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Le Mozart merveilleusement vivant, ressuscité en sa bondissante et fluide jeunesse, par le jeu clair et lumineux comme jamais de Julien Chauvin et son décidément excellent Concert de la Loge…

22oct

Ce sont deux écoutes successives, la première sur France-Musique (et mon auto-radio) le 30 septembre dernier en route vers Saint-Jean-de-Luz, tôt le matin, et qui fit découvrir le Mozart si véloce, si clair et si parfaitement juste _ comme jamais entendu ainsi aussi bien servi par une interprétation au disque… _, de Julien Chauvin et son Concert de la Loge dans la Symphonie n°40 en sol mineur K. 550 (joliement baptisée ici « La Dodécaphonique«  _ j’avais retenu ce détail _),

puis une autre fois, toujours sur mon auto-radio (et sur France-Musique), en un autre extrait de ce CD « Simply Mozart » Alpha 875,

qui m’ont fait me précipiter, à sa sortie, sur ce CD Alpha 875,

qui comporte aussi l’Ouverture de Don Giovanni K. 527 ;

ainsi qu’un magnifique Concerto pour piano et orchestre n° 23, en la majeur, K. 488, idéalement servi, aussi, au pianoforte, par un plus que jamais splendide Andreas Staier…

Grand merci ! et Bravo !!! à ces interprètes

si magnifiquement inspirés…

Ce samedi 22 octobre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

En écoutant bien à nouveau les « Sonatae unarum fidium » de Schmelzer dans l’interprétation de Gunar Letzbor…

19mar

En écoutant à nouveau bien attentivement les « Sonatae unarum fidium » de Schmelzer dans l’interprétation de Gunar Letzbor _ soit le CD Pan Classics PC 10436 _,

en comparant celle-ci avec de précédentes sous la direction d’autres violonistes,

je ne peux que confirmer mon intuition première qu’il s’agit bien là de la plus magistrale interprétation au disque jusqu’ici, de cette musique splendide !

Ce samedi 19 mars 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’éclatant CD « Amazone » de Léa Désandré, Thomas Dunford, et Jupiter : la plénitude d’une splendide voix (de mezzo-soprano) et la révélation d’un répertoire français (et italien) magnifique, à redécouvrir vraiment ; ou la magie d’un CD…

17oct

Le proprement magique CD « Amazone » de la mezzo-soprano Léa Désandré,

avec l’ensemble Jupiter, sous la direction de Thomas Dunford,

nous fait tout spécialement assister au splendide épanouissement de la voix et de l’art de chanter _ splendides tous les deux ! _ de Léa Désandré,

en même temps qu’il nous offre,

par des airs excellemment choisis, sur la thématique suivie des Amazones (de la mythologie antique),

de magnifiques _ très prometteuses… _ fenêtres sur plusieurs pans, français et italiens, du meilleur du Baroque musical du XVIIIème siècle.

Ainsi l’article intitulé « Destouches« , de Jean-Charles Hoffelé, le 12 octobre dernier, sur son site Discophilia,

nous a-t-il _ déjà _ grandement mis l’eau à la bouche,

et préparé à porter toute l’attention nécessaire à l’interprétation par Léa Désandré,

en ce CD Erato 0190295065843,

tout particulièrement _ mais pas seulement : c’est l’ensemble du programme, mis au point par Yannis François, qui est tout simplement magnifique ! _de sublimes airs extraits de « Marthésie, première reine des Amazones« , d’André-Cardinal Destouches _ une œuvre inédite jusqu’ici au CD…

Et c’est peu dire que l’audition de ce CD (de 76 ‘) nous a comblé de joie !


DESTOUCHES

« Amazone » : le titre du nouveau récital de Lea Desandre m’alertait. Et si elle avait eu, probablement aiguillée par Thomas Dunford, la bonne idée d’enregistrer les airs de Marthésie, reine des Amazones d’André Cardinal Destouches ?

