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Comment interpréter Gesualdo et son irradiante singularité ?..

05déc

Carlo Gesualdo da Venosa

(Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1613)

est un de mes compositeurs préférés !


Mais combien sont rares les interprétations de ses œuvres

vraiment satisfaisantes

_ et réellement idiosyncrasiques ?..

Longtemps, de ses six livres de Madrigaux,

ne m’a exclusivement agréé

que l’interprétation du Quintetto Vocale italiano, d’Angelo Ephrikian

_ avec les chanteurs Karla Schlean (soprano), Clara Foti (mezzo-soprano), Elena Mazzoni (contralto), Rodolfo Farolfi (ténor), Gastone Sarti (baryton) et Dimitri Nabokov (basse).

Puis,

m’a beaucoup plu _ voire même comblé ! _,

livre à livre,

celle de La Compagnia del Madrigale,

pour les livres 6, 3 et 2

_ de même, d’ailleurs, que la totalité de leurs CDs : chaque fois, une extase…

Les chanteurs en sont Rossana Bertini, Francesca Cassinari (sopranos), Elena Carzaniga (alto), Giuseppe Maletto, Raffaele Giordani (ténors) et Daniele Carnovich (basse). 

Alors que m’horripilaient

toutes les autres interprétations,

tout particulièrement du fait de la non-italianité criante des chanteurs.

Alors quand est paru,

le 28 novembre dernier,

l’article de Jean-Charles Hoffelé sur son blog Discophilia

intitulé D’amour à mort,

ai-je été quasi blessé

de la chronique très négative _ et non argumentée ! _

portée par ce critique que j’apprécie beaucoup en général

à l’égard

et de La Compagnia del Madrigale,

et de leur CD du 2e livre de Madrigaux de Carlo Gesualdo ;

notamment par la comparaison faite par Hoffelé

avec le double album

que les Arts Florissants, dirigés par Paul Agnew

_ avec les chanteurs Miriam Allan et Hannah Morrison (sopranos), Lucile Richardot et Mélodie Rubio (contraltos), Sean Clayton (ténor), Edward Grint (basse) et Paul Agnew lui-même (ténor) _,

ont consacré aux Livres 1 et 2 des Madrigaux de Gesualdo !

D’AMOUR À MORT

La Compagnie del Madrigale s’est lancée voici quelques années dans une intégrale toujours en cours _ manquent encore les livres 1, 4 et 5 _ des Madrigaux de Gesualdo, je croyais l’entreprise salutaire _ certes ! _, après tout on n’avait pas vraiment d’alternative au geste expressionniste _ oui, éblouissant ! _ déployé par Angelo Ephrikian et ses chanteurs qui avaient enregistré dans des conditions difficiles la version princeps de l’ensemble des Livres.


Hélas, les nouveaux venus faisaient bien pâle figure _ ah ! non !!! _ et ce dès le premier disque, étrange que Glossa n’ait pas préféré confier une entreprise si périlleuse à La Venexiana _ tellement décevante, elle, depuis le départ de ses membres qui allaient fonder La Compagnia del Madrigale… Quel ensemble pourrait concilier le style musicologiquement juste avec l’expression si intense _ oui _ devinée _ oui _ par la petite troupe dépareillée d’Ephrikian ?

Une divine surprise m’attendait à la poste dans une enveloppe d’harmonia mundi, un joli double album qui semble le premier volume d’une intégrale des six Livres selon Les Arts florissants emmenés par Paul Agnew.


Leur parcours Monteverdi m’avait bluffé _ pas moi ! _ ; dès Baci, soavi, e cari qui ouvre le Libro primo, les mots éclatent, assaillant les notes _ c’est vrai _ ; les affects brillent ; tout le feu du baroque italien exalte _ oui _ les couleurs et les accents de ces six voix, faisant résonner cette alliance coupante comme une pointe de diamant entre le mot et la note qui donne à la musique de Gesualdo ses vertigineuses _ en effet ! _ propriétés expressives. Car ici les mots dansent, dans la clarté aveuglante qu’impose Paul Agnew conduisant de son ténor ces efflorescences de sons.

Admirable, jusque dans la sensualité trouble de bien des pages qui ne sont pas sollicitées _ artificiellement _ mais simplement exposées dans leurs singulières harmonies _ oui. Lorsque l’on sait qu’à mesure que les Livres s’accumulent, cette langue si libre se radicalise encore _ oui _, je peine à me dire qu’il faudra attendre les prochains volumes, je les voudrais tous pour m’immerger enfin dans ce corpus de chefs-d’œuvre _ assurément ; et sans postérité.


LE DISQUE DU JOUR

Carlo Gesualdo (1566-1613)
Madrigaux à 5 voix, extraits des “Libro primo” et “Libro secondo

Les Arts florissants
Paul Agnew, direction

Un album de 2 CD du label harmonia mundi/Les Arts florissants HAF8905307.08

Photo à la une : le ténor et directeur des Arts florissants – Photo : © DR

J’avais renâclé à me procurer ce double album des Arts Flo (et Paul Agnew), redoutant un certain défaut d’italianité de leur part…

J’ai bien voulu cependant tenter l’expérience…

Et n’ai pas été déçu, bien au contraire,

d’avoir écouté le conseil de Jean-Charles Hoffelé.

