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De Ravel en Liszt, un voyage mien, somme toute, de redescente, pour le ravélien que je suis…

14avr

Les bien belles sorties discographiques présentes des CDs « Ravel – The Complete Works for Solo Piano Vol. 1 » (Avie Records AV2623) de Vincent Larderet et « Liszt » (Alpha 1036) de Nelson Goerner _ regarder cette passionnante vidéo (de 5′ 09) de présentation de ce CD « Liszt«  par Nelson Goerner lui-même, formidable interprète, ici à son domicile, à Cologny, au bord du Lac Léman… _,

m’ont amené à commander dare-dare à mon disquaire préféré le précédent double album « Liszt- Between Light & Darkness » (Piano Classics PCL10201) de Vincent Larderetn que, en dépit d’un article « Deux nuances de sombre » le lire ici _ de Jean-Charles Hoffelé, paru en date du 26 janvier 2021, je n’avais pas vu passer _ et que d’ailleurs le magasin n’avait jamais eu non plus… _ ;

ce qui a fait que ce même jour, hier samedi 13 avril, j’ai pu me procurer et écouter sur ma platine ces trois CDs Liszt par Vincent Larderet et Nelson Goerner…

Je dois confesser que, à la différence de Jean-Charles Hoffelé qui a beaucoup apprécié ce double album « Liszt- Between Light & Darkness » de Vincent Larderet, je n’y ai hélas pas du tout accroché…

A contrario,

le jeu de Nelson Goerner, éminemment poétique dans les « 3 Sonetti di Petrarca » S. 270 _ écoutez ceci _et sensible et nuancé dans la majestueuse grande « Sonate en Si mineur » S. 178, m’a, lui, en revanche, comblé…

Et rappelé aussi le plaisir éprouvé aux divers CDs Liszt, tout en subtiles nuances, de Francesco Piemontesi cf tout spécialement mon  article « «  en date du 19 septembre 2023,

avec rappels de précédents articles consacrés à ces divers CDs lisztiens de Francesco Piemontesi…

Il n’empêche, le voyage de Ravel en Liszt représente pour moi, très subjectivement, hélas, une forme de redescente musicale, eu égard à mes réticences indurées envers le romantisme _ et son pathos confus souvent, sinon en général ; mais cela dépend aussi, bien sûr, des interprètes et de leurs interprétations : il y a aussi de bienheureuses exceptions !.. _, et surtout ma passion pour la lisibilité-clarté-fluidité du goût français, à son acmé dans Ravel _ en sa filiation assumée avec les Couperin par exemple…

Toute écoute de musique, d’un disque ou d’un concert, a lieu en un moment et un contexte nécéssairement particuliers, qui ainsi, forcément, la relativisent, et qui obligent à revenir, ici ou ailleurs, ré-écouter et l’œuvre et l’interprétation de tel ou tel artiste qui nous en donne une médiation sienne, à laquelle nous-mêmes prêterons une plus ou moins ouverte et juste attention, à cet autre moment-là :

telle est la situation de ce jeu mélomaniaque ouvert à focales croisées et recroisées, indéfiniment in progress

Ce dimanche 14 avril 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’enchantement du « Concerto en sol majeur » de Maurice Ravel par le merveilleux Francesco Piemontesi, avec l’Orchestre de la Suisse romande dirigé par Jonathan Nott : une réussite absolue !

10déc

La réception, hier samedi 9 décembre, du CD Pentatone PTC 5186 949 « Schoenberg – Messiaen -Ravel » de l’admirable Francesco Piemontesi, avec l’Orchestre de la Suisse romande sous la direction idéalement idoine de Jonathan Nott,

soit le CD Pentatone PTC 5186 949,

que j’avais stupidement laissé passer à sa sortie à l’automne 2022 _ enregistré à Genève en novembre 2020, pour le Ravel, en décembre 2020 pour le Messiaen, et février 2021 pour le Schoenberg… _ et commandé le mois de novembre dernier,

vient d’enchanter mon écoute !

Quel justissime Ravel !!!