Bingo !, deux grands airs y sont, magnifiques de nostalgie et de révolte (« Faible fierté, gloire impuissante » et son magnifique berceau de flûtes _ l’air, sublime, dure 4′ 05  _), d’intense déclamation où passe _ oui, bien sûr _ l’ombre de Lully (« Ô Mort ! Ô triste Mort »)_ l’air dure 2’24 _), et aussi la saisissante scène finale avec sa foudre _ « Quel coup me réservait la colère céleste ?« , l’air dure 4′ 28 ;

et me rappelle le sublime air du suicide d’Astrée de l’opéra « Astrée » (en 1691) de Pascal Collasse, sur un livret de Jean de La Fontaine,

présent dans le programmme du CD Virgin Classics (paru en 1996) de La Simphonie du Marais « Un portrait musical de Jean de La Fontaine« , dont j’étais, pour 90 %, l’auteur, avec Hugo Reyne… ;

cf mon article du 9 septembre 2021 :  ;

ou celui du 3 juillet 2020 :   _,

coup de génie _ mais oui ! _ d’un compositeur majeur _ oui, vraiment ! _ du Grand Siècle _ André-Cardinal Destouches (Paris, 6 avril 1672 – Paris, 7 février 1744) _ que l’on n’en finit pas de découvrir _ après le « Sémiramis » que vient de diriger Sylvain Sartre, le frère aîné de Théotime Langlois de Swarte, présent, au violon, parmi les musiciens de l’ensemble Jupiter _ cf aussi leur merveilleux CD « The Mad Lover« , dont rendait compte, avec enchantement, mon article du 12 mai 2021 :

Ailleurs les amazones permettent à Lea Desandre, entre France et Italie _ la chanteuse a des ascendances paternelles italiennes, probablement dans le Val d’Aoste ou le Piémont… _, de faire briller son beau soprano virtuose et sensible _ parfaitement ! _ si finement entouré par les soins amoureux des musiciens de Jupiter _ que dirige Thomas Dunford, son compagnon à la ville comme à la scène. La fantaisie rieuse du Non posso far de Provenzale qui ouvre cet album foisonnant _ oui ! _ donne la mesure d’un voyage fabuleux où William Christie s’invite _ plutôt discrètement, à mes oreilles, pour un tel chef d’œuvre !.. _ pour une Passacaille _ bien connue _ de Louis Couperin, Cecilia Bartoli et Véronique Gens la rejoignant pour deux plages

_ de 4′ 57 (c’est sublime ! quelle découverte que ce compositeur napolitain, Giuseppe De Bottis, 1678 – 1753 , auteur de l’opéra Mitilene, regina delle Amazzoni, créé à Naples en 1707 ; d’où sont extraits 3 formidables airs de ce CD…) ;

et de 2′ 40 (pour un très beau duo des Amazones, extrait d’une mascarade donnée à Marly en 1700, œuvre d’Anne Danican Philidor (Paris, 11 avril 1681 – Paris, 8 octobre 1728), le fondateur du Concert spirituel le 17 mars 1725, et fils d’André Danican Philidor (1652 – 1730), dit Philidor l’aîné, bibliothécaire et copiste du roi Louis XIV ; c’est à André Danican Philidor, le père d’Anne, que l’on doit la richesse considérable (!) des fonds musicaux de la Bibliothèque nationale de France et de celle de Versailles : ballets, opéras, musique instrumentale ou religieuse y sont réunis en de très précieux volumes qui présentent notamment la plupart des grands ballets et comédies-ballets de Lully… ; mais ici c’est hélas à tort que la notice du CD attribue au père, André Danican Philidor, une œuvre qui appartient à son fils, Anne, le fondateur, le 17 mars 1725, de cette institution si importante qu’a été le Concert spirituel, à Paris, de 1725 à 1790 ; Anne Danican Philidor est aussi l’auteur de la pastorale héroïque Diane et Endymion (réputée être son chef d’œuvre), en 1698, et de l’opéra Danaé, en 1701 ;

à propos d’André Danican Philidor, dit Philidor l’aîné, cf le CD de La Simphonie du Marais et Hugo Reyne, en 1995 : « Fanfares, fêtes et marches royales« , auquel il se trouve que j’ai un peu participé ;

des 7 Mascarades données à Marly en 1700 par les Danican Philidor : André, dit Philidor l’aîné, le père (1652 – 1730), Anne Danican Philidor (1681 – 1728), son fils, ainsi que  Pierre Danican Philidor (1681 – 1731), son neveu, ce CD de 1995 de La Simphonie du Marais comporte des extraits instrumentaux seulement de la très exotique et pittoresque Mascarade du Roy de la Chine, d’André Danican Philidor, dit Philidor l’aîné, le père…

Et sur la localisation de cette partition de la mascarade des Amazones d’Anne Danican Philidor, donnée à Marly en 1700,

cf cette décisive précision, donnée par un article extrêmement détaillé, et donc très précieux pour les chercheurs un peu curieux, de Laurent Guillo : « La loterie de 1729 : le chant du cygne du copiste André Danican Philidor » :

« Tome 57e.