Même si je ne change _ pas du tout ! _ d’avis sur La Compagnia del Madrigale !

Je dirai simplement que

du Livre second des Madrigaux de Gesualdo,

nous disposons là

de deux interprétations qui diffèrent

quant à leur regard sur le parcours même de création du compositeur :

entre la tonalité des œuvres de la période de Ferrare (1594 – 1596),

pour les quatre premiers Livres,

et celle de la période de Gesualdo (1611 – 1613),

pour les deux derniers _ sublimissimes…

La Compagnia del Madrigale se refusant, elle, à interpréter les premiers Livres de Madrigaux de Gesualdo

de la manière qui conviendra aux deux derniers…

Quant à l’appréciation de Jean-Charles Hoffelé

sur la valeur des précédents CDs de La Compagnia del Madrigale

_ leurs merveilleux et magiques Monteverdi (les Vespro), Marenzio (les livres 1 et 5 de Madrigaux), De Rore (Vieni, dolce Imeneo)

et l’album Orlando furioso : madrigaux composés sur des poèmes de l’Arioste… _,

je ne la partage _ ni ne comprends _ pas du tout !!!

À quoi peut donc tenir cette exécration musicale ?

Je me le demande bien…

Ce jeudi 5 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Cyrille Dubois, et le très notable renouveau des ténors français : poursuite d’une très précieuse tradition et riches singularités…

25nov

Le mardi 5 novembre dernier, j’ai relevé la réussite parfaite

du jeune ténor français Cyrille Dubois

dans un récital de Lieder et mélodies de Lisz, O Lieb ! (avec le pianiste Tristan Raës),

soit le CD Aparté AP 200 :

Et,

comme pour poursuivre mon article d’hier

consacré au magnifique ténor français Benjamin Bernheim

,

voici que je découvre ce matin

sur le blog Discophilia de Jean-Charles Hoffelé,

un bel article consacré à Cyrille Dubois et ce CD O Lieb !,

intitulé Sur les ailes du chant :

SUR LES AILES DU CHANT

Les ténors se sont peu risqués _ en effet _ aux lieder comme aux mélodies de Liszt au disque, Ernest Haefliger, Nicolaï Gedda s’y sont penchés, l’un et l’autre tardivement, mais avec encore tout leur art, exceptions heureuses _ bien sûr : deux très grands !

Territoire souvent par annexion des « voix moyennes », mezzos, barytons, le ténor est pourtant chez lui ici, bien sûr dans les redoutables mélodies sur les vers de Victor Hugo – pour le célèbre Oh quand je dors, Cyrille Dubois préfère la seconde version, plus contournée – mais aussi lorsque Liszt débusque avec génie le lyrisme de Goethe ou de Heine _ des poètes majeurs…


Cyrille Dubois les éclaire avec ce timbre si net _ oui _, ce vibrato de flûte, cette voix longue et si française _ absolument ! _ qu’on reconnaissait hier un peu chez Paul Derenne, beaucoup chez Eric Tappy (lequel aimait regarder les mélodies de Liszt, mais n’y touchât guère), affaire de ténor et de ténor avec aigu, qui peuvent se mesurer aux sopranos lesquelles auront peu parcouru ces opus éparses, sinon Hildegard Behrens pour un album fugitivement publié par Deutsche Grammophon, merveilleuse comète filante.


Et bien voilà, maintenant cette part charmeuse et aventureuse _ tiens, tiens… _ de Liszt et jusqu’au génial Freudvoll und Leidvoll aura trouvé cette voix venue d’ailleurs _ oui ! très marquante dans son infinie tendresse ; et sans jamais rien forcer ; tout est dans la douceur _, encorbellée par la piano harpe de Tristan Raës, mieux qu’un accompagnateur, un amoureux qui fait son clavier aussi chantant que la voix qu’il emporte.

LE DISQUE DU JOUR


Franz Liszt (1811-1886)


Hohe Liebe, S. 307
Jugendglück, S. 323
Liebestraum „O lieb“, S. 298
Morgens steh’ ich auf und frage (2e version), S. 290/2
Es rauschen die Winde (2e version), S294/2
Die Loreley (2e version), S. 273/2
Freudvoll und Leidvoll II, S. 280/2
Vergiftet sind meine Lieder, S. 289
Bist du, S. 277
Was Liebe sei (1re version), S. 288/1
Die Zelle in Nonnenwerth (4e version), S. 274/2
Nimm einen Strahl der Sonne, S. 310
Laßt mich ruhen, S. 314
Schwebe, schwebe blaues Augen (1re version, posthume), S. 305/1
Der Fischerknabe (1re version), S92/1
S’il est un charmant gazon (1re version), S. 284
Enfant, si j’étais roi (2e version), S. 283/2
Oh ! quand je dors (2e version), S. 282/2
Comment, disaient-ils (2e version), S. 276/2
Angiolin dal biondo crin (2e version), S. 269/2
3 Sonnets de Pétrarque (1re version), S. 270/1