Et en forme de bonus, voici une superbe vidéo _ à 40′ 40 des 63′ du concert enregistré à Genève le 2 décembre 2020, qui comporte de Felix Mendelssohn l’« Ouverture pour vents en ut majeur Op. 24«  et « Mer calme et heureux voyage, Ouverture en ré majeur Op. 27« , et d’Olivier Messiaen « Oiseaux exotiques pour piano et orchestre« , mais pas le « Concerto pour piano 0p. 42«  d’Arnold Schönberg…  _ de ce même Concerto pour piano et orchestre en sol majeur de Maurice Ravel par Francesco Piemontesi, Jonathan Nott et l’Orchestre de la Suisse Romande _ très peu de jours après leur enregistrement, en novembre 2022, pour ce CD Pentatone…

Et voici, encore, sous l’excellent titre de « Modern style« , l’article idéalement judicieux _ bien qu’un brin succinct… _ qu’a consacré à ce magistral CD « Schoenberg – Messiaen -Ravel » Pentatone PTC 5186 949, le très fin Jean-Charles Hoffelé en sa chronique « Discophilia » pour Artamag, en date, lui, du 21 septembre 2022 :

MODERN STYLE

Dans la section centrale de l’Allegramente _ du « Concerto en sol majeur » de Maurice Ravel _, Francesco Piemontesi exhume le blues que beaucoup ne veulent pas y voir _ Ravel revenait d’une très brillante tournée aux États-Unis _, savourant les mystères d’un orchestre trouble comme un alcool _ et c’est là excellemment vu... Dans un programme aussi tourné vers la modernité _ et c’est bien là le fil rouge de ce très original CD pour l’excellent label Pentatone… _, son Concerto en sol détaillé et profond sonne comme un contrepied, magnifique objet de pur plaisir sonore _ oui, oui ! _ qui prend tout son temps _ en une subtile composition de dionysiaque et d’apollinien. Ah! Ravel…

Le délire mécanique des Oiseaux exotiques _ d‘Olivier Messiaen _ n’en sera que plus cassant, un autre monde, dont l’orchestre bruitiste réglé au cordeau _ oui ! _ par Jonathan Nott avive les arrêtes _ voilà. Fascinants oiseaux de plexiglas, qui refusent d’entrer dans les classiques du XXe siècle, auxquels le pianiste apporte toute sa science _ magnifique et sereine de maîtrise _ de coloriste _ oui.

À rebours, les quatre épisodes – on peut difficilement les qualifier de mouvements – du Concerto de Schönberg sont joués comme autant de nostalgie _ Schönberg a 66 ans en 1942 _ d’un temps _ viennois _ révolu : fascinante la valse disloquée de l’Andante qui semble déjà en cours à la première mesure, irritant le faux foxtrot du Molto allegro, avant la méditation façon Bach de l’Adagio ouvert par ce choral de bois et de cordes comme venu d’un autre monde. Les petits fugatos du Giocoso referment dans une suractivité douce-amère cette lecture fascinante d’une œuvre insaisissable et qui entend bien le rester _ probablement.

LE DISQUE DU JOUR

Maurice Ravel (1875-1937)
Concerto pour piano et orchestre en sol majeur, M. 83
Olivier Messiaen (1908-1992)
Oiseaux exotiques
Arnold Schönberg (1874-1951)
Concerto pour piano et orchestre, Op. 42

Francesco Piemontesi, piano
L’Orchestre de la Suisse Romande
Jonathan Nott, direction

Un album du label Pentatone PTC5186949
Acheter l’album sur le site du label Pentatone ou sur Amazon.fr – Télécharger ou écouter l’album en haute-définition sur Qobuz.com

Photo à la une : le pianiste Francesco Piemontesi – Photo : © Marco Borggreve

Bravissimo !!!

Ce dimanche 10 décembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

Quelle musique donc écouter pour supporter de succéder, avec tant soit peu de succès, à l’enchantement jouissif d’un pur chef d’oeuvre ?..

03nov

Il est bien difficile, pour une œuvre à choisir d’écouter, de succéder, avec suffisamment de succès, au degré d’enchantement qui vient d’être éprouvé à la jouissance extatique voire orgasmique… _ d’un pur chef d’œuvre

_ et d’interprétation aussi…

Ou encore :

comment réussir à composer _ pour un concert ou pour un disque _ un programme d’œuvres dans lequel ne soit pas éprouvée une trop forte dépressurisation _ vraiment trop déceptive… _ de l’auditeur ?..

Telle est la question que je me suis posée à la suite de mes écoutes successives de l’enchanteur Mozart de Francesco Piemontesi,

d’une part _ cf mon article «  » du 31 octobre dernier… _ ;

et, d’autre part, du superlatif Vivaldi en 3 CDs de Giuliano Carmignola _ cf mes deux articles «  » et «   » des 1er et 2 novembre, avant-hier et hier 31 octobre derniers… _ qui ne cesse de me combler…

Quelle solution ai-je donc pu trouver à pareille nécessité de niveau de programme, ce jour ?..