Les 7 Masquarades faites par ordre du Roy sur les ordres de Mr Bontens et representées [f. 15r] devant Sa Majesté à Marly, mis en musique sçavoir Le Roy de la Chine Par Mr Philidor Le pere, Les Amazones par Anne Philidor. Les Savoyards par Mr Philidor le pere. La Noce de village Mr Philidor le père. Le lendemain de la Noce par Anne Philidor. Les Echets par Pierre Philidor. Le Vaisseau Marchand par Mr Philidor le père. Les paroles sont de Mrs Le Noble et Babron. Ces 7 Masquarades ont esté representées plusieurs fois l’an 1700.

¶ Ce précieux volume, qui contient des unica, est à Berkeley UL : MS-455. Cité par Carl B. Schmidt, en 1992, page 384″…

Et si demain Thomas Dunford nous enregistrait l’intégrale de Marthésie, reine des Amazones ? Oui, décidément, Destouches est grand !

Et quelle est donc _ la question se pose, en effet… _ cette mystérieuse _ et magnifique !!! _ vingt-sixième plage _ en français _ ?

LE DISQUE DU JOUR

Amazone

Airs et parties instrumentales extraits d’opéras de Francesco Provenzale (Lo schiavo di sua moglie), Francesco Cavalli (Ercole amante), Giovanni Buonaventura Viviani (Mitilene), Giuseppe de Bottis (Mitilene), Georg Caspar Schürmann (Die getreue Alceste), Carlo Pallavicino (L’Antiope), André Danican Philidor (Les Amazones), François et Louis Couperin (Passacaille en ut majeur), André Cardinal Destouches (Marthésie, première reine des amazones), Marin Marais, Antonio Vivaldi (Ercole sul Termodonte)

Lea Desandre, mezzo-soprano
Cecilia Bartoli, mezzo-soprano
Véronique Gens, soprano
William Christie, clavecin
Jupiter
Thomas Dunford, direction

Un album du label Erato 0190295065843

Photo à la une : Lea Desandre et Thomas Dunford – Photo : © Julien Benhamou

..,

Et les airs italiens de ce magnifique programme composé autour des Amazones,

notamment celui (de 14′ 32) du napolitain Francesco Provenzale (1624 – 1704), « Non posso far« , qui ouvre en beauté le CD,

n’ont absolument rien à envier à la sublimité des airs tirés d’opéras français d’André-Cardinal Destouches, ou d’André Danican Philidor… 

L’opéra de cet autre extraordinaire _ et jusqu’ici, il faut le reconnaître, complètement méconnu _  napolitain, Giuseppe De Bottis (1678 – 1753), Mitilene, regina delle Amazzoni, créé à Naples en 1707,

est magnifiquement servi ici par deux très beaux airs et un fulgurant duo (de Léa Désandré avec Cecilia Bartoli) : 

_ le stupéfiant duo « lo piango, lo peno« , plage 5 ;
_ l’air « Lieti fiori, erbe odorosi« , plage 21 ;
_ et l’air « Sdegno all’armi, alle vendette« , plage 22.

Giuseppe De Bottis, un compositeur à découvrir, donc ;

de même que sont à explorer vraiment les œuvres vraiment superbes d’André Cardinal Destouches et André Danican Philidor…

Et je tiens à souligner aussi, et tout spécialement, la somptueuse poésie de l’interprétation, à la plage 12 du CD, par Thomas Dunford, au luth, de « L’Amériquaine« , de Marin Marais, extraite de la « Suite d’un goût étranger« … : une plage (de 4′ 57) de pure magie, tout simplement…

Une merveille, aussi : quel luxe !..