Cyrille Dubois, ténor
Tristan Raës, direction

Un album du label Aparté AP200

Photo à la une : le ténor Cyrille Dubois – Photo : © DR

Ce merveilleux CD Liszt _ un CD majeur de l’année 2019 ! _ de Cyrille Dubois

a peu à voir avec le superbe CD carte de visite de Benjamin Bernheim ;

il n’empêche : voici deux superbes jeunes ténors _ tous deux ont 34 ans _

magnifiques dans la continuation de la tradition si précieuse pour nous du _ bien spécifique _ chant français !

Et chacun d’eux parfaitement reconnaissable et singulier…

Ce lundi 25 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Le délice d’écouter Noel Coward chanter « Mad dogs and Englishmen »

12nov

Il y a quelques jours,

lors d’une semaine « britannique » _ du 7  au 13 octobre derniers _ sur France-Musique,

j’ai entendu Noel Coward (1899 – 1973) chanter _ en 1932, en une Revue musicale intitulée Words and Music _ Mad dogs and Englishmen,

avec un art de la prononciation proprement délicieux.

Je l’ai retrouvé avec beaucoup de plaisir

en un coffret Warner Classics de 4 CDs intitulé Noel Coward His HMV Recordings (Warner 0825646574940).

Noel Coward fut un brillant touche-à-tout,

acteur brillant,

mais aussi auteur multivoque savoureux ;

et pas que de chansons _ on se souvient de Brève rencontre de David Lean.

Merci de nous offrir parfois de telles fenêtres

de singularité…


Ce mardi 12 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’enchantement de l’océanique « Funérailles », Suite pour grand orchestre (1930), de Lucien Durosoir : un chef d’oeuvre de paix bouleversant

11nov

J’attendais depuis un certain temps d’écouter enfin

_ je n’avais pu me rendre à la première audition mondiale de l’œuvre à Pau, à l’auditorium du Palais Beaumont, le 19 novembre 2014, par l’Orchestre de Pau et des Pays de l’Adour dirigé par Fayçal Karoui (l’œuvre y avait été donnée aussi les 20, 22 et 23 novembre suivants) _,

Funérailles, Suite pour grand orchestre, de Lucien Durosoir,

 

que le compositeur lui-même considérait comme son grand œuvre !

_ et dont la composition, à Bélus, ce hâvre paisible, dura de 1927 à 1930.

Un hommage, dix ans après sa fin,

aux morts _ à tous les morts _ de la Grande Guerre.

Voici que le CD comprenant Funérailles

(avec Sous la pluie de feu, de Philippe Hersant _ une œuvre commandée en célébration des commémorations de la Grande Guerre de 1914 – 1918 ; et Philippe Hersant ayant assisté à la création de Funérailles à Pau le 19 novembre 2014 _

paraît :

ce CD Hortus 736 conclut ainsi en resplendissante beauté la collection « Les Musiciens et la Grande Guerre« , dont c’est là le volume 36 et dernier ;

et j’en suis ébloui !

et comblé !

Mieux qu’enchanté ! Transporté en quelque Eden de musique…

Funérailles est interprété

_ magnifiquement : quelle ampleur ! quel souffle ! quel extraordinaire rendu de la complexité des voix qui s’entrecroisent !

_ par le Taurida International Symphony Orchestra,

en résidence à Saint-Petersbourg, Russie,

et sous la direction de son chef Mikhail Golikov ;

l’enregistrement a eu lieu à Saint-Pétersbourg au mois de juillet 2017.

Une merveilleuse impression de paix

_ d’après la bataille, et le champ de ruines et de morts qui repose, après le fracas des armes et leur œuvre de destruction : à la Tolstoï de Guerre et paix _,

et de joie _ mais oui : la sérénité du travail du deuil ayant triomphé dans l’âme de celui qui se souvient, et compose cet hymne de reconnaissance et hommage _, s’en dégage,

en ces 40 minutes que dure cette Suite symphonique « pour grand orchestre« ,

avec une musique, comme toujours chez Durosoir, d’une incroyable _ profuse et lumineuse _ richesse, 

en l’entrecroisement complexe et pourtant suprêmement évident de ses voixinstrumentales _,

avec ses ruptures, ses surprises renouvelées permanentes,

et le profond sentiment de paix, proprement océanique

_ l’adjectif m’est plusieurs fois revenu pour rendre justice à l’idiosyncrasie de Lucien Durosoir ! _,

qui se dégage de ce maelstrom tellement paisible, ou mieux : apaisé, de musique-là.