Quel CD me suis-je proposé à écouter, face à tel danger/risque de dépressurisation de plaisir musical ?..

J’ai donc choisi d’une interprète violoniste elle aussi brillantissime, Isabelle Faust (), le CD « Solo » (Harmonia Mundi HMM 902678, enregistré à Berlin au mois d’avril 2020),

recommandé à la fois par ce très fin mélomane qu’est mon gendre Sébastien,

ainsi que par un Diapason d’Or du magazine Diapason n°727 de ce mois de novembre 2023, avec un article assez élogieux, à la page 98 de Jean-Christophe Pucek, qui a pris soin de comparer 5 des 6 morceaux choisis par Isabelle Faust avec des interprétations _ parues en des CDs de 1991, 2004, 2009, 2013 et 2023 _ d’autres violonistes :

 

_ de la « Fantasia » en la mineur (vers 1719) de Nicola Matteis le fils (ca. 1670 – 1737), une interprétation de Leila Schayegh, pour Glossa en 2023 _ Faust s’y montre « moins extravertie« , juge Pucek… _ ;

_ d’un choix d »Ayres for the violin » (de 1676) de Nicola Matteis le père (ca. 1650 – après 1713), une interprétation d’Hélène  Schmitt, pour Alpha en 2009 _ Faust s’y montre « moins contemplative« , juge Pucek... _ ;

_ de la « Sonate » en la mineur (vers 1725) de Johann-Georg Pisendel (1687 – 1755), une interprétation de Rachel Podger, pour Channel Classics en 2013 _ Faust s’y montre cette fois « plus solaire« , selon Pucek… _ ;

_ de la « Partita » n°5 en sol mineur (en 1715) de Johann-Joseph Vilsmayr (1663 – 1722), une interprétation de Gunar Letzbor, pour Arcana en 2004 _ et Faust s’y montre « plus flamboyante et relevée« , indique Pucek… _ ;

_ de la « Passacaille« en sol mineur dite « l’ange gardien« , extraite des fameuses « Sonates du Rosaire » (en 1684-1685) de Heinrich-Ignaz-Franz Biber (1644 – 1704), une interprétation de Reinhard Goebel, pour Archiv en 1991 _ Faust la joue « alla Goebel« , et y montre « un souffle et une ardeur invincibles« , pour Jean-Christophe Pucek, dans cet article de Diapason.

En revanche,

Jean-Christophe Pucek ne dit rien des « Amusements pour violon seul« , Op. 18 (de 1762)  de Louis-Gabriel Guillemain (Paris, 15 novembre 1705 – Chaville, 1er octobre 1770), telles qu’elles ont été interprétées et enregistrées _ « en première mondiale«  _ en 2002 par Gilles Colliard, en un CD EMEC E-054 _ un CD que je possède :  en effet, c’est depuis bien longtemps que je m’intéresse aux violonistes français contemporains de Jean-Marie Leclair (Lyon, 1697 – Paris, 1764), dont fait partie Louis-Gabriel Guillemain, éléve comme Leclair, à Turin, de Giambattista Somis (Turin, 1686 –  Turin, 1763) ; et si Guillemain a peut-être été aussi des élèves de Jean-Marie Leclair, il en a été en tout cas un rival ; de même que fut aussi un rival de Leclar le turinois de naissance Jean-Pierre Guignon (Turin, 1702 – Versailles, 1774)… ; et ne perdons jamais de vue que le violon est bien une invention italienne !.. _, un CD que Pucek semble ignorer…

Alors, pour ce qu’il en est du passage du CD Mozart-Piemontesi de mon article du 31 octobre et des trois CDs Vivaldi-Carmignola de mes articles des 1er et 2 novembre derniers, à ce récital-ci « Solo » d’Isabelle Faust,

disons que la redescente musicale se fait en très satisfaisant confort…

Quelle surprise discographique va donc bien pouvoir suivre ?…

Ce vendredi 3 novembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

Mozart, ou la subjuguante jubilatoire évidence du bonheur absolu, par le piano (de grâce !) de Francesco Piemontesi ; ou le rare miracle de toucher ici aux lumières du paradis musical…