Ce dimanche 17 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

…`

Post-scriptum :

les chemins de la vie ont fait qu’il se trouve que j’ai été le professeur de philosophie, en 1979-80, à Bordeaux, de Philippe Désandré, le père de Léa ;

ainsi que le collègue, à Arcachon et à Libourne, deux années scolaires différentes, de Thibault de Swarte, l’oncle maternel des musiciens Théotime Langlois de Swarte et son frère Sylvain Sartre…

La singularité et la perfection du goût d’Edoardo Torbianelli, à travers deux récentes parutions de CDs de cet excellent pianofortiste triestin, avec, ici, le superbe violoniste salzbourgeois Thomas Albertus Irnberger

12sept

Voici que viennent de paraître deux très intéressants CDs Gramola,

un CD Mozart et un CD Liszt,

dus, tous les deux, à la collaboration de l’excellent pianofortiste italien Edoardo Torbianelli (né à Trieste, en 1970)

avec le non moins remarquable violoniste autrichien Thomas Albertus Irnberger (né à Salzbourg, en 1985) :

le CD Gramola Records 98890 « Violinkonzerte N° 3,4, 5« 

et le CD Gramola Records 98932 « Franz Liszt and the violin« .

Et c’est à nouveau la curiosité de Jean-Charles Hoffelé sur son très riche site Discophilia,

qui m’a fait connaître la parution de ces deux CDS, par ses deux très récents articles :

par son article de ce 11 septembre :  « Concertos de plein air« ;

et par son article du 8 septembre dernier : « Le violon de Liszt« .

CONCERTOS DE PLEIN AIR

Salzbourg, Salle de musique Gneis, dans le froid de janvier 2009 _ voilà donc la date d’enregistrement _, Thomas Albertus Irnberger enregistre les trois grands Concertos pour violon de Mozart.

Archet libre, jeu d’une spontanéité réjouissante, avec derrière les effets de danse des confidences au détour d’un trait, et dans les Adagios ce secret de l’émotion mozartienne qu’on entend plus souvent _ en effet ! _ dans les Concertos pour piano, être entre le sourire et les larmes _ oui…

La simplicité de l’approche fait l’ensemble extrêmement fluide _ exigence d’une nécessité absolue dans Mozart… _, la direction preste mais subtile _ merci ! _ de Martin Sieghart à la tête d’une formation Mozart où se glisse discrètement _ voilà !!! _ le pianoforte d’Edoardo Torbianelli, plaçant les trois opus à l’air libre, ce qu’une prise de son très ouverte accentue.

Encore une fois le Jacobus Stainer que joue le jeune homme est merveilleusement assorti à la poétique du langage mozartien et en possède toutes les couleurs : écoutez la musette du Rondeau du 4e Concerto.

Merveille de l’album, le Finale du 3e, avec en son centre le petit rondeau avec musette porté par les pizzicatos, d’une tendresse, d’une délicatesse d’émotion et de jeu qui vont droit au cœur de cet univers _ oui ! Et si demain Thomas Albertus Irnberger complétait le cycle : les deux premiers Concertos, le Concertone et la Symphonie concertante veulent son archet.

LE DISQUE DU JOUR

Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)


Concerto pour violon et orchestra No. 3 en sol majeur, K. 216
Concerto pour violon et orchestra No. 4 en ré majeur, K. 218
Concerto pour violon et orchestra No. 5 en la majeur, K. 219 « Turkish »

Thomas Albertus Irnberger, violon
Spirit of Europe
Martin Sieghart, direction

Un album du label Gramola Records 98890

Photo à la une : le violoniste Thomas Albertus Irnberger – Photo : © Irène Zandel

Puis :

LE VIOLON DE LISZT

Die drei Zigeuner voudrait donner le ton : le violon que Liszt substitue à la voix de mezzo, paraphrasant le lied original, sera celui des Bohémiens de la poutza, la part la plus singulière de sa grammaire musicale. Puis, tout à trac, après avoir joué les Tziganes, Thomas Albertus Irnberger et Edoardo Torbianelli font tournoyer le grand bal mondain du Duo concertant, où Liszt se prend pour Weber avec un bonheur certain. L’œuvre est brillante, irrésistible par ses envols que les deux amis emportent jusqu’à l’ivresse d’une tarentelle folle qui flirte avec le Diable. Quelle œuvre !, qui jouée avec tant de virtuosité devient bien plus qu’un simple divertissement.

L’album est simplement prodigieux, et saisit tous les aspects de l’univers Liszt, des raréfactions sinistres de La lugubre gondole au grand numéro de quasi cabaret de la 12e Rhapsodie hongroise en passant par le fascinant Duo qui s’ouvre par la citation d’une Mazurka de Chopin, œuvre rarement jouée et qui tout au long déploie les paysages de la Mazurie, hommage d’un géant du piano à son alter ego.