Avec, aussi, une étrange et magnifique,

même si quasi imperceptible _ mais l’art de Durosoir est formidablement présent là… _

note, ici _ pour la première et unique fois en tout son œuvre, désormais accessible en CDs… _, que j’oserai dire _ iconoclastiquement, j’en ai conscience _ « américaine« , « jazzy » _ mais oui _, bienheureuse, conquise _ mais sans rien qui marque un effort… Le maelstrom de la paix conquise, en toute plénitude, règne, par-delà les chocs des flux qui le composent…

Et en contraste avec les citations de Jean Moréas (1856 – 1910)

_ cf ma seconde contribution au colloque Un musicien moderne né romantique : Lucien Durosoir (1878 – 1955), au Palazzetto Bru-Zane à Venise le 20 février 2011 :   _

placées en exergue de chacune des quatre parties de Funérailles :

_ « Roses de Damas, où sont vos parfums ?« 

_ « Je me souviens…« 

_ « Voix qui revenez... »

_ « Toc, toc, toc, le menuisier des trépassés…« 

Une merveille !

Quel compositeur est Lucien Durosoir !

Et quel singulier et rasséréné chef d’œuvre que cet océanique Funérailles

Il me faut encore ajouter aussi qu’à la toute première audition de ce CD,

j’ai été surpris de la succession de ces deux œuvres de Lucien Durosoir et Philippe Hersant, Funérailles et Sous la pluie de feu :

une Suite et un Concerto ;

j’ai bien eu conscience qu’un changement _ mais en quoi plus précisément ? _ venait de se produire,

et je me suis tout simplement demandé si la plage qui survenait alors

constituait une nouvelle partie de Funérailles, mais oui !

Même si j’avais bien conscience d’un certain allègement de la pâte orchestrale _ que je percevais, et qui venait ainsi, justement, me questionner… _ ;

toutefois la parenté musicale _ voilà ! _ des plages musicales qui se succédaient

me frappait tout autant !

et m’émerveillait même _ voilà…

Et je dois dire que Sous la pluie de feu, double concerto pour violon et violoncelle, de Philippe Hersant (2018)

_ une commande de Radio-France, de l’Orchestre de Pau Pays de Béarn et de l’Orchestre National de Lorraine _,

est aussi une œuvre splendide,

donnée ici en ce CD dans l’enregistrement-live (le 16 novembre 2018, à l’Auditorium de Radio-France) de sa création,

par Hélène Collerette, violon, Nadine Pierre, violoncelle, l’Orchestre Philharmonique de Radio-France, sous la direction de Pascal Rophé.

L’esprit de l’œuvre de Durosoir est en effet très sensiblement présent _ voilà ! continué, renaissant, à mon oreille… _ dans la création de Philippe Hersant ;

le violon, ici, étant celui de Lucien Durosoir lui-même,

et le violoncelle, celui de son camarade des tranchées Maurice Maréchal…

Quelle fécondité  musicale est ainsi celle de Lucien Durosoir ;

et alors même que Funérailles est d’une singularité

ultra-puissante

qui empêche de rattacher cet opus maximum à quelque œuvre musicale que ce soit !

À rien de connu jusqu’ici !

C’est un inouï absolu !

D’une totale, éblouissante et merveilleuse unicité !

 

Une pierre de touche essentielle de la création musicale du XXème siècle, donc,

vient ici de surgir et se révéler à nous.

« Un continent« , avais-je dit dès la première audition du CD Alpha 125 des 3 Quatuors à cordes de Lucien Durosoir, par le Quatuor Diotima _ cf mon article du 4 juillet 2008 : .

Je ne me déjuge certes pas !

Et maintenant,

voici ce chef d’œuvre absolu qu’est la Suite pour grand orchestre Funérailles :

quel immense cadeau fait là

à la musique universelle !

Ce lundi 11 novembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

Un passionnant premier CD d’oeuvres symphoniques de Lucien Durosoir : « Déjanira »

07mai

A ce jour, ce mardi 7 mai 2019,
je n’ai trouvé sur le web
qu’un seul commentaire
du tout récent CD Déjanira
de Lucien Durosoir (1878 – 1955)
_ le CD Cascavelle VEL-1568 :
par le Taurida International Orchestra, dirigé par Mikhail Golikov ;
et les Salzburg Chamber Soloists, dirigés par Lavard Skou-Larsen _,
un commentaire un peu maladroit _ ici, je suis plutôt gentil ! _
dans l’expression à une ou deux reprises,
mais assez juste, me semble-t-il, dans l’écoute _ et c’est bien là le principal… _,
sur le blog La Musique des autres
d’un nommé Bertrand Ferrier, organiste,
publié le 11 avril dernier :



