31oct

Le CD « Mozart – Piano Concertos N° 19 & 27 – Rondo K. 386 » de Francesco Piemontesi , avec le Scottish Chamber Orchestra dirigé par Andrew Manze _ soit le CD Linn Records CKD 622, enregistré à Edimbourg les 2-3-4 mars 2019, et paru le 26 août 2020… _, renforce ma conviction jubilatoire que Mozart, à lui seul, pourvoie l’évidence simplissime d’un bonheur absolu…

Du Concerto n°19 en fa majeur K. 459 (du 11 décembre 1784),

voici le podcast de l’Allegro (de 12′ 21) du premier mouvement :

Et du Concerto n° 27 en si bémol majeur K. 595 (du 5 janvier 1791),

voici le podcast de l’Allegro (de 14′ 12) du premier mouvement ;

et le podcast de l’Allegro (de 9′ 27) du troisième mouvement…

Une simple _ subjuguante _ évidence jubilatoire…

Cet article-ci, de ce 31 octobre 2023, se trouve être le neuvième que je consacre sur ce blog à des interprétations _ de Liszt, de Mozart, de Schubert… _ de Francesco Piemontesi _ pour les labels Orfeo, Pentatone, Linn Records…

_ 1° : celui en date du 26 décembre 2018 : «  » ;


_ 2° : celui en date du 6 juin 2019 : «  » ;

_ 3° : celui en date du 27 juin 2019 : «  » ;

_ 4° : celui en date du 25 septembre 2019 : «  » ;

_ 5° : celui en date du 29 octobre 2019 : «  » ;

_ 6° : celui en date du 24 octobre 2020 : «  » ;

_ 7° : celui en date du 19 septembre 2023 : «  » :

_ 8° : celui en date du 26 septembre 2023 : « « …

Mais c’est le stupéfiant miracle d’évidence simplissime de grâce _ voilà ! _ de ce proprement sublime CD des 19e & 27e  Concertos pour piano et orchestre K. 459 & 595 de Mozart sous les doigts de Francesco Piemontesi _ né à Locarno, dans le Tessin, le 7 juillet 1983 : il a maintenant 40 ans… ; lors de l’enregistrement de ce CD à Edimbourg les 2, 3 et 4 mars 2019, Francesco Piemontesi avait 36 ans… _,

qui me fait toucher aux lumières du paradis, au moins, de la musique…

Et voici encore _ manière pour moi d’enfoncer encore un peu mon clou… _ un très significatif _ lucidissime _ compte-rendu de concert donné le 28 avril 2014 au Conservatoire de Bruxelles par Francesco Piemontesi, sous la plume de François Mardirossian,

un compte-rendu découvert à l’instant sur le site de l’excellent Crescendo : « Francesco Piemontesi, l’intelligence musicale« 

_ c’est un jour, possiblement à l’automne 2018, une interview, saisie à la radio (probablement sur France-Musique), d’un chef (je ne me souviens hélas plus qui : Daniel Barenboïm ?…), auquel il était demandé quel interprète de la musique il conseillerait d’écouter en priorité ; celui-ci avait alors cité le nom et parlé très chaleureusement de Francesco Piemontesi, dont le jeu, avec lui, en concert l’avait profondément marqué ; et c’est ce très avisé conseil d’expert qui m’a incité à découvrir alors ce pianiste inconnu jusqu’alors de moi, et qui, depuis, non seulement ne m’a jamais déçu, mais surtout, comme aujourd’ui pour ce sublime CD Mozart des Concertos 19 & 27 du label Linn Records, paru au mois d’août 2020 (je l’avais laissé passer…), me comble… _ :

Francesco Piemontesi, l’intelligence musicale

LE 29 AVRIL 2014 par La Rédaction

Francesco Piemontesi © Marco Borggreve

Wolfgang Amadeus Mozart : Sonate pour piano KV 533/494
Ludwig van Beethoven : Sonate pour piano n° 30, op. 109
György Ligeti : Cordes vides (Etudes pour piano I), Entrelacs (Etudes pour piano II)
Claude Debussy : Des pas sur la neige (12 Préludes, livre I), La Danse de Puck (12 Préludes pour piano, livre I)
Franz Schubert : Sonate pour piano, D 958