Le clavier domine ici, Edoardo Torbianelli ayant choisi un grand pianoforte aux basses grondantes sorti de l’atelier de Streicher en 1856.

Disque splendide _ voilà ! _, et indispensable à toute discothèque lisztienne _ merci !


LE DISQUE DU JOUR

Franz Liszt (1811-1886)


Die drei Zigeuner, S. 383
Grand Duo concertant sur la Romance de « Le Marin », S. 128 & 700h
La Lugubre gondola, S. 134bis
Epithalam zu Eduard Remenyis Vermahlungsfeier, S. 129
Rhapsodie hongroise No. 12 en ut dièse mineur (aka No. 2), S. 244/12
Duo (Sonate) sur des thèmes polonais en ut dièse mineur, S. 127

Thomas Albertus Irnberger, violon
Edoardo Torbianelli, pianoforte

Un album du label Gramola 98932

Photo à la une : le violoniste Thomas Albertus Irnberger – Photo : © DR

 

Mon attention envers l’art d’interprétation d’Edoardo Torbianelli est tout à fait ancienne : dès 2004, en effet,

pour le très remarquable CD Pan Classics 10171 « Muzio Clementi Late Works for pianoforte« .

Ainsi voici ce que j’en disais sur un blog, « L’Agenda de Francis Lippa« , que Jean-Paul Combet m’avait spécialement ouvert alors pour son label Alpha Classics :

« Un très intéressant, et plein de charme, « Late Works for Pianoforte » de Muzio Clementi (compositeur injustement décrié…) par Edoardo Torbianelli, très en verve : Vladimir Horowitz n’avait pas nécessairement mauvais goût ; en tout cas, un tel enregistrement nous oblige à mieux repenser l’histoire et l’esthétique du clavier, au tournant d’un certain classicisme : ce n’est déjà pas rien… »

Puis, le 17 février 2018, j’ai consacré un article, sur ce blog En cherchant bien, consacré en partie au CD Glossa GCD 922517 « Frédéric Chopin Late piano works« , par Edoardo Torbanielli :  ;

et le 13 mars 2018, un nouvel article, consacré entièrement, cette fois, à ce superbe CD Chopin d’Edoardo Torbanielli : .

Voilà.

Edoardo Torbanielli est un très remarquable musicien ;

dont il faut suivre très attentivement les magnifiques réalisations…

Il y fait preuve du meilleur goût

au sein d’une vraie singularité de ses découvertes…

Un interprète de choix !!!

Ce dimanche 12 septembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

L’événement du splendide Don Giovanni, à Salzbourg 2021, de Teodor Currentzis et Romeo Castelluci…

14août

En confirmation de mon article du dimanche 8 août dernier ,

qui qualifiait cette production salzbourgeoise à la fois d' »événement » et d' »absolument splendide« ,  et proposait d’accéder par la vidéo aux 3h 41′ de ce magnifique spectacle,

je découvre ce samedi, sur le site de ResMusica et la signature de Dominique Adrian, un excellent article intitulé À Salzbourg, le choc Don Giovanni,

qui détaille avec une parfaite justesse, en particulier, sur le détail des prestations des divers chanteurs, et leurs incarnations respectives des divers personnages de ce dramma giocoso, les qualités de cette très marquante production d’opéra.

Le voici, donc :

À Salzbourg, le choc Don Giovanni

Teodor Currentzis et Romeo Castellucci construisent ensemble une lecture forte et exigeante _ oui _ au cœur _ oui _ du Don Giovanni de Mozart _ qui n’a jamais aussi magnifiquement lisible ! Tant dans sa continuité, parfaitement fluide, qu’en son détail, merveilleusement éclairé ! Quel régal tant musical que visuel…

Après les trilogies Da Ponte exsangues signées successivement par Claus Guth (2006-2011), où seules les Noces avaient un intérêt, et Sven Eric Bechtolf (2013-2016), le Festival de Salzbourg avait bien besoin de remettre sur le métier le cœur de la production opératique de l’enfant du pays. Il ne pouvait pas le faire avec plus d’éclat _ oui ! _ que par ce Don Giovanni singulier et puissant _ oui ! Il marque ! _, et on peut espérer qu’il restera longtemps présent au répertoire du festival. Plus que la distribution, ce sont les deux maîtres d’œuvre principaux du spectacle qui font naître cette réussite _ oui, c’est parfaitement juste.