Lucien Durosoir, « Dejanira » et plus, Cascavelle










Lucien Durosoir, « Dejanira » et plus, Cascavelle















Il a été violoniste à la fois virtuose _ oui ! _

et incapable _ mais c’était bien auparavant,

tout au début de sa formation… _ de se plier

aux fourches caudines du CNSM ; il a adoré

sa mère _ veuve précocement, et lui fils unique :

elle lui a consacré sa propre vie

(elle décède le 16 décembre 1934),

avec son oreille musicale de la plus haute

exigence… _,

fondé _ à la fois accessoirement, mais aussi

vitalement ! Il s’agissait d’essayer de survivre… _

un ensemble de cordes dans les tranchées

de la Grande guerre, et composé bon nombre

de pièces _ une quarantaine au total… _

que sa famille s’escrime _ formule bien peu

élégante !à faire jouer depuis sa mort

à 77 ans pile poil, en 1955 _ non, bien plus

tard, au tournant des années 2000

(cf le récit qui en est donné dans

Deux musiciens dans la Grande Guerre) ;

soit un résumé cavalier passablement brut

de décoffrage ! _ :

Lucien Durosoir continue d’être ce compositeur

inconnu _ pour qui ?qu’il est intrigant de

découvrir _ par qui ?

Cascavelle propose une compilation

_ ce n’est pas le mot justede quatre opus

_ symphoniques _ enregistrés en 2017 et 2018

_ que complètera la publication discographique

(à venir !) du  grand œuvre symphonique

de Lucien Durosoir : Funérailles.

En voici quelques aspects.






































1.
Dejanira








Violée par un centaure _ Nessus _, assassine de son cheum _ ce jargon m’est totalement étranger ! _, suicidée par pendaison : la vie cauchemardesque de Déjanire ne respire pas la petite pâquerette qui frémit dans le sous-bois printanier _ quel style ! À quel public peut s’adresser un pareil blog ?.. C’est pourtant autour de ce personnage _ Déjanire, l’ultime épouse d’Héraklès, et sa meurtrière ! _ des Trachiniennes de Sophocle _ œuvre que Lucien Durosoir a lue dans la traduction de Leconte de Lisle, il faut le souligner ! _ que Lucien Durosoir va broder, en 1923 _ tôt dans son parcours de création _, l’étude symphonique _ l’expression est parlante _ placée en ouverture de ce florilège _ de pièces symphoniques : les toutes premières de Lucien Durosoir à connaître la parution discographique ; c’est important à relever. Il ne reste plus que Funérailles, le grand œuvre, à donner maintenant au disque…

J’ai déjà signalé l’importance des motifs grecs (et pas seulement mythologiques, où apparaissent, et c’est à relever, les figures de centaures sagittaires : Nessus, Macarée et Chiron) dans l’imageance musicale de Lucien Durosoir ; cf ma seconde contribution au colloque Un Compositeur moderne né romantique : Lucien Durosoir (1878 – 1955) au Palazzetto Bru-Zane à Venise en février 2011 : … ; et son résumé : « L’œuvre musical de Lucien Durosoir est en dialogue permanent et fondamental avec la poésie : pas seulement parce que la poésie – essentiellement celle de la seconde moitié du XIXe siècle – est, au plus haut des Arts, référence et modèle ; mais parce que la poésie est matrice même de sa création : un pôle consubstantiel du déploiement du discours musical. Un tel transfert d’imageance se révèle dès les intitulations des pièces de musique d’après des poèmes ; mais encore dans les vers placés en exergue des partitions, continuant ce dialogue. Et cela, alors que le compositeur répugne au genre de la mélodie, en déficience d’imageance musicale pour lui. Historiquement, entre les courants romantique, parnassien, symboliste et moderne de la poésie dont il est le contemporain, la préférence de Lucien Durosoir va, et avec fidélité, au modèle et idéal d’œuvre parnassien, dans la version de Leconte de Lisle surtout, tant sur un plan formel qu’ontologique. Avec aussi la fréquence de références thématiques à la Grèce, celle de Sophocle, Théocrite, Chénier, et Moréas. Ainsi que l’accomplissement, œuvre après œuvre, en la chair de la musique, d’une singulière puissante dynamique serpentine, au service du rendu le plus sensuel des forces de la vie. Et cela jusque dans le rapport de Lucien Durosoir aux œuvres de Baudelaire et Rimbaud. En même temps que, et alors que rien ne s’y réfère aux poètes du modernisme, selon la voie sereinement audacieuse d’une vraie modernité musicale, parfaitement libre, ouverte et renouvelée avec constance au fil des œuvres, magnifique en sa dense clarté d’affirmation« . Fin de l’incise.