Du haut de ses 30 ans _ à cette date du concert bruxellois, le 28 avril 2014, donc _, Francesco Piemontesi vient de nous offrir un récital au programme très exigeant. On se souvient de son éclatant 3e Prix au Concours Reine Elisabeth (2007) et, ce soir, il atteint un niveau de perfection subjuguant _ un adjectif qui vient aussi sous ma plume ! Sa Sonate _ en fa majeur K. 533/494, n°15 _ de Mozart est d’une grande simplicité et d’une confondante évidence _ « simplicité« , « évidence«  : encore de mes mots pour caractériser le miraculeux talent d’interprétation de Francesco Piemontesi… _, son toucher est sans manière, aérien, chantant _ voilà : la grâce même… Un son tout à fait mozartien _ mais oui ! Mais qu’est-ce qu’un son mozartien ? La simplicité de rigueur, la rondeur dans l’attaque de la touche et une grande vocalité dans les lignes mélodiques _ voilà, voilà. Piemontesi ne tombe jamais dans l’affèterie _ certes non… _ et conduit sans cesse _ dynamiquement, mais sans jamais rien de forcé : seulement l’évidence du plus grand naturel… _ la mélodie. L’auditeur comprend parfaitement _ oui _ où le compositeur voulait l’amener. Ce jeune pianiste suisse-italien _ natif, le 7 juillet 1983, de Locarno, dans le Tessin ; et il enregistre souvent à Lugano _ comprend parfaitement _ oh que oui ! _ la musique et la fait comprendre aisément _ et tout est dit là, en cette merveilleuse dynamique de jeu, sans jamais rien de si peu que ce soit forcé. Le mouvement lent est joué dans la tendresse _ oui ! _ et nous fait regretter qu’elle ne soit pas donnée plus souvent. Le récital se poursuit avec la grande Sonate op. 109 de Beethoven. D’emblée, Piemontesi modifie l’approche de l’instrument et offre un son très différent. Dès les premières notes, on saisit le bond dans le temps. L’instrument pour lequel cette œuvre fut écrite n’est plus le même, et la manière de s’exprimer non plus _ en effet. Nous sommes plongés dans les tourments beethovéniens et le deuxième mouvement conjugue poigne et vitalité _ comme il convient pour Beethoven. Le dernier mouvement (thème et variations) est un des moments forts de ce concert : le public est attentif à cette musique qui nous porte à l’état de grâce _ encore un de mes mots, même si la grâce de Beethoven n’est pas la grâce de Mozart… _ quand elle est bien jouée comme ce soir. Francesco Piemontesi chante la vraie virtuosité : science des voix, connaissance approfondie de l’esprit beethovénien et grande générosité dans l’émotion _ oui… Il sait où il va et il donne en permanence l’impression que la musique naît sous ses doigts à l’instant même où il la joue _ comme cela devrait toujours, toujours, être le cas ! Après la pause, deux Études de Ligeti parfaitement maîtrisées, claires, bien construites et d’un grand soin du son. Même chose pour les deux Préludes de Debussy et la tension est à son comble dans Des pas sur la neige _ je possède aussi le CD des Préludes de Debussy par Francesco Piemontesi, enregistré à Lugano en mars et avril 2014 : le CD Naïve V 5415. Piemontesi impose naturellement au public une écoute sereine et silencieuse _ oui, lumineuse ; et c’est aussi le cas à l’écoute de ses magnifiques CDs successifs depuis… En bis, deux autres Préludes de Debussy dont Feux d’artifice, très impressionnants de clarté et de facilité _ des traits éminemment piemontésiens... _, presque sans pédale forte. 
Un récital mémorable et un programme sans complaisance.


François Mardirossian
Bruxelles, Conservatoire Royal, le 28 avril 2014

Et de ce même magnifique écouteur qu’est François Mardirossian, lui-même interprète, et à nouveau à propos et de Mozart et de Francesco Piemontesi,

on peut lire aussi, toujours sur le site de Crescendo, et en date du 12 juillet 2014, cet article-ci intitulé « Piemontesi : l’intelligence même de Mozart« , cette fois à propos du CD « Mozart – Piano Works » par Francesco Piemontesi, le CD Naïve V 5367…

Immense merci à cet exceptionnel passeur de musique qu’est au piano Francesco Piemontesi mozartien absolu !

Et bien sûr merci à ces (et ses) sublimes Mozart !