Teodor Currentzis est la star mozartienne du festival depuis la première année de la direction de Markus Hinterhäuser en 2017, et une Clemenza di Tito qui avait ému le public salzbourgeois. Déjà connue par un enregistrement de 2015, son interprétation trouve tout son sens à la scène. Les tempi, bien sûr, ne sont ceux d’aucune tradition, et Currentzis n’entend pas en faire une vérité absolue ; la tendance générale est rapide, parfois un peu trop pour le bien des chanteurs, mais il sait aussi ralentir _ oui. Le récitatif d’Elvira In quagli eccessi est pris très lentement : ce n’est certes pas conforme à la partition, mais c’est juste émotionnellement _ oui _, comme un gros plan qui révèle l’âme du personnage. _ voilà. Le travail de Currentzis ne se limite pas à des questions de tempo qu’on peut toujours contester à loisir : quoi de plus passionnant que cet art de creuser chaque phrase, de chercher une transparence parfaite _ c’est tout à fait cela _ qui révèle à chaque instant des détails dont on avait toujours su qu’ils étaient là mais jamais vraiment consciemment entendus ? Son extraordinaire orchestre, où de nombreux solistes internationaux viennent rejoindre une troupe majoritairement russe, permet toutes les audaces, ne recule devant aucun détail _ sans jamais rien alourdir… _, et réagit au quart de tour aux moindres inflexions de la direction : les spectateurs auront du mal, après une telle performance, à retourner à la routine des grandes maisons d’opéra _ probablement.

Profusion de symboles et vrai théâtre

Cette fois, ce n’est pas Peter Sellars qui est à ses côtés, mais Romeo Castellucci, qui à son habitude signe aussi bien la mise en scène que les décors, costumes et lumières. Dès l’Ouverture, un bouc, une jeune fille nue _ oui _ : la scène mythologique, les symboles archaïques abondent chez Castellucci, et il présente à la fin de l’opéra les survivants comme les corps inertes des victimes de Pompei _ en effet _ : des humains face à _ et définitivement figés par _ la catastrophe _ survenue. Les symboles surabondent dans ce spectacle, mais il y une bonne nouvelle : contrairement à beaucoup d’autres de ses travaux (dont sa Salome salzbourgeoise), ils ne sont pas cette fois un frein au théâtre. La scène initiale, dans le silence (ou plutôt dans les commentaires intempestifs d’une partie du public), illustre la problématique religieuse dont il ne se défait pas _ en effet _ : des ouvriers entrent dans une église pour en retirer tous les symboles religieux, statues, crucifix, tableaux _ et c’est fondamental… Déjà,plus d’un siècle plus tôt, le Dom Juan de Molière procédait ainsi par rapport au Don Juan tenorio de Tirso de Molina…

Pour Castellucci, Don Giovanni est le diable, non pas le mal absolu, mais le double négatif de Dieu, celui qui vient détruire _ oui : malicieusement… _ ce que son double a créé. Les réjouissances nuptiales de Zerlina et Masetto à l’acte I sont une sorte d’Arcadie, de paradis originel ; il suffit que Don Giovanni pénètre la scène pour que les invités recouvrent leurs blancs costumes d’un bleu et se retrouvent au travail. Les pommes deviennent alors produits de consommation alors qu’elles étaient jusque là symboles sensuels, pommes du paradis terrestre, pommes d’or des Hespérides. À la fin de l’acte I, la liberté _ voilà ! _ invoquée par Don Giovanni n’est pas une promesse d’accomplissement individuel, c’est un appel au chaos _ oui : par le débridement fou des désirs…. Castellucci mène la danse au gré des transformations du décor unique, souvent couvert par un voile qui l’abstrait, avec un sens du rythme épatant _ c’est très juste ! _, une capacité à prendre chaque scène pour ce qu’elle est _ oui _ sans perdre _ jamais _ la conception d’ensemble _ et c’est très important _ : le spectacle _ en sa parfaite et très réjouissante fluidité _ est extrêmement divertissant tout en prenant au sérieux chaque strate de cette œuvre si riche _ oui.