Dès le lamento originel, l’orchestre est d’abord traité en bloc _ oui _, dont çà et là _ oui _ émergent _ oui _ quelques vents. L’écriture, touffue _ et c’est un trait en effet très important de l’écriture musicale des œuvres principales de Lucien Durosoir _, est soutenue par des percussions sporadiques… et orientée par une prise de son compacte, signée Sergey Sokolov. Défiant la torpeur apparente _ pas vraiment _ de cet espace en réalité grouillant _ oui, si l’on peut le qualifier ainsi : très richement foisonnant et d’une profusion multi-dimensionnelle… _, une fanfare secoue _ voilà _ par moments le corps des cordes. Le Taurida International Orchestra, placé sous la direction de Mikhail Golikov, tâche alors de _ et réussit pleinement à _ remplir une triple mission :


  • donner _ ou plutôt témoigner de la _ cohérence _ de fond _ au propos paradoxalement solide _ oui _ et décousu _ est-ce là l’adjectif adéquat ? non, pas du tout !.. _
  • rendre la profusion _ oui _ des notes sans la dissoudre dans le brouhaha _ non _ des ébats instrumentaux _ probablement… _, et
  • dessiner les lignes de perspective _ oui _ nécessaires pour guider l’auditeur _ mais pas seulement, ni même d’abord, à destination de quelque confort d’écoute de l’auditeur : il s’agit là, et bien plus fondamentalement, d’une dimension ontologique essentielle et capitale de l’œuvre même ; et de ce dont l’œuvre se donne la charge (parnassienne ? à la Leconte de Lisle, en poésie…) de rendre compte et donner à percevoir-écouter-ressentir en sa visée même d’œuvre : la vérité profonde du réel même, rien moins !!! _, à l’aide de certains pupitres ou de crescendi bien réalisés, dans ce brouillard dense _ d’où émane, en fusées diverses, le reste.


Dejanira _ l’œuvre musicale symphonique durosoirienne, pas l’héroïne mythologique tragique qui se trouve au cœur de son inspiration _ ne s’entend pas, elle s’écoute _ mais cela vaut pour (et est fondamentalement requis par) toute œuvre (toujours de la plus haute exigence poïétique !) de Lucien Durosoir ! _, ce qui est plus intéressant _ en effet. Comme pour contribuer à une narration _ puisqu’il s’agit bien au départ d’une aventure mythologique ; Lévi-Strauss, tes analyses  peuvent ici venir au secours de notre repérage du montage très riche du récit de base ! _ hypothétique, quelques ruptures _ fusant _ zèbrent _ oui _ la partition, vite cautérisées _ si l’on veut : le motif des blessures étant, en effet, prégnant en l’œuvre durosoirienne, et tout particulièrement ici ; un motif à creuser… _ par le collectif orchestral en dépit de vaines _ mais parfaitement volontaires et complètement assumées dans l’écriture musicale orchestrale si merveilleusement riche et profuse de Lucien Durosoir _ tentatives de leadership _ l’expression de ce commentaire n’est décidément pas d’un registre très soutenu... Le dialogue entre les pupitres _ oui, en tissu très nourri et tendu _ est abrasé _ oui _ par quelques réplications _ mais jamais systématiques-mécaniques, et toujours surprenantes : d’où le niveau d’intensité et infinie précision de l’écoute en permanence requis _ de motifs, promptes à s’évanouir _ si nous n’y sommes pas assez attentifs… Le compositeur paraît avoir souhaité traiter l’orchestre comme un organisme clos sur lui-même _ tel un chaudron ardamment bouillonnant _, presque enfermé _ sinon qu’il s’agit toujours pour lui, compositeur, de nous donner vraiment accès par là au plus réel-intensif du monde même. Aussi ses soubresauts grognons _ l’expression, substantif comme adjectif, est encore trop faible ; il s’agit là bien plutôt d’une sainte-sacrée et même sublime achiléenne colère ! _ ressemblent-ils autant à une forme de vieoui ! _, avec ses diastoles et systoles, qu’à une anticipation des tragédies – celle de Déjanire comme celle de notre finitude, dont les accents et la rigueur sombre de l’orchestre aideront sceptiques et optimistes à éprouver l’imminence _ oui : le fond tragique de tout vivant sexué (et par là mortel) est en effet intensément puissant ; nous sommes ici (et en 1923) aux antipodes du divertissement d’esthètes. Avivant l’intérêt, le dernier tiers de l’œuvre ne néglige pas les charmes de l’accélération du tempo ni ceux de la variation de timbres (clarinette, cordes, flûtes, cuivres, hautbois, cor anglais), comme si la course vers l’abîme _ oui _ était plus savoureuse – breaks relançant le discours – ou plus apaisante – tapis de cordes colorés par le cor aigu au finale – que la certitude résignée de notre mort _ saveur et paix formidablement chères à conquérir en son œuvrer fondamentalement musical pour Durosoir.

2.
Adagio pour cordes

La deuxième pièce _ reprise du troisième mouvement (Adagio) du premier quatuor (de 1920) de Lucien Durosoir _, gravée _ cette fois _ par les Solistes de chambre de Salzbourg sous la direction de Lavard Skou-Larsen et les micros de Moritz Bergfeld, ne siéra point davantage aux amateurs de youplaboum _ formule bien cavalière ! et guère appropriée… La gravité de la contrebasse ouvre _ en effet _ un cortège aux relents funèbres. Le même pupitre est bientôt renvoyé à ses pizzicati et à ses tenues puissants _ et c’est là un trait majeur, en effet, de tout l’œuvre durosoirien ! _, glas tristes habillant _ le verbe, superficiel, est maladroit _ la mélopée du violoncelle commentée par les cordes plus aiguës. Violons et altos s’emparent du deuxième tiers avant d’être rejoints par leurs collègues graves. Des lignes brisées _ oui, et fusantes _ se font écho sans vraiment se répondre _ cela est assez juste.



