piano de Beethoven sonne comme un printemps en plein automne.


Quel entrain encore un peu mozartien _ oui _ les deux amis mettent à l’Allegro (très) con spirito de la Troisième Sonate, petit bijou dont l’Adagio pris leste, respectant à la lettre le « con molta espressione », roule tout un paysage ombrageux. Merveille, le violoniste et le pianiste ont le même cantabile souple _ absolument ! quelle grâce ! _, et Julien Libeer, je ne sais comment, transforme son clavier en ondes _ oui.


Pour la fin du parcours, ils auront gardé tout l’Op. 30, triptyque où la pensée de Beethoven se radicalise, cahier novateur qui désarçonna les mélomanes : c’est le chant intérieur, et une certaine dolence qui parcours les trois Sonates, Beethoven essayant d’y fuir cette surdité qui l’assaille.

Entendre autrement, et faire entendre tout un nouveau monde, c’est bien ce à quoi Julien Liebeer et Lorenzo Gatto parviennent, éclairant avec un lyrisme déchirant ces pages sublimes d’un musicien perdu qui concentre son art, l’exauce en quelque sorte vers une dimension spirituelle. Je ne les avais pas entendues aussi émouvantes, aussi pleines de caractère et d’interrogations _ voilà _, depuis la gravure de Josef Szigeti et de Claudio Arrau.

Et maintenant, quoi pour demain ? Mozart ?

LE DISQUE DU JOUR

Ludwig van Beethoven(1770-1827)
Sonate pour violon et piano No. 3 en mi bémol majeur,
Op. 12 No. 3

Sonate pour violon et piano No. 7 en ut mineur,
Op. 30 No. 2

Sonate pour violon et piano No. 6 en la majeur,
Op. 30 No. 1

Sonate pour violon et piano No. 8 en sol majeur, Op. 30 No. 3

Lorenzo Gatto, violon
Julien Libeer, piano

Un album du label Alpha 565

Photo à la une : le pianiste Julien Libeer et le violoniste Lorenzo Gatto – Photo : © DR

Une musique qui vit pleinement

et fait du bien…

L’année du 250ème anniversaire de Beethoven (1770 – 1827)

s’annonce merveilleusement.

Ce samedi 23 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

In memoriam Paul Badura-Skoda (6 octobre 1927 – 25 septembre 2019)

26sept

C’est avec une émotion profonde

que j’apprends à l’instant, sur le site de Res Musica,

sous la plume de Jean-Baptiste de La Taille,

le décès de Paul Badura-Skoda,

né à Vienne le 6 octobre 1927

et décédé hier 25 septembre 2019,

à quelques jours de son 92e anniversaire.

Que de merveilleuses interprétations nous a-t-il offertes,

sur sa collection d’instruments anciens,

tout au fil des années…

Et ce décès

cinq mois seulement après

celui de son ami Jörg Demus (Sankt-Pölten, 2 décembre 1928  – Vienne, 16 avril 2019),

avec lequel tant de magnifiques disques et CDs de piano à quatre mains (ou à deux pianos)

Paul Badura-Skoda a enchanté notre formation _ et notre goût _ de mélomane…

On le savait malade, le grand pianiste autrichien Paul Badura-Skoda vient de mourir le 25 septembre 2019, à quelques jours de son 92e anniversaire. Elève d’Edwin Fischer en Suisse, lauréat du Concours Long-Thibaud (2e ex aequo) à Paris en 1949, il se spécialise dans le répertoire classique et romantique, avant tout Mozart, Haydn, Beethoven et Schubert qu’il joue sur instruments d’époque. Paul Badura-Skoda collectionnait notamment, comme son confrère et ami Jörg Demus, les pianoforte et légua sa collection au Musée des instruments de musique du château de Kremsegg (Autriche). Il joua et enregistra également au cours de sa longue carrière sur piano « moderne », des instruments Bösendorfer. Pédagogue, auteur de différents essais (L’art de jouer Mozart au piano, L’art de jouer Bach au clavier…), il a gravé de nombreux disques chez Westminster, RCA, Eurodisc, Astrée, Arcana, Gramola, parutions partiellement rééditées _ en un coffret Deutsche Grammophon de 20 CDs : 479 8065, dont les deux derniers CDS sont constitués, le 19e, de Pièces pour 2 pianos et Piano à 4 mains de Mozart ; et le 20e, de Pièces pour Piano à 4 mains de Schubert, avec Jörg Demus : des merveilles ! _ à l’occasion de son 90e anniversaire en 2017. (JBdLT)


Merci !!!


Ce jeudi 26 septembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Admirable Francesco Piemontesi dans les trois dernières sonates pour piano de Schubert

25sept

Admirable Francesco Piemontesi

dans les trois dernières sonates pour piano de Schubert,

en un double album Pentatone PTC 5186 742,

Schubert, Last Piano Sonatas :


soient les Sonates N°19, 20 et 21.


Francesco Piemontesi _ tessinois de Locarno _ est un pianiste

dont le jeu me touche formidablement :

 

dans Mozart tout particulièrement,

comme dans son volume 2 des Années de pélerinage de Liszt.

Ici,

les Sonates N° 19 et 20 ont été enregistrées en studio ;

et la N° 21 en live.

Le live est d’une vie extraordinaire,

qui convient magnifiquement à cet interprète si intuitif

et libre,

en même que soucieux d’une très haute justesse…

Admirable, oui !


Ce mercredi 25 septembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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