Au second acte, ce sont les femmes qui mènent la danse. Castellucci invite sur scène une bonne centaine de « femmes de Salzbourg », de tous âges et de toute origine, parfois victimes désignées du séducteur, mais de plus en plus muettes accusatrices d’un monde _ qui advient _ dont Don Giovanni est le révélateur _ oui, celui de désirs débridés, dont apparaît bien clairement la litanie développée de divers instruments de violence (une panoplie très variée d’armes…) qui accompagnent leurs conflits… Le sacré revient bien à l’occasion, avec un crucifix inversé et noir, et plus encore avec la présence du commandeur indiquée _ seulement _ par de simples lumières. Don Giovanni meurt _ lentement foudroyé _ seul en scène, séparé de son seul compagnon Leporello par un voile infranchissable : le destructeur lui-même finit par être dévoré par son œuvre _ de destruction _, mais on ne saurait dire _ certes… _ si c’est une bonne chose _ et tous et chacun d’hésiter…

Quant aux chanteurs, leur grande qualité est leur intégration _ oui _ dans le double projet _ parfaitement unifié _ du chef et du metteur en scène. On aimerait un peu plus de chair _ oui ! _ et un peu plus de volume _ aussi _ pour le rôle-titre (Davide Luciani) _ l’incarnation est en effet pâlichonne, surtout dans le premier acte, d’ailleurs… _, et même _ à un bien moindre degré cependant _ pour Vito Priante en Leporello _ dont la plus grande prestance lui aurait permis d’intrepréter plutôt Don Giovanni _ ; on aimerait surtout un autre Commandeur que le pâle Mika Kares, aussi loin des attentes qu’il y a quelques semaines en roi Marke à Munich. C’est à Michael Spyres, en Ottavio nettement comique dans son désir vain _ mais c’est le livret qui le programme ainsi _ de bien faire, qu’il revient de sauver _ très brillamment musicalement ! _ l’honneur masculin _ oui ! _ dans cette distribution ; les dames, elles, sont tout de même plus satisfaisantes _ oui. Nadezhda Pavlova est une habituée du travail avec Currentzis (elle a entre autres été sa Traviata), et cela s’entend, mais son Non mi dir chanté à la limite du souffle n’est pas très loin de la rupture. Beaucoup plus émouvante est Federica Lombardi _ excellente _ en Elvira, dont Castellucci fait la représentante de l’ordre établi. La distribution est couronnée _ oui ! _ par une Zerlina rayonnante _ c’est vrai _, aussi en voix qu’en verve scénique, Anna Lucia Richter : elle seule crée l’événement ici _ probablement… ; mais l’engagement scénique des divers chanteurs est, lui, excellent ! Romeo Castellucci a su les diriger…

On aurait aimé une distribution plus brillante _ musicalement, peut-être _, c’est certain, mais l’opéra, ce ne sont pas d’abord les chanteurs : c’est d’abord l’œuvre _ voilà ! _, dont les chanteurs sont les serviteurs _ on ne saurait mieux dire... Grâce à une mise en scène créatrice, riche et maîtrisée _ oui ! d’une très grande lisibilité, et sans nulle épaisseur ; et surtout merveilleuse d’engagement de chacun des personnages… _, grâce à un chef qui va _ musicalement _ au fond des choses _ oui _, le festival de Salzbourg assume ici fièrement sa mission _ oui.

Crédits photographiques : © SF / Ruth Waltz (photo 1) ; Monika Rittershaus (photos 2 et 3).

Salzbourg. Grosses Festspielhaus. 10-VIII-2021.

Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Don Giovanni, opéra en deux actes sur un livret de Lorenzo da Ponte.

Mise en scène, décors, costumes, lumières : Romeo Castellucci ; chorégraphie : Cindy van Acker.

Avec : Davide Luciano (Don Giovanni) ; Mika Kares (Il Commendatore) ; Nadezhda Pavlova (Donna Anna) ; Michael Spyres (Don Ottavio) ; Federica Lombardi (Donna Elvira) ; Vito Priante (Leporello) ; David Steffens (Masetto) ; Anna Lucia Richter (Zerlina) ;

MusicAeterna Choir ; MusicAeterna Orchestra ;

direction : Teodor Currentzis.

Voilà qui est parfaitement bien rendu…

Ce samedi 14 août 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

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