Le discours est si ensuqué dans sa mélancolie qu’il ne saurait être question de mélodie _ détachable en tant que telle par l’oreille. La déploration _ oui _ guide les notes qui frottent volontiers _ certes _, évoquant avec une nonchalance lasse une harmonie parfois susceptible d’évoquer _ pour nous _ Chostakovitch _ mais oui, c’est parfaitement perçu. Ici, ni les suraigus, ni l’ultragrave n’offrent de point de fuite _ en effet _ au compositeur. Le bref Allegretto « non troppo » se dissout vite dans la gravité alanguie _ dominante _ du propos, poursuivie jusqu’à la mort. En somme, cette musique exigeante _ oui _ refuse la séduction immédiate _ certes _, préférant imprégner _ lentement, durablement, et en profondeur _ l’auditeur _ oui ! _ par un ressassement triste dont le creusement orchestral _ voilà _ ne manque pas de profondeur _ et c’est même bien là, en effet, le principal.


3.
Poème pour violon, alto et orchestre


Adapté d’une version _ préalable _ de chambre _ à ce moment précoce (et encore parisien, ou plutôt vincennois) de son œuvrer (1920), Lucien Durosoir multiplie les versions de ses œuvres pour diverses formations d’instruments _, ce Poème s’ouvre sur une ondulation générale _ un mode d’être musical pleinement durosoirien, en effet, que cette forme serpentine… _, presque griegienne version de l’ouverture de la Première suite de Peer Gynt. Incapablessi l’on veut ! _ de dialoguer _ vraiment conversationnellement : à la Haydn _ entre eux, les pupitres et les solistes vont se faire _ tant bien que mal, seulement, et presque conflictuellement, chacun pour soi _ écho, formant une rumeur décousue _ ou plutôt brisée et éparse _ à force d’être déformée et _ aussi _ ressassée. L’impression de confusion _ de chaos, bien plutôt _ se juxtapose joliment _ étrange et forcément violent contraste ! l’adjectif « joli«  étant singulièrement inapproprié à l’œuvre durosoirien ! _ avec l’élégante sérénité qui habille _ habiller : une qualification (de modalité) mal appropriée encore _ la partition _ même si, en effet, sérénité et élégance (toute française) transparaissent finalement et l’emportent en fond, oui, Durosoir ne donnant jamais en un brut (et brutal) expressionnisme simpliste… Pourtant, les trompettes, intervenant sur un tremblement de cordes, semblent proches de fracasser _ oui : l’abîme fractal (et fatal) est musicalement ici (comme il  a été, militairement dans les tranchées de 14-18) longtemps cotoyé de très près _ cette quiétude piapiatante _ quel adjectif ! Les cordes remettent l’orchestre sur ses rails initiaux ; la confusion _ c’est-à-dire l’image remplie d’effroi du chaos de si près cotoyé _ revient, en alternance avec des tentatives d’envolées lyriques vite diffractées _ oui, éparpillées. Le discours est alors charpenté _ oui, ce sont là des repères _ par :


  • des motifs récurrents, circulant de pupitres en pupitres ;
  • des unissons aux cordes, tuttistes ou solistes ;
  • et les ondulations de la flûte.



Il réussit ainsi le tour de force _ compositionnel _ qui consiste à associer une profusion _ et c’est un élément de fond capital, en effet _ aux apparences indisciplinées _ fusantes, oui _ et une certaine lisibilité _ oui ! incontestablement française… _, que le groove quasi perpétuel des contrebasses contribue à rendre intrigant _ oui… Le dernier tiers, clairement marqué par un break orchestral, libère l’alto d’Alexander Diaghilev qui semble sourdiné, tadaaam, et se pare ainsi d’une sonorité étonnamment proche du saxophone (8’26). Le rejoint le violon d’Anton Starodubtsev, vibrant et émotif à défaut d’être toujours d’une justesse immaculée (8’34). Des effets d’écho _ oui _ animent les commentaires orchestraux, ponctués par les pizz des contrebasses et le grondement des timbales. La stabilité harmonique _ oui _ signale la coda où s’épanouit la péroraison des deux solistes jusqu’à l’accord qui clôt la pièce la plus immédiatement séduisante _ probablement _ du disque… à ce stade _ d’elle émane, en effet, un charme assez envoûtant et très intensément prenant, qui nous marque profondément…