Ce mardi 31 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

Splendide reconnaissance de l’époustouflante interprétation par l’immense Francesco Piemontesi des « Etudes d’exécution transcendante » et de la « Sonate en si mineur » de Franz Liszt…

26sept

À mon réveil ce matin du mardi 26 septembre, en mon parcours matutinal « hégelien » de la presse de ce jour sur le net,

 j’ai l’excellente surprise de rencontrer sous la plume toujours très fine de Jean-Charles Hoffelé sur son très pertinent site Discophilia, un magnifique article intitulé « Splendeur » consacré au transcendant double CD Pentatone PTC 5187 052 de Francesco  Piemontesi « Liszt Transcendantal Etudes & Piano Sonata« 

pour lequel il y a tout juste une semaine, le mardi 19 septembre dernier, j’ai déclaré mon dithyrambique enthousiasme : « « …


Déjà, à la réception de cet article mien que je m’étais empressé de lui adresser, mon disquaire préféré, à la plus que parfaite oreille, avait entièrement acquiescé à ma jubilatoire appréciation ; ce qui m’avait bien fait plaisir… 

Pour redoubler encore le plaisir, voici donc cet article « Splendeur » de Jean-Charles Hoffelé ce mardi 26 septembre,

que suivra la réédition du lien à mon article d’il y a une semaine...

SPLENDEUR

Des Études ? Lorsque l’on entend l’orchestre que fait jaillir Francesco Piemontesi du bref Preludio on oublie le piano _ oui, et même très surpris, on se demande si c’est bien le bon CD qu’on vient de glisser en sa platine !… _, c’est un horizon qui s’ouvre, mais le clavier reprend ses droits, mobile au-delà du possible pour un Molto vivace qui fuse et oublie de marquer la mesure comme le firent tant de virtuoses, Jorge Bolet en tête.

Non les Transcendantes de Piemontesi ne sont en rien des Études, le sonnet au bord du silence de Paysage, la ballade de Mazeppa, les hallucinations de Feux follets et de Visions, les confidences de Ricordanza, où il faut dire et interroger dans la matière même de la sonorité, ce que seul un poète peut faire jouant les trilles en caresse _ voilà _, la scène d’opéra diabolique de Wilde Jagd, où Méphisto semble mener le bal, tout cela cédera pourtant devant la poésie irréelle, déjà hors du monde _ oui ! _  d’Harmonies du soir, de Chasse-neige surtout, au-delà du dicible, étoile tremblante dans un ciel de brouillard.

Je sors de là transporté _ transcendé même. Liszt virtuose, peut-être, mais Liszt poète d’abord _ oui.

Après, il vous faudra abandonner vos habitudes _ voilà, mais c’est déjà, et immédiatement fait dès l’écoute en entier de ce second des 2 CDs, par lequel j’avais choisi de commencer mon écoute de ce double album, après avoir vérifié qu’il s’agissait bien vraiment là du bon CD Liszt : car, saisi,  je m’étais tout de suite demandé, au bout des 4 à 5 premières secondes, si c’était bien le bon CD que je venais de glisser en ma platine !.. N’était-ce pas là plutôt quelque CD de jazz, placé là par erreur par Pentatone ?!! Mes oreilles n’en revenaient pas… _ devant l’une des versions de la Sonate en si les plus saisissantes _ oui !!! _ qu’il m’ait été donnée d’entendre, une autre « Fantastique », démesurée, foudroyante _ oui _, plus sombre qu’à l’habitude, amère aussi _ la personnalité de Liszt est éminemment complexe... _, une désillusion la conduit vers son abîme final. Il lui aurait fallu ensuite les cercles infernaux de la Dante vers lesquels elle semble aspirée. Hélas, elle manque ! _ pour le moment du moins…

LE DISQUE DU JOUR

Franz Liszt(1811-1886)


12 Études d’exécution
transcendante, S. 139

Sonate pour piano en
si mineur, S. 178

Francesco Piemontesi, piano

Un album de 2 CD du label Pentatone PTC5187052

Photo à la une : le pianiste Francesco Piemontesi – Photo : © Camille Blake

Et maintenant le lien à mon article «  » du mardi 19 septembre dernier…

Avec aussi le rappel de mes 6 précédents articles sur le génie _ mais oui ! _ d’interprétation de Francesco Piemontesi témoignant de ma constante superlative admiration pour son piano, dans Mozart, Schubert, comme Liszt _ et aussi Debussy _ :

_ le 26 décembre 2018 : «  » ;

_ Le 6 juin 2019 : «  » ;

_ le 27 juin 2019 : «  » ;

_ le 25 septembre 2019 : «  » ;

_ le 29 octobre 2019 : «  » ;

_ et le 24 octobre 2020 : «  » ;

 

 

 

 

Bravissimo, Francesco,

pour un tel degré, splendidissime, de justesse de perception et rendu de la poésie dans la musique !

Ce mardi 26 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

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