4.
Suite pour flûte et petit orchestre


Œuvre testamentaire ? _ peut-être pas ; assez tardive seulement, en 1931. En tout cas, « dernière œuvre pour orchestre », stipule Georgie Durosoir _ en son livret ; et c’est à relever et retenir. Le Prologue, d’abord guidé par la clarinette basse, paraît s’éveiller _ oui _ sous la battue du chef, jusqu’à l’entrée en scène de la soliste _ flûtiste _ Varvara Vorobeva. L’indifférence de l’orchestre à son encontre _ à mille lieues du concerto romantique (et germanique) : Durosoir préfère le genre baroque (et français) de la Suite  _ crée de séduisants décalages _ oui _, que nourrit une grande liberté rythmique _ oui _ et que prolongent des échos entre vents. La flûte mâchonne sans cesse _ en son ostinato _ son motif-phare, clairement décalqué du Syrinx de Claude Debussy. Avec l’orchestre, la soliste tombe d’accord pour ne _ définitivement _ pas être d’accord – un accord scelle cette communauté _ diffractante _ de vue, ouvrant la voie au Divertissement.



Ce deuxième mouvement _ qu’est Divertissement _ détonne _ forcément _ dans le présent florilège _ qui n’en est pas un ! _, car il sautille, virevolte et voit d’abord un orchestre accompagnant la soliste sans volonté d’imposer _ jamais _ son propre propos. Pour autant, le discours se trouble _ voilà _ bientôt : les trompettes cristallisent cette inquiétude sous-jacente. La flûte reprend alors, plus paisible, ses ébats trillés (sur le volet, bien sûr). Néanmoins, l’énergie contradictoire _ volontaire et parfaitement assumée musicalement _ de l’orchestre cuivré refait surface _ forcément : à la Durosoir… Les envolées et baguenaudages de la flûte subvertissent ces à-coups via une coda échevelée jusqu’au sur-suraigu.


Le Chant élégiaque, plus long mouvement de cette petite suite, s’ouvre sur une trompette soliste dialoguant avec l’orchestre. Pas impressionnée, la flûte lui répond, tandis que des solistes s’en mêlent. Sans doute la prise de son manque-t-elle d’un soupçon d’équité pour rendre raison de l’écriture orchestrale de Lucien Durosoir dans sa globalité, certains pupitres paraissant momentanément survalorisés, ce qui nuit à l’équilibre. Cette tentative de surligner les échanges ne rend pas service à un compositeur roué… qui est aussi, viscéralement, violoniste, ainsi que le trahit joyeusement son souci de jouer sur maintes sortes d’attaques coll’arco.


Une belle émotion sourd de ces échanges _ non concertants _ entre tuttistes et soliste, débaroulant sur le bref et curieux Épilogue, dont l’ouverture sollicite grandement les trompettes. Puis la flûte reprend la barre sous le regard rythmé des contrebasses. La répétition du schéma signale l’arrivée de la coda brusquement apaisée… autant que cet oxymoron puisse prétendre avoir quelque sens.


En conclusion, un disque-découverte _ de l’œuvre symphonique de Lucien Durosoir, inouïe jusqu’ici au disque _ qui exige _ parfaitement ! mais c’est toujours ainsi avec Durosoir ! _ de l’auditeur une attention attentive _ certes ! _, seule susceptible d’exciter l’oreille à percevoir l’ambition _ très haute, en effet ! _ de cette proposition dont la richesse _ à très généreuse profusion _ dépasse _ en effet _ la simple distraction _ du divertissement. Sans doute le signe d’une œuvre qui vaut _ sûrement ! _ réécoute – on a connu pire projet _ assurément ! Et ré-écouter Durosoir est toujours, à chaque fois, une énorme richesse !


Quant à moi, 

en train d’écouter ce nouveau CD Durosoir _ soit le premier consacré à ses œuvres symphoniques ; suivront les majeures Funérailles.. _, pour la première fois,

je suis profondément heureux de la très grande qualité de l’interprétation par ces Russes.


Au passage,

je dois préciser que je suis moi aussi _ de même que Georgie Durosoir le signifie en son livret _ très sensible

à la paix joyeuse qui se dégage de la Suite pour flûte et petit orchestre, de 1931 :

un pan quasi inconnu, en effet, jusqu’ici

_ et donc très neuf à nos oreilles ; mais tout de l’œuvre durosoirien devra être très soigneusement ré-écouté quand tout aura été confié à l’enregistrement discographique ! _

de l’expression musicale de Lucien Durosoir :

et donc un très précieux apport, aujourd’hui, en 2019, à notre connaissance de son œuvre achevé ;

puisque chaque opus se caractérise par sa très remarquable singularité…


Tout particulièrement,

le Poème pour violon, alto et orchestre (de 1920) est une œuvre _ sa seconde, après Aquarelles _ splendide !!!

et merveilleusement interprétée ici en ce CD Cascavelle _ : quelle grâce… 

Quelle formidable humanité, décidément, que celle de Lucien Durosoir !

Chaque œuvre _ écoute après écoute _ nous le re-découvre,

et le ré-approfondit.


Ce mardi 7 mai 